SAINT FÉLIX DE CANTALICE
21 mai.
Saint Félix, surnommé de Cantalice, du lieu de sa naissance , vint au monde en 1513. Ses parents étaient pauvres des biens de la terre, mais riches de de ceux du ciel. Leur enfant hérita de leur vertu. Il montra, dès sa plus tendre enfance, un amour si ardent pour Dieu et une si tendre dévotion à la Sainte Vierge qu'on ne l'appelait que le Saint. Obligé de garder les troupeaux pendant ses premières ann< 11 aimait à se retirer dans les lieux écartés, et sur-
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tout au pied d'un arbre sur l'écorce duquel, il avait gravé une croix, et il y priait souvent plusieurs heures.
Lorsqu'il fut assez robuste pour se livrer à une occupation plus pénible, il entra au service d'un gentilhomme qui l'employait à la culture de ses terres. Dieu lui accorda alors le don de la méditation au milieu de ses travaux. Il avait une sorte de génie à trouver partout autour de lui des sujets de réflexion. La docilité des animaux, la rigueur des saisons, la stérilité de la terre, la vanité du monde, l'aveuglement des pécheurs , l'aspect des deux , l'ordre de la nature, la beauté des champs, tout le portait vers Dieu ; tout lui fournissait des motifs pour l'aimer et le servir. Jamais il ne pensait aux créatures qu'il avait sous les yeux sans ressentir de pieuses affections. A une profonde humilité, il joignait un fonds inaltérable de gaieté, de douceur et de charité pour le prochain.
Ayant entendu chez un de ses maîtres la vie des saints solitaires qui s'étaients retirés du monde pour ne penser qu'à leur salut, il résolut de suivre leur exemple. Une circonstance ménagée par la Providence hâta sa détermination. Un jour, il labourait, lorsque son maître se présente tout à coup en habit noir. Les bœufs qu'il conduisait, eurent peur, se jetèrent de côté et renversèrent Félix. La charrue lui passa sur le corps, sans toutefois lui faire aucune blessure. Ce danger qu'il venait de courir fut pour lui un avertissement de répondre à la vocation divine qui l'appelait depuis longtemps à l'état reli-
gieux. Il fit donc distribuer aux pauvres le mobilier rustique qu'il possédait, et, entra en toute hâte chez les capucins de Gitta-Ducale.
Pendant son noviciat, il parut déjà tout pénétré de l'esprit de son Ordre, qui est un esprit de pauvreté, de pénitence et d'humilité. Tous les frères ne pouvaient se lasser d'admirer ses vertus et le révéraient comme un saint. A peine eut-il prononcé ses vœux, que ses supérieurs l'envoyèrent à Rome. On le chargea de la quête du couvent. Félix, à cette nouvelle, se regarda comme le plus heureux des hommes. Et pour quelle raison ? C'est que cet emploi l'exposait aux mépris et aux insultes de tous. C'est ce que les saints recherchent , pour ressembler mieux à Jésus-Christ. Il marchait pieds nus, portait un cilice, jeûnait ordinairement au pain et à l'eau, et passait les trois derniers jours de la semaine sainte sans prendre aucune nourriture. La nuit était consacrée à la prière ; il ne dormait que deux ou trois heures, et encore à genoux, la tête appuyée sur un fagot ; ou s'il se couchait, c'était sur des planches ou sur des sarments. — Sa douceur et sa modestie le faisaient admirer de tout le monde. Ses discours faisaient la plus vive impression sur les pécheurs. Il avait surtout une onction admirable lorsqu'il exhortait quelque moribond à paraître devant Dieu. Telle fut la vie qu'il mena pendant les quarante ans qu'il exerça à Rome l'office de quêteur. Durant sa dernière maladie il eut la faveur d'embrasser l'Enfant Jésus, déposé entre ses bras par la Vierge Marie. Illustré par le don des miracles il rendit vivant à une mère le fils que la mort lui avait en-
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lové. Il mourut paisiblement le 48 mai 1587, dans la soixante-douzième année de son âge.
Réflexions pratiques.
Saint Félix n'avait pas d'instruction ; sa pauvreté l'avait empêché d'en acquérir; et cependant son bon cœur sut remplacer l'esprit; les choses les plus simples de la terre, le spectacle des cieux, les événements les plus ordinaires de la vie, lui servaient comme d'échelle pour s'élever jusqu'à Dieu. Ainsi, il sut joindre la contemplation aux plus grossiers travaux de la campagne. Pourquoi ne pourrionsnous pas agir de même ? Le livre de la nature et des cieux ne parle-t-il plus de Dieu? Ah ! c'est que notre esprit est rempli des choses et des vanités du monde ; c'est que notre foi est trop faible ; c'est que nous n'aimons pas Dieu. Voilà pourquoi nous travaillons comme les êtres sans raison qui n'élèvent jamais leurs regards vers le ciel ; nous usons misérablement nos forces et notre vie à remuer la terre, et au dernier soir de nos travaux, nous paraîtrons devant Dieu les mains vides. Ce sera trop tard pour réparer notre folie. Seigneur donnez nous la sagesse et la science des saints !...
Plan de méditation.
Dieu a rendu saint Félix : 1° l'image de sa simplicité par l'innocence de ses mœurs; 2° le ministre de sa Providence par les fonctions de son office ; 3° la victime de son amour par la haine de luimême.