I. Saint Vincent Ferrier convertit de nombreux pécheurs
II. Moyens qu'il emploie : la méditation des sujets les plus terribles de la foi : le péché, le jugement, l'enfer, l'éternité.
SAINT CÉLESTIN, premier Pape
6 avril.
Saint Célestin, Romain de naissance, succéda à saint Boniface, en 422. Il n'y eut qu'une voix pour le désigner aux suffrages, tellement ses éminentes qualités l'avaient recommandé à l'estime publique. Lorsque la nouvelle de son exaltation fut arrivée en Afrique, saint Augustin, craignant que son excessive bonté ne le rendît victime delà fourberie d'Antoine, évêque de Fussade, lui écrivit pour le féliciter et pour le prier de ne point accorder sa faveur aux esprits orgueilleux et rebelles qui troublaient l'Église. Célestin prouva bientôt, en déposant l'évêque de Fussade, que cette crainte était superflue, et que, s'il savait pardonner comme un père aux enfants
repentants, il savait aussi résister comme un rempart inébranlable aux ennemis de la vérité. En 430, il fit assembler à Rome un concile où l'on examina les écrits de l'hypocrite Nestorius, qui déniait à la Sainte Vierge le titre de Mère de Dieu. Il fut condamné, et plus tard, sous le même pontificat, l'hérésiarque fut anathématisé à Éphèse, malgré les intrigues inconcevables, et malgré la haute protection de la cour de Constantinople.
Saint Célestin ayant appris, vers le même temps, qu'un certain Agricola jetait les semences du pélagianisme dans la Bretagne, envoya saint Germain d'Auxerre, avec la qualité de vicaire apostolique. Ce saint prélat dissipa les prestiges de l'erreur, et préserva l'Église britannique du danger qui la menaçait.
Dur et sévère pour lui-même, il était plein de mansuétude pour les fautes et les faiblesses d'autrui. Cette douceur lui inspira une lettre admirable aux évêques des provinces de Vienne et de Narbonne. Dans cet écrit il les exhorte à corriger plusieurs abus, et les engage à donner l'absolution à tous les pécheurs qui la demandent sincèrement à l'article de la mort. « Il ne faut jamais, leur dit-il, désespérer du salut de qui que ce soit, ni mettre des bornes à la miséricorde du Dieu qui a dit : Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. »
C'est au pape saint Célestin que la tradition attribue la simple et touchante prière ajoutée depuis à la Salutation Angélique : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, mainte-
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nant et à l'heure de notre mort. » Le vertueux pontife mourut à Home, peu après le concile d'Éphèse, le G avril 432, au moment où il venait d'élire saint Patrik évoque d'Irlande. Il avait occupé dix ans la chaire de saint Pierre.
Réflexions pratiques,
L'Écriture sainte nous trace en deux mots les deux qualités les plus précieuses que doit posséder un homme appelé à commander aux autres : la douceur dans la manière d'agir et la fermeté dans les affaires. Ces deux qualités furent le caractère distinctif du pape saint Célestin. Il montra sa fermeté inébranlabble en déposant l'évêque de Fussade et en combattant avec beaucoup d'énergie l'hérésie de Nestorius. Il donna des preuves de sa bonté et de sa douceur en exhortant divers prélats à traiter avec beaucoup d'indulgence les pécheurs qui demanderaient à se réconcilier avec le Ciel avant de mourir. La douceur et la fermeté sont-elles également notre partage? Faisons un retour sincère sur nous-mêmes. Demandons-nous : Ne suis-je pas à l'égard de ceux qui dépendent de moi et pour mes propres défauts, d'une douceur ou plutôt d'une faiblesse également fatale aux autres et à moi-même? N'ai-je pas fermé les yeux sur des fautes capitales, des habitudes vicieuses, de scandaleux exemples qu'il était de mon devoir de corriger dans les autres ou en moi-même? Ou bien ne suis-je point d'une dureté impitoyable envers mon prochain, tandis que mon indulgence n'a pas de bornes quand il s'agit de mes propres dé-
fauts? Que de chrétiens, d'ailleurs irréprochables, qui manquent dans l'un ou dans l'autre de ces points! Ne suis-je pas de ce nombre?
Plan de méditation,