‹ Un million de binettes contemporainesChapitre 30 sur 44 · PROUDHON · texte numérisé non relu

PROUDHON

Proudhon, Pierre- Joseph, est né à Besançon en 1812, entre la naissance du roi de Rome et la campagne de Russie, On assure que ses premiers vagissements furent une opposition articulée contre les prolégomènes de cette campagne qu’il désavouait sur le bout de sein de sa nourrice. — Son père, honnête tonnelier, n’eut rien de plus pressé que de le faire élever par les oratoriens. — Le jeune Proudhon fit de rapides progrès, et quand vint l’âge de se choisir une profession, son père le fit correcteur d’imprimerie, malgré sa vocation pour Cujas ou Barthole.

De bonne heure , il apprit à connaître les hommes et les choses, et pour lui, les uns et les autres furent à la hauteur d’un sifflet. — R les siffla.

Ses premiers traits d’esprit, carrés par la pointe et cotonneux par le manche, s’émoussèrent au contact de la philosophie de Jouffroy dont il devint l’un des disciples les plus remarquables. — A cette époque (1822), dans une modeste chambre du faubourg Saint-Germain, il faisait avec ce même Jouffroy un cours d’esthétique auquel assistaient

comme élèves MM. Duchâtel, Yitet, Prosper Mérimée, Damiron et Abel de Rémusat. Enfin, Jouffroy et lui prouvèrent à cet aréopage que la philosophie a cela d'utile qu’elle sert à nous consoler de son inutilité. — Cependant, plus tard il s’inspira de ses propres leçons et fit paraître un ouvrage remarquable sur la philosophie de la misère, ou Système des contradictions économiques, avec une devise latine qui lui valut la haine de pas mal d’imbéciles et de propriétaires illettrés. Ce livre était une critique des systèmes fourriéristes et communistes de toute espèce. Il avait osé élever tribune contre tribune, au risque de dire de dures vérités,

Le tout, ma foi, sans masque ni chemise.

Proudhon, pétri avec cette pensée de lord Byron: a que l’avenir est plein d’absurdité », s’occupait avec une ardeur fébrile du présent que le choc des opinions d’alors tenait suspendu entre plusieurs abîmes. Son second ouvrage eut pour titre : Les Confessions d'un révolutionnaire . — Proudhon est plus fort en théologie que les plus forts théologiens de France. La langue hébraïque est pour lui un jeu d’enfant. Il fait des mathématiques comme un sourd et approfondit l’angle droit mieux que Bézout. — Il fut le plus éloquent rédacteur du Journal du Peuple; la couleur de son style,

PROÜDHON.

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