‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 84 sur 345 · LA MÉTHODE EN MATHÉMATIQUES ET EN PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

LA MÉTHODE EN MATHÉMATIQUES ET EN PHILOSOPHIE

sophes : « C’est en suivant cette voie qu'Euclide a fondé € la géométrie et l’arithmétique, Ptolémée l'astronomie, « Aristote la philosophie. » Et Fernel se propose de marcher sur leurs traces en exposant la médecine.

Il ne prend pas garde que l'assimilation qu'il fait de la médecine aux mathématiques et à la philosophie est injustifiable. La géométrie, l'arithmétique sont avant tout des sciences de raisonnement. En admettant même que, originairement, on puisse expliquer par l'analyse et l'abstraction la genèse des notions de nombre, de grandeur et de quantité, il est certain que, de ces concepts une fois formés, la science dérive par voie de déduction. L'analyse ne joue dans les mathématiques qu'un rôle secondaire et encore désigne-t-on par là une méthode de régression, et non une induction véritable, moins encore une décomposition analogue à l'analyse chimique. L'analyse mathématique est surtout une préparation à la synthèse définitive, et c’est par un véritable abus des analogies verbales que Fernel a pu attribuer aux Grecs l'emploi de la méthode analytique en géométrie, en arithmétique, en astronomie même.

Quant à la philosophie, Aristote, que Fernel prend pour modèle, a toujours vu en elle la forme la plus parfaite de la connaissance spéculative. « Il faut bien, dit-il, « qu'elle soit la science théorétique des premiers prin- « cipes el des premières causes : car le bien et la cause « finale sont une des causes. Et qu'elle ne soit pas une « selence pratique, c'est ce que nous montre l'exemple « de ceux qui ont philosophé les premiers... Si les pre- € miers. philosophes philosophèrent pour échapper à € l'ignorance, il est évident qu'ils recherchaient la science € pour savoir, et non en vue de quelque utilité... Il est « donc évident que nous n étudions la philosophie pour

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