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III. Il a uni l'oraison au travail des mains

SAINT JEAN NÉPOMUGÈNE, Martyr

16 mai.

Saint Jean Népomucène ainsi surnommé du lieu de sa naissance, en Bohême, vint au monde vers l'an 1330. Des flammes qui brillèrent miraculeusement au-dessus de la maison au moment de sa naissance, furent regardées comme un présage de sa sainteté future. Encore enfant, il tomba dans une grave maladie d'où il n'échappa que par le secours de la Vierge Marie, à qui ses parents croyaient déjà être redevables de sa naissance. Son excellent naturel, joint à l'éducation pieuse par laquelle on s'efforça de répondre à ce que le Ciel semblait présager, lui fit passer son premier âge dans une religieuse pratique

d'une vie toute sainte. Il allait fréquemment à l'église, et mettait son bonheur à servir les prêtres à l'autel. 11 eut de brillants succès dans ses études commencées dans la maison paternelle, continuées à Stuaze et terminées à l'Université de Prague, où il prit le bonnet de docteur.

. Tous les goûts du saint jeune homme le portaient vers le sacerdoce. Devenu prêtre, on lui ordonna de faire valoir le rare talent que Dieu lui avait donné pour la prédication. Les premiers travaux de son zèle produisirent un effet merveilleux. Toute la ville de Prague courut pour l'entendre et Ton vit en peu de temps une réforme générale. Les étudiants qui étaient au nombre de quatre mille, accouraient en foule à ses prédications. Les larmes, les sanglots, le recueillement, la componction, annonçaient les impressions profondes qu'il faisait sur les cœurs. Les plus déterminés libertins, eux-mêmes, ne pouvaient l'écouter sans être vivement émus. Ils se retiraient les yeux humides de larmes, et l'âme brisée par la douleur.

L'empereur Wenceslas, ce monstre de cruauté, auquel on donna les surnoms odieux de fainéant et d'ivrogne, ayant entendu parler des mérites du jeune prédicateur, le demanda pour prêcher l'Avent à la cour. Jean s'acquitta de cette fonction délicate aux applaudissements du prince et des courtisans. Wenceslas l'ut si touché du discours du saint prédicateur, qu'il suspendit, au moins pour un temps, le cours de ses passions désordonnées; il lui offrit même un évôché, mais l'humble prédicateur refusa cet honneur, et d'autres encore. Il accepta pourtant

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la place d'aumônier de l'empereur, parce qu'elle le mettait en état (le faire du bien à la cour par ses instructions et de secourir les pauvres pour lesquels il avait une tendresse extrême.

Les personnes les plus vertueuses de la cour le prirent pour directeur de leur conscience. On admirait en lui le talent qu'il avait de faire des saints au milieu des grandeurs humaines, des heureux au milieu des souffrances et de rendre aimable la vertu dans un monde où elle est ordinairement méconnue. Mais parmi les personnes qui se mirent sous sa direction, peu en profitèrent autant que l'impératrice Jeanne. Cette princesse déjà si vertueuse arriva bien vite à une rare perfection.

Croirait-on que la haute piété de cette vertueuse impératrice n'ait fait qu'aigrir le caractère de Wenceslas? Il l'aimait éperdument, mais à son amour, il mêlait la sombre passion de la jalousie. Aveuglé par la passion, il forma le projet, aussi nouveau qu'extravagant, de se faire révéler, par Jean Népumocène, tout ce que l'impératrice lui avait dit au tribunal a\e la pénitence. Dans cette pensée, il envoie chercher l'homme de Dieu, et lui fait d'abord des questions indirectes, puis levant le masque, il s'explique plus ouvertement. Jean, saisi d'horreur, lui représente, de la manière la plus respectueuse, combien le projet qu'il avait formé choquait la raison et blessait la religion : « Je ne puis parler, lui dit-il, je ne sais rien. » L'empereur, dissimulant son dépit, garda un morne silence. Quelques jours aprè<, il fait revenir le Saint devant lui, il emploie les caresses, les promesses, les menaces, pour l'engager

à révéler la confession de l'impératrice : tout est inutile, il le fait traiter avec la dernière inhumanité, sans pouvoir rien obtenir. Enfin il le menace de la mort s'il ne satisfait à ses désirs. « Vous pouvez me faire mourir, répond Jean Népomucène, mais vous ne me ferez pas parler. » Wenceslas, furieux, le fit jeter dans le fleuve qui traverse Prague. Mais le corps du martyr ne resta pas longtemps enseveli sous les eaux. Une lumière miraculeuse, qui flottait sur les ondes, le fit découvrir. Les chanoines de Prague recueillirent cette précieuse relique, qu'ils enterrèrent dans leur église. Elle fut retirée du tombeau en 1719, plus de trois cents ans après la mort du Saint; et cette langue que l'on n'avait pu forcer à révéler un secret sacré, était encore fraîche et entière. Les grands miracles opérés par l'intercession de ce martyr, le rendirent l'objet de la vénération publique en Bohême, en Pologne et en Allemagne. Il fut canonisé par le pape Benoît XIII, Tan 1729.

Réflexions pratiques.

Il n'est pas un article de notre foi pour lequel ne soit mort quelque témoin qui le scellât de son sang... Le secret du sacrement de pénitence devait avoir son martyr. C'est ce que nous apprend la mort de saint Jean Népomucène. Que la conduite de cet illustre confesseur nous encourage à profiter des grâces du sacrement de pénitence et nous détermine à ouvrir notre cœur tout entier à ceux qui savent mourir pour garder nos secrets. Soyons nous-mêmes discrets dans les confidences qui nous sont faites. Sommes-nous à cet égard irréprochables ?

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I. Obligation de garder les secrets en général : 1° pour tout honnête homme; 2° pour tout chrétien ; 3° pour toute personne en dignité.

II. Saint Jean Népomucône modèle à proposer sur ce point à tous les chrétiens.

SAINT PASCHAL BAYLON, Confesseur 17 mai.

Paschal Baylon, né de parents pauvres et vertueux, en 1540, àTorre-Hermosa, en Espagne, parut avoir sucé avec le lait les maximes de la piété. Sa famille étant trop pauvre pour l'envoyer aux écoles, le pieux enfant voulut apprendre à lire, en gardant ses troupeaux dans les champs, c'est pour cela qu'il priait tous ceux qu'il rencontrait d'avoir la charité de lui apprendre à connaître les lettres. Le désir qu'il avait de s'instruire lut si vif et son attention si grande, qu'il sut bientôt parfaitement lire et écrire. Il ne se servit de cet avantage que pour se perfectionner dans la connaissance de la religion.

Sorti du premier âge, il se loua en qualité de berger chez un riche propriétaire. Son maître qui avait de la piété, charmé de la modestie, delà docilité, de la vertu du jeune Paschal, l'affectionna tellement, qu'il lui offrit môme de l'adopter pour son fils et de le faire héritier de ses grands biens. Le saint jeune homme qui n'aspirait qu'aux biens du Ciel, refusa

modestement. Il aima mieux rester dans son état, pour avoir plus de conformité avec Jésus-Christ qui est venu sur la terre pour servir et non pas pour être servi. On le voyait souvent prier à genoux sous un arbre, à l'écart, tandis que son troupeau paissait sur les montagnes. Ce fut dans ces entretiens secrets avec Dieu qu'il fit des progrès rapides dans les voies de la perfection et le Ciel le favorisa souvent de ravissements.

Dans sa pauvreté, il ne se crut jamais dispensé de faire l'aumône. Il prenait pour assister les malheureux, tuv ce qu'on lui fournissait pour sa subsistance et donnait une partie des petites provisions qu'on lui envoyait dans les champs. On ne le connaissait plus dans le pays que sous le nom de saint Berger.

Quelque amour qu'il eût pour sa tranquille profession, il ne tarda pas à y trouver des peines et des désagréments qui l'en dégoûtèrent peu à peu. Comme il ne pouvait, malgré sa vigilance, empêcher son troupeau de causer quelques dommages, sa conscience en fut alarmée, c'est pour cela qu'il résolut de quitter le monde et de chercher un asile dans la vie religieuse.

A l'âge de vingt ans, il quitta son maître et sa patrie et se rendit dans le royaume de Valence, chez les Franciscains. 11 demanda à y être reçu en qualité de frère convers; ce qui lui fut accordé en 1564. Quand on connut se> mérites, on lui offrit instamment de le mettre au nombre des religieux de chœur; mais son humilité lui lit sans cesse refuser ct-tte laveur. Son ardeur pour les austérités n'était tempérée

POn: CD K)UB JOUH DE L* ARMÉE V.'\

que par sou obéissance. Il cherchait con aenl les plus bas emplois de la communauté. Toujours gai, doux, affable envers tout le monde, s'il se présentait une occasion de rendre à quelqu'un des services, il la saisissait avec empressement et s'en réjouissait.

Il avait une tendre dévotion envers l'Eucharistie et pour la passion du Sauveur qu'il aimait à médit. r. Dans les dernières années de sa vie, il passait une partie de la nuit au pied des autels, tantôt à genoux, tantôt prosterné contre terre. Là, son cœur se consumait d'amour pour le Dieu de charité. — Il honorait aussi, d'un culte spécial, la Mère de Dieu et ne cessait de demander, par son intercession, la grâce d'être préservé des souillures du péché. — Paschal Baylon mourut, près de Valence, le 17 mai 1592, à l'âge de cinquante-deux ans. Pendant les trois jours que son corps fut exposé, il s'opéra un grand nombre de miracles.

Réflexions pratiques.

Paschal Baylon est déshérité des biens de la fortune. Son maître, qui connaît ses mérites et possède toutes ses affections, veut l'enrichir, mais ce généreux enfant, avide des dons de Dieu, craint qu'à mesure que les biens de la terre entrent dans ses mains ils fassent sortir de son cœur l'amour de son Dieu. Cette âme généreuse et magnanime destinée à posséder, non des richesses périssables, mais des trésors éternels, refuse les libéralités qui lui sont offertes. Que ces sentiments sont différents des nôtres ! Nos cœurs vides de Dieu et sans cesse in-

clinés vers les créatures, cherchent à se satisfaire par les biens fragiles de la terre et les vaines consolations que les hommes donnent. Oh ! apprenons à l'école des sages à nous désabuser de nos folies; à l'exemple des saints, cherchons des richesses réelles et capables de combler l'abîme immense de notre âme. Humilions-nous sous la main de Dieu, afin de mériter abondamment ses grâces; méprisons les biens passagers de la terre et détachons-en nos cœurs pour ne chercher que les richesses impérissables du Ciel. Alors nous serons comptés parmi ces bienheureux dont il est écrit : « Ne craignez pas, petit troupeau, parce qu'il a plu à mon Père de vous donner son royaume. »

Plan de méditation.

Saint Paschal Baylon : I. Pauvre, résigné au sein de sa famille.

II. Serviteur obéissant, s'accommodant de l'humble fonction de berger.

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