SAINT BERNARDIN DE SIENNE
20 mai.
Bernardin de Sienne, ainsi appelé parce que sa famille, une des premières du pays, était originaire de cette ville, naquit à Massa, en Toscane, le 8 septembre 1383. La mort de sa mère et celle de son père, arrivées à quelques années de distance, le laissèrent orphelin presque au sortir du berceau. Une de ses tantes, nommée Diane, recueillit le malheureux enfant et se chargea de son éducation. Cette vertueuse femme lui inspira une tendre piété envers Dieu et une dévotion toute particulière à la Sainte Vierge. Doux, pieux, humble et modeste, orné des qualités les plus aimables, le jeune Bernardin fit ses délices de la prière. Son plus grand bonheur était de visiter les églises et de servir la messe. Dès ses premières années, il montra une grande compassion pour les pauvres. Sa tante, ayant un jour renvoyé un mendiant, parce qu'il ne restait plus dans la maison qu'un seul pain pour le dîner de toute la famille, Bernardin tout ému lui dit : « Je vous en supplie, au nom de Dieu, ma chère tante, donnons quelque chose à ce pauvre homme, sans quoi je ne pourrais ni dîner, ni souper de toute la journée. J'aime mieux me passer de manger que de priver ce pauvre d'aumône. »
A onze ans, ses oncles paternels le firent venir à Sienne pour y faire ses études, et le confièrent aux plus habiles maîtres de cette ville. Il se fît bientôt une grande réputation par ses progrès et par sa
pénétration ; mais plus encore par ses rares vertus. A l'âge de dix-sept ans, il avait fini ses études de philosophie, de droit et de théologie. Au milieu de la licence de ses condisciples, Bernardin sut conserver la candeur de l'âme et la pudeur, fruit de son excellente éducation. Jamais une parole licencieuse ne souilla ses lèvres. A la moindre allusion criminelle, il témoignait, par la rougeur de son visage, la peine qu'il en ressentait, et il reprenait vivement quiconque se permettait, en sa présence, le moindre propos indécent. Sa modestie était un frein qui retenait les plus libertins, et, dès qu'il paraissait, ils se disaient les uns aux autres : « Silence, voici Bernardin. »
A dix-sept ans, déjà dégoûté du monde, il entra dans la confrérie de Notre-Dame, établie à Sienne, dans l'hôpital de la Scala, pour y servir les malades. Il y donna les preuves les plus touchantes de sa charité pendant la peste qui ravagea sa patrie en 1400. Tous ceux qui étaient préposés pour donner des secours spirituels et corporels aux pauvres malades étaient emportés. Bernardin, à la vue de tant de ravages, sentit s'exalter son courage. Il fit passer son enthousiasme dans l'âme de douze compagnons, et pendant quatre mois, ils ne cessèrent de prodiguer nuit et jour toutes sortes de soins aux pestiférés.
Après que le fléau eut cessé, il rompit ses derniers liens avec le monde, distribua ses biens aux pauvres, et entra chez les religieux de la stricte Observance de Saint-François. Dès lors il ne mit plus de bornes à ses élans vers la perfection. Il fit sa profession le 8 septembre 1405, et l'année suivante, le môme jour,
il dit 88 première messe. Le supérieur du couvent qui connaissait ses talents, sa science et ses vertus, lui ordonna de se livrer au ministère de la prédication évangélique. Il parut dans l'Église comme un astre brillant. La parole de Dieu était dans sa bouche un feu qui consumait tout ce qu'il approchait. « Bernardin, disait-on, est un charbon brûlant ! » Il s'appliquait surtout à inspirer le dégoût du monde, et l'amour de Jésus-Christ. Sans cesse il faisait retentir le tonnerre de sa voix pour réveiller les hommes endormis dans la vanité et le mensonge, et les élever aux désirs des biens éternels. Le nombre des conversions qu'il opéra à Milan et dans un grand nombre d'autres grandes villes d'Italie est incalculable. — Deux papes lui offrirent plusieurs fois l'épiscopat, mais il ne voulut jamais sortir de son état. Nommé vicaire général pour tous les couvents de Saint-François en Italie, il contribua beaucoup à la réformation de son ordre. Il mourut à l'âge de soixante-trois ans, en 1444. Le pape Nicolas V le canonisa quatre ans après sa mort.
Réflexions pratiques.
Bernardin de Sienne dès son bas âge était si sérieux, si modeste et si rempli de pudeur, qu'il rougissait lorsqu'il entendait prononcer quelque parole indécente. Sa seule présence jetait la confusion sur le visage des méchants ; il les reprenait modestement et avec force de leur libertinage. Peut-on nous adresser les mêmes louanges? Empêchons-nous les désordres dans les conversations ? Adressons-nous de sévères reproches à ceux qui tiennent en notre
présence des propos obscènes ? Et lorsque nous n'avons pas assez d'autorité pour reprendre, une sainte rougeur peinte sur notre visage et un sévère silence, ont-ils prouvé que ces propos libres nous déplaisaient? Au lieu de reprendre, de corriger, n'avons-nous pas ajouté notre mot comme les autres? Nos gestes, nos sourires provocateurs n'ont-ils pas porté atteinte à la modestie? — Mon Dieu ! donneznous, avec l'amour de la pureté le courage de la faire pratiquer.
Plan de méditation.
Saint Bernardin modèle du chrétien fervent dans le monde : 1° par son application à l'étude ; 2° par la fuite des occasions de péché; 3° l'exercice de la charité en toute occasion ; 4° la mortification ; 5° la piété la plus vive.