‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 39 sur 59 · TATRON DE LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

TATRON DE LA JEUNESSE

21 juin.

Louis de Gonzague vint au monde, le 29 mars 1568, au château de Chatillon en Lombardie. Son père était chambellan de Phillippe II, roi d'Espagne, et sa mère, dame d'honneur de la reine Isabelle de France, son épouse. Cette mère, princesse très pieuse, fut si malade aux approches de ses couches, qu'abandonnée des médecins, on attendait à tout moment sa mort. Dans cette cruelle extrémité elle eut recours à la très Sainte Vierge, lui consacra l'enfant qu'elle portait dans son sein et fit vœu, que s'il venait au monde heureusement, elle le porterait à Notre-Dame de Lorette. A peine eut-elle fait cette promesse, qu'elle recouvra parfaitement la santé, et peu après elle donna le jour à cet enfant tant désiré. On lui donna le nom de Louis. Cette vertueuse mère inspira de bonne heure à son jeune fils la crainte et l'amour de Dieu. Les noms de Jésus et de Marie embaumaient souvent ses lèvres enfantines. Aussi, dès sa plus tendre enfance on eût dit un ange revêtu d'une chair mortelle. Chacun l'appelait le petit Ange, le petit Saint. A l'âge de trois et quatre ans il priait Dieu avec délices. On le trouvait quelquefois seul à genoux, dans quelque lieu caché du château, faisant sa prière. Sa tendre compassion pour les pauvres lui arrachait des larmes.

Sa mère voulait faire de Louis un saint, mais son père, quoique chrétien, voulait le faire grand prince h. 19

aux yeux des hommes. Il le destina à l'état militaire et s'efforçait de lui en inspirer le goût par ses exemples et ses paroles. Louis n'avait que quatre ans lorsque son père l'amena à Casai pour le faire assister à une revue des troupes. Là, il le fit habiller en officier, et il le vit avec une joie mêlée d'orgueil marcher à la tête des troupes, couvert d'une armure proportionnée à son âge et à sa taille. Louis resta plusieurs mois dans cette ville, et sans cesse au milieu des militaires, il contracta l'habitude de dire de ces mots grossiers si ordinaires aux soldats, sans comprendre toutefois ce qu'ils signifiaient. Son gouverneur l'en ayant repris, il se corrigea sur-le-champ. Un jour, pendant que les soldats dormaient, il prit de la poudre dans leurs bandoulières, chargea luimême un canon, y mit le feu et faillit être écrasé par les roues de l'affût qui reculèrent. Le marquis résolut de punir sévèrement son fils, mais les soldats qui aimaient Louis, sollicitèrent et obtinrent sa grâce. Ce furent là ses plus grands péchés. Il les pleura et en fit pénitence toute sa vie. La première fois qu'il les confessa, il tomba en défaillance aux pieds du prêtre par l'excès de son repentir.

De retour à Chatillon, il commença à exécuter la résolution qu'il avait prise de se donner entièrement à Dieu. Il multiplia ses exercices de piété, et se fit un devoir de réciter tous les jours, à genoux, tant qu'il vécut, l'office de la Sainte Vierge, les psaumes de la pénitence et plusieurs autres prières.

Un jour qu'il avait ouï dire à la marquise, sa mère, que puisque Dieu lui avait donné plusieurs fils, elle se trouverait heureuse d'en voir un religieux, Louis lui

dit : « Ma mère, je crois que Dieu vous accordent cette grâce et je pense que ce sera moi. » La marquise attendrie et édifiée, résolut secrètement de seconder son pieux dessein. Mais son père qui le destinait au monde, voulant que son éducation répondît à ses brillants projets, le tira de la maison paternelle pour le confier à des maîtres habiles. Louis était dans sa neuviène année lorsqu'il fut envoyé à Florence avec son frère Rodolphe, pour y faire ses études. Là, il fit de rapides progrès dans les sciences et surtout dans la vertu. A neuf ans, il fit à Dieu, en l'honneur de la Sainte Vierge, et au pied de son autel, le vœu de perpétuelle chasteté. Le Seigneur agréa son offrande et le récompensa par une telle abondance de grâces qu'on assure que Louis ne ressentit jamais les ardeurs de la tentation.

Il reçut du Ciel l'esprit de prière. Devant le Saint Sacrement, devant une croix ou une image de la Bonne Mère, son cœur était de suite inondé de consolations, et l'endroit où il priait était souvent mouillé de ses larmes. Prier tout le jour et souvent une partie de la nuit, tel était son plaisir. 11 aimait à faire le catéchisme aux autres enfants et aux domestiques; tous l'écoutaient avec délices quand il parlait de Dieu. — Saint Charles Borromée eut occasion de voir Louis, il fut ravi de sa conversation, et assura qu'il n'avait jamais perdu l'innocence du baptême. Il conseilla à ce saint enfant de faire au plus tôt sa première communion, et de communier ensuite souvent. II voulut le préparer lui-même à ce grand acte de la vie. Quel beau spectacle que celui de ce jeune enfant s'asseyant pour la première fois à la

sainte Table ! Quelle abondance de grâces dut verser sur une terre si bien préparée le Dieu qui aime les cœurs purs! Depuis le jour de sa première communion la ferveur de notre jeune Saint augmenta sensiblement; il l'appelait l'époque de sa conversion. Il régla alors ses prières, ses lectures, ses visites au Saint Sacrement, son travail, l'heure de son coucher, de son lever, ses pratiques de pénitence qu'il portait souvent à l'excès. Il jeûnait tous les samedis, et souvent le mercredi et le vendredi. Plusieurs jours de la semaine il se donnait la discipline. Chaque jour il assistait a la sainte messe. Sa modestie était si grande pendant l'auguste sacrifice qu'on disait communément que, pour devenir pieux, on n'avait qu'à voir entendre la messe au jeune prince de Gonzague.

A la cour de Mantoue, où son père le conduisit ensuite, Louis perfectionna son règlement : Sa première pensée à son réveil était pour Dieu; sa première parole Jésus, Marie; sa première action le signe de la croix avec de l'eau bénite. Il se levait promptement, s'habillait en silence et avec modestie, se prosternait ensuite devant la croix et l'image de la Sainte Yierge qu'il n'appelait plus que sa chère mère; faisait sa prière à laquelle il ajoutait YAngelus et les litanies du saint nom de Jésus. Il communiait tous les huit jours et à toutes les fêtes de la Sainte Vierge.

Prière, lecture spirituelle et étude, voilà la vie de saint Louis de Gonzague. Aussi à seize ans, il était un des plus habiles écoliers et le plus savant jeune homme de son temps. On l'envoya ensuite à la cour

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d'Espagne; il y édifia et s'y sanctifia comme a Florence et à Mantoue. C'est là que les plaisirs, les honneurs, les grandeurs et les richesses se présentèrent à lui avec tous leurs charmes. Louis vit le néant de toutes les choses du monde. Tout ce qui n'est pas éternel n*est rien, disait-il. Que sert tout cela pour ïèternitél s'écriait-il quand on lui parlait des biens et des honneurs qui l'attendaient dans le monde. Quid hoc ad xiernitatem. Il voulut donc renoncer à tout pour acheter le Ciel. Ce projet causa une grande joie à sa mère, mais contraria vivement son père. Ce ne fut qu'après trois ans de luttes que le marquis acquiesça à un tel désir. Vaincu par la fermeté du jeune Saint, il lui dit : «Mon fils, vous venez de faire à mon cœur une plaie qui saignera longtemps. Vous savez combien je vous aime; je fondais sur vous mes espérances et celles de notre maison; mais puisque Dieu vous appelle, comme vous le dites, je ne veux plus m'y opposer. Allez, mon fils, où il vous plaira ; je vous donne ma bénédiction. »

Louis, au comble de ses vœux, céda ses droits d'aînesse à son frère Rodolphe et alla chez les Jésuites, à Rome. Il avait alors dix-huit ans. Sa cellule lui parut un petit paradis, et en y entrant, il s'écria, transporté de joie : <c C'est ici le lieu de mon repos ; j'y habiterai puisque je l'ai choisi. » — Il y parut dès les premiers jours, comme un modèle capable d'être proposé aux plus parfaits. Il y vécut comme un Ange, observant toutes les règles avec la plus scrupuleuse exactitude. Après avoir passé deux ans dans la Compagnie, Louis prononça ses vœux le 25 novembre 1587; peu de temps après, il reçut la tonsure

cléricale et les Ordres mineurs. Sa philosophie étant alors achevée, il commença son cours de théologie. Mais une contestation, née au sein de sa famille, pour des intérêts temporels, vint le tirer de sa chère solitude. Dans le but d'y établir la paix, ses supérieurs lui firent faire le voyage de Mantoue. Louis n'eut pas plus tôt paru au milieu des contendants que leur mutuelle animosité s'apaisa, et que la paix la plus durable fut rétablie. Sa mère ayant obtenu qu'il prêchât avant son départ, il le fît avec un succès si extraordinaire que des larmes abondantes coulèrent des yeux de tous ses auditeurs, et que plus de sept cents personnes se confessèrent après le sermon.

Sa présence n'étant plus nécessaire à Mantoue, il prit congé de ses parents et se rendit à Milan, le 22 mars 1590, pour y continuer ses études théologiques. Rappelé à Rome vers la fin de la même année, il y mourut, victime de sa charité, en se dévouant corps et âme aux soins des malades durant une maladie épidémique qui exerça de grands ravages à Rome, en 1591. — Avant d'expirer, il avait constamment les yeux fixés sur l'image de Jésus crucifié. Et quand les religieux, qui se pressaient autour de sa couche de douleur, lui demandaient comment il se trouvait, il répondait avec une douceur céleste : « Nous nous en allons, nous nous en allons. — Et où allez-vous ? — En paradis. » En effet, le 21 juin de l'an 1891, le jour de l'Octave de la Fête-Dieu, il rendit son âme à son Créateur en prononçant le doux nom de Jésus. Louis n'était âgé que' de vingt-trois ans et quelques mois.

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If ('flexions pratiques.

Louis de Gonzague fut saint dans le monde, n'y attachant pas son cœur, n'y pensant qu'à servir Dieu. Faisons-nous dans notre condition ce que ce Saint faisait dans le siècle?

Il a été saint en quittant le monde par un généreux mépris. Il a fait à Dieu le sacrifice de tous ses biens en quittant son marquisat, malgré toutes les oppositions de son père. Quels sacrifices offronsnous à Dieu, nous qui n'avons pas le courage de rompre de coupables liaisons et de renoncer à de coupables jouissances?

Il a été saint en religion en s'éloignant pour toujours de l'esprit du monde. Ne faisons-nous pas le contraire en ne nous corrigeant pas de nos mauvaises habitudes, tout en fréquentant les sacrements?

Saint Louis de Gonzague est arrivé à la plus haute sainteté : 1° parce que dans le siècle il a travaillé avec la plus grande ardeur à se dépouiller de tout ce qui est du monde ; 2° parce que dans la religion il a travaillé avec la plus grande ardeur à se revêtir de tout ce qui est de Dieu.

SAINT PAULIN, Évêque

22 juin.

Saint Paulin naquit à Bordeaux en 353. Son père était préfet du prétoire dans les Gaules et premier

magistrat de l'empire d'Occident ; il comptait dans sa famille une longue suite d'illustres sénateurs. Mais le jeune Paulin éclipsa tous les titres, tous les hommes et les triomphes de ses ancêtres par l'éclat de ses vertus, qui le rendirent l'admiration de son siècle. A une illustre origine il joignait les plus heureuses dispositions, un esprit prompt et facile, une grande aptitude pour les lettres, une facilité étonnante à concevoir et à exprimer ses pensées ; une âme sensible et un cœur élevé. 11 cultiva ces dispositions dès son enfance par une application sérieuse à l'étude. Paulin eut pour maître le célèbre poète Ausone qui professait alors l'éloquence à Bordeaux, avec un talent qui lui attirait l'estime universelle. L'illustre professeur cultivait avec plaisir un élève doué de si merveilleuses dispositions. Le disciple répondit parfaitement aux soins du maître, et dépassa toutes les espérances qu'on avait conçues de lui. On le regarda bientôt comme un des premiers savants du siècle et comme le plus habile de tous les poètes.

Ce mérite naissant ne tarda pas à être connu. L'empereur Valentinien Ier l'éleva aux plus hautes dignités de l'empire : il le fit consul de Rome à l'âge de vingtcinq ans, et ensuite préfet de la ville. C'est alors qu'il prit pour épouse une jeune Espagnole, nommée Thérasie, qui lui apporta de grands biens, et quelque chose de plus précieux encore, un mérite distingué et de solides vertus. Pendant quinze ans, il déploya dans l'administration des affaires publiques de rares talents et une merveilleuse capacité. Sa prudence, sa générosité, son affabilité, son obligeance envers tout te

monde lui attirèrent une estime universelle. Paulin, arrivé au faîte des honneurs, ayant à peu près tous les biens que le monde peut donner, n'y trouvait cependant pas tout le bonheur qu'il avait espéré. De cette hauteur où la fortune l'avait placé, jetant ses regards autour de lui, il ne vit que vide et néant, et s'écria avec tant d'autres , détrompés comme lui : Vanité des vanités. Ce qui rafFrmit ses sentiments sur l'instabilité des choses humaines, ce fut la mort de son frère, tombé sous le poignard d'un assassin, et le décès du fils unique qu e Dieu lui avait donné.

Ces divers malheurs jetèrent dans son âme des germes de conversion qui furent développés par divers entretiens qu'il eut avec plusieurs savants et saints évoques de ce temps. Dans les différents voyages qu'il fut obligé d'entreprendre pour les affaires de l'empire il eut occasion de voir saint Ambroise à Milan, saint Augustin à Hippone, saint Victrice à Rouen, et saint Delphin à Bordeaux. Ces grands saints lui parlèrent souvent du royaume de Dieu et l'exhortèrent à se faire baptiser et à embrasser la pratique de tous les devoirs attachés au baptême. Il fut touché de leurs discours et se fit baptiser par saint Delphin. La grâce du baptême ne fut point stérile en lui. Sa femme qui était pieuse, ne contribua pas peu à le confirmer dans la résolution qu'il avait prise de vivre en véritable chrétien. Ils se retirèrent dans une terre qu'ils avaient en Espagne, pour y chercher un peu de retraite, de silence et de repos. Us y restèrent quatre ans, ne s'occupant que de bonnes œuvres, d'aumônes et de prières. La mort du seul fils que Dieu leur avait donné et qui leur fut ravi

huit jours après sa naissance, acheva de rompre les derniers liens qui les retenaient encore au monde.

Paulin prit la résolution de tout abandonner, biens, honneurs, pays, pour aller s'ensevelir dans un monastère. Thérasie, qui, de son côté, choisissait le même lot, le fortifia dans ces bonnes résolutions. Il vendit tous ses biens et ceux de sa femme pour en distribuer le prix aux pauvres, et tous deux se retirèrent à Barcelone, où ils vécurent dans la plus austère pénitence. Le peuple et le clergé de cette ville, touchés des grands exemples de vertus que donnait Paulin, le firent ordonner prêtre en 393. Mais se trouvant trop connu en Espagne, il passa en Italie, et se fixa à Noie, où il fit de sa maison une communauté de moines. Il y avait quinze ans que Paulin vivait dans la solitude, lorsque tous les suffrages l'appelèrent à succéder à Paul, évêque défunt de cette ville. Il se conduisit dans son épiscopat parles conseils de saint Augustin et de saint Jérôme. Quoiqu'il fût fort assidu à distribuer le pain de la parole de Dieu à son peuple, il lui apprit les vérités du salut plus encore par ses exemples que par ses prédications.

Ayant été fait prisonnier par les Goths qui ravagèrent l'Italie la première année de son épiscopat, les barbares, après avoir reconnu ses mérites, ne tardèrent pas de lui rendre la liberté. Une fois l'orage dissipé, le bon pasteur consola son peuple et s'efforça de réparer le mal causé par ces cruels ennemis.

Le saint ÉvêqUte gouvernait son troupeau avec une charité et un zèle qui le rendaient heureux lorsqu'un nouvel orage vint fondre sur l'Italie. Les Vandales

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d'Afrique, à l'exemple des Goths, firent une incursion en Italie et ravagèrent la ville de Noie. Parmi les captifs qu'ils avaient emmenés se trouvait le fils d'une pauvre veuve. Cette mère désolée demanda au bon pasteur de l'argent pour son fils, unique soutien de sa vieillesse. Mais que pouvait faire le saint pontife? Il avait donné tout ce qu'il possédait ; il s'offrit lui-môme en échange. Il se vendit, en effet, et resta quelque temps en Afrique, occupé à cultiver le jardin du roi. Là son mérite fut bientôt apprécié, et comme on reconnut qui il était, non seulement on lui accorda la liberté, mais pour récompenser son admirable charité on lui permit d'emmener avec lui tous les esclaves de son diocèse. Saint Paulin rentra à Noie comme un triomphateur au milieu de l'allégresse générale. Il mourut à l'âge de soixante et quatorze ans. Ses écrits l'ont fait surnommer : Les délices de l'ancienne piété chrétienne.

Réflexions pratiques.

C'est véritablement aimer son prochain que de se rendre esclave pour lui procurer la liberté, comme fit saint Paulin. Imitez cette vertu héroïque en aimant du moins votre prochain comme vous-même. Servez-le, obligez-le, pensez à lui dans vos prières, parlez bien de lui ; faites-lui ressentir les effets de votre charité, comme vous voudriez qu'on vous fît si vous étiez à sa place. Vous voulez qu'on n'ait point d'yeux pour voir vos fautes, point de langue pour en parler : vous comportez-vous ainsi à l'égard des autres?... Peut-on dire de vous ce qu'au rapport de Tertullien, on disait des premiers chrétiens : «Voyez

comme ils s'aiment et comme ils sontprôls à mourir l'un pour l'autre. » — Mon Dieu ! que ma charité est défecteuse. Aidez-moi à la rendre plus parfaite.

Plan de méditation.

I. Renoncement admirable de saint Paulin : 1° aux douceurs de la vie de famille ; 2° aux grandes dignités ; 3° à ses immenses richesses.

II. Saint Paulin trouva les honneurs en les fuyant, et est obligé d'accepter la dignité d'Évêque.

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