‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 14 sur 63 · QUATORZIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME SÉANCE

Il y a aujourd'hui dix années révolues que le père Kbrnbn s'est révélé au monde des puffistes.

Il y a dix ans que le blagographe ordinaire du Tam-Tam et du Tintamarre a condamné le pichoun Kernen à cinq ans de blagorama dans les colonnes de ces deux journaux fantasques et rageurs.

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On pardonne yolontiers une première ISiate ; mais le père Kernen devait mourir dans l*iropénitence finale.

Une seconde fiute , un second puff perpétré avec toute la blagologie dont peut être susceptible Tinventeur des haricots des princes, vint le recommander de nouveau à la justice du Tintamarre , et le replonger pour cinq nouvelles années dans la prison Mazas de ce journal.

Le père Kernen, sorti sous caution , a commis un nouveau puff dont notre justice vient d'être saisie. Kernen, attendu la récidive, comparaîtra pendant cinq ans, à partir de ce jour, dans les colonnes du Tintamarre.

Il présidera, comme par le passé, les séances, qu'il émaillera de ses répliques provençales et religieuses , et s'en donnera à cœur joie pour refuser la parole pendant dnq années de plus au pharmacien Gillot. Cette séance est préparatoire. Elle a pour but de délier la langue de M. Gillot et d'exercer l'orthographe paresseuse de M. Mattet.

En l'absence de M. Kernen, le vénérable

lis VM MILLIOM

préside»! Ululaire de la Sooiélé des pOffiâtes français , la séance est ouverte par M.Gillot etM.Maltet,denUste-06anope distingué--par ses mirobolantes annonces. Ces deux membres, api^ a^rjoué peadaBl im quart-d^eure )i elifse^muselte , n*OBl rien de plus pressé (fie de s*aocorder la parole réciproquement.

M. GiLLOT. Je demande la parole.

M. Mattbt. Kerntn n'est pas là, je te la donne.

M. €riLuot. Pendant que nous sommes seuls, une idée me brûle le^cer?eau, feit palpiter mon cœur.

M. MATTKf . Tu me lais peur, a(*è¥&l

M. GiLLO-T. Tu sais que wici venir la dixième année f évolue que Keraen me te^ fuse la .parole.

M. Mattbt. Une te refuse rien.

M. GiLLOT. C'est vrai l mais il me refuse la parole sous le fallacieux prétexte que je ne saurais pas m*en servir.

M Mattbt, Alors?

M. GiLLOT. Alors , la bonne farce à lui faire serait de la prendre subrepticement

M Mattbt. Subrepticement!.... Ce mot

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me plaît ; je l*em|^kHerai la p^^nù^i^ foi* que j'irai dîner en ville.

M. GiLLOT. C'est un terme de palais.

II. Mattbt. Alors, ce mot me va , puisque je suis dentiste. Continue , Gillot.

M. Gillot. Subrepticement veut dire par ruse. Or, voici mon idée : je sais que Kernen s'appelle Jean Kemen; je vais lui faire accroire que le jour de sa fête est arrivé, et que je veux la lui souhaiter. Par ce moyen , je parlerai au nez . à la barbe de Kernen ; le précédent sera établi, il ne pourra plus désormais me refuser la par rôle.

M. Mattit. Le moyen est captieux....

M. Gillot. Captieux est un joli motr je le préfère à subrepticement

Les membres entrent en foule dans lasalle. Us sont rangés sur deux haies, et attendent avec un air sérieux l'arrivée deleur président pour lui souhaiter sa fête.

A le fêter chacon s*apprète.

M. Kernen, couronné de roses blandiei, arrive un cornouiller à la main , une tunique blanche et des cheveux rouges , à la

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manière d» fiftint Jcan-^ptiste. Il in^ile las pufQstcs à se séparer, et 4 se tenir prête à combattre dimaâelie prochain, au le?er de Taurore.

cBAiMUi nmm m piiff.

I^c Hagnéthieiir Hallalgnc

QUINZIÈIIE SÉANCE.

L'auditoire est aussi nombreux que mal ckoisi. Tous les endormeurs et les ender* mies, plus ou moins lucides , se sont donné rendes-vous k ce steeple-chase des magnétiseurs qui vivent du Itaquet de Mesmeitet de la crédulité parisienne.

La chambre entre en séance. Ravel défend la société. Grasset est chargé de la défense du magnétiseur Dallaigne et de sa femme, Prudence Haulard, qu*il endort le jour et réveille la nuit , et vice ver$a.

L'acte d'accusation,, lu par Ravel, produit sur rassemblée un sommeil diflicile à décrire. On serait heureux de voir tous ces magnétiseurs k distance.

En conséquence, Dallaigne el Prudence

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Httoltfd (pfOROQcez. femme Mlaigne) sont accusés d*iin puff à la Paixkans, tendant à pevaeer «a tas de gens qui ne sont ni plos m moins somnambules que lui, dans le but de Caire une recette au moyen d*afBebeftainsi eoiiçves :

MAGNÉTISME ET DE SOMlHANBllLISMt

ou

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