II
SAINT UBALD, Évêque 22 mai.
Saint Ubald naquit à Gabio, ville d'Italie, sur la fin du onzième siècle d'une famille noble. Ayant perdu son père presque dès le berceau, il fut mis sous la tutelle d'un oncle qui se distinguait encore plus par sa piété que par sa noblesse. Après lui avoir donné lui-môme les premières leçons d'une éducation chrétienne, reconnaissant dans le jeune Ubald d'excellentes dispositions pour la vertu, et un génie très propre à exceller dans les belles-lettres, il le confia au prieur de l'église des saints Marien et Jacques pour le faire élever parmi les clercs. Il y fit de grands progrès dans les sciences divines et humaines; mais on peut dire qu'il avança encore plus dans celle du salut. Son innocence eut de rudes assauts à soutenir contre les mauvais exemples de ses compagnons d'étude. Les désordres qui régnaient dans cette école furent si nombreux qu'il demanda à la quitter. Il alla achever ses études dans le séminaire de Saint- Second. Lorsqu'il eut reçu la prêtrise, l'évoque de Gabio, connaissant ses mérites, le nomma prieur du chapitre de sa cathédrale, avec ordre de réformer les nombreux désordres qui s'y étaient introduits. Ubald se prépara par le jeûne, la prière et d'autres exercices de piété à cette difficile tâche.
Après avoir gagné trois chanoines et les avoir dés à vivre en communauté, les autres ne lardèrent pas a se rendre. Il vint à bout de faire suivre
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à son chapitre la règle des chanoines de l'ordre de Saint-Augustin.
A la suite d'un incendie qui embrasa avec la plus grande partie de la ville sa maison canoniale et le cloître, Ubald crut que Dieu lui offrait cette occasion pour se décharger de son prieuré et se retirer dans la solitude. Ayant parlé de cela au prieur du désert de Font-Avelle, ce grand serviteur de Dieu lui dé" clara que son dessein était une tentation du démon et un piège que Satan lui tendait pour détruire son nouvel institut et ruiner sa réforme. Il l'exhorta à retourner à son Église pour continuer à y faire le bien. Ubald revint à Gabio où il rétablit les bâtiments de son chapitre qui devint l'un des plus florissants de l'Italie. Après avoir refusé l'évêché de Pérouse, il fut obligé d'accepter celui de Gabio, sa patrie.
Le nouvel évêque animé d'un esprit vraiment apostolique était mort au monde et à lui-même; il vivait dans une entière mortification de ses sens ; il était infatigable dans les travaux de la pénitence et dans ceux du ministère épiscopal. Sa douceur, son affabilité lui gagnait tous les cœurs.
Ubald oubliait le soin de sa propre vie dès que quelques-uns de ses diocésains se trouvaient en danger. Ayant appris un jour qu'il s'était élevé une sédition dans la ville, que l'on avait pris les armes avec fureur et que déjà il y avait eu beaucoup de sang versé, il courut à l'endroit où étaient les combattants. Le danger du saint pasteur fit tomber les armes des mains des deux partis; et la réconciliation lut l'effet de sa seule présence. Jamais homme
n'eut plus d'autorité sur les esprits et sur les cœurs. — L'empereur Frédéric Barberousse venait de prendre et de saccager Spoletto, il menaçait de faire subir le même traitement à Gabio,.mais le saint, lui étant venu au-devant, le désarma et obtint grâce pour son cher troupeau.
Les deux dernières années de sa vie, il fut accablé de douleur et d'infirmités qu'il supporta avec une patience héroïque. Il mourut l'an li60. Il avait guéri plusieurs malades pendant sa vie ; mais il ne voulut pas rendre la vue à un aveugle, en lui donnant pour raison que la vue du corps serait préjudiciable au salut de son âme.
Réflexions pratiques.
Rien ne peut résister aux attraits d'une vertu solide, constante et exemplaire. La conversion des chanoines peu réguliers dont saint Ubald fut le doyen et le réformateur en est une preuve frappante. Les plus pervers d'entre eux condamnaient la vertu de notre Saint et regardaient leur supérieur comme un censeur importun et incommode dont il fallait se débarrasser n'importe par quels moyens.
Mais saint Ubald par son humilité, sa douceur, sa patience et son inaltérable régularité, triompha de leur malice, réforma insensiblement leur vie déréglée. 11 en fit des religieux aussi vertueux qu'édifiants. Voilà la force du bon exemple. Il ne faut qu'un saint dans une communauté, dans une famille, pour ramener à Dieu par ses bons exemples les membres les plus indévots. Parents, maîtres, supérieurs, vivez en saints, vos enfants, vos serviteurs, vos subordonnés
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vivront saintement. — 0 mon Dieu ! Aidez-moi à bien vivre. Que tout en moi répare le passé et porte le prochain à aimer Dieu.
Plan de méditation.