AUGUSTE LIREUX
Auguste n’annonça rien de bon en venant au monde, dans le département de la Seine-Inférieure, qui Fa vu naître.
Ce petit monstre devait beaucoup plus tard répandre quelque éclat dans les lettres et dans le choléra-morbus de la feuilletonnaillerie.
A dix ans, il avait des besicles, des taches de rousseur et un mauvais caractère. Pour modérer son ardeur et son exubérance de jeunesse, son père le fit partir mousse. Il a fait ses classes en mer, ballotté parles flots, dans ses voyages à la Jamaïque. Ce qui fit qu’il allongeait sans le vouloir ce vers d’un triple hémistiche :
Rome, l’unique objet de mon ressentiment et de la
[Jamaïque.
Au demeurant, il n’était pas né poète.
Une amante éplorée fut cause qu’il renonça à ses voyages au long cours. Il reçut un jour, à bord, une lettre brûlante de celle qui l’aimait éperdument ; cette lettre se terminait ainsi :
Mon cher Auguste, préviens-moi l’avant- veille de ton arrivée, je ferai ma toilette : je t’aime .
AUGUSTE LIREU X