‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 51 sur 63 · V. Kbrnjbn. Vous baissez tous. XL^Assém · texte numérisé non relu

V. Kbrnjbn. Vous baissez tous. XL^Assém

blée $t roule par terre et s'arrache les cheveux,)

M. MuLLOT. Tout ii*est pas sans doute désespéré. Quant k moi , soyez bien convaincus que j'emploierai tous mes efforts pour cultiver le PUFF et le maintenir intact sur le sol de ma belle patrie.

M. Kbrnen. Ze m'en rapporte parfaitement à mon cer monsieiu* MuUot, père et fils, ei ze crois volontiers ce que vous dites ; votre assurance elle doit être sincère, puisque la vérité elle est sortie d'un puits. (Rires et applaudissements prolongés,)

M. Bernard-Latte. Si monsieur le président le permet, je ferai jouir l'illustre assemblée d'une innovation musicale.

M. Kernen. Ze le permets, l'idée elle est çarmante , ça nous distraira un peu.

M. Bernard-Latte. Je vais vous chauler les paroles de la Marseillaise sur l'air de la Grâce de Dieu, (Vive sensation.)

M. Kernen. Çantez , mon cer monsieur Latte, çantez ; ça doit être orizinal.

M. Bernard-Latte chante l'hymne de Rouget de risie sur l'air de la Grâce de Dieu , en s'accompagnant du galoubet. Il s'ac-

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quitte de cette tftche a^ec un sentiment parfait.

Les assistants ne peuTent résister aux Tiolentes émotions que cette délicieuse musique produit sur leurs nerfs, et quittent la salle Fun après Tautre.

La séance est letée.

SalDYlUe et «MUMot.

CINQUANTE-NEUVIOIE SEANCE-

Malgré la saison inconvenante pour les patrouilles de la garde nationale, M. Kernen arrive à la séance sous le costume léger de TApoUon du Belvédère;. un casque de pompier abrite sa tète. M. Kemen n*a froid qu*à son imagination. Et d*ailleurs il a lu quelque part que la beauté D*a pas besoin de parure.

M. Gillot, sous les babits d'un crapaud immortel, assiste à la séance.

M. GiLLOT. Je demande la parole.

M. Kbenbn. Mounpickoun, tuesinzuste.

M.GiLtoT. Je le sais bien, et c'est pour cela que je désire parler pour mes étrennes.

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M. KsBNSN. Trop parler auit. Tâis-toi, mais écoute.

M. GiLLOT. Vieui marchand de marrons !

(HilarUi.)

M. Kernvn. Aquéûu gran du ganéou!

troun de l'air!

En ce moment, deux notabilités biagodramatiques entrent dans la salle : MM. Grassot et Sainville.

Grassotest yenu féliciter le père Kemen, à l'occasion du jour de Tan, en uniforme de garde national. Grassot, dont le cou semble être parfaitement tranquille dans l'immensité de son col de chemise et sons la protection de sa cravate, tient SainTille par la main et le conduit à son banc.

M. Grassot. Messieurs, mon camarade 8ainviile. que vous avez applaudi ainsi que moi dans les Crapauds immortels et autres, n'en porte pas moins avec lui un cœur candide et pur. Sainville, salue ces messieurs. (Sainville salue.)

Sainville, pleurant. Messieurs, Grassot et moi, nous sommes engagés k la Montansier pour faire les imbéciles ; mais je «pois qu'il y a en France des personnes

DE BOOFFONNERIBS. i^ll

qui sont plus bétes que nous, sans ôtre payées pour l'éUre.».

Grassot. Sainville, nomme ces personnes...

Voix nombreuses. Oui, nommez! nomme?.!...

Sainyiixe. C'est ?ous tous !... (Sensation profonde.)

De vives interpellations interrompent l'orateur.

Sainville, avec majesté. Vos clameurs ne me feront pas broncher d'une semelle , né de père et mère obscurs, mais gendarmes, je me gendarmerai contre tous ceux qui seront plus bêtes que Grassot...

Grassot. Que Grassot?...

Saintille. Que Grassot et moi. (Rires,)

Grassot. Je vais vous expliquer la chose...

M. Gillot. Je demande la parole.

Grassot Kernen, donnez-lui la parole pour qu'il nous laisse tranquilles.

M.Rbrnbn. Zillot, ze te la donife.

Grassot. Maintenant, GiUot, que vous avez la parole, laissez-moi parler. La colère de Sainville est bien naturelle. Imt-

gine&>Y0U8, messieurs, que nous recevons daus le modeste café où bous allons qualre journaux vertueux qui font le désespoir de Sainyille. Ces carrés de papier abusent étrangement de leur cautionnement depuis quelque temps. (Hilarité.)

M. Kbrnen. Lou troun dé Diéou! allezvous véni au fait, bagasse !

Grassot. Eh bien! j*y arrive... Vous ôles tous des crétins. {Vive approbation.)

M. GiLLOT. Cette sortie nous a tous interdits.

Grassot. Vous méritez tous de Tétre.

Sainyille, le Constitutionnel à la main. Messieurs, voici ce que je lis :

« Des bruits malveillants, suscités par une concurrence envieuse, ont pu faire croire que U^* Mely quittait le commerce des modes; mais il n'en est rien ; elle continue son commerce comme si le diable l'emportait. » ( Vive hilarité,)

^AiiTviLLB. Messieurs, il n*y a pas de quoi rire. Sachez que dans le café où je vais, c'est moi qu'on accuse de répandre «es bruits malveHkmts et de vouloir faire

concurrence à M">« Mély dans le commerce des modes. ( Vive émotion.)

M. Keensn. Moun pichoun, ta candur elle t'égare. Ck)mment n'as -tu pas vu que personne ne 8*occupant du commerce de modes de M°^<' Mély, elle voulait que tout le monde s'en occupât, même le Constitutionnel et Sainville.

Gaassot. Je suis aise que vous rassuriez ce pauvre Sainville. Mais voici quelque chose qui est plus grave et dont on ose m'accuser, dans le modeste café où Sainville et moi nous prenons la cboppe de l'amitié. Je lis dans tous les journaux :

« Le bruit court que M. Mathieu, chef d'institution, renonce à l'honorable profession qu'il a si dignement remplie jusqu'à ce jour ; on va même jusqu'à nommer son successeur. Mais il n'en est rien. M. Mathieu n'en continuera pas moins à diriger la grande institution, etc...»

Grassot. Le croiriez- vous, messieurs...

dans le café dont je vous parlais tout à l'heure, c'est moi qu'on accuse de vouloir remplacer M. Mathieu dans les hautes et dignes fonctions de professeur : je V;<ms-

hik tm MILLION

demande un peu s'il y t du bon sens k me prêter une telle ambition. Pour faire cesser ces bruits calomnieux et rassurer M»« Mély, modiste, et M. Mathieu, instituteur, voici la lettre que Sainville et moi voulons faire insérer :

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