‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 28 sur 63 · VINGT-SEPTIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

VINGT-SEPTIÈME SÉANCE

M. Kernen, propriétaire du Ba%ar Oritntal et rédacteur en chef et unique... ea son genre du journal patois y annexé, occupe le fauteuil de la présidence et prend immédiatement la parole.

Messiurs...

M. GASSBLiN(ba« à M. Barbu). Gomme cet être-là manie bien la parole!

M. GiLLOT» pharmacien. Je demande ia.

parole.

M. Kbrnbn. Troun de Diou ! ce pharma • cien-Ià il m'interrompt touzours. Eh bien, ze veux lé mettre dans rembarras. Ze vous, raccorde, la parole... Messieurs, notre collègue Gillot il a la parole.

M. Gillot, pharmacien (déconcerté). Messieurs .. il fait un temps superbe! (Explosion d'hilarité sur tous les bancs.)

M. Kbrnbn. Zé respecte in Animent toutes, tes opinions, surtout lorsqu'elles sont pré-

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sentées d'une manière parlementaire ; mais vous conviendrei, messtours, que eellequé vient d'émettre notre collègue M. Gillot n'a pas dlmportaace pour zustifier son •ostination à me demander la parole depuis huit ans... Z'ai presque envie de le rap- :peler à l'ordre. (Oui! non ! oui î)

M. Parc-Poncet. Je demande la parole.

M. Kbrnen. Allez, vous Tavez.

M. Parc-Poncet. La réflexion de notre illustre collègue, M. Gillot, pharmacien, peut paraître un peu niaise au premier abord; mais en Texaminant avec maturité, vous y découvrirez une allusion ingénieuse à un événement remarquable. (Ecoute%,) Vous y verrez le symbole d'une grande solennité, vous y lirez enfin l'horoscope de toute une soirée de jouissances. (Sensation, ) Dans ces mots : // fait un temps superbe ! moi j*ai compris tout de suite que ra foule »e portera r«- «otr au vasie parc de Tlwill Qafl, connue on fuift, ëera blonlAi détruit- IMaliienreu»«'ment le lenipM K'^tait oppoHé i €«• que cette grande féle exiraordinatre, annoncée pour dlmanctic der- .nier, pût avoir Heu. Cette féle est renilHC

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à ee soir- MM. les gar<left iitttlouiiux, iiomnie*, femmes ou moutards, trouveront des billett cbez leurs tergcnts* majors.

f Rires et bravos.)

M. Matrivonium dibcjlapot. Vous êtes orfèvre, monsieur?

M. Parc-Poncbt. Nod, je suis le directeur de Tivoli. (Hilarité.)

M. Kernbn. Messiurs, tout ceci c'est cannant; mais vous allez voir que notre séance elle va se passer en balivernes. Voyons , messiurs, n'avons-nous personne à admettre auzourd'hui ?

M. DE Balzac. J'en vois beaucoup ici, au contraire.

M. Kernen. m. dé Balzac il en voit beaucoup...

M. DE Balzac. Oui, ma foi, et qui ne sont pas pulfistes-admis. (Triple salve d'applaudissements.)

iM. Kernen. Bagasse l encore un calembour I Ze vous ai conseillé vingt fois dé vous défaire de ce zenre d'esprit, mon cer collègue. Vous né tenez pas à l'avis que ze vous donnne ?

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M. DE Balzac. Je ne tiens pas à la vie, monsieur le président! (Rires et bravos,)

M. KmNBN (riant de lui-même). Zé ris, zé suis désarmé. Du reste, notre illustre ùèiUigue M. de Balzac il est trop heureux que nous n'ayons rien à faire auzourd'hui, saos quoi il n'aurait pas lé eouraze de con tinuer ses calembours.

M Bwf Balzac. Une preuve que je ne suis pas trop peureux, c'est que j'ai le courage de continuer. (Ela^losion générale,)

M. Kbrnkn. Assez, troun de l'air! assez! zé n'y puis pl,us tenir et zé lève la séance. Si M. de Balzac né se corrize pas de son vilain défaut, tous ses collègues ils seront bientôt brouillés avec lui.

M. DB Balzac. Eux brouillés! Jamais!

La séance est levée.

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