‹ Un million de bouffonneries, ou, Le blagorama françaisChapitre 6 sur 63 · SIXIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

SIXIÈME SÉANCE

Wm PensloB Hldiellery.

M. Kinnen , le Mimi-Véron du Bazar oriental de la cité d'Antin, le Montalembert des boutiquiers religieux, avant «ntendi»

dire que pour se raccommoder avec Dieu, qu*il offense en tenant boutique ouverte le dimanche, il fallait donner quelques ins^-* tants à sa patrie, part avec son catarrhe, sa canne et son Gillot, et vient présider la société du Blagorama national, dont il est le pilastre essentiel.

La vénérable culotte de peau va donc consacrer sa matinée à la présidence de la chambre ardente, et sa journée à la Société du Puff, dont il fut Tune des gloires. ,

M. Kbrnbn. Troun de l'air! z*ouvre la séance ! Que çacun il se rallie à mon pa nace blanc, et vive la zendarmerie! I

Voix TUMULTUEC8B8. Vive Kcmcn et son sachet providentiel !

M. Kernbn. Très-bien, mes pichouns! Ze suis content de vous. La séance est ouverte, bagasse !

M. GiLLOT. Je demande la parole.

M. Kernbn. Je n*ai rien à te refuser, Zillot...

M. GiLLOT. Alors...

M. Kernbn. Alors, tu vas te Uire.Tu sais bien que ze ne te refuse que la parole;

M. GiLLOT. Vieux tartuffe!

DB BODPPONNERIBS. 35

M. KsiNBN. Mespickauns, ze tous recommande de TOUS tenir tous décemment. Nous avons une dame à recevoir dans notre sein comme membre honoraire des puffistes. Le beau sexe, à qui ze dois ma mère, il a droit à nos égards, et d'ailleurs cette picboune elle fait son état d*élever des apprenties rosières et des Zeannes-d*Ârc en herbe. Ze n'ai pas besoin de vous recommander d'avoir les yeux à quinze pas devant vous, et les mains à la zointure de ta culotte.

Huissiers, faites enirer la néophyte.

(Une dame entre deux âges et entre deux huissiers, est introduite dans rhémicycie. Elle s'assied auprès de M. Kernen, qu'elle parait trouver d'une laideur repoussante.)

M. Kehnbn. Pichounette, ze ne vous demande pas votre âze, vous ne me diriez pas la vérité ; mais quel est votre nom?

La néophyte. Pension Michellery.

M. Kbrnbn. Ah! c'est vous qui êtes la pension Michellery?

U^ MicHBLLBRT. J'cu suis la mattrcssc.

Vieux pipelet, vous n'êtes pas sans avoir rencontré mes omnibas dans Paris à chaque instant du jour?

36 UN MILUON

M. Kbbnbn. Z'ai eu ThoBneurëe maiiquer d*être écrasé vingt fois par eux. Ze voo • drais bien les voir.

M«« MiGHBLLBRT. G'est facile. (SàglaïU. )

(La voilure entre dans 1 enceinte. Elle représente l'omnibus écrasant de cette pension, chauffé en été et rafraîchi en hiver. Un tuyau de poêle sort du toit de la voiture, le cocher se chauffe à l'aide d'un gueux.)

M. Kbrmbn. Lé Iroun dé Diou! voseevaux ils ont des çaussons de lisière !

M"* MicHBLLERT. Et mon cocher a un gueux et son Ht bassiné tous les jours. Ma pension est entretenue par une chaleur de 15 degrés Réaumur à l'ombre, et mes pensionnaires sont très-chaudement tenues...

M. Kbrnbn. Elles sont couvertes?

M"o MiCHELLBRT. Oui, Mousieur, elles sont couvertes... d'engelures.

M. Kbrnbn. Ah! bagassel nous rigolons donc avec papa?

Mm« MiCHBLLBRT. Temput rigolando. Je n'exècre pas de rigoler de temps ài autre, vieux bonnetier!

DE BOurroiinEiiiBS. 37

M. Kbmibn. Bagaste! il y a ooe ceminée sur Totre voiture?

M"® MicHBLLBRT.Non pas dessus,mais dedaus. La chaleur est pour beaucoup dans les étsdes de mes élèves; et si les parents sont généralement fîroids pour ma pension, leurs enfimts y ont chaud. J*ai pour mes chevaux la même tendresse; ils sont couverts de flanelle quand ils rentrent dans Técurie. Il est vrai qu'ils y sont rarement; car, dès raul)e du jour jusqu*au coucher du soleil, mes voitures vont chercher mes élèves dans les quartiers les plus éloignés, et les ramènent chez leurs parents... entre le supin et le gérondif.

M. Kbrnbn. Bagasse! Mais à quelle heure prennent-elles leurs leçons?

M**' MiGHBLLBRT. Elles étudient en voiture avec la sous-maîtresse qui les accompagne ; elles y font la cuisine ; elles s*y chauffent Ma pension est une pension grande vitesse, quatre lieues à l'heure; et mes élèves fHmchissent avec un égal succès et la même promptitude les quartiers éloignés de Paris et les règles de la syntaxe. Aussi ne dilrOB plus : « Je mets ma fille en pen-

sion ; * OD dit : « Je mets ma Qlle eo voilure. » (Rires.)

M. Kernbn. Quelleestcettezeune fille qui court» et celle qui est sous la voiture?

M"^ MicHEilLBRY. Ce sont des externes.

Les internes sont en voiture, les externes suivent les voitures pedibm et jamais.

Vous allez voir maintenant l'intérieur de mes voitures. (Sifflant,) (Une voiture Miehellery, dont les compartiments se développent , est amenée dans l'enceinte.

Mme Michel lery tire un ressort et la voiture se sépare en deux parties. {Applaudisse^ ments») Les petites filles sont au systënie cellulaire, chacune dans une petite case séparée d'une cloison.)

M. Kbrnbn. Ah ! lou troun dé Diéou ! elles sont zentilles!

M>ne MiCHELLERT. VouleZ - VOUS VOUS

taire, vieux polisson !

M. Kbrnbn. Ces petites Zeannes-d'Arc , elles me plaisent, bagasse!

M°>« MiCHELLERT. Vous le voyez, Kernen, elles ont chacune une chaufferette, car la chaleur sur les jeunes plantes....

M. Kbrnbn. Ze connais cette gamme-là,

DE BOUFFONNBRIBS. 39

ma cère Mais elles sont doDC en pénitence, vos plantes?...

Min« MiCHBLLERT. Non ; cbacune a sa cellule; mes élèves ne se touchent pas; elles sont séparées par une simple cloison, ce qui les laisse parfaitement libres de mettre les doigts dans leur nez, si cela leur fait plaisir.

M. GiLLOT. Elles font donc la potbouille?

M. Kbrnen. Zillot, dis donc la cuisine , zc préfère ce mut à ceux que z'endure quand ze t^entends prendre la parole.

M°>« MiCHELLERY. Oui, Monsicur, elles font leur soupe. 11 entre dans les habitudes de ma maison d'en faire des cuisinières.. . {Rires.) Je veux dire de bonnes femmes de ménage. (Sifflant.)

(Une voiture remplace celle-ci. Cette fois l'omnibus Michel lery représente l'heure des récréations. Or, comme tout se fait en voiture chez les Michellery, les petites filles jouent au cerceau sur l'impériale.)

M. KsRNBN. Troun dé l'airl encore une voiture!

M>»« Michellery. Mais puisque c'est

Tesseneede ma pension. On leur z) en banque même pendant les récréations. Mais le cocher est là qui veille sur leurs jeux enfantins.

M. Kbrnbn. Et vous ne craignez pas qu'elles ne tombent?

W^e MiGHBLLBRT. Oh! uou. Il cu tombe une, Tune dans l'autre, par trimestre. (Hi-lariié.)

M. Kernen. Bagasstî

Mme MicHELLERT. 11 y a toi^ours là une voiture dans laquelle elles tombent...

M. Kernen. Ze crois que vous vous ficez de moi avec vos voitures...

M<"* MiCHELLERT. Gommcut, gros pâté , tu ne vois pas que mes voitures ne sont qu'un prospectus roulant, et du pttffà l'omnibus, comme lepuffau ga% du Prophète!,.,

M. Kernen. Michellery, ma pichoune, le te vénère, tu es encore plus forte que ze ne croyais. Ze te déclare puffiste au pre> mier cef, et ze t'offre mes services. .

M™® MiCHELLERT. Pour être mon cocher?...

M. Kernen , se dodelinant. Ze le veux

DE BO0PFONNBRIB8. M

biea.... Et z*aarai le fouet.... poar frapper lescevaux?....

M™« MiGHXLLBRT. Kemeii , dépécbe-toi de lever la séance, il n*est que temps.

M. Kbenbn. Ze la lève.

CHAIBBE ARDENTE DD PDFP,

rooi L'iZTiionoi dis poisois.... db la rJclaub.

SÉANCE D'IllAUfiURATIOII

MM. KBRifm» président k mortier; Gillot, asse»sear mnet; Ravel, attorney général; Gràssot» défenseur d*offlce; Hyacinthe, gendarme raisonnear ordinaire et extraordinaire.

Les membres de la chambre de$ puisons soDt introduits. Le président monte sur son siège ; son assesseur y monte ei s'endort.

M. le président Kernen prononce le discours smvant :

Picbouns!

A l'imitation de la fameuse cambre ardente présidée par La Reynie qui suzea la Briufilliers et autres poisons du Sul-

taa XIV, z'iostilue uae cambre de sustke pour zuzer la réclame» celte Phénice de noszours qui zète ses hameçons sur les pauvres gogos de France.

Un poison subtil, terrible, s'infiltre à la quatrième paze des grands àniers de la presse quotidienne. Les réclames des blagurs intoxiquent leur venin zusque dans les murs à réfend du père Lahire des zournaux, le Constitutionnel!! (Mouvement dam V auditoire.)

Mes pichouns! un las innombrable de séances du Puff, du Blagorama et autres présidées par moi et mon Odèle Zillot, n'ont pas suffi pour arrêter le progrès du puff; au contraire, il n*a fait que croître et enlaidir. Ze me repens d'avoir été trop paternel.

Auzourd'hui comme sous le Sultan XIV, les la Mautorte pullulent et les Desrues courent les rues. Des pythonisses de Gumes foisonnent comme des haricots de Soissons; elles ne tiennent plus boutique de sortilëzes, de carmes et de talismans sous les noms d'Amallhée, de Tiburtine, de la Samienne ou U'Ëripbile; on les désigne

DE BOUPPONNBRIBS. /i3

amourd'hiii sous de simples noms d'almanach, tels qae Virzinie, Hélène, Clémence, Henriette; elles n'habitent plus la Libye, les lies de la mer Ezée ou l'Europe grécoitalique, mais Maubuée-Street, Madeleine- Square, Rempart-Garden, Lafitte-House.

Une cambre ardente devenait indispensable. Ze rouvre, assisté de mon Zillot dont ze fois mon suffragant muet, eu recompense de ses loyaux services. 11 opinera du bonnet, ik la condition de ne zamais ouvrir la bouce.

Z'institue Ravel attomey-zénéral. Ze Tinvite à braquer son binocle sur le ridicule qui vit encore, sur la sottise qui n'a point envie de mourir, et sur le vice qui devient obèze. Ze nomme Grasset défenseur d'office pour toutes les causes , pour tous les délits. Les onze années qu'il a subies au Palais-Royal me donnent la certitude qu'il cercera de nobles paroles et des zestes assez oratoires pour défendre la veuve et protézer l'orphelin. Orphelin lui-même, il saura trouver dans sa vieille ftme ou dans les mances de sa robe d'avocat des acents ou des éclairs qui porteront la oonvidon dans

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retprit des luzes. Les avocats tt*eD font zamais d'aotres.

Qu*oD introduise le coupable.

(Lezendarme Hyacinthe amène le coupable qui s'assied k sa gauche; son œil d'aigle ne le perd pas de Yue.)

Lb peésidbnt. Par respect pour le coupable, z'iUTite le zendarme Hyacinthe à remuer aussi peu fréquemment que possible ses pieds dans ses bottes h récuyère.

A rinculpé. Votre nom?

L'INCULPÉ. Décailloud.

Li puÉsiDBNT. Votre àze?

Décailloub. Vingt-neuf ans passés.

Lb présidbnt. En effet, on ne vous les donnerait plus. Nous avons donc fait un petit puff sommaire burlesque, lou troun dé Diéou?

Décailloud. Ce n*est pas moi, c*esl maman.

Lb pbésidbnt. M. Tattomey Ravel il a la parole.

M. Ràybl. Il est de notre devoir de mettre un terme à ces turlupinades qui arrêtent l'essor du puff véritable qui se pratique en Angleterre, et d'extirper ce poison

DB BOUrPONNtRIES. 45

deBOtie oorpt tocial. Le coupable Urfoilloax....

M« GEA889T. DéeaillQud, je vous prie.

M. Raybl. Décailloud oa Larfailkrax, peu importe : c'est un nom d'Auvergnat; c'est une circonitance aggravante. La mère Briae-Gaillou, dis-je, a publié une annonce que la Mautorte elle-même eût désavouée, avant son accident devant la chambre ardente. Nous ne sommes plus, Dieu merci, au temps des Noce, des Tavannes, des Léonor Pacbeco et autres rigoleurs du dixseptième siècle. Espérons que de nos jours il y aura des Voyer^l'Argenson pour envoyer aux Haricots ces blagueurs d'un autre siècle. (Semaiion,) Voici leseliargesqni pèsent sur M^e Grafailloux. (M« Grasset s'agite sur son banc.)

M. l'attomey lisant :

« Mn« Décailloud, somnambule très-lucide, ayant prédit en 1847 que nous étions à la veille de grands événements, consulte pour malades, garantit la guérison des humeurs froides, et, à l'aide de la baguette de coudrier, découvre les sources d'eau, l'or» l'aigent, enfMils dans la terre. »

M. Ràvbl. Le délit dont i^est rdnda coupable Tauteur de cette annonce ayant pour but d'augmenter le nombre des imbéciles et de porter atteinte aux sociétés californiennes, de faciliter les travailleurs qui découvriraient l'or et Targent au moyen d'une simple baguette de coudrier, ce qui rendrait inutile les blutoirs si chèrement payés par les blagueurs californiens ; plaise à la chambre condamner Larfailloux k S5 ans d'amende et à 5 fr. de surveillance. (Rires dans l'auditoire.)

Lu PRÉSIDENT. Bagasse! ze vas vous fiûre évacuer. La parole elle est au défenseur.

DÉcAiLLOUD. Avant que mon défenseur prenne la parole, je demande que le voisinage de mon gendarme soit admis comme circonstance atténuante. Le reniflement de son nez absorbe l'air vital qui m'entoure.

Htaginthb. N'était le respect que je dois au prévenu, je le trouverais aussi béte que bouffon. Je ne renifle pas! Mon nez, par sa grandeur , me permet de respirer plus qu'un autre, et j'en suis fier !!

M*^ Grassot. L'éloquent orateur auquel

Je succède a puisé son indignation dans les replis de son cœur. J'avoue que sa voix de chantre enrhumé m'a ému jusqu'aux larmes. J*ai TU l'œil d'Hyacinthe inonder son visage.

Htacinthb. Ah ! ça, c'est pas vrai !

M« Grassot. Tais-toi donc, tu aggraves la position de l'accusé. Je n'étais pas préparé à défendre cette cause qui me répugne. Je ne sais défendre que les orphelins; et le coupable, vous le voyez, a une vieille mère auvergnate. Oui, Messieurs, auvergnate des pieds à la tète, des pieds surtout. Faut-il le dire? Kernen, ce matin même

quand Bobinet Graffailloux Décailloud,

veux-je dire, m'a montré tous les petits bibelots de son dossier, quand je lui ai vu cette annonce qui fait l'objet de la poursuite, oh, alors ! j'ai pris mon client à part et je lui ai dit avec amertume : Décailloud, mon bon ami, quand on fait des choses comme cela, on met de la cendre dessus. (Sensation prolongée.)

Lb GBNDARifB. Tu lui as dit cela?

M® Grassot. Je prie l'accusé de faire taire le gendarme. Oui, Messieurs, j'ai été aussi indigné que M. l'attomey...

us ON MILUON

M. LB PRkftiDBMT. Zen suis indigné lasBi. bagasse!

M« Grassot. Je Taurais parié. Mon client, Messieurs, B*a pas encore connu les plaisirs de œ monde. Peu initié aux joies pures de la Gourtiile, il a écrit cette annonce pour obéir k sa mère qui est une vieille sibylle..,

DÉCAiLLOUD. Vous insultcz ma mère!!

M« Grassot. Que qu'ça fait, pourvu que je te défende? Que tu es t*enfant!

Lb président. Défenseur, repose-toi, maunpichùun.

M« Grassot. Je suis aux ordres du tribunal. Cependant je casserais bien une croûte, e^ je me repasserais volontiers un verre de vin sous la toupie.

L'audience est suspendue.

(L'auditoire est nombreux. Plusieurs californiens sans ouvrage, de V Américaine, de Ul Gerbe d'or, du Pactole et de YEldorado, assistent en curieux. Ils sont bien aises de voir comment sans argent on peut promettre de For aux actionnaires.)

La chambre rentre en séance.

DE BOIVFeifinSIIIES. 69

M« 6AA860T. J'arrive aux faits de Tannonce. Que dit-elle? Que la Briffouilloux guérit les humeurs froides! Allons donc! ce n*e8t pas vrai ; les rois seuls avaient le pouvoir de les guérir par leur simple at- Umcbement.... Saint Louis, par exemple l Mais la Briffouilloux, est-ce que je la crois — de Saint-Louis!...

M. Ravel. Avocat, modérez-vous!

M« Grassot. Modéré vous-même. Elle vient de vous dire qu'elle mène à la baguette les sources d'eau et les roches argentifères et aurifères... Ah! Messieurs, examinez donc les pépites de l'intelligence de celte femme! Voyez la binette de son fils! Regardez la tronche de la uière, et dites avec moi , qu'à l'aide de sa baguette divinatoire, elle aurait pu mettre à la Caisse d'épargne et placer ses rentes sur les fonds espagnols "à l04-!tô. Pour cela, Messieurs, que devait-elle fîaire? Prier sa portière d'assister à l'une de ses séances et partager avec elle Tor, l'eau et l'argent qu'elle aurait trouvés à l'aide de sa divine baguette. Elle .aurait acheté une perruque neuve à son fils, car avant d'être somnambule elle est

50 t» MiLLion

mère ; et quelle mère, comme dit la wkwe

Mérope:

... Quelle mère.

Prête l perdre son fils, peut le ?oir et se ttire!

Je demande le renvoi de ma cliente à Bicétre ou à Cbarenton.

(Après cette brillante improTisation qui n'a pas duré moins de deux heures, Larfouilloux se précipite dans les bras de son avocat. Il lui mord le nez. Rumeur dan» l'auditoire.)

Le président résume les débat» à voix basse pour ne pas éveiller Gillot.

Le président. Gribouilloux, as-tu quel-* que çose à azouter à ta défense ?

DÉCAiLLOUD. Je demande à me jeter daa»

les bras de maman.

Le président. C'est d'un bon fils. La cambre elle va délibérer.

(Le père Kernen se cacbe la tète dans son mortier et délibère. Après trois minutes, il rend l'arrêt suivant :)

« Ouï l'attorney, ouï Larfailloux, ouï le zendarme, l'accusé est coupable. Ze le condamne k boire trois bouteilles du Rob-Zi-

DE fiOOrVONNBMIBS. 51

rardeau-despfés-Saioi^Kenrais, et k six ans de surveillance de M. Altaroce, directeur derOdéon.»

Le condamné fait entendre les cris du plus violent désespoir. La foule s*écoule silencieuse.

CHllBRI mim DES POISONS.

!« Ki^emiisseiir.

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