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Raynaud, Les médecins au lemps de Molière, p

82 HIPPOCRATISME ET GALÉNISME

collaboré : Aristote et Galien d’abord, puis les Arabes, puis les modernes. « De toutes. ces influences, de toutes « ces autorités, réunies, compulsées, comparées, discu- « tées, a fini par sortir une doctrine mixte, faite de con- « cessions et d'arrangements réciproques, œuvre de « patience et d’érudition, qui emprunte à la multiplicité

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même de ses sources une sorte d'originalité relative. Mais, au milieu du xvi* siècle, à l'époque où Fernel écrivait, ce travail de fusion n’était pas accompli. Rien n'était plus mcohérent que la science médicale, et son mérite est justement d'y avoir introduit l’ordre. On n'avait pas encore eu le temps de faire entre les auteurs grecs ces comparaisons et ces conciliations d’où devait sortir la médecine officielle. Il fallait, pour ainsi parler, faire l'inventaire de ce qu'on savait de sérieux, et débarrasser la science du bagage inutile el encombrant dont la scolastique et l’arabisme l'avaient surchargée.

Ce fut l'œuvre des médecins érudits de la Renaissance. Et, pour la remplir, ilsn'avaient pas le choix des méthodes : ils ne pouvaient que chercher des guides parmi les auteurs anciens. Hippocrate et Galien s’offraient. Les uns, mieux inspirés, allèrent dès l’abord à la Sotirées Baillou, Laurent Joubert, Duret, contribuèrent le plus à faire revivre la médecine hippocratique *. Fernel préféra s'attacher à Galien. Fut-il incliné à ce choix par une propension naturelle qu'il avait à argumenter ? Avait-l plus de goût pour le dogmatisme autoritaire de Galien que pour la simplicité d’'Hippocrate ? Pensat-1l que Galien, venu si longtemps après son devancier, devait

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