SOIXANTE-DEUXIÈME SÉANCE
M. GiLLOT. Je demande la parole.
M. Kbrnen. Bagasse! donnez -moi le temps d'entrer, m<mn pichoun^elzé vous la refîîserai. Messieurs, zé vous la souhaite 4 tous bonne et heureuse, troun dé Voir! zé mé sens en verve auzourd'hui ; j'ai envie dé faire des calembours et des proverbes ; maiszé les azourne, ce qui est dlzérén*est pas perdu. (Hilarité.)
M. DuBAND. Monsieur le président, vous voulez dire : ce qui est différé n'est pas perdu.
M. Kbbnbn. Zune imprudent, zé fais comme vous, z*écorce le français sans le savoir. (Rires.)
(Pendant que le président échange ces paroles avec le jeune Durand, M. Gillot,
DE BOUFTONNBRIBS. 423
qui a taii Crois fois le tour de la société, une boite k la main, parvient à faire accepter à tous les membres une de ses pastilles de looch solide^ qu'ils s'empressent de goûter.— Les puffistes sont d'ordinaire très-* gourmands.)
M. Kbbnkn. Z'en voudrais bien une, moun pichùun; zé suis capable de vous donner la parole.
M. GiLLOT, Sunairdetriompht. (A part.) C'est bien là dessus que j'ai compté.
M. Kemen porto à sa boucbe, avec gourmandise, la pastille que lui offre M. Gillot.
En ce moment, tous lés membres de l'assemblée paraissent en proie au plus vif malaise que cause à leurs vieilles molaires la pâte solide oflerto par le rusé M. Gillot.
M. Gillot, joyeux. Le moyen de parler, c'était de fermer la bouche, je le répèto, e'était de fermer la boucbe à ceux qui me défendaient de l'ouvrir; mais enfin je triomphe!... Il m'a fallu deux années d'études pour arriver à ce but. Ainsi donc^ je puis me moquer de vos troun dé Dièou , et user de la parole sans craindre que vous me la retiriez. .
9^9 BN MILUON
Bl. KvRifBir, furiBux. Tu le Irompes, ôttgame! car z'ai pck. par des efforts inouïs^ me débarrasser dé ion k>och, q«i n'af«it ptsooiEptésiir l'absence dé mes irais dénis, et qui s'étaii nicé dans un de mes cicnt» r ze t'enlève la parole.
M. GiLLOT, exaspéré. Quel malbenr que Je ne puisse pas vous mettre dedans !
M. Cainounb Foutoux (durée 1 an). La durée des cols crinoline de papa étant expirée après cinq ans d'existesce, j'ai riK»nneur de vous faire part de son enterrement. (Sensation profonde,) Désormais, les cols de papa anroni une durée de dix ans. (Marques d incrédulité,)
M. Kbrnbn. Abondance de crins ne n«li pas. {Hilarité.)
M. Laurbnginq tire là langue au président.
Une nuée de littératemrs entrent en séance. }^rmi eux on remarque Tédiieur Lami, M. Croftte^e-Tourlafille, M. Gustave Barbu, le vicomte I>elannay et CiMKinic- Daclos ; Ils anuoneeni la venue d'un vieux grand liomme.
M. Kbrnbn. L'Iionnur que zé reçois en
OE BQOFFONNERIES. 4^
cé zour, il f^ra époque dans ma Yie, troun dé Voir ! C'esi bien commencer Tanniversaire de nos séances que dé se trouver en aussi bonne compagÉie, ei les littératurs ils ont des droits à la reconnaissance des puffistes. Zé leur envoie des baisers.
Un vieux monsieur, à la ûgure vénérable, quoique laide, au maintien cassé, quoique majestueux, entre dans l'hémicycle ; il est décoré d'une canne et de la Légion-d'Honneur; une vaste perruque orne son vieux front, les lunettes Victoria qu'il a sur son énorme nez sont cause qu'il marche avec peine.
M. Kbrnbn. Quelle est cette antique momie?
Tous LES MBMBBBS EN CHQBUR. G'CSt le
Constitutionnel !
M. Kbenbn. a zenoux, messieurs les puffisles ! Si lé Constitutionnel il n'ézistait pas, lé fiuff il né serait pas inventé ; c'est lui qui l'a propazé à tant la ligne^ c'est lui qu'il a cncourazé l'industrie... k faire dé la réclame et des comptes-rendus... C'est lui qu'il a dit que nous dansions le cancan sur un volcan, troun dé Dièou^ et les puissaoces
I|36 UN BILUON
étraozères elles n'ont rien osé dire . . . Voyon s, mon cer vieux, que nous foulex-vous? Déclarez-nous vos titres...
Lb GoNSTiTUTiONMkL. Bossiottr, je de veux faire aucude déclaration. {Rires.)
M. Kbr5 BN. Nous savons que vous êtes prudent ; mais vous aves des qualités, déclinez-les.
Lb Constitutionnel. Bossienr, je suis udliobbe d*esprit, bais pair de France.
(Sensation.)
M. Kbrnbn. Mouchez-vous.
Lb Oonstitutionnbl. Bossieur, j'ai oublié bon bouchoir, et d'ailleurs j'ai un rhube de cerbeau qui m*6te tout Tabour que j'ai pour le tabac Birginie. C'est aigourd'bui l'adiversaire de l'addée derdière, je be soublens que j'abais un rhube de plus «t des aboddés de boins pour mes étreddes. (Bires,)
M. Kbrnbn. Diable, diable, c*est contrariant, mon vieux pichoun. Pourquoi ce crêpe à votre chapeau?
Lb Constitutionnel. Bossieur, quand j'ai osé écrite un jour que l'horizon se rembrudissait , les jourdaux b'ont blagué ;
DE BOOrPOIlM BRIES. /k27
ils ont pensé que je parlais politique tandis qu*il n*était question véritablement quo de l'horizon infidibent rapproché de la liste de mes aboddés. (Hilarité.)
M. Kbrnbn, riant. Vous étiez, convenezen, un vieux blagueur... Continuez, moun pichoun, et prenez ce mouchoir.
Lb Constitutionnel, se mouchant. Berci.
bossieur. J*ai beau be boucher, j*ai le dez bouché. — Je continue. — Les boddetiers b*ont toujours hodoré de leur confiance; ces aboddés be sont restés fidèles; il est vrai que je leur addonce tous les ans les pérégridations des cadards saubages, des pluies de crapauds et de gredouilles. Un jour je leur fais une dissertation sur Tabsurde Paraguay-Roux; une autre fois, je leur découvre ud'arraignée dilettante et autres blagues qui convieddent aux bodde* tiers; eh bien! le croiriez-vous, ils coIk benoent à se désabodder!
M. Bbrnard-Lattb fredonne Vair : J'ai longtemps parcouru le monde...
Le Constitutionnel essuie une larme.
M. Kbrnbn. Ce petit vieux m*amuse^ troun dé Vair ! Voyons, mon cer, quels sont
438 UN MiU^ION
les hommes d'esprit qui ont coniribué à la prospérité de vos désabomements. {Rires,}
Lb GoNSTiTUTiONNBL. l'en ai plusieurs ; d'abord j'ai Jay, Jouy, Jars, Jal, ensuite...
U. Kbrnbn, vivement Ak\ lou ttxmn dé Diéou ! quel zargon ! zé compreods alors vos «lésabonnements!
Voix NOMBRBUSBS. NoUS De COQipreDODS
pas ; ponctuez et parlez plus doucement.
Lb GONSTITUTIONNBL. |o J*ai Jay; 90 j'ai Jars ; 3» j'ai Jal ; 4 j'ai Jouy. (Hilarité générale.)
M. HuBBRT. Vous avez joui du désabonnement?
Lb GONSTITUTIONNBL. Bossicu Hubert, si je d'étais pas un jourdal grabe Je trouberais votre répartie très-spirituelle.
M. Kbrnbn. Enfin, mon vieux, zé né mé rends pas compte de votre démarce ; expliquei-vous.
Lb GONSTITUTIONNBL. Boicl. Je suis inbenteur du Puff au désaboddemetUt et je biens bous demander un refuge dans botre sein... Puis-je vous compter au dombre do bes abonnés ?
Tous. Pas si botes !
DB BOVPFONNIfKlIW. ^29
Lb CoNSTiTUTioimBL. Au boios, puisque J'ai été ttUie aux puffisies, je demande à être pressé sur le cœur de bossieur Kernen, après avoir fait le tour de la société.
M. Kbrnbn. Viens sur mon cur que zé t'y presse; viens, roi des blagueurs, recevoir Taccolade et les baisers dé ton président, qui piaule dé bonbeur, et dès ce zour régarde cette eoceinte comme une succursale dé tes bureaux de désabonnements...
Zé m'inscrits un des premiers, et zé mé désabonne pour un an.
SCÈNB D*ATTBNORISSBXBT BT COURONNB- MBNT.
Le Constitutionnel est lancé de bras en bras par tous les pufBstes qui se dépêchent de rétreindre pour le rejeter au plus vite dans les bras du voisin. —Tant d*émotions accablent ce vieillard cacochyme, il tombe sur une chaise.
l.e Constitutionnel ne peut plus se relever.
La séaace est levée.
430 UN uiu.ion
SOlUNn-TROISlÉiE SUlICC.
M. Krrnbn s'élance vers le fauteaii de la présidence avec la légèreté d*une biche, et s'écrie :
Illustres vieux, comment vous portezvous?
M. GiLLOT. Je vous rends mes devoirs, et je demande la parole. (Rares.)
M. Kbrnbn. Au lieu dé mé rendre ses devoirs, dont zé mé moque, M. Zillot il ferait mieux dé mé rendre un service.
M. GiLLOT, avec joie. Lequel ?
M. Kernen. Celui dé mé laisser tran* quille. (HUarUé,)
M. GiLLOT. Ciel ! tu vois tous mes guignons, et tu ne tonnes pas !
M. Kbrnbn. Il s'en gardera bien; mais il né s'agit pas dé tout cela. Messieurs, l'al de grandes^ nouvelles à vous apprendre.
( Écoute% ! Écoute%!) Zé mé suis fait zoumaliste !
Plmieurs voix, avec effroi. Journaliste!
DB B0DPP0NNBRIB8. k^%
M. KuRNBN. Zé né vous dis pas lé con^ traire... Vous avez entendu parler d*une Droçure intitulée La Provence à Paris^ Bulletin menmel.
Voix nombreuses. Oui ! Oui !
M. Krrnbn. C*est moi que z'en suis le direttur et le rédattur en cef. {Sensation.) , La séance reste suspendue pendant une demi-heure. M. Kemen profite de cette lacune pour manger un biscotin d*Aix avec une onction toute religieuse. Puis il pourr suit son discours en ces termes : Messieurs, mon cœur il a été poussé à cette résolution estréme par la force dé mes principes relizieux et par la douceur dé mes huiles d'Aix. Les habitants dé Paris Ils né connaissent pas encore la Provence. La gastronomie du Midi, mes cers collègues, elle a ses secrets et ses voiles ; zé divulguerai les uns et zé décrirai les autres.
Zé me propose d*ésaminer avec soin la manière dont la cuisine provençale elle est comprise dans certains restaurants de la capitale. Il y a beaucoup à dire à cet égard. Un bon cusinier il est touzours çose fort difficile à rencontrer; mais un cusinier pro*
(81 tm MH/MON
vençai cV»8t bien autre ^ose eneore ! il faut tant dé Uot, tanlééguAt, tant (Tinspirations «oadaines. {Très-lmn!)
Les bons cuisiniers provençaux ils n^apparaisseiU que dé loin en lom : ce sont les comètesdérarlcuHnaire (Applaudissements «ntkousfa^es.)
Par ma nombreuse corre$»penda»ce, et mes relations multipliées, ze suis k même dé rendre mon Bulletin mensuel utile et amusant à la fois. {Très^ien.)
Zé place mon zournal sous la proteclifi* dé ce bon roi René, qui a fait pendant plvs de quarante ans lé bonheur dé ma province. {Mouvemefa.)
Si vous le permettez, mes oers collègues, zé TOUS lirai quelques «x traits du |H^inier numéro dé mon zounial. {Oui! Non! Oui!) deux qui disent non, ils sont des galapias! (Rires,) Moi, zé suis ?éiiu ici pour vous lire mon zournal. et zé vous lé lirai. (Lisant.)
Histoire d'sn Basar inrieiKal*
• Il y a dé cela treize ans (Sensation.), un Provençal, fils d'un proscrit de 1703, pro-
DE MOrrONIIBBlBS. 433
priétaire d^oliviers à Aix, il fabriquait une grande qwinUté d'huile, qu*il expédiait en suite en petits barils dans toute la France. Ck)nime la plus grande partie dé ces barils elle était dirizée isur Paris, il venait à Paris à çaque expédition annuelle, pour opérer ses recouvrements. Bientôt on voulut qu'il espédiàt d'autres denrées dé son pays. C'est alors qu'il se détermina à louer un petit local, dans une cour dé la rue d'Enfer, pour y établir un entrepôt. Bientôt toutes les marçandises elles sont enlevées comme par ençantement. (Bravos.)
« Encourazé par tant dé susses, lé Provençal croit dévoir se tisser lui-même k Paris. Il s'installe dans un modeste logement dé la rue du Gerce-Midi, avec ses denrées, ses croyances relizieuses, ses opinions monarciques et ses principes de commerçant. {Trèsbien.)
« Lé modeste lozément il prend çaque zour plus d'importance. Enfin, un beau matin il se trouve tellement gonflé dé marçandises, que son hurux propriétaire il croit pouvoir sans trop dé vanité, lui donner lé nom ûér Bazar. {Bravos.)
« Cest à cette époque qu'il établit son basât oriental, sur le bonletart des ItaHens.
(Sensation.)
Description do Bazar Oriental, booleTart de» taliens.
« Gé bazar a 25 mëlres 75 centiBsètres dr longueur , sur il mètres 55 centimètres de largeur. »
(Ici nilustre M. Kernen fait la momenclature des di?erses productions qvi so trouYenI dans cet établissement.)
DB BOUPFONNKRlËS. 4^5
(Applaudistements
prolongée.)
{Marques d'attendrissement.)
Plus loin onl voit des saucissons d'Arles. , (Hilarité.)
Lé soir, le Batar Oriental on question il est éclairé par le système Hobert. ( Trèsbien.)
On voit que, pour avoir des principes réiizieux et monarciques, nous né sommefr^-
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DB BOfJPFONNBRIBS. 637
Le tomulle est à son comble.
M. GiLLOT. Je demanderai la parole quand le silence sera rétabli.
M. Kernbn. Mes cers collègues, zé yous invite à continuer lé tumulte.
La séance est levée.
lime profession de fol.
SOlUNTCrQUATRIÈIC SÉANCE.
Maintenant, troun de Dièou ! s*écrie le père Kbrnbn, en se penchant sur le fauteuil, il faut que zé vous dise dé quelle manière z*entead5 :|âire mon zoùrnal. {Écoute%!
écoute* ty Lé ^08«nal dont zé vous ai parié...,.
M. GiLtOT Je demande la parole.
M. KEtiittN. Bernique!
Mj.jGillot. J'cd appelle à la postérité... VouS^ieft ^tes tm autre! {Hilarité générale.)
{ M. Kernénne peut s'empêcher de sourire en eroqiioÀt un biscotin.)
M. Kernbn. Voici comme //entends fsrfrc mon zournal :
ai^Pnemar^i^âLM^ traitera dé l*hnHe .../ • ••' . . . * • -
638 uif VfLLion
d*Aix. Cette bufte elle est très-limpide ;
mon style il sera de même. (Bravo!)
Mes Entre-filets ils s'occuperont des entrées dé filets aux oHves. {Hires et applaudissements.)
Quant à mes Faits divers, ils s^ont consacrés aux harengs laites. (Oh î oh!)
M. Hubert. S'il est permis de faire d*aussi atroces calembours !
M. Kernbn. Zé suis facétieux, foilà tout. Lé carnaval il m'autorise à être facétieux. (Très-bien!) Zé continue... Mes feuilletons ils seront absorbés par des comiçons.
M. Hubert. Nous n*en doutons pas.
M. Kbrnen Si monsieur Hubert il veut y travailler, il me fera plaisir. . . (Uilarité.) Dans ma partie musicale, zé disserterai sur lé thon. . . (Trépignements d'enthousiasme.)
M. Hubert. Pour le coup , M. le président abuse du fauteuil.
M Kbrnen. Eh non , bagasse ! z*use du carnaval, voilà tout. Zé suis facétieux. (Très-bien!) Zé recommanderai surtout moD Thon à la Çartreuse pour lé Carême. C*est un plat délicat, sustantiel et de résistance, ressource inouie pour les familles du^
DB BOOPFONNBRIBS. 439
tiennes qui en temps d'abstinence elles tiennent à bien viyne. {Bravo!}
M. Bbrnard-Lattb. Je demande à icavailler à la partie musicale!
M. Maurice Schlbsingbr. Et moi aussi, saperlote!
M. Kernbn. Non , troun de Dièûui zé né vux pas dé vous.
M. Bernard-Latte. Votre journal est donc une arche sainte?
M. Kernbn. Oui, moun pichoun , une véritable arce sainte, puisqu'il s'occupera principalement du Vin de Noé. (Très-bien,) Mon zournal il parlera aussi dé mes prunes et dé mes figues, et tous les numéros porteront des dates. ( Explosion d'hilarité. ) Décidément . zé suis très-facétieux auzourd'bui , et zé mé trouve dans une essellente disposition pour aller voir le bœuf gras. Aussi, zé lève la séance.
M. Kernen , en quittant le fauteuil , est accablé de félicitations.
M. Gillot ouvre la bouche pour demander la parole; mais M. Kernen, qui prévoit le coup, lui donne un croc-en-jambe et rétaie par terr/e. -- La séance est levée.
' A la Tignasse.
SOIXANTE-CmOUrÉIIE SÉANCE.
La séance brillait, depuis une heure, par i'absence de M. Kernen. quand M. Gillot s*a?i8a de monter au fauteuil de la présidence.
Voici le discours qu'il improvisa :
Messieurs ,
Enfin, il m'est donc permis... (Interruptùm.)
Les pas d'un cheval se font entendre, c'est M. Kemen qui entre dans la salle, en descendant de sa monture. Aucun ruban n'orne sa boutonnière. Sa chevelure n'est pas le moins du monde ondoyante ; il est coiffé à la malcontetit.
M. Dodolphe Desmery et son paletot assistent à la séance ; les regards malicieux de l'assemblée semblent critiquer l'importance que se donne ce jeune littérateur.
M. Kbrnkn. Zillot, mon bonhomme,
DE BOUFFOIIKICRIBS. ftUt
non, il ne vous est pas permis dé prendre la parole sans la demander.
M. GiLLOT. Eh bien! ça me va, je la demande.
M. Kkrnbn. Oh ! je sais que vous êtes inteHizent , et qu'il né vous manque que la parole ; zé vous la retire.
M. GiLLOT. Ça m'est égal , je vais parler en vers:
Qae ta vieillesse wmîttt et bit sooffrir aitfnii t Je Yoadrais bien avoir la parole aojoard^hai.
M. Kernen. Et moi zé vais vous répondre en vers, troun de Dièou !
Lé trop parler, monsior, seavent uoas est contraire. Poar garder lé silence il faut savoir se taire.
Je voodrais bien savoir k quoi sert le silence: Il ne gnérit de rien ^ an contraire, il aigrit Les maux et les tourments da cœur et de Tesprit.
M. Kernen. Et moi ze te réponds :
Si ta né té tais pas , si tu n*es pas docile , Zé vais aller cercer un gros serzent de ville.