‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 12 sur 59 · II. Conduite des deux pontifes dans ces luttes · texte numérisé non relu

II. Conduite des deux pontifes dans ces luttes

SAINT GEORGES, Martyr 23 avril.

Saint Georges, que les Grecs appellent grand martyr, était de Gappadoce, d'une famille distinguée par sa noblesse et encore plus par son zèle pour la foi. Après la mort de son père, il se retira avec sa pieuse mère en Palestine. Plus tard, il embrassa la profession des armes, et Dioclétien, qui sut apprécier sa

valeur et ses talents militaires, l'éleva, quoique très jeune, aux premiers grades de l'armée. Mais lorsque ce prince eut publié à Nicomédie ses édits contre les chrétiens, lorsque commença la grande persécution, saint Georges se démit de tous ses emplois et repiocha avec un noble courage à l'empereur sa cruauté envers les serviteurs du Christ. 11 démontra au prince, devant son conseil, l'injustice et l'impiété de cette persécution ; il fit l'apologie des chrétiens, confondit les païens et exhorta vivement l'empereur à révoquer des édits qui ne tendaient qu'à opprimer l'innocence.

L'empereur, d'abord interdit par la vivacité de ce discours, devint bientôt furieux ; craignant que la force des raisons alléguées par Georges ne fît une trop vive impression sur les esprits et ne les convertît à la foi, il ordonna qu'on chargeât le martyr de chaînes et qu'on le jetât dans un cachot. Un supplice horrible, inouï jusque-là, fut le premier effet de la colère du tyran. On attacha ce généreux martyr à une roue armée de rasoirs et de pointes de fer, on le plongea dans la chaux vive, on le déchira à coups de fouet et on lui mit les pieds dans des souliers de fer qu'on avait fait rougir au Jeu. On ne s'arrêta pas là; on employa pour faire souffrir cet invincible martyr tout ce que l'inhumanité la plus barbare, tout ce que la rage d'un tyran, tout rr que la malice de l'enfer peut inventer de plus cruel. Mais tout servit à confondre les païens, manife .ter la gloire et la toute puissance «lu Dieu qu'adorait saint Georges. Au moment où on le cmyait mort, OD le vit entièrement guéri et sans au-

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cuno trace de plaies. Une joie toute céleste rayon* nait sur son visage. Cette guérison miraculeuse convertit un grand nombre de païens parmi lesquels on compte l'impératrice Alcxandra.

L'empereur, voyant que toutes les tortures étaient impuissantes à ébranler le martyr, eut recours à une douceur artificieuse et à des promesses séduisantes. « Rentrez dans le devoir, lui disait-il, adorez les dieux de l'empire et vous aurez tout à souhait. » Saint Georges pria l'empereur de le faire conduire dans le temple pour y voir les idoles qu'il veut lui faire adorer. Ce prince, heureux et fier, croyant avoir gagné sa cause, le fait accompagner au temple où tout le peuple s'était réuni. Étant en face de l'idole d'Apollon, il i'apostropha en disant : « Êtes-vous Dieu, pour que je vous offre des sacrifices?— Non, je ne suis pas Dieu, répond l'idole, d'une voix qui fit frémir toute l'assistance. » A l'instant, il fait le signe de la croix et commande à ces esprits malins, à ces anges rebelles de disparaître. A ces paroles, des hurlements affreux se font entendre et toutes les statues tombent en pièces. A cette merveille tout le monde est effrayé, et les prêtres des idoles demandent à hauts cris sa mort. L'empereur, ayant appris ce qui venait de se passer, ordonna que sur l'heure même on coupât la tête au martyr; ce qui fut exécuté le 23 d'avril, l'an 290.

Le nom de saint Georges est en grande dévotion auprès des gens de guerre, dont il est le patron.

Réflexions pratiques.

Saint Georges est un modèle parfait de ce courage

chrétien qui apprend à professer hautement la foi, à faire, à sacrifier et à souffrir tout pour Jésus-Christ. Où a-t-il appris cette grandeur d'âme ? Où a-t-il puisé cette foi ardente, cet amour sans limites ? A l'école de Jésus-Christ, sur le Calvaire, au pied de la croix. Avons-nous été nous-mêmes à cette école? Qu'y avons-nous appris ? Avons-nous défendu avec indépendance notre foi lorsqu'elle était attaquée en notre présence? N'avons-nous jamais rougi d'elle devant les impies. Avons-nous su parler et défendre les bonnes mœurs dans la société des libertins. Un lâche silence lorsqu'on est obligé de parler est un crime. — Saint Georges ne s'est pas contenté de défendre la foi ; pour elle il a donné sa vie. Quels sacrifices nous sommes-nous imposés pour cette grande cause ? Ah ! sachons désormais être de vaillants soldats de Jésus-Christ ; pensons, parlons, agissons comme les saints et alors, nous seront de ceux dont il est dit : « Bienheureux ceux qui auront souffert pour la justice ! »

Plan de méditation.

Saint Georges a été : I. Un soldat fidèle.

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