LA MÉTHODE DE FERNEL
non seulement dans ses théories, mais encore quand 1l s'agissait de connaissances positives. Toute son anatomie, d'ailleurs fort courte, est imitée, on peut même dire copiée de Galien. Quant à sa psychologie, soit qu'on ait égard aux théories méta, 1,siques qui lui servent de base, soit qu’on l’envisage comme étude des facultés de l'âme, elle est dominée tout entière par l'influence d'Aristote. Certes, Fernel n’a pas été un de ces disciples serviles, si complètement inféodés au maître que toute initiative est morte en eux. Il à apporté à la psychologie sa contribution personnelle, dont il est intéressant de déterminer le caractère et l'importance. Mais, en ce qui concerne les anciens, 1l est certain qu'il a beaucoup plus contribué à forüfier leur autorité qu’à l’affaiblir. Les circonstances où il s'est trouvé, le temps où il a vécu ne lui permettaient guère de jouer un autre rôle, il est vrai. L'essentiel est de mettre les choses au point, et de ne pas croire sur parole, lorsqu'il se donne, où qu'on le donne, pour un esprit indépendant et avancé.
Fernel n’a rien d’un réformateur. La plupart de ses idées viennent de l'antiquité, c’est incontestable. Toutefois, son œuvre n'est pas une compilation. Parmi les systèmes et les théories antiques, il a fait un choix. Sur quels principes s'est-il appuyé pour le faire, c'est ce qu'il ne dit nulle part, et c’est là une regreltable lacune. Mais enfin, une fois les matériaux rassemblés, comment a-t-1l procédé? Il définit lui-même, en excellents termes, que ne désavouerait pas un logicien contemporain, les deux méthodes qui s'offraient à lui. L'une, c’est la méthode analytique, celle qui part des données sensibles et des faits particuliers pour s'élever à la connaissance des causes el des lois. L'autre, c’est. la méthode synthétique, qui suit une marche inverse, qui va