III. Apostasies de notre époque
SAINTE POTAMIENNE, Vierge et Martyre
27 juin.
Sainte Potamienne, née à Alexandrie, capitale de l'Egypte, était une jeune esclave de condition. Sa mère nommée Marcelle, après l'avoir élevée dans la religion chrétienne, la mitsousjlaconduite d'Origène, afin que cet illustre maître achevât le grand édifice qu'elle avait commencé. La jeunesse et la rare beauté de Potamienne allumèrent dans le cœur du maître qu'elle servait une passion violente. Celui-ci employa tous les moyens possibles pour l'amener à consentir à ses désirs infâmes : prières, promesses, menaces ; mais la Sainte sut résister avec toute la fermeté que la piété la plus solide et la plus courageuse est capable d'inspirer. Résolu de se venger, cet homme vil et cruel, dénonça comme chrétienne l'innocente Potamienne, au préfet d'Alexandrie, nommé Aquila, et la lui livra, le priant toutefois de ne la point condamner, avant d'avoir tenté encore de la gagner, et lui promettant une grande somme d'argent, s'il pouvait la faire condescendre à ses désirs infâmes. Mais les efforts réitérés du préfet n'eurent aucun succès. Po-
tamienne resta inébranlable. Aquila, pour l'effrayer, lui fit voir tous les instruments des divers supplices qu'on avait coutume de faire endurer aux chrétiens, et lui déclara qu'elle serait traitée avec toutes les rigeurs possibles, si elle n'obéissait pas à son maître. La vierge chrétienne ne se laissa point intimider par ce terrible spectacle : elle déclara qu'elle ne violerait jamais la promesse qu'elle avait faite à Dieu, et qu'elle était prête à souffrir les plus affreux tourments plutôt que de se rendre aux criminelles sollicitations d'un infâme corrupteur. Le préfet la fît tourmenter par les supplices ordinaires qui furent impuissants à ébranler sa fermeté. Étonné de sa constance, il résolut d'employer pour elle un supplice qu'on mettait rarement en usage. Il fit préparer une chaudière pleine de poix bouillante et la menaça de l'y jeter, si elle refusait plus longtemps de se rendre aux sollicitations de son maître. Cette fille généreuse préféra ce supplice au crime qu'on lui proposait. Le préfet ordonna aussitôt aux soldats de la dépouiller, pour la jeter ensuite dans cette poix bouillante. Potamienne, toujours attentive aux lois de la modestie et de la pudeur dit alors au préfet : « Si vous avez résolu de me faire souffrir ce supplice, je vous conjure par la vie de l'empereur que vous respectez, de ne point permettre qu'on me dépouille de mes vêtements ; ordonnez plutôt qu'on me descende peu à peu dans la chaudière avec mes habits, et vous verrez quelle est la patience que donne, à ceux qui espèrent en lui, le Dieu des chrétiens, que vous n'avez pas le bonheur de connaître. » Le préfet consentit a sa demande, et chargea un de ses gardes de présider à son
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supplice. Ce garde se nommait Basilide ; il traita Poaienne avec de grands égards, et en la conduisant au supplice, il la préserva des insolences de la populace qui insultait à sa pudeur par des paroles obeenes. Il reçut bientôt la récompense de son humanité, Potamienno lui promit qu'aussitôt qu'elle serait délivrée des misères de cette vie, elle demanderait au Seigneur, pour lui, la grâce du salut, et qu'il ne tarderait pas a ressentir l'effet de sa promesse. Ensuite elle fut plongée peu à peu jusqu'au haut de la tête dans la poix bouillante. On procéda avec tant de lenteur qu'elle souffrit trois heures entières avant d'expirer. Marcelle, sa mère, fut brûlée dans le même temps.
Trois jours après sa mort, Potamienne apparut à Basilide, et, lui mettant une couronne sur la tête, lui dit qu'elle s'était souvenue de lui, qu'elle avait prié le Seigneur pour son salut, et que dans peu il serait reçu dans la gloire. Basilide frappé de cette vision, conçut un ardent désir de souffrir le martyre pour le nom de Jésus-Christ. Il déclara à ses compagnons qu'il voulait vivre et mourir en chrétien... Ceux-ci le dénoncèrent au préfet. Il fut mis en prison où les chrétiens le visitèrent. Ils apprirent de lui la vision qu'il avait eue. Il fut instruit dans la foi et reçut le baptême. Il confessa de nouveau sa foi en Jésus-Christ devant le tribunal du préfet et fut condamné à être décapité.
Réflexions pratiques.
Qu'il est beau de voir une jeune fille pauvre, abandonnée à elle-même, condamnée à servir un maître
voluptueux, rester néanmoins pure comme un ange au milieu des plus instantes sollicitations. EJle trouva dans sa foi et dans sa piété, la force de conserver intacte la plus belle et la plus aimable des vertus. Elle sait que rien d'impur n'entrera jamais dans le royaume des Cieux; elle connaît cette parole de Jésus Christ: « Bienheureux les cœurs purs parce qu'ils verront Dieu. Pour parvenir au bonheur suprême elle brave les supplices et les tourments des bourreaux qui secondent les desseins infâmes de son inique maître.
Que de filles de nos jours eussent fait un triste naufrage dans de pareilles circonstances ! Apprenons par le noble exemple de sainte Potamienne à mépriser les dangereux plaisirs ;des sens et à conserver coûte que coûte, la plus précieuse des vertus. Pour cela, fuyons les sociétés mondaines, recourons à la prière et veillons sur nos sens intérieurs et extérieurs. Fermons l'oreille aux discours licencieux ; interdisons à notre esprit toute pensée et à notre cœur tout désir capables de porter atteinte à l'aimable vertu. Alors, Dieu, témoin de notre bonne volonté, nous assistera de sa grâce et nous conservera purs.