‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 96 sur 345 · O8 MÉTHODE DÉDUCTIVE EN MÉDECINE · texte numérisé non relu

O8 MÉTHODE DÉDUCTIVE EN MÉDECINE

pas à prendre le change : si Fernel a emprunté à Galien son anatomie el sa physiologie, il ne lui a point pris sa méthode de recherche. Il a agi comme s'il croyait la science achevée à peu près définitivement. Il a voulu en exposer les résultats, et pour cela, 1l a imité Anstote, el fait usage presque exclusivement de la déduction. Il a cru de bonne foi être le chercheur qui fait avancer la science: il a été surtout le savant, l’érudit qui l'enseigne et qui la démontre.

Et ce n’est pas seulement dans sa Physiologie, où les théories tiennent tant de place, que Fernel a employé la méthode déduetive. Il est si persuadé qu’elle est la seule vraiment scientifique, qu'il l’applhique également à sa Pathologie et à sa Thérapeutique ”. Il pose dès le début des propositions générales, et 1l en déduit les conséquences. Toute sa pathologie découle d'une définition abstraite de la maladie ?, et toute sa thérapeutique de cet aphorisme que les maladies se guérissent par leurs contraires ?. Et de ces généralités initiales, on descend à des

1. Sur l'emploi de la méthode qui commence par les généralités, l’ancienne médecine n'a jamais eu aucun doute. Riolan, par exemple, écrit : «In primis autem eujusque scientiæ principiis constituendis diligenter «laborandum, non semel Plato admonuit, quia caduco fundamento quæ « superstruuntur, ruunt sua mole., » Riol., Comment. du De abditis rerum causis, ch. 11, p. 120 {éd. de 1610).

Fernel lui-même la définit : « Vous avez coutume, comme les mathé- « maliciens, de partir des principes, qui sont admis par tout le monde, «même par le vulgaire, et vos déductions sont si claires, que vos audi- «teurs, conduits par la main jusqu'aux conséquences extrèmes, ne « peuvent leur refuser la même évidence qu'aux principes » (De abd. rer. caus., 1. 1, ch. 1, p. #00. Les indicatiams de pages se rapportent à l'édition d'Utrecht, 1656).

2. « Morbus est affectus contra nsturam corpori insidens » (Pathol., PAEChE Me prL0S or,

3. « Morbus omnis contrariis profligandus (Therap., 1. 1, ch. 11, p. 275). Voir dans Renouard, t. IT, p. 39, une excellente critique de ce prétendu axiome.

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