‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 16 sur 63 · PÂTÉ DE THON · texte numérisé non relu

PÂTÉ DE THON

« A croûte fondante, mets délicat, substantiel et de ION THON; le plus confortable de tous les plats maigres , et le plus nourrissant de tous ceux de poisson ; ressource inouïe pour les faihllbs cheé- TIBNNS8 au cariôme et aux jours d'ABSTi- MKfci, et pour toutes les tables, en tout temps, pour faire diversion aux plats gras,

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«ururat dans une ville od te prix &m poisson est toujours très élevé lorsqu'on tient à ravoir frais.

<i On le coupe en tranches comme un melon ; sa croMe fondante se mange ensemble avec le thon. »

Cette annonce a paru dans les joumant religieux.

M. Kemen rentré chez lui, a trouvé k son foyer son fidèle Gillot qui Tattendait pour déjeuner.

Cette séance culinaire, dévotement improvisée, a donné lieu il la conversation suivante :

M. Kbrken. Manze donc, Gillot; donne donc du thon à ton estomac, moun pichoun,

M. Gillot. Je trouve que votre thon est une ressource inouie pour les familles chrétiennes, comme vous dites.

M. Kernen. Comment l'entends- tu?

M. Gillot. Pour les familles chrétiennes qui préfèrent jeûner.

M.Kbriibn. Troun déDiéouI C'est vrai, ze piéne mon pftté de thon pour les zours d'abstinence. Or, si l'on Mi abstinence,

DE BOOPrONMBRIES. 1S8

bagafse! ze conviens que t*on peut se dispenser de manger du thon:

M. GiLLOT. Kemen, je ii*aime pas ton thœu

M. Kbrnbn. Mais ze ne Taime pas tt&à pluf.— Groii-lu que les médeciBs lisaiiBent les drogues qu'ils ordonnent?

M. GiLLOT. Vous dites qu^on le coupe par tranches, comme un melon.

M. Kbrnbn. Eh bien !

M. GiLLOT. Alors yous êtes un melon.

M. Kbrnbn. Troun de l'air! Ze suis face de t'avoir invité.

. M. GiLLOT. Vous dites: « Sa croûte fondante se mange ensemble avec le thon. ^ Si elle est fondante, elle est bien près d'être fondue ; alors on ne peut la manger; il faut la boire. Savez- vous quel est le thon que je préfère, Kemen?

M. Kbrnbn. Non, motmptcAotm. Lequel?

M. GiLLOT. C'est quand il y a trois bémols à la clet

M. Kbrnbn. Gillot, je ne t'ai pas invité pour te gausser de moi. Voyons, essaie maintenant de mon thon mariné; tiens, Gillot, goûte.

( M. Gillot mange ce que lui offre M. Kernen. )

M. Gillot. Kernen! ce veau est excellenl et donne du thon aux paroles de la bouche.

M. Kbrnen. Ze le crois fislre bien , il est mariné par d*habiles saleun!

M. Gillot. Vous dites qu'il ne laisse rien à désirer.

M. Rbrnbn. £h bien?

M. Gillot. Eh bien ! moi , je désire n'en plus manger.

M.Kbrnbn.Lou troun déDtéoulTn n'aimes pas le thon mariné fait avec les aromates cueillis sur les coteaux méridionaux, les pruneaux, les boutons de fleur d'oranzer et autres boutons de guêtres? Tu es bien difficile , bagasse !

M. Gillot. Je demande la parole.

M. Kbrnbn. Pourquoi me demandes-tu la parole?

M. Gillot. Pour ne pas manger votre thon pendant que je parlerai.

M. Kbrnbn. Eh bien! ouvre la bouée* moun piekoun . moi , 7je ferme la séance.

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lie SonnamlNrioeratle.

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