VIN6T-SI1IÈME SÉANCE
M. Kernen, propriétaire du Ba%ar Oriental et rédacteur en chef et unique
en son genre du journal patois y annexé, s élance vers le fauteuil et s'y insulie avec des transports de joie qui tiennent du délire.
L'honorable secrétaire, M. Grinoline- Oudinot (durée cinq ans) , se fait remarquer par son absence.
M. Kernen. Notre illustre collègue, M. Crinoline-Oudinot étant maintenant en Sine . ze prie Thonorable M. Gasselin dé vouloir bien rédizer le procès-verbal. ( 5e frottant les mains.) La séance elle sera intéressante si z'en zuze par mes pressentiments , troun de l'air,
M. DB Balzac {basa M, Ladvocat, lion deiBtA). Il a l'air tout guilleret notre président.
M. Ladvocat, lion de 1824 (bas à M, de Bal%ac), Pardieu! je crois bien. 11 vient de déjeûner à La Gliapelle Saint-Denis , aux
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Nouvelles Vendanges de Bourgogne, avec MM. Madapolam et l^émir Honsset, chemisiers.
M. DB Balzac (bas). Si c'est possible !
M. LADTOCAtf lioD de 1824. (ims). Je ne sais st c'est possible, mais |e sais que cela est. ie les ai vus descendre tons les trois par le faubourg* daos un état de béatitude qui m'a rappelé mes beaul jours, ob je dînais sept fois par semaine chez le restau* rateur.
M. i>E Balzac (bas). C'est sous la Res^ tauration.
M. LADTOCAT4 lion de 18^. C'est bien ▼ieuK, mon cher.
M. DB Balzac. Hélas! oui.
M. Ladtocat ^bas). Je parle du calembour.
M. KBHNBN.Zé crois qu'ofk se çuçotte, làbas... Taisez- vous, mes petits agneau; aquo poou pas dura ! aquo poau pas dma ! Il faut ouvri la séance, faut l'ouTri, cette eère séance. Ze l'ouvre, ze l'ouvre, ze l'ouvre!
( M. Ladvocat, lion de 48$4 , fait un signe d'intelligence à M. de Bal%àe.)
M. Gustave Barbu demande la parole.
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M. KvRNBft^ Eh ! aUfisc cMiç ! vous l'avez, traun iéDiéoul
M. GusTATs Bàamj^ Je demande que M* le président rappelle à Tordre deux membres qui viennent de {^'endormir et ronflent sur leurs bancs comme deux contrebasses. (On rit.) Ce sont nos deux honorables collègues MM. l'émir Housset et Madapolam.
M. Kbrnbn. Ze les rappelle k Tordre. Eb allez donc! flon. flon! bi ri fla!
{Tous les membres se regardent (Tun air étonné.)
M. GiLtoT. Je demande la parole.
M. Kernbn. Patati, patata. Ze t'en mo<que! Nisco, nisco, nisco. (Rires homériques sur tous les bancs.) Messieurs, il faut ouvrir la séance, ze n'y puis plu.s teni, ze n'y puis puis teni, ze n'y puis plus teni ! (Eocplosion d'hilarité») Ze commencerai par vous dire que les zunes et illustres collègues que nous avons admis dans notre sein ils zustifient sous tous les rapports la confiance qu'ils nous ont inspirée , patati , patata ! (Redoublement d'IUlarité,)
Ze vous disais que nos nouveaux collé-
gues zusUfiaient entièrement notre confiance, etze vais vous en donner un exemple. Approcez, Monsieur Parc-Poncet, approcez.
M. Parc-Poncet approche.) Lisez-nous votre admirable réclame de cette semaine.
M. Parc-Poucet (lisant),
« La foule se pregse aax portes de Tivoli depato qu'on a acquis la triste certitude qnll sera démoli au mois d'octobre prochain. ^ '
« Tivoli promet pour dimancbe prochain 13 Juillet, une grande Fête exiraorillnalre dédiée à la garde nationale de Paris et de la banlieue. Tous les dlvertl8«enieuts »*y trouveront réunis.
« On verra le début des ménestrels français, etc.
«MMIes gardes nationaux qui n'auraient pas reçu de lettres pour cette fête seront admis avec leur famille sur la présentation d'un BILLET DE (iARDR , et ne paieront qn'UN FRANC par personne, bomme ou femme.»
Ï)E TOUTES PARTS. Bravo! bravo !
M. Kernen. Cette magDiflque réclame elle éçappe à toute analyse, elle est au-dessus de toute éloze. C'est le superlatif du puff, trounde l'air! II faut que ze vous embrasse, Monsieur Parc-Poncet !
(// baise M. Parc-Poncet sur le front.)
M. Gassblin , secrétaire provisoire. On vient de déposer une lettre sur votre bureau, Monsieur le président.
M. Kernen. Lisez-la, mon cer, lisez-la.
Ze n*ai pas mes lunettes.
M. Gasselin ( regardant la signature).
C'est une sUtue des PÈLERINS SAINT- GERMAIN qui nous l'adresse. Messieurs.
(Vive sensation sur tous les bancs.)
M. Kernen. Lisez-la, mon cer. Ze n'y puis plus teni, ze n'y puis plus teni!
M. Gasselin. (Lisant.) a Messieurs les puffistes! j'éprouve le besoin d'appuyer de mon faible témoignage tout ce qui a été dit dans une autre séance des puffistes, au sujet des statues de l'ancien couvent des Pèlerins Saint-Germain, où s'exploite aujourd'hui l'industrie des bas de filoselle et des bonnets de coton. Ni moi ni aucune de mes camarades en plâtre n'avons été déter«
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rées dans les ruioes de Tapcien couvert, par la raison fort simple que nous n'^ avions jamais été enfouies.
« Moi qui vous parle» j'ai été acbetée il y a quinze jours, chez le ûguriste Miccbi» boulevart du Temple, 55, oU j'avais traîné une vie misérable, surtout k l'endroit des oreilles , vu le voisinage du Jardin-Turc Sitôt arrivée chez les Pèlerins Saint-Germain on me cassa un bras et Ton m'installa à côté de plusieurs autres malheureuses de mon espèce, deux statues italiennes et trois allemandes, k qui Ton avait fait subir Ui même opération. Je vous demande un peu, Messieurs, si c'est agréable pour une pauvre statue comme moi de parader toute nue et mutilée devant le public, et cela au pjmtit d'un marchand de nouveautés! Avouez qu'un tel rôle ne convient pas à une statue qui a du plaire dans les veines. »
M. Cotarp. U ne conviendrait pas davantage aux statues allemandes, italiennes ou anglaises.
M. DB Balzac Permettez, Monsieur Cotard. Une statue en plâtre ne peut pas 4^tre en glaise. (Hilarité )
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M. KsRMBN.SoyoMe/ VOUS faites encore e l'esprit, Monsieur dé Balzsc. Ze tous le di pour la quarante-neuvième fois , nous ne sommes pas ici pour cela. Si ze tous y reprends^.. Continuez la lettre, mon cer et illustre secrétaire.
M. Gassbun (eorUinuant). « Je suis donc on ne peut plus indignée contre mes quatre nouveaux propriétaires, et si j'en avais la force, je les battrais comme plfttre. (Rires,) Pardonnez , honorables pufQstes , aux termes peu parlementaires que mon exaspération m'inspire , et recevez Tassuruice de toute notre gratitude pour la bienveillante sympathie que vous avez manifestée à notre égard.