SAINT PAUL DE LA CROIX
28 avril.
Paul-François de la Croix naquit à Uvada, en Ligurie, de la noble famille des Banci, originaire de Castellazzo, près de la ville d'Alexandrie. Son père, très chrétien ,fut obligé par suite de revers de fortune d'entrer dans le négoce. On raconte qu'au moment de la naissance de Paul une lumière extraordinaire remplit la chambre où sa mère le mit au jour et fit pâlir celle des flambeaux. Ses parents qui avaient quitté Castellazzo, l'y ramenèrent à l'âge de douze ans. Ce fut vers cette époque que la Sainte Vierge lui fit éprouver l'effet de sa puissante protection, car Paul étant tombé dans une rivière, la reine du Ciel lui apparut et le tira du danger. Les amusements, qui pour l'ordinaire sout pleins d'attraits pour les enfants, n'en avaient aucun pour notre Saint. Tout jeune il n'éprouvait qu'un seul plaisir, celui de prier et (1 imiter Jésus et Jésus crucifié. C'est pour cela qu'il ne ccs>;i d'accabler son corps de travail, de jeûnes, de \eilleset (le mortifications de tout genre.
Pour n'avoir d'attache qu'à Dieu et a la vertu il renonça au nom de M ïamille et prit celui de Paul de
POUR ClIAnUE JOUR DE L'AMI lil
la Croix ; il refusa en même temps un riche hériti de son oncle et un mariage très avantageux qu'on
voulait lui faire contracter. — Paul possédait toutes les vertus chrétiennes. Toutefois, celle qui brillait en lui d'un éclat tout particulier, fut celle de la chasteté. Quoique soumise à de rudes épreuves, elle ne subit jamais la moindre atteinte, tant fut grande sa prudence et sa circonspection. 11 avait reçu du Ciel l'esprit de prière et le don des larmes. Chaque jour il en versait des torrents, en pensant aux péchés des hommes et aux erreurs envahissantes de son époque, et surtout au schisme de l'Angleterre. Pendant plus de cinquante ans, il ne cessa de demander à Dieu le retour de ce pays à l'unité de la foi.
Avant d'être prêtre, il exerçait déjà les fonctions d'un zélé missionnaire. Il aimait à faire le catéchisme aux eufants et à expliquer à ses concitoyens les mystères de la foi et en particulier celui de la Croix. « Si nous ne devenons pas saints aux instructions de cet homme de Dieu, disaient ses auditeurs, nous ne le deviendrons jamai-. » Il devint prêtre par obéissance, sur le commandement du pape Benoît XIII, qui voulut l'ordonner lui-même. L'ardeur avec laquelle il annonça la parole de Dieu jusqu'à sa vieillesse est véritablement admirable. Le travail, le danger même, n'étaient rien pour lui toutes les fois qu'il s'agissait de gagner des âmes à Jésus-Christ. Aussi, qui pourrait nombrer les impies et les pécheurs qu'il a ramenés au bercail divin. Benoît XIII l'ayant autorisé à s'associer des compagnons pour annoncer les vérités éternelles et pour propager le culte de la passion de Jésus-Christ, il se retira par un ordre du Ciel sur
le mont Argentoro près de la ville d'Orbitello. Là il fonda l'Ordre des Passionistes qui fat approuvé par le Saint-Siège et où l'on vit fleurir toutes les vertus. Paul, épuisé par les macérations, tomba gravement malade. Les médecins ne lui donnaient plus qu'une semaine à vivre. Le pape Clément XIV, profondément affligé de cette nouvelle, dit aux Passionistes qui étaient venus la lui porter: « Je ne veux pas que ce saint meure encore, dites-lui que je lui donne un répit et qu'il n'oublie pas la sainte obéissance, je ne veux pas qu'il meure encore cette fois. » Et le Saint en apprenant ces paroles se souleva sur sa couche : « Mon Jésus crucifié, dit-il, je veux obéir à votre vicaire. » Et à l'instant même il se sentit guéri. Dès lors il travailla plus que jamais à sa propre perfection et à la sanctification des âmes. Dieu se plut à rendre célèbre la sainteté de son serviteur et ses travaux apostoliques par des miracles éclatants. Il prêchait la langue de son pays à des hommes de toutes les régions, chacun le comprenait comme s'il eût parlé sa propre longue ; sa voix se fit quelquefois entendre à la distance de trois à quatre mille pas.
Le feu de la charité qui embrasait son cœur lorsqu'il Olfrait le saint sacrifice ou qu'il parlait de Dieu, enflammait son visage et environnait son corps d'une lumière toute céleste. Il vit plusieurs fois l'Homme- Dieu sous les dehors du pauvre et la très Sainte Vierge compatissant aux douleurs de son Fils.
Sentant sa (in approcher, il réunit ses disciples, leur recommanda la charité fraternelle, l'amour do l'oraison, de la pauvreté religieuse et de la solitude.
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Enfin il mourut à l'âge de quatre-vingts ans, le 48 octobre 1775 et fut béatifié, puis canonisé par Pie IX.
Re flexions pratiques.
Dès son bas âge, Paul de la Croix comprenant qu'il se devait tout entier à Dieu, son maître, renonça à tous ses biens, à un riche établissement et quitta sa famille pour se vouer à la pauvreté et ne posséder que la croix du divin Maître. Est-il bien grand le nombre des chrétiens qui marchent sur ses traces ? Combien de personnes dans le monde refusent leur cœur à Dieu tant que le siècle a de quoi les amuser et les satisfaire ! Combien regrettent les années consacrées à la solitude, ou a la vie religieuse, ou à l'obscurité d'une existence éloignée du bruit des passions humaines ! Ils plaignent ceux qui prennent ce parti, et pour leur part, ils ne se donnent à Dieu que quand le monde ne veut plus d'eux, ou que le dégoût les éloigne de cet ami perfide. Ainsi ils n'apportent plus au Seigneur que les restes d'un cœur flétri, ravagé et déshonoré par les passions. Ne sommes-nous pas de ce nombre? Interrogeons notre conscience. Ah ! ce n'est pas ainsi qu'il faut servir le meilleur des maîtres. Admirons et imitons saint Paul de la Croix qui a donné à Dieu son enfance, sa jeunesse, son âge mûr, sa vieillesse, et n'a pas cru trop faire pour un Dieu si magnifique dans ses récompenses. Oui, Seigneur, régnez surtout notre être ici-bas chaque jour de notre existence, pour que nous puissions un jour régner avec vous dans la gloire.
Sujet de méditation.