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II. Chaque fidèle peut être un apologiste à sa manière

SAINT LEON IX, Pape et Confesseur

19 avril,

Léon IX, l'une des plus grandes lumières et des principales gloires de l'Église au onzième siècle, portait le nom de Brunon, avant d'être élevé au sou-

verain pontificat. Il naquit en Alsace, le 21 juin 1002, de l'ancienne et illustre famille d'Hapsbourg. Sa mère était d'une piété peu commune. Gomme elle s'aperçut qu'il était venu au monde avec de petites croix rouges sur son corps, ce signe extraordinaire, joint à une vision qu'elle avait eue et qui présageait la sainteté éminente de son enfant, l'engagea à le nourrir elle-même de son lait et à se charger de sa première éducation. L'heureux naturel de l'enfant répondit parfaitement aux soins de la mère, qui le confia, dès l'âge de cinq ans, à Berthold, évêque de Toul. Le jeune Brunon, aussi rempli des qualités de l'esprit que de celles du corps, fit en peu de temps de merveilleux progrès dans les sciences et dans la vertu : devenu grand, on le citait partout comme un modèle. Guéri miraculeusement d'une maladie très grave, il fut fait chanoine de Toul, et l'empereur Conrad voulut l'avoir à sa cour. L'air du grand monde n'altéra point sa vertu ; sa modestie et sa sagesse brillèrent d'un vif éclat et sa réputation se répandit dans toute l'Europe.

L'an 1026, llerman évêque de Toul, étant mort, le clergé et le peuple de cette ville choisirent unanimement Brunon pour lui succéder; et ce choix fut confirmé par tous les évoques de la province. Sa nouvelle dignité lui inspira une ferveur nouvelle et pendant les vingt-quatre ans qu'il fut à la tête de son troupeau, il no cessa de remplir avec iidélité tous les devoirs il'iui saint évêque. Sa charité était immense; il cachait ses mortifications rigoureuses sous un aii- doux, riant et affable. Sa dévotion égalait aulie- \eitus ; on pouvait surtout admirer sa

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piété envers la divine Eucharistie et sa tendresse pour la Sainte Vierge.

La mort du pape Damase, arrivée en 1048, laissait le Saint-Siège vacant. L'Église de Rome demandait un pontife qui réunît la prudence au zèle, les bons exemples à la fermeté contre le vice, la connaissance des canons au désir de les faire exécuter. On admirait toutes ces qualités dans Brunon, c'est pour cela qu'il fut choisi pour occuper la chaire de saint Pierre. Cette nouvelle fut pour lui un coup de foudre. Il employa tous les moyens possibles pour se soustraire à cette éminente dignité. Malgré ses refus, ses larmes et ses prières il fut obligé de céder. Mais il déclara qu'il ne se rendrait qu'à condition d'avoir le consentement du clergé et du peuple romain.

Quand il partit pour l'Italie il était en habit de pèlerin et sans équipage. A quelques milles de Rome, il descendit de cheval et marcha longtemps nu-pieds. Toute la ville vint au-devant de lui chantant des cantiques de joie et acclamant son élection. Il fut sacré le 12 février 1049, et prit à son intronisation le nom de Léon, choisissant saint Léon le Grand pour modèle, et se proposant d'honorer comme lui la chaire apostolique par sa piété, son zèle, son courage et sa douceur. Le nouveau pape commença son pontificat en travaillant à extirper la simonie et à abolir les mariages incestueux qui étaient fort fréquents parmi la noblesse.

Comme il fut obligé de faire plusieurs voyages en Allemagne, il signala tous ses pas par des actes de religion. Ici il corrigeait les désordres et réformait

les mœurs, là il faisait refleurir la piété par de sages règlements. 11 n'y avait que quelques années que saint Léon occupait le siège de saint Pierre, lorsque l'Italie fut ravagée par les Normands. Léon pénétré de douleur à la vue des désordres qu'ils causaient de toutes parts, chercha tous les moyens d'y mettre un terme. Il s'adressa à l'empereur Henri III, qui lui envoya quelques troupes ; il les fit avancer avec les siennes contre les barbares. Lui-même voulut les accompagner jusqu'à Bénévent afin de les encourager par sa présence. Mais comme ces troupes étaient mal disciplinées, elles furent vaincues et taillées en pièces. Le saint Pontife tomba lui-même entre les mains des vainqueurs qui le firent prisonnier. Les Normands, frappés de sa majesté et de sa douceur, le traitèrent avec toute sorte de respect. Conduit à Bénévent, il employa l'année entière de sa captivité à la prière et aux exercices de la pénitence. Revêtu d'un rude cilice, jeûnant presque tous les jours, ayant pour lit le plancher de sa chambre couvert d'un tapis, il célébrait tous les jours la sainte messe avec abondance de larmes. Les Normands, qu'il avait gagnés à Jésus-Christ, le regardant, non plus comme leur prisonnier, mais comme un père, le reconduisirent à Capoue, d'où il revint à Home. Là, épuisé de fatigues et d'austérités, sentant sa fin prochaine, il assembla Le clergé pour lui donner ses derniers avis <;t lui faire ses adieux; puis il se lit porter ,\ IV de Saint-Pierre, où il entendit la

messe, et recul L'extrême-onction et le Saint Viatique Il expira durant son action de grâces, le 11) avril LOfi

/îr flexions pratiquée.

Là où est votre trésor, là est votre cœur, dit le Saint-Esprit ; et c'est à ce trésor que l'on pense ordinairement, dont on parle le plus souvent et le plus volontiers, et pour lequel on s'impose les plus grands sacrifices. Quel est le trésor qui absorbe l'esprit et le cœur de saint Léon? C'est Dieu. Pour Dieu il quitte la cour, renonce au bien-être, aux faveurs humaines et aux plaisirs de la vie. Toute son ambition est d'imiter le divin Maître dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes et sacerdotales.

Où est notre trésor à nous ? Est-ce au ciel ou sur la terre? De quel côté se dirigent nos pensées? Vers qui se tournent nos affections? Aimons-nous, comme saint Léon, à penser à Dieu, à parler de Dieu, à entendre parler de lui? Faisons-nous avec foi ce que nous entreprenons pour lui? Si nous pouvons nous rendre ce flatteur témoignage, notre cœur est à Dieu et Dieu est notre trésor. Mais si notre conscience donne une réponse négative, nous ne sommes pas dans le chemin qui mène au ciel. Faisons un retour sur nous-mêmes et disons à Dieu : Mon cœur est à vous et à vous seul pour le temps et pour l'éternité.

]. Saint Léon, évoque de Toul : 1° réforme les monastères, le clergé, le peuple; 2° il donne l'exemple de toutes les vertus dans sa vie privée.

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