‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 55 sur 63 · SOIXANTE-HUITIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

SOIXANTE-HUITIÈME SÉANCE

M. le Président occupe le fauteuil et rattention des membres, à 4 heures moins 55 minutes. Tout de noir habillé, lHiustre président prévient TAssemblée que pour faciliter les travaux du jour, il sera assisté de MM. Barentin et Hubert, chargés de la 'partie calembourico-eomique de la séance. Ces messieurs prennent place à ses côtés.

M. Gillot, qui a lu dans un grand journal, que lors d*une discussion importante MM. les Députés passent la nuit dans l'enceinte de la Chambre, quand ils veulent parler les premiers, n'a pas quitté le lieu des séances depuis dimanche, afin de jouir de la même faveur.

M. Gillot. Je demande la parole.

M. Kbrnbn. Zé suis flatté, moun pichoun, dé la noble insistance que vous mettez à mé demander la parole ; cela vous honore;, z'y répondrai en persistant à vous la refuser. (Rires.)

txQO UN MILLION

M. GiLLOT Palsambleu, je m'y attendais.

M. Kbrnbn. Messieurs, les zours ils grandissent, lé soleil dé zuillet il approche, troun de Diéoul II s'azit dé pouvoir s'abriter contre l'oraze dans les yamps. Pour cela il faut dé l'ombraze; et au moyen des plantations dé MM. Vincent Troublé, vous aurez rarbre A&ederack, qu'à Perpignan et dans tous les pays dé France on appelle V Arbre aux grives, et qu'a Pékin on nomme l'Orgueil de la Cine. Vous allez l'entendre qu'il va vous offrir ses boîtes de graines à 1 fr. 25, et des insertions dans tous les zournaux où il insère les puffs, dont il vous donnera letture.

M. Troublé. Messieurs, j'ai lu dans le Tam-Tam la réception de M. Biagonoff dans le sein des puftistes; vous avez ri de son Orgueil de la Chine; il n'y avait pas de quoi rire, car, pas plus que vous, il ne peut chanter :

Je rai planté, je l'ai vu naître. (Rires.)

Cependant j'ai dû faire imprimer ces lignes dans les journaux - L'Orgueil de lu Chine. Nous n'avons pas

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été les derniers à sourire de cette emphatique dénomiuatlon donnée au Mélia A%édé' rac de Linnée par des Louisianais, frappés de la magnificence, enivrés des parfums de ce nou veau- venu , que nous connaissons sous le nom de lilas chinois.

M. Bon, joaillier en faux. Vous avez craint sans doute que la séance du Puff couronné portât ombrage à l'arbre qui fait votre orgueil ?

M. Kbrnen. Mon bon, vous n'avez pas lé droit de faire ici de zeux de mots« vous troublez Troublé. Continuez, moun pichoun.

M. Troublé. Je vais continuer, tâchez de ne pas rire de ce puff réclame ainsi conçu :

Nous avons également compris la qualification d'Arbor sancta, que lui donna quelque pieuœ botaiste italien {Rires} , et que justifie le joli grain de chapelet contenu dans chacun de ses petits fruits. Nous nous expliquons de la même manière son nom anglais bad-tree (mauvais arbre), et nous en étions à choisir le plus convenable de tous ces noms, lorsqu'un propriétaire des environs de Perpignan {Hilarité) est venu protester contre toutes ces dénominations

fantastiques, pieuses, savantes, latines, an-^ glaises (Une Voix. Vous vous blaguez vousmême), en nous déclarant que le vrai nom des beaux mélias formant l'avenue de son castel (Rires.) n'est autre chose, dans son pays, que celui d'arbre aux grives, à cause de Tatirait qu'il a pour ces oiseaux. (On Mffle.)

Tous ces noms sont bien et dûment motivés, comme on le voit; mais, dans l'embarras du choix, nous continuerons, n'en déplaise aux critiques, à offrir aux amateurs de jardins nos graines fraîches de lilas chinois, sous le nom consacré à Naiche%- Mississipiy d'Orgueil de la Chine, tout en les invitant à profiter de l'approche du printemps pour en faire des semis.

M. PoiRsoN. J'ai remarqué que vous disiez au printemps : profitez de l'approche de l'été ; que l'été dernier vous disiez : profitez de l'approche de l'automme, et ainsi de suite.

M. Laurent- Cinq, chantant :

C'est pour savoir si le printemps s*avance... M. Kernbn. C'est pour profiter dé la

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bonne volonté des aceteurs; car Vorgueil il né pousse pas plus rhiver que l'été, mais en revanche il né pousse pas moins. {Hilarité.) C'est égal, cette réclame elle est bien drôle, elle vexera bien les critiques du Tarn- Tam^ troun de l'air,

M. Trubbrt. En feuilletant mon Dictionnaire Landais, que j'ai tant besoin de consulter, j'ai trouvé, page 179 :

« AAédéraCf subst. mas. Arbrisseau de la famille des méliacées, à fleurs en rose, feuilles apéritives, fruit vénéneux; acacia d'Egypte, faux sycomore, lilasdes Indes, arbre saint. »

Si ce n'est qu'un arbrisseau, pourquoi en faites-vous un arbre et ne dites-vous rien de ses fruits vénéneux?

M. Troublé. Mon ami Boistikoff se tait à cet égard. (Sensation.) Après tout, je n'oblige personne à en acheter, j'offre mes graines à 1 franc 25 centimes la boite et voilà tout. Vos observations sont justes, mais elles finissent par m'ennuyer. (Murmures,)

M. Kbrnbn. Z'invite M. Troublé à se modérer, et z'engaze les puffistes à se taire. La question elle n'est pas là; bagassel lé

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proverbe il est zuste < Mauvaise herbe croît touiours. » Voilà pourquoi il croit que l'Orgueil dé la Cine il croit. (Hilarité.)

M. Troublé voyant que M. Kemen ne se •dispose pas à le couronner, veut imiter Napoléon lors de son sacre, et prend des mains de M. Kemen la couronne qu'il pose lui-même sur sa tête. {{Sensation prolongée.)

M. GiLLOT. Je demande la parole.

M. Kernen à M. Troublé. Troublé, mon bonhomme, zé vous présente Zillot, l'orgueil de nos séances, etzé lève celle-ci, où zé né mé suis pas ^ musé du tout.

Le cotonnier herbacé.

SOIXANTE-NEUVIÈIRE SÉANCE.

M. Kernen, vêtu de noir et les ongles en deuil, occupe le banc de la présidence; son regard est morne, son maintien est embarrassé ; en un mot, il est affaissé.

M. Barentin-Nasica et M. Ruban Trubert complètent le triumvirat présidentiel. La séance est ouverte.

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M. GiLLOT. Je demande la parole.

M. Kbrnbn. Vous en abuseriez, zé vous connais, Couquinl

M. GiLLOT. Je crois pouvoir affirmer le contraire.

M. Kbrnbn. Eh bien! troun dé Diéoul zurez-le.

M. GiLLOT, la main sur son cœur, je n'aime plutôt pas Dieu. (Sensation.)

M. Kbrnbn. Ce serment il mé suffit ; taisez-vous. (Rires.)

M. GiLLOT, avec onction :

Le pDfQste Gillot sait souffrir et se taire, sans mDfmDrer. (ter.)

M. Gl'statb Barbu. Messieurs, il existe à Paris une machine à vapeur de la force de 30 chevaux, pour la fabrication des PufJTs concentrés, à l'usage de quelques banquistes non assermentés près les tribunaux. Le besoin se faisait sentir de livrer ces puffs à la publicité ; pour cela il fallait des journaux; or, quand on n'en a pas, on les achète et le tour est fait. Le béotien comme vou&

et moi s'y laisse prendre, aussi dirai-je comme Casimir Périer :

La faute ea est aux dieux qui le firent si bète. {Rires. )

M. Kernkn. Etes-?ous sûr, mottnptc/iottn, que ce soit Casimir Périer qui ait dit cela?

M. GusTATE Barbu. Dam, il disait cela un jour en parlant d'un directeur de théâtre. Rires.)

M. Hubert prononce quelques mots qui n'arrivent pas jusqu'à nous.

M Kbrnen. Barbu, où voulez-vous en venir? Bayasse l

M. Barbu Je voulais voua proposer M.

Boistikof, chauffeur de la machine ci-dessus, comme membre de notre Société. Voici l'un de ses derniers puffs :

Aux Âmateiirs de Jardins.

COTONinBR HERBACÉ.

Depuis près d*ua siècle, la naturallsaiiun en Francr du Cotonnier herbacé a cessé d'être un problème. Pourquoi ne réussirait-il pas comme plante d'agrément, sous la laiitud» |de Paris et du nord de la

France, alors qne, des 1778, Fleischman, jardinier de la cour de Saxe, était parvenu à l'élever en Aile • magne, en plein air?...

Une voix. FleiscbmanD ? Dites plutôt M. Blagmann.

La graine que nous aunonçons au public nous est récemment armée de la Louisiane. En suivant les instructions renfermées dans chaque boite, les amateurs auront le plaisir de la voir lever en peu de jours (Rires) ; fleurir dès le troisième mois, et six semaines après la floraison , les ovoïdes ou capsules commençant à mûrir , s'entr' ouvriront et laisseront échapper de légers flocons d'un coton vierge entremêlés, de graines à 1 fr. 50 c. la boîte. (Rires.)

M. Kernen. Aquo piw pas dura y lou troun dé l'air ! Nous allons fini par deveni ; des grènetiers : si cela il continue, les colonies elles seront en France, et la France elle s'en ira dans les colonies zéter un vilain coton. Hum! zé crois que z'ai fait un calembour! (Hilarité.)

M. Barentin. J'en ai un trac monstre,comme dit l'acteur Fombonne. (Rires.) Je,-

ferai remarquer à l'aimable société que le puff de M. Boistikof donne lieu à un quiproquo quand il dit : • En suivant les instractions renfermées dans la boite, les amateurs auront le plaisir de la voir lever en peu jours et de la voir fleurir, etc. »

M. Boistikof veut-il dire que la boite se lèvera et fleurira? il fera bien de s'expliquer.

Une voix. C'est juste.

M. Boistikof. Cette phrase est boiteuse, monsieur, comme la plupart des phrases de vos vaudevilles ; J'ai voulu dire que la graine se levait et fleurissait, et je suis sûr que M. Kernen ne l'a pas compris autrement?

M. Kernen, vivement. Voyons, continuez, moun pichoun; votre coton viene il m*intéresse.

M. Dennbry, prosateur, orné de son ami Grande. On voit bien que M. Boistikof ne vend pas des fleurs de rhétorique... ( On siffle.)

M. Cénéric Flougé. D'où vient que nous n'avons pas de cotonniers en France ? et pour(|uoi le gouvernement ne vous

achèle-t-U pas vos boites de graines pour en planter au Jardin des Plantes?

M BoiSTiKOF. Cette question est captieuse, je n'y répondrai pas. {Sensation.)

M. HuBBRT. Palsambleu! mon cher 6arentin, si cela poussait en France, où serait la farce dans ce pufT? Sa graine pousse. . .

le béotien à en acheter... (Hilarité

générale.)

M. BoisTiEOF. On peut parvenir à posséder l'arbre cotonnier herbacé si on a la patience de l'élever dans du coton ; si vous voulez de l'herbe, monsieur, vous en aurez toujours; l'herbe du cotonnier herbacé pousse partout ; mais si vous désirez avoir un arbre, coupez-lui l'herbe sous le pied, et en moins de trente ans je vous promets que vous aurez un cotonnier présentable en société. (Sensation.)

M. Hubert, interrompant. Et vous direz comme moi : j'ai de l'herbe assez. {Hilarité.)

M. Kernen , furieux. Hubert, aï envésé d'emmenda guère H soudards per lou faire dûita déforo, troun dé Diéoul Z'ai bien envie dé té zéter quelque çose à la tête , mais zé crains dé faïré un malhur ; z'ai pur

de commettre un hubcrticide. (Hilarité générale.) Fais pas attention, Boistikof ; continue , moun pichoun, ton arbre vierze et ton coton herbacé ils m'amusent , z*en acéterai pour mé faire, un bonnet de coton. {Rires.)

M. Barbntin. Monsieur Boistikof, votre puff. qui s'adresse aux amateurs de jardins, me rappelle involontairement la fable de VOurs et l'Amateur de jardins, où il est dit:

Rien n'est si dangereax qu'an ignorant ami ; Mieox vaudrait un sage ennemi.

Convenez que votre réclame ressemble pas mal au pavé de l'ours.

M. Boistikof. Si je suis Tours, vous en êtes un autre.

M. Barbntin. Ne vous fâchez pas; les ours, ça me connaît , je les fais jouer tous les jours. *

M. Kbrnbn. Zé voudrais bien voir lé f|>uit dé cet arbre, moun pichoun.

M. Boistikof. Voyez, monsieur, quel beau fruit! Ne dirait-on pas de vraies

pommes d'api .(Apart).Ues cotonniers n'en font jamais d'autres.

Ce fruit est \enu en quelques mois

(à part) de la Louisiane.

M. Kernen. Troun dé Diéou ! quel beau fruit et quel zoii puff , bagasse! Maintenant, moun pkhoun . montrez-nons l'arbre dé ce fruit, z'en acèterai une botte.

(Rires.)

M. BoiSTiKOF. Volontiers , vieillard.

Tiens , vois ce cotonnier herbacé venu en moins d'un an (à part) de la Louisiane.

Cotonnier de M. Boistikop

Filant un mauvais coton.

M. Kernen. Oh! le bel arbre, bagasse!

et dire qu'avec une seule graine (I fr. .Wc. la boite) , on peut avoir tant de coton pour faire des cémises! Oh! Boistikof, zé t'envoie des baisers. Mais qu'as-tu , moun pichoun, . . et quelle est cette zenné dame qui file?

M- BoiSTiKOF, fondant en larmes. Ab !

monsieur Kernen ! les larmes que yous me voyez répandre sont l'expression du cœur, et les chagrins que me cause la floraison de cet arbre. (Ecoutons,) Figurez- vous , monsieur, que la croissance du cotonnier que je vends est tellement rapide, tellement incroyable, tellement abondante , que j*ai des remords, quand je pense à l'encombrement que je vais causer à ceux qui le planteront.

Une voix. Qui le planterontlà. (Rires.)

M. Kernen. Continuez, mounpichoun.... et cette zuné dame ?. . .

M. BoiSTiKOF, pleurant. Ah! monsieur, je disais donc que la croissance du coton est si rapide, qu'il est urgent de le filer d'un côté pendant qu'il pousse de l'autre ;... cette dame que vous voyez me prête l'appui

de son beau talent Pourvu qu'il y ait

assez de femmes en France pour filer !

Vi. Kernen. Ah ! lou troun de l'air! mais zé suis vittime d'une gasconnade. (Hilarité.)

M. BoiSTiKOF. Parbleu!

M. Kernen. Filez en Belzique, vous et votre herbacé , z'en ai assez, zé m'en vas.

M. BoiSTiROF. Eb quoi ! sans me bénira M. Kbrnbn. Zé té bénis et zé file.

La séance est levée.

M. GiLLOT. Je demande la parole.

lie» Anglais poar rire.

SOIXANTE-DIXIÈIE SÉANCE.

M. Kernen s*élance ayec la viyacité d'un élan sur le fauteuil de la présidence ; mais il a mal pris son élan et tombe du côté opposé à Tabdomen , sur la tête du secrétaire. {Sensation non prolongée,)

M. Rernbn. Messieurs, la çute que zé yiens dé faire elle mé prouve qu'il ne faut zamais forcer son talent, car on ne fait rien avec grâce , troun dé Diéou! La séance est ouverte.

Le vénérable président ne s'est point aperçu de la nouvelle splendeur de la salle des séances. La plus belle verdure la décore. Des arbres (Orgueil de la Chine) et des cotonniers (herbacés) ombragent çà et là les puftistes étonnés d'une crue aussi extraor-

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dinaire. Ils n'osent s'interroger On ap

prend bientôt que M. Troublé , ayant

renversé par mégarde une de ses boites de graines (1 fr. 50 c. la botte), est la cause de ce phénomène inattendu. L'aspect champêtre de l'endroit engage M. Troublé à don ner une valse et une danse au rédacteur des séances du Puff , qui ne goûte pas l'àpropos. Cet incident se termine par l'air : La danse n'est pas ce que j'afme , et la discussion continue.

M GiLLOT. Je demande la parole.

M. Kernbn. Prenez-la, mais rendez-lamoi tout de suite.

M. GiLLOT. Je n'en abuserai pas :

Messieurs.

M. Kernen. Z'en ai assez ; allez vous asseoir. (Rires.) M. GiLLOT. Ma remarque subsiste.

La nuée d'Anglais qui vint s'abattre un jour sur l'étalage d'un papetier entre dans la salle. Ce sont MM. Bookman, Thompson, Wilson, Johnson, Waison et Jackson; Ils demandent k être re^us pufBtes.

M. Kbrnen. Znnes insulaires, zé méprise votre patrie ; mais vous, zé vous porte sur mon cur, bagasse ! parce que les puffistes ils sont cosmopolites. Zé n*ai pas oublié que lé Puff il a pris naissance dans la perfide Albion ; mais ma qualité dé Français elle né m'aveuglera pas; zé vous recevrai parmi nous comme des frères et comme des Français.

M. Watson. C'te bêtise !

M. Kbrnbn. Zé né comprends pas l'anglais. Monsieur Watson, mais mon ami Barbu, qui ne le sait pas non plus , il va vous adresser les questions d'usaze.

M. Barbu. I wisb you a good morning , M Watson.

M. Watson. Very well!

M. Barbu. I wisb you a good morning, MM. Thompson y Johnson, Wiîson, Jackson, and Bookman.

Les Anglais. Very well !

M. Kbrnbn. Z'ai remarqué, mon ami Barbu, que vous avez dit deux fois la même çose.

M. Barbu. Parbleu! je ne connais que cette pbrase-lè. (Rires.)

M. Kbrnkn. Fallait donc lé dire 9 troun dé l'air !T!ki remarqué aussi que les Anglais du papetier sus-mentionnés ils ont répondu le même mot. (Hilarité.)

Tous LES ANGLAIS BNSBMBLE. Parbleu !

nous ne savons que ce mot-là. (Hilarité.)

M. Kbrnbn. Ah! lou troun dé Diéou!

<[ui trompe-t-on ici ? Lé mot n'est pas de Figaro, il est dé moi. {Marques d'incrédulité.) Vous êtes donc des blagurs ?

Tous LK8 ANGLAIS. Nous ne le sommes pas plus que vous; nous sommes tout béte- «ment habillés à ranglaisé, de six manières différentes. Or, comme il faut que les plumes, l'encre, le papier, soient enveloppés à l'anglaise pour que les Français les achètent, nous avons pris des costumes anglais, et servez chaud!

M. Kbrnen. Zé vous avoue que z*ai été floué, zé vous ai crus Anglais, iroun dé l'air! Venez tous, mes pichouns , que zé vous presse sur mon paletot, et dé là sur mon cur. {Rires.)

Tous les Anglais se précipitent sur le cœur du président. {Tableau.)

M. Kbrnen. Gillot, zé té donne la parole^ parce que zé m'en vas.

M. GiLLOT. Je ne la demande pas.

La séance est levée.

lia Mystlfleatioii.

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