‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 13 sur 59 · III. Un martyr courageux · texte numérisé non relu

III. Un martyr courageux

POUR CHAQUE JOUB DE l'anNÉK 91

SAINT FIDÈLE DE SIGMAR1NGEN, Capucin 24 avril.

Saint Fidèle naquit en 1577, à Sigmaringen, petite ville d'Allemagne. Il fut dès son bas âge orné des dons les plus extraordinaires de la nature et de la grâce. Ses parents le formèrent à la vertu et lui firent donner une excellente éducation. Ses progrès furent très rapides. Après une enfance pure et innocente, il se présenta à l'université de Fribourg, en Suisse, où il fit ses études avec de grands succès. Il fit son cours de jurisprudence et fut reçu docteur en droit. Ses vertus, entre autres sa modestie et sa douceur, lui attiraient l'estime et la vénération de tous ceux qui le connaissaient. Il se livrait aux pratiques de la mortification la plus sévère, ne buvait jamais de vin et portait toujours le cilice.

En 1604, il partit avec trois gentilshommes qu'on envoyait dans les différentes parties de l'Europe. Il s'attacha principalementàleurinspirerde vifs sentiments de religion. Sans cesse il leur donnait l'exemple de la piété la plus tendre. A toutes les grandes fêtes il s'approchait des sacrements. On le vit plusieurs fois se dépouiller de ses habits pour en revêtir les pauvres.

Après ces voyages, ayant obtenu à Colmar, en Alsace, une place dans la magistrature, il en exerça les emplois avec beaucoup de distinction. Il s'intéressait vivement en faveur des indigents, ce qui le fit surnommer Y Avocat des pauvres. Quelques injusii. 6

tices, qu'il ne pouvait empêcher, lui inspirèrent du dégoût pour sa charge. Craignant donc de ne pas avoir la force de résister aux occasions du péché, il résolut de quitter le monde et de se retirer chez les capucins de Fribourg. 11 y prit l'habit en 1612 et reçut de son supérieur le nom de Fidèle. Tous ses biens furent distribués aux pauvres. Dès son arrivée en religion, il n'eut d'ardeur que pour les humiliations, les austérités de la pénitence, et la plus entière obéissance à ses supérieurs. Les tentations dont il fut assaillit ne le découragèrent point; il les vainquit en les découvrant à son directeur, dont il suivait les avis avec docilité. Il n'eut pas plus tôt été ordonné prêtre qu'on le chargea d'annoncer la parole de Dieu et d'entendre les confessions des fidèles. Devenu supérieur du couvent de Weltkirehen, il opéra des prodiges de conversion dans cette ville et dans les lieux voisins. La nouvelle des succès qui accompagnaient ses travaux apostoliques étant parvenue à Rome, la congrégation de la Propagande le chargea d'aller prêcher l'Evangile chez les Grisons. Il fut le premier missionnaire envoyé à ce peuple depuis qu'il avait embrassé le calvinisme. On lui associa huit religieux de son ordre. Il ne se laissa rebuter ni par les fatigues, ni parles menaces qu'on fit de lui ôter la vie. En 1622, il pénétra dans le canton de Préti-

it, où il convertit tant d'hérétiques, que les calvinistes devenus furieux résolurent de le mettre à mort.

U avril 1622, il alla à l'église de Sévis pour y

r, sur l'invitation des sectaires qui, la veille,

avaient fait semblant de se convertir. Ils se ruent sur

lui, l'accablent de coups et le percent de poignards

pendant qu'il adresse à Dieu cette prière : « Seigneur, pardonnez a mes ennemis ; Seigneur ayez pitié de moi! Sainte Marie, mère de Jésus, assistezmoi. »

Réflexions pratiques.

Saint Fidèle a parcouru l'Europe tout entière pour se perfectionner dans les connaissances humaines. Malgré son contact avec le monde qu'il voit de près, il ne se laisse point influencer par ses fausses maximes. Il veille sur lui, il se précautionne contre les séductions du siècle, et n'a que du mépris pour ses vanités et ses plaisirs. Il n'oublie pas un seul instant qu'il n'est sur la terre que pour acheter le ciel; et dans ce but il se dépouille de ses biens, les distribue aux malheureux et se consacre entièrement au Seigneur.

Me suis-je quelquefois demandé : Pourquoi suis-je sur la terre ? Pourquoi Dieu m'a-t-il donné une raison, une âme immortelle, un besoin irrésistible d'aimer? — Dieu me crie de mille manières : « Aimer et servir Dieu, voilà tout l'homme! » L'Évangile proclame sur les toits cette grande maxime : « Que sert à l'homme de gagner l'univers entier s'il vient à perdre son âme ! » Je n'entends pas, je ne comprends pas ; je ne veux ni entendre ni comprendre, et je vis au jour le jour dans le tourbillon des affaires et des vanités, jusqu'à ce qu'arrive enfin le terme fatal, qui finit si souvent par la réprobation et l'enfer. 0 mon âme! deviens sage par l'exemple des saints, et vivant dans le monde, vis autrement que lui, pour ne pas périr avec lui.

Plan de méditation.

Saint Fidèle modèle delà jeunesse, par : I. Son application à l'étude. II. Sa piété. III. Sa modestie. IV. Ses mortifications.

SAINT MARC, Évangéliste 25 avril.

Saint Marc était Hébreu d'origine. Il naquit à Cyrène, ville célèbre d'Afrique, et descendait de la famille d'Aaron. Quoiqu'il ait pu voir Jésus-Christ, on ne croit pas qu'il ait été dunombredesesdisciples.il fut une des premières conquêtes de l'apôtre saint Pierre, qui le convertit à la foi peu après la descente du Saint- Esprit; et celui-ci l'appelle son fils dans sa première Epître, parce qu'il l'avait engendré à Jésus-Christ. La ferveur de ce nouveau disciple, sa piété, son zèle, son attachement pour saint Pierre, qu'il regardait comme son père ; tout cela fut cause que le chef des Apôtres le prit pour compagnon de ses voyages et le lit son interprète et son confident.

Saint Marc accompagna saint Pierre à Rome, où il eut part à ses travaux et à ses souffrances, pour établir la foi de Jésus-Christ dans ce centre de toutes les superstitions païennes.

mit Pierre étant obligé de quitter Home pour vaquer aux fonctions de son apostolat, y laissa son cher disciple, qui cultiva cette vigne avec succès. Ce

POU il CHAQUE JOUR DE LANNÉE 101

lut en ce temps-là que les fidèles de Rome, désireux d'avoir par écrit ce que le prince des Apôtres leur avait enseigné de vive voix, prièrent saint Marc de leur tracer un résumé de la doctrine sainte qui leur avait été annoncée. Marc, vaincu par leurs pieuses sollicitations, composa son Évangile, en recueillant tout ce qu'il avait entendu dire à l'Apôtre. Saint Pierre approuva l'Évangile de saint Marc, et lui imprima le sceau de son autorité, pour qu'il fût lu dans les assemblées des fidèles : c'est à cause de cela que quelques auteurs l'ont attribué à saint Pierre luimême.

Pendant le séjour que saint Pierre fit en Italie, il chargea plusieurs de ses disciples d'aller répandre l'Évangile dans différentes contrées. Il envoya saint Marc en Egypte, et l'établit évêque d'Alexandrie, la plus célèbre ville de l'univers, après Rome. Saint Marc quitta l'Italie sous le règne de Néron, l'an 49 de Jésus-Christ. Il descendit d'abord à Gyrène, dans la Pentapole;aprèsyavoiropéréun nombre considérable de conversions, il passa dans la Lybie, dans la Thébaïde et dans les autres provinces de l'Egypte. Après douze ans de fatigues, il vint à Alexandrie, où il forma en peu de temps une Église fort nombreuse. Les progrès étonnants que le christianisme faisait dans la ville d'Alexandrie firent entrer les païens dans une grande fureur. Témoins de ses miracles, ils le traitèrent de magicien et résolurent sa mort. Les plus emportés de la populace se jetèrent sur lui avec fureur, lui passèrent une corde au cou, et le traînèrent par les rues, en criant qu'il fallait mener ce bœuf à Bucoles, lieu situé près de la mer et rempli de rochers

et deprécipices.Ils letraînèrentainsitoutelajournée. Les iieux où ils passaient étaient semés des lambeaux de sa chair ; la terre et les pierres teintes, de son sang. Le soir venu, ils se jetèrent en prison où il fut consolé par deux visions. Le lendemain on le traîna comme le jour prcédent ; et il expira dans ce supplice, le 25 avril de l'an 68, en disant : Seigneur, je remets mon esprit dans vos mains. La coutume de chanter en ce jour les grandes litanies remonte à saint Grégoire le Grand, et elle a pour objet de fléchir la justice de Dieu irritée par nos péchés.

Réflexions pratiques.

Saint Marc a prêché avec beaucoup de zèle la bonne nouvelle, et il a converti d'innombrables âmes à Dieu. Il nous a légué dans l'évangile qui porte son nom les vérités que nous devons croire et les œuvres que nous devons opérer. Cet évangile est le testament par lequel Jésus-Christ nous a déclaré sa volonté. Que nous dit-il? In legequid scriptum est? Quomodo legis?... 11 nous enseigne le contraire de ce que tateurs du monde l'ont entendre à leurs parti- Bans. Le Sauveur commande le mépris des richesses, les sectateurs du siècle les aiment; l'Homme-Dieu veut qu'on porte sa croix, le monde les fuit. Jésus- Christ ordonne le pardon des injures; les mauvais chrétiens se vengent. L'évangile proche l'humilité et la mortification, le monde ne songe qu'à paraître et à se divertir. Quel évangile suivons-nous? Celui qui mène au Ciel, ou celui qui conduit a la perdition étei >ns notre conduite et il nous

'\nni':k [03

sera aisé de répondre. — Mon Dieu] qu'il es1 grand

do nos jours le nombre des chrétiens qui se contentent d'entendre la parole évangélique sans se mettre en peine de la pratiquer ! Faites que je ne sois pas de ce nombre.

Plan de méditation.

Saint Marc a établi l'Église : 1° par sa parole comme Apôtre ; 2° par ses écrits, comme Évangéliste ; 3° par ses exemples comme maître ; 4° par son sang comme martyr.

SAINT CLET ET SAINT MARCELL1X, Papes et Martyrs

26 avril.

Saint Glet était Romain et fut converti à la foi par l'Apôtre saint Pierre, dont-ii devint le fidèle disciple. 11 fit de si merveilleux progrès sous la direction d'un si habile maître, qu'il devint le modèle du cierge de Rome par son zèle, par sa ferveur et par son admirable piété. Sa douceur lui gagnait le cœur de tout le monde et même des païens. Saint Pierre avait pour lui tant d'estime, qu'on croit avec raison, que cet Apôtre l'avait choisi avec saint Lin, non seulement pour l'aider dans Rome et dans le voisinage comme les autres ouvriers évangéliques qu'il employait, mais pour gouverner les fidèles de cette première Église du monde en son absence,

Après le glorieux martyre de saint Pierre, saint Lin monta sur le siège apostolique, mais bientôt il dut lui-même verser son sang pour la foi. Dans ces temps difficiles de l'Église naissante, où la persécution était universelle et où les fidèles avaient besoin de tant de secours, il fallait un Pontife d'un grand mérite. Dieu l'accorda à son épouse par l'élection de saint Glet. Sa charité et son zèle le portaient partout où il y avait des misères à soulager, des consolations à prodiguer. Il assistait les uns par des aumônes, il encourageait les autres par ses lettres ou ses exhortations. Quelque nombreux que fût le troupeau, le pasteur pourvoyait à tout. Suivant l'ordre du prince des Apôtres, il établit vingt-cinq prêtres à Rome. C'est lui qui le premier fit usage de ces paroles au commencement de ses lettres : Salut et bénédiction apostolique. Après avoir siégé douze ans et quelques mois, il fut couronné d'un glorieux martyre, sous l'empereur Domitien. Il fut enseveli au Vatican, auprès du prince des Apôtres.

Saint Marcellin était de Rome. Ses brillantes qualités et sa haute vertu jointes à une grande science et à un zèle ardent, lui gagnèrent l'estime universelle. Après la mort de saint Caïus, il fut choisi pour gouverner l'Église. Ce fut l'an 200 que saint Marcellin monta sur le Saint-Siège. Sous son pontificat, qui dora lniil ans, Dioclétien suscita une violente perution ; et dans l'espace d'un mois, il fit mourir quinze mille chrétiens de tout sexe et de toute condition. Le Pontife de Home ne fut pas épargné ; après l'avoir chargé de chaînes, on le traîna en prison, et on lui lit souffrir tout ce que la rage d'un peuple

furieux peut inventer pour lasser la plus longue patience. Enfin, Dioclétien lui fit trancher la tête, ainsi qu'à trois autres chrétiens, Claude, Cyrin et Antonin. Pendant trente-six jours, leurs corps jetés sur la voie publique restèrent, par l'ordre de l'empereur, privés de sépulture; mais enfin le prêtre Marcel les fit ensevelir honorablement dans le cimetière de Priscille. Marcellin avait gouverné l'Église près de huit ans.

Réflexions pratiques.

Les saints martyrs dont nous venons de lire la vie ont été fidèles à Jésus-Christ. Les tourments les plus affreux ont été impuissants à ébranler leur constance. Ils ont mieux aimé perdre les biens, les honneurs et la vie que de sacrifier leur foi. Pouvons-nous nous flatter d'avoir toujours été fidèles à Dieu? de n'avoir jamais forfait à nos devoirs? Avons-nous constamment accompli la volonté divine lorsqu'elle était en désacord avec nos inclinations perverses? Avonsnous sans cesse résisté, non pas à des bourreaux impitoyables, mais aux tentations, mais aux railleries, mais aux plaisirs défendus ? Hélas! que de défections dans notre vie ! Nous voudrions servir Dieu, pratiquer la religion, mais à condition qu'il ne nous en coûtât rien. Pleins de zèle et de courage pour entreprendre ce qui flatte le corps, ce qui touche à nos intérêts matériels, nous sommes sans initiative pour ce qui intéresse notre âme.

Mon Dieu! quel désacord entre notre vie et celle des saints !

SAINTE ZIÏE, Vierge et Servante 27 avril.

Sainte Zite naquit en Italie, au commencement du treizième siècle. Ses parents, pauvres des biens de ce monde, mais riches des dons de la piété, rélevèrent dans la crainte du Seigneur et eurent la consolation de voir fructifier leurs instructions au delà de toute espérance. Cette pieuse enfant était d'une douceur et d'une modestie qui charmait tout le monde. Elle parlait peu, travaillait avec assiduité, et tenait son âme dans un recueillement perpétuel. Il suffisait à sa mère, pour engager sa fille à faire ou à éviter quelque chose, de lui dire : Cela plaît à Dieu; c'est sa volonté; cela déplaît au Seigneur.

A l'âge de douze ans, Zite fut mise en service chez un bourgeois de Lucques; devenue servante, elle s'appliqua, de tous ses soins, à remplir parfaitement les devoirs de son état. Levée dès la pointe du jour, elle donnait à la prière un temps que d'autres accordent au repos, et avant l'heure du travail, elle avait toujours assisté à la messe. Non seulement elle exécutait avec fidélité ce qu'on lui ordonnait, mais, humble et laborieuse, elle savait même avoir pour maîtres des prévenances et d< rds qu'une

Bolide piété peut seule inspirer. Dieu permit cependant qu'on De lui rendît pas justice. On désapprouvait sa dévotion ; OU tournait en ridicule son silence i délicatesse, ou blâmait -es austérités. Sa maî- Iresse, aigrie par les rapports des autres domestique-, n'agréait rien de ee qu'elle faisait, grondait sans

tour ciiaqup: jour du l'année 407

cesse, et faisait retomber sur clic les fautes de tous Les autres. Son maître surtout la détestait au point qu'il ne pouvait la voir sans enlrer dans de violents transports de fureur. Sous le coup de préventions si injustes, qu'on s'imagine ce que cette sainte fille eut à souffrir! Mais on avait beau la maltraiter, pleine de calme, de douceur et d'application, elle ne laissait échapper ni plainte ni murmures. Toujours égale à elle-même, rien ne pouvait altérer sa douceur. Elle continuait de remplir ses devoirs dans la seule vue de plaire à Dieu.

Une vertu aussi solide triompha de la malice et des préjugés. Les maîtres delà Sainte comprirent enfin tout le prix du trésor qu'ils possédaient dans leur maison. Les autres domestiques devinrent aussi plus équitables et leur jalousie se changea en admiration.

La tendresse de la jeune Zite pour la Reine des vierges lui inspira un amour extraordinaire de la pureté; sa délicatesse sur ce point était extrême. Un mot peu décent alarmait sa pudeur. Pour conserver cette délicate vertu, elle vivait dans les rigueurs de la pénitence, jeûnant tous les jours, et souvent au pain et à l'eau, marchant nu-pieds, même en hiver, couchant sur la dure et se revêtant d'un cilice. Douée du don extraordinaire d'oraison, tout le jour elle travaillait, et tout le jour elle priait.

Le maître de la douce servante était colère et emporté; la seule présence de Zite l'apaisait; une de ses paroles le rendait doux comme un agneau. La charité de cette humble fille surpassait toutes ses vertus; rien ne résistait à son cœur et son cœur dé-

bordait en œuvres de miséricorde. Elle donnait tout aux pauvres et n'avait pour toutes richesses que l'habit qu'elle portait. — Son maître, qui voyait que tout prospérait dans sa maison, et qui attribuait cette prospérité à la sainteté de Zite, lui avait permis de donner largement aux pauvres. Zite donnait donc avec libéralité, quoique toujours avec discrétion. Dans une année de famine, elle avait épuisé toutes les ressources qu'on lui confiait; elle avait même épuisé les greniers de son maître. Un jour qu'elle y était montée pour ramasser un reste de grains, quels ne furent pas sa surprise et son bonheur de le trouver plus rempli qu'au moment où elle avait commencé d'y puiser! — Un soir de Noël on lui prêta un manteau, qu'elle donna à un pauvre à demi nu et transi de froid: après la messe le pauvre le lui rapporta et disparut. C'est ainsi que le Seigneur s'est plu à manifester souvent la sainteté de sa servante par d'éclatants prodiges. A sa mort, cent cinquante miracles ont été examinés et prouvés juridiquement. Un matin qu'elle devait pétrir du pain, s'étant oubliée dans ses dévotions, elle courut toute désolée pour réparer sa faute; mais Dieu l'avait réparée lui-même. Elle trouva le pain prêt à être mis au four quand elle arriva.

Elle mourut, le27 avril 1277, à l'âge de soixante ans, remplie de mérites puisés dans le recueillement, la mortification et un fréquent et saint usage des sacrements. Son corps, conservé jusqu'à ce jour frais el sans corruption, est pieusement vénéré à Lucques.

Réflexions pratiques.

La main au travail et le cœur à Dieu; telle a été la devise de sainte Zite. La vie vraiment admirable de cette vertueuse servante prouve que Dieu a des serviteurs dévoués dans tous les états et dans toutes les conditions, et que dans les emplois les plus humbles comme dans les plus élevés, on peut pratiquer les plus sublimes vertus, et arriver à un éminent degré de sainteté. La pieuse Zite en est une preuve frappante. Pour plaire à Dieu et s'enrichir de mérites, cette fille héroïque n'a négligé aucun de ses emplois même les plus .pénibles. Au milieu de ses occupations elle tenait son esprit et son cœur toujours élevés vers Dieu.

Son travail était sanctifié par une prière continuelle et surtout par des ferventes aspirations de foi, d'espérance et de charité. Voilà la voie qu'elle a parcourue pour parvenir à la suprême félicité ! Voilà celle que nous devons suivre nous-mêmes. Elle est la plus ordinaire et la plus sûre. A son exemple, ayons la main au travail, en accomplissant avec dévouement les devoirs imposés par notre état; surnaturalisons chacune de nos œuvres, en élevant constamment notre cœur vers Dieu. En travaillant ainsi pour le bon Maître, il nous donnera le ciel pour récompense. Seigneur, accordez-nous cette grâce que nous vous demandons par l'entremise de sainte Zite.

Plan de méditation.

Page 1