‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 29 sur 59 · Sa piété tendre et ardente pour le saint sacrement · texte numérisé non relu

Sa piété tendre et ardente pour le saint sacrement

SAINT GERMAIN, Évêque de Paris 28 mai.

Saint Germain naquit en Bourgogne, dans le territoire d'Autun, vers Tan 496. La Providence qui avait de grands desseins sur cet enfant de bénédiction, veilla de bonne heure sur ses jours chéris. Ses parents, quoique nobles d'origine, étaient privés des biens de la fortune et chargés d'une nombreuse famille. C'est peut-être ce manque de ressources qui inspira à sa mère la pensée de le faire mourir dans son sein, et à une de ses tantes, celle de l'empoisonner dès les premières années de son existence. Mais Dieu le fit échapper à leurs fureurs. Germain connaissant parfaitement qu'il n'était pas le bienvenu dans la maison de son père, ni dans celle de sa tante, se retira chez un parent nommé Scapillon. Ce prêtre d'une rare vertu eut soin de l'élever dans les maximes de la piété et dans la connaissance des lettres. Les minutieuses attentions dont il fut entouré dédommagèrent amplement Germain des mau-

vais traitements qu'il avait reçus dans la maison paternelle.

Il passa quinze ans avec son cousin, vivant ensemble comme des religieux, dans l'étude, la prière et la mortification. Quoiqu'ils fussent éloignés de l'église d'une demi-lieue, ils s'y rendaient régulièrement, même pendant la nuit, malgré les pluies, la neige pour assister à l'office divin. Le jeune Germain occupé nuit et jour de Dieu, et encouragé par les bons exemples qu'il avait sous les yeux, fit des progrès très rapides dans la piété.

Saint Agrippin, évoque d'Autun, témoin de sa piété, lui conféra d'abord le diaconat, et, trois ans plus tard, la prêtrise. Germain croissant tous les jours en vertu, fut choisi pour abbé du monastère de Saint-Symphorien, dans un des faubourgs d'Autun. Dès ce moment Dieu le favorisa du don de prophétie et de celui des miracles. L'historien de sa vie en raconte un grand nombre, deux entre autres dont il fut le témoin oculaire. Pendant que ses religieux se reposaient, Germain se rendait à l'église, et passait une bonne partie de la nuit en prières. C'est durant une de ces nuits qu'il vit en songe un vieillard vénérable qui lui présentait les clefs de Paris, en lui disant que Dieu lui confiait la conduite des habitants de cette ville, afin qu'il les empêchât de périr.

Quatre ans après, le siège épiscopal étant vacant, tout le clergé demanda Germain pour évoque. Le roi Childebert y joignit ses instances, et le Saint, malgré ses frayeurs, fut obligé de se laisser sacrer, vers l'an 58

Sa nouvelle dignité n'apporta aucun changement

dans sa manière de vivre : on le vit simple, frugal, mortifié et pénitent. Il avait toujours plusieurs pauvres à sa table. Ses sermons opéraient les plus grands fruits, et toute la ville eut bientôt changé de face. Le roi Childebert, qui jusque-là avait mené une vie peu chrétienne, ne put résistera l'onction des discours du Saint. 11 se convertit et bannit de sa cour tous les désordres. Il fonda des établissements utiles, et envoya des sommes considérables à Germain pour le soulagement des pauvres. « Ne cessez point de donner, disait-il au Saint, qu'il avait établi le distributeur de ses aumônes, j'espère que la Providence me fournira des fonds, dont la source ne tarira jamais. » Dieu ne tarda pas à récompenser la pieuse libéralité de ce prince. Le roi étant tombé malade au château de Cettes, les médecins désespérèrent de le guérir. Saint Germain étant venu lui faire une visite, passa la nuit en prières et le matin imposa les mains au monarque qui fut à l'instant parfaitement guéri. Ce prince pour laisser à la postérité un témoignage de sa reconnaissance à Dieu, légua à l'Église de Paris, la vaste propriété du château de Cettes où il avait été guéri.

Notre Saint avait tant de compassion pour les prisonniers, que ne pouvant obtenir leur délivrance des hommes, il la demandait à Dieu et brisait leurs chaînes par ses prières. Un seul filet de sa robe, sa signature, sa salive et la paille de son lit faisaient des miracles. — Le bienheureux Germain vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, et jusqu'à cet âge il montra le même zèle pour la conversion des pécheurs. Dieu l'appela à lui le 28 mai 576.

Réflexions pratiques.

Aimer et servir Dieu dans tous les âges et dans toutes les circonstances de la vie, c'est le devoir de tous les hommes. Mais outre cette loi générale qui regarde indistinctement chaque homme, il y a des devoirs particuliers attachés à certaines conditions spéciales ; entrons dans le détail : Un enfant doit écouter ceux qui sont chargés de son éducation, une jeune fille doit être modeste, réservée et pieuse; un prêtre est tenu de donner le bon exemple, d'instruire, d'avertir, de reprendre, de veiller sur les âmes qui lui sont confiées, d'administrer les sacrements. Les parents doivent prendre soin, non seulement du corps de leurs enfants, mais surtout do leur âme. Les serviteurs doivent aimer, respecter et prendre les intérêts de leurs maîtres, et les maîtres doivent prendre soin de leurs serviteurs et leur donner un juste salaire. "Voilà quelques-uns des devoirs d'état des diverses classes qui composent une population. Pouvons-nous nous rendre le témoignage de les avoir remplis avec l'exactitude que nous admirons dans les saints? Si notre conscience nous accuse, d'où vient cette négligence dans l'accomplissement des devoirs les plus sacrés? De ce que nous n'aimons pas véritablement le Seigneur. Imitons l'exactitude de saint Germain à remplir tous ses devoirs d'état, marchons sur ses traces et nous arriverons au même bonheur.

tour ciiaque jour di: l'ann 23.']

Plan de méditation.

I. Saint Germain, par la voie des tribulations, devient un prodige de gloire.

II. Saint Germain, au faîte de la gloire, devient un prodige de sainteté.

SAINT CYRILLE, Enfant, Martyr 29 mai.

La ville de Césarée, en Cappadoce, a été témoin du martyre admirable du jeune Cyrille, âgé de dix-sept ans. Ce saint avait été instruit secrètement de la religion chrétienne. Son père qui était resté plongé dans les barbares superstitions du paganisme, ne pouvant venir à bout de lui faire invoquer les dieux qu'il adorait, lui fît souffrir tous les mauvais traitements, le désavoua pour son fils, et le chassa de sa maison. Le saint enfant souffrit avec une patience inaltérable ces indignes cruautés, dont les païens eux-mêmes étaient scandalisés. Le père fit plus ; il dénonça son fils au magistrat, comme un enfant rebelle à lui-même et aux dieux du pays. Le gouverneur se fit amener le jeune Cyrille. .11 ne put contenir sa colère lorsqu'il l'entendit confesser le nom de Jésus-Christ. Il dissimula pourtant, et s'efforça, par la voix des caresses, de le contraindre à apostasier. « Mon enfant, lui dit-il, je veux bien vous pardonner, en considération de votre âge. Votre père lui-même consent à oublier votre faute, il est prêt à

vous recevoir. Il ne tiendra qu'à vous de rentrer dans ses bonnes grâces et dans la jouissance de son bien. Mais soyez sage à l'avenir, et renoncez à vos folles superstitions. — Que vos reproches me font plaisir ! lui répondit Cyrille. Si mon père me refuse l'entrée de sa maison, mon Dieu m'ouvrira la sienne. Pour une demeure de terre ou de boue que je perdrai, j'en trouverai une toute d'or et de pierreries. Je consens volontiers à être pauvre ici-bas pour être riche dans le ciel. Je ne crains point la mort, parce qu'elle sera suivie d'une vie heureuse et immortelle. » Gomme il parlait ainsi avec un courage qui montrait bien que Dieu parlait en lui, le juge le fit lier publiquement comme pour le mener à la mort ; mais il donna ordre en secret que l'on se contentât de lui faire peur. Le bienheureux enfant se laissa mener sans verser une larme et sans changer de couleur. On l'approcha d'un grand feu, menaçant de l'y jeter. On fît briller à ses yeux divers glaives, mais il n'en parut que plus ferme et plus inébranlable. Quand on en eut fait le rapport au juge, il rappela Cyrille, et lui dit : « Mon enfant, vous avez vu le feu et les glaives qui doivent vous donner la mort. Serez-vous plus sage à l'avenir pour rentrer dans la maison et les biens de votre père? Ou bien vous obstinerez-vous à courir à une perte inévitable? » Le saint enfant répondit : « Tyran, vous m'avez fait grand tort en me retirant du feu et des épées. Ce n'est pas une grâce, c'est de la cruauté. Pourquoi me privez-vous du bonheur après lequel je soupire ? Rendez-moi au supplice, renvoyez-moi au bûcher. Je me meurs d'impatience d'être au milieu des flammes, pour aller

TOUR CHAQUE JOUR DR l'aNNII.

à mon Dieu. » Tous les assistants témoins de cette grandeur d'âme fondaient en larmes. Cyrille se tournant vers eux et leur reprochant leur faiblesse; : « Vous pleurez, leur dit-il, et vous vous affligez pour l'amour de moi, réjouissez-vous plutôt de mon bonheur. Venez chanter un cantique de joie autour de mon bûcher. Ah ! vous ne savez pas quelle maison je vais habiter, ni quelle est mon espérance. Laissezmoi finir ainsi ma vie temporelle. » Ce fut dans ces beaux sentiments qu'il alla au supplice sous le règne de Dèce, au troisième siècle.

Réflexions pratiques.

Quelle hauteur de sentiments dans le jeune Cyrille ! Quelle fermeté devant le juge et les bourreaux! Quelle invincible constance devant les feux et les épées ! Enfin quelle soif du martyre ! Et ces merveilles se reproduisent non pas une fois, mais toujours dans les martyrs, même dans les vierges les plus jeunes et les plus délicates, qui s'élèvent ainsi au-dessus de la faiblesse de leur âge et de la timidité de leur sexe. — Ces sentiments ne devraient-ils pas nous couvrir de confusion? Dans l'enfance, dans la jeunesse, dans l'âge mûr, dans la vieillesse pour rester fidèles à Dieu et mériter les biens éternels, nous devrions nous détacher des créatures et sacrifier nos viles passions ; et nous avons la lâcheté de trahir nos devoirs les plus sacrés, de renoncer à une couronne éternelle pour un vil intérêt.

Plan de méditation.

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