IV. Ses mortifications
SAINT MARCELL1N, Archevêque d'Embrun
20 avril.
Saint Marcellin, premier apôtre du Dauphiné et premier archevêque d'Embrun, naquit en Afrique, au quatrième siècle. Ses parents, non moins distingués par la ferveur de leur piété que par la noblesse de leur origine, se hâtèrent de déposer dans ce jeune cœur 1rs germes vivifiants de la foi et de l'ouvrir aux salutaires impressions de la vertu. Ils surent éloigner de ce lils chéri tout ce qui aurait pu exercer sur sa belle âme une pernicieuse influence. Aussi Marcellin nourri de la vérité «1rs le berceau, et édilié de toutes de bons exemples, lit de rapides progrès dans la perfection. Une cruelle persécution dont il fut témoin en Afrique en 303, Loin de l'intimider, ne fit
qu'exalter son jeune courage et faire naître en lui le désir ardent du martyre.
La persécution assoupie, notre Saint fut envoyé en la ville de Sicca pour y achever ses études. Là, il fit des progrès rapides dans les sciences comme dans la vertu, et conçut le projet d'aller dans les Gaules travailler au salut des âmes. Quelque temps après, il se lia d'amitié avec un saint personnage nommé Vincent, sous la conduite duquel vivait un jeune homme appelé Domnin. Marcellin fit part de son projet à son ami. Celui-ci y applaudit et lui déclara qu'il était travaillé du même désir, et que, s'il voulait bien l'accepter pour son compagnon, il était prêt à le suivre. A son tour, Domnin déclara qu'il n'abandonnerait pas son maître. Les trois apôtres quittent l'Afrique à l'insu de leurs parents et vont déposer leur projet aux pieds du vicaire de Jésus-Christ. Le pape Eusèbe les reçut avec beaucoup de bienveillance, les engage vivement à suivre l'inspiration céleste et les envoie à l'évèque de Yerceil afin que celui-ci prenne soin de les diriger dans leur entreprise. Le pontife, éclairé par le Seigneur, leur annonce bien des traverses. Poursuivant leur chemin, les saints missionnaires, pleins de courage, répandent partout sur leur passage la semence de la divine parole. Us franchissent les Alpes et arrivent à Embrun. Les chrétiens de ce pays étaient dans l'état le plus misérable; la vraie foi annoncée par saint Nazaire et saint Celse avait entièrement disparu et les temples des faux dieux étaient remplis d'idoles et d'idolâtres. Sans se décourager, ils se mettent résolument à l'œuvre; ils se construisent
d'abord un oratoire auprès des remparts de la ville, pour y aller, pendant la nuit, vaquer à la prière, après avoir employé la journée aux exercices du saint ministère. Dieu donna tant de force et d'onction à la parole des ministres de l'Évangile, que le nombre des fidèles croissant de jour en jour, il fallut élever une nouvelle église. Eusèbe évêquede Yerceil, étant venu la consacrer assisté d'Émilien évêque de Valence, crut devoir donner à celte nouvelle Église un évêque. Marcellin fut l'élu, et, malgré sa résistance, il reçut l'onction épiscopale. Sa nouvelle dignité activa de nouveau son zèle pour le salut des âmes. Il prêcha avec plus de force que jamais et les infidèles entraînés par la puissance de ses paroles et de ses œuvres, confirmées par de nombreux miracles, se soumirent à l'empire de Jésus-Christ. Bientôt il ne resta plus qu'un seul idolâtre dans la ville d'Embrun. Cet infidèle se trouvant un jour à table avec l'évêque, le saint prélat lui adressa des paroles bienveillantes et lui demanda s'il ne voulait pas, comme ses compatriotes, ouvrir son âme à la vraie foi de l'Évangile. Le païen répondit qu'il avait beaucoup entendu parler des miracles qui s'étaient opérés pour prouver la doctrine du Sauveur, mais qu'il n'en avait vu aucun. Dieu permit qu'il laissât tomber un -, qui fut aussitôt brisé en mille morceaux. Saint Marcellin voulut, profiter de cette occasion pour lui faire voir un miracle : il adressa à Dieu une courte prière; il prononça le nom de Jésus-Christ, et à l'instant h' vase lut rétabli dans sou premier étal. Le païei invertit et reçut le baptême.
Le QOUVeaU pontife apprenant que la ville de
Digne est tout entière plongée dans les ténèbres de l'idolâtrie, est ému en son cœur. Il voudrait voler au secours de ces chères âmes, mais il est père d'un peuple qui réclame ses soins et sa sollicitude de chaque jour ; il laissera donc à Vincent et à Domnin la gloire et le bonheur de faire cette nouvelle conquête.
Saint Marcellin, ayant béni ses compagnons, leur dit : « Allez instruire, convertir et sauver des âmes qui ont besoin de votre ministère; je ne cesserai de vous être uni d'esprit et de cœur. » Les missionnaires se mettent en route et en peu de temps opèrent d'innombrables conversions. Ils avaient évangélisé et gagné à Jésus-Christ la petite ville de Seynes qui, depuis, demanda la permission de se bâtir une église. L'édifice achevé on invita le saint pontife à venir en faire la consécration solennelle.
Il partit d'Embrun, accompagné d'une foule de fidèles. Le pieux concours s'accrut le long de la route ; mais arrivé à la rivière d'Ubaye, qui descend de la vallée de Barcelonnette, il la trouva tellement grossie par l'abondance des pluies et la fonte des neiges, que chacun perdit courage et jugea qu'il était impossible d'aller plus avant. Marcellin aussitôt se met en prières, fait le signe de la croix, et les eaux, refoulées miraculeusement sur elles-mêmes , permettent au saint évoque et à sa suite de traverser à pied sec le lit de la rivière. Le bruit d'un tel miracle se répandit dans les contrées voisines et fit embrasser la foi à beaucoup d'infidèles.
Les douces consolations que le saint prélat goûtait au milieu de son peuple, docile à la voix delà grâce.
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furent douloureusement troublées par les persécutions suscitées par les Ariens. Ces hérétiques, condamnés par le concile de Nicée, à cause de leur doctrine impie concernant la divinité de Jésus-Christ, trouvèrent un appui dans l'empereur Constance et ne cessèrent de persécuter les évoques catholiques de l'Italie, des Gaules et même des Alpes. Saint Marcellin, étant un jour occupé sur la place publique à une œuvre de zèle, fut frappé d'un coup de verge à la tête, par un émissaire de l'empereur. A l'instant même, le coupable, possédé par le démon, est renversé à terre et pousse des cris effroyables. Le pontife prie et commande, au nom de Jésus-Christ, à l'esprit impur, de s'éloigner à jamais de cet homme. Le démon à cet ordre se retire. Et le malheureux pleure son crime et se convertit. Un autre jour les Ariens s'emparent de saint Marcellin, et le conduisant au bord du roc sur lequel la ville d'Embrun est bâtie, le somment de souscrire aux ordres de l'empereur, le menaçant en cas de refus, de le précipiter de ce lieu élevé. Le crime suivit de près la menace, mais, par un prodige inouï, le Saint se relève sans avoir éprouvé la plus légère blessure. La persécution dura longtemps et notre Saint fut contraint de fuir et de se cacher dans la solitude. Les habitants de Crévoux montrent encore aujourd'hui le rocher sous lequel il allait s'abriter et passer les nuits exposé aux attaques des bëtes féroces. — Après avoir converti la plus grande partie des habitants des Alpes Maritim< il Marcellin s'endormit dans le Seigneur,
le ].'{ avril. Ses obsèques, qui lurent célébrées par l<- évoques des pays d'alentour, n'eurent lieu que
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le 20 avril, jour auquel on célèbre solennellement sa fête,
Hêflexions pratiques.
Dieu fait entendre sa voix à saint Marcellin sur les plages de l'Afrique et lui commande d'aller secourir l'Église des Gaules affreusement désolée par le paganisme. Docile à l'appel divin, il quitte parents, amis, biens, patrie, pour consolercette mère affligée en détruisant l'idôlatrie et en établissant sur ses ruines la religion de Jésus-Christ. Quel zèle ne déploie-t-il pas pour réaliser ses desseins qui sont ceux de Dieu. Prières, jeûnes, prédications, tout est mis en œuvre pour ramener au bercail divin de nombreuses brebis égarées. Dieu bénit les efforts de son humble serviteur et en peu de temps il eut la consolation de voir la ville d'Embrun naguère toute païenne embrasser à l'unanimité la foi du Christ.
Nous n'avons pas à examiner ce que nous avons fait pour l'Église souvent attaquée et persécutée. Sans doute nous ne l'avons jamais méconnue et méprisée, mais l'avons-nous servie avec dévouement? Notre vie est-elle conforme à ses lois ? Observons-nous celles qui regardent le devoir pascal les jeûnes, les abstinences, les fêtes et les autres graves obligations. Ah ! si notre conscience nous reproche sur ces points des manquements considérables, soyons désormais plus humbles et plus soumis aux volontés de notre sainte Mère l'Église, car celui qui obéit à l'Église, obéit à Dieu lui-même, et il en sera récompensé.
Plan de méditation.
I. La mission de l'évêque : 1° est de combattre l'erreur ; 2° d'élever l'édifice de la vérité.
II. La vie de saint Marcellin met dans tout son jour celte double vérité.
SAINT ANSELME, Archevêque de Cantorbéry 21 avril.
Saint Anselme naquit l'an 1033, d'une noble famille, dans la ville d'Aoste, en Piémont. Sa mère, fort pieuse, se chargea du soin de former son cœur à la vertu. Elle eut bientôt sujet de s'en applaudir. Jamais enfant ne fut plus docile; la pénétration et la vivacité de son esprit le firent admirer presque dès le berceau ; sa candeur et son beau naturel le rendirent aimable à tout le monde. On lui donna d'habile- maîtres, qui lui firent faire des progrès rapides dans les sciences et dans la piété. Le jeune Anselme, à L'âge de quinze ans, dégoûté des grandeurs du inonde, et désillusionné de ses faux brillants, résolut d'embrasser la vie religieuse, mais son père s'y opposa. Ce relis L'attrista si fort qu'il en tomba malade. Cependant, ce grand zèle pour l'état religieux ne dura |
Anselme ayanl recouvré la santé perdit sa pieuse inèi . de piété et tomba insen-
sibinnriii «Luis |:l tiédeur; puis, entraîné par l1
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deur de la jeunesse, il se laissa séduire par les attraits du siècle. — Jusque-là Anselme avait été l'idole de son père; Dieu permit que cette tendresse se changeât en aigreur, puis en aversion si prononcée et si violente qu'il fut contraint de quitter, non seulement la maison paternelle, mais sa patrie. Il passa d'abord en Bourgogne, où il reprit ses études avec sa première ardeur, et trois ans après il vint en Normandie étudier sous le célèbre Laufranc, prieur de l'abbaye du Bec, qui enseignait avec beaucoup d'éclat. Il était le jour et la nuit pâlissant sur ses livres. Or, un jour il voulut considérer la vie austère qu'il menait pour devenir savant et il eut honte de travailler si peu pour devenir un saint. Cette réflexion fit renaître dans son cœur le désir qu'il avait eu autrefois de se faire religieux. Sur l'avis de l'archevêque de Rouen, il entra dans l'ordre de Saint- Benoît, prit l'habit dans l'abbaye du Bec à l'âge de vingt-sept ans, et devint successivement prieur et abbé. Il gouverna sa communauté avec un si sage tempérament de douceur et de sévérité, qu'il gagna tous les cœurs. Sa réputation de science et de sainteté le mit en vénération, non seulement auprès des rois et des évoques, mais lui attira l'amitié de saint Grégoire VIT. Ce pontife lui écrivit des lettres très affectueuses dans lesquelles il recommandait à ses prières sa personne et l'Église.
Quand Laufranc, archevêque de Gantorbéry, fut mort, Anselme, qui avait été son disciple, fut élevé, contre son gré, au gouvernement de cette Église, sur les instances de Guillaume II, roi d'Angleterre, et sur celles du clergé et du peuple. Aussitôt il se mit
en devoir de réformer les mœurs corrompues de son troupeau, par ses prédications d'abord et ensuite par ses exemples. Il composa de savants ouvrages, célébra plusieurs conciles et parvint à rétablir l'ancienne piété et la discipline ecclésiastique. Mais peu de temps après, le roi Guillaume ayant tenté, par la violence et les menaces, d'envahir les droits de l'Église, Anselme lui résista avec une fermeté toute sacerdotale. Dépouillé de ses biens et exilé, il alla trouver à Rome le pape Urbain II, qui le reçut avec de grands honneurs et le combla d'éloges. Anselme combattit les erreurs des grecs et prouva avec évidence que le Saint-Esprit procède du Fils aussi bien que du Père.
Rappelé en Angleterre après la mort de Guillaume, par Henri, frère de ce prince et son successeur, son retour fut un triomphe ; il fut reçu avec toutes sortes d'honneurs par la reine Mathilde et par tous les ordres. Il gouverna encore pendant deux ans et quelques mois l'Église de Cantorbéry, et le mercredi de la semaine sainte, qui était le 21 avril de l'an 1109, il rendit son ame à Dieu. Ses écrits l'ont fait ranger parmi les docteurs de l'Église.
Réflexions pratiques.
Saint Anselme n'a jamais oublié que les seules
raisons <i.« notre existence ici-bas sont : la gloire de
Dieu, le salul <!<• DOtfe âme et l'amour du prochain.
i pour cela qu'après s'être entière m en I donné au
gneur, m s'efforçanl de l'aimer sans mesure, il
ne négligea rien pour le faire glorifier sur la terre en
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portant dans les âmes le feu de la divine charité. Imitons-nous son exemple? Dieu, notre âme et le prochain sont-ils, comme chez lui, le mobile de nos actions? Hélas ! nous travaillons sans relâche pour notre corps ; nous usons nos forces, notre santé au service de nos intérêts terrestres. Mais Dieu ! Nous l'oublions, nous ne lui donnons que quelques instants passagers de notre existence ; nous regardons comme perdus les jours que nous consacrons à son service. — Notre âme ! Nous la sacrifions à nos passions. — Le prochain, nous l'abandonnons à luimême et à la Providence. — Aimons-nous Dieu sincèrement? Désirons-nous qu'il soit aimé et glorifié de tous les cœurs? Travaillons-nous sans cesse à notre salut? Que répond notre conduite? — 0 bon Sauveur ! remplissez mon âme de zèle pour votre gloire. Embrasez mon cœur du feu de votre amour et du désir de vous faire aimer.
Plan de méditation.
I. Anselme religieux et prieur : 1° jeunesse orageuse d'Anselme; 2° son changement; 3° son entrée en religion ; 4° sa conduite au monastère comme religieux, puis comme prieur.
IL Anselme archevêque et docteur : 1° ses vertus privées et publiques ; 2° sa science théologique ; 3° ses luttes courageuses ; 4° son exil ; 5° son triomphe.
SAINT SOïER ET SAINT CAIUS. Papes et Martyrs
22 avril.
SaintSoter, si recommandable par sa charité etpar son zèle, était de Fondi, ville du royaume de Naples. Il vint au monde vers la fin du premier siècle, et eut le bonheur d'être élevé pendant les jours de ferveur qui furent la gloire de l'Église naissante. Le long séjour qu'il fit à Rome dans un temps où la foi et la piété des Romains servaient de modèle à toutes les Églises du monde, ne contribua pas peu à le rendre si célèbre dans le clergé par sa vertu et par sa science ; on le regardait comme un saint et on l'écoutait comme un oracle. Aussi le pape saint Anicet étant mort, vers l'an 161 , saint Soter fut élu unanimement pour souverain Pontife.
Cette suprême dignité ne servit qu'à donner un nouveau lustre à sa haute vertu et à faire éclater cette immense charité qui forma toujours le fond de son caractère. L'empereur Marc-Aurèle lui en fournit l'occasion en persécutant, d'une manière atroce, non seulement les chrétiens de Rome, mais ceux de l'univers entier. Ceux qui ne montaient pas sur l'échafaud, ou n'étaient pas dévorés par les bêtes, étaient obligés de Be dérober à la vigilance des tyrans. Le sain! Pape mit tout en œuvre pour secourir les persécutes. Quoique épuisé par le poids des années et des travaux, il allait trouver les chrétiens dans les cavernes ci dans les lieui souterrains pour les encourager par paroles, Les animer par ses exemples, et les soute
tour ciiaque jour DE l'annti: [)[
nir par ses continuelles libéralités. Sa charité s'étendait à tout le monde, et d'une manière toute particulière à ceux qui souffraient pour la cause de Jésus-Chri-t .
Attentif à tous les besoins de l'Église, saint Soter s'efforça de conserver pure et intacte la foi de Jésus- Christ. Il s'opposa énergiquement à l'hérésie des Montanistes qui commençait à paraître sous son pontificat. Il dressa ensuite plusieurs règlements parmi lesquels on trouve celui qui défend aux vierges consacrées à Dieu de toucher les vases et les ornements sacrés et de donner de l'encens dans l'église. Ce saint Pape, après avoir occupé le siège pontifical pendant neuf ans, termina sa carrière par le martyre, l'an 177.
Saint Caïus dont l'Église honore pareillement la mémoire en ce jour, succéda à Eutychienqui n'avait été pape que dix mois. Caïus était né enDalmatie et parent même de l'empereur Dioclétien. On pense qu'il fut élevé par des parents chrétiens dans les maximes du christianisme. Ce qu'il y a de certain, c'est que la pureté de ses mœurs, son zèle pour la la religion et la régularité édifiante de sa conduite, le firent recevoir avec joie dans le clergé. Il s'y distingua bientôt par sa doctrine et par sa piété. Caïus passait dans Rome pour un des plus saints prêtres de l'Eglise ; aussi le pape Eutychien étant mort, l'an 283, on n'hésita pas un seul instant à l'élever sur le Saint Siège.
Devenu le chef des pasteurs et le père commun des fidèles, il en eut éminemment toutes les qualités. Son zèle, sa sagesse, son courage, sa haute vertu,
et sa charité le firent regarder dès lors comme l'un des plus dignes successeurs de saint Pierre.
A cause de la persécution, les chrétiens étaient obligés de se cacher dans les forêts et dans les creux des rochers. Le saint Pontife, pour ne pas laisser les fidèles sans secours, fut contraint de faire de même. Le jour et la nuit il allait visiter dans leurs cavernes et dans les bois ses enfants persécutés. Là, il les consolait, les assistait et les animait à défendre la foi aux dépens de leur vie, en leur distribuant le pain des forts.
Ce fut ce saint Pontife qui fixa dans l'Église les divers degrés des ordres sacrés, et qui régla qu'on ne serait point élevé à l'épiscopat sans avoir reçu les quatre ordres mineurs, le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise. Après avoir envoyé au ciel un nombre considérable de martyrs, saint Caïus fut martyrisé l'an 296, la douzième année de son pontificat.]
Réflexions pratiques.
C'est la charité qui brille d'un éclat tout particulier dans la vie des saints Soter et Caïus. Que n'ont pas fait ces saints martyrs pour Dieu à qui ils ont donné leur vie ! Que n'ont-ils pas entrepris pour le troupeau qu'ils devaient conduire et diriger! Que de sollicitudes pour le secourir et et le conduire au ciel !
La charité est la plus précieuse des vertus chrétiennes. Elle est parmi les autres ce que l'or est par rapport aux métaux ; ce que la flamme est au feu, la (leur à la tige. C'est la charité qui auime mes œuvres, donne du prix à mes sacrifiées. Sans cette vertu les
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actions les plus éclatantes sont sans mérite et restent sans récompense. Sans la charité, dit saint Paul, rien ne profite, sans la charité je ne suis rien ; j'agis et je ne mérite pas, je sème et ne récolte pas, j'existe et je ne vis pas. Si non habuero charitatem, nihil mihi prodest... nihil sum.
La charité est patiente... elle est pleine de bonté, elle n'est point jalouse... elle ne pense mal de personne... A ces marques reconnaissons si nous avons la véritable charité. — Mon Dieu ! gravez profondément dans mon cœur votre amour et celui du prochain.
Plan de méditation.
I. Épreuves de l'Église sous le Pontificat des saints Soter et Caïus. Luttes contre : 1° contre les païens 2° contre les hérétiques.