‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 43 sur 59 · III. Estime qu'en a fait sainte Potamienne · texte numérisé non relu

III. Estime qu'en a fait sainte Potamienne

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SAINT IRÉNÉE, ÉYÊQUH dk Lyon, Maityi 28 juin.

Saint Irénée, le grand défenseur de la foi orth doxe des premiers temps du christianisme, la terreur des hérétiques de son siècle, le chef et le premier ornement de la célèbre Eglise de Lyon, naquit dans l'Asie Mineure vers l'an 120. Il fut disciple de saint Papias et de saint Polycarpe, qui avaient été instruits par saint Jean l'Evangéliste. Quelque jeune qu'il fût lorsqu'on le mit auprès de saint Polycarpe, évoque de Smyrne, il remarquait avec soin tout re qu'il voyait dans ce saint vieillard, afin d'en faire son profit spirituel. Il vint dans les Gaules, vers l'an 157, et s'arrêta à Lyon, où saint Pothin, premier évoque de cette ville, l'ordonna prêtre.

L'Église de Lyon devenant de jour en jour plus florissante, le nombre et la ferveur des chrétiens éveilla l'attention en môme temps que la rage des idolâtres. Il s'éleva une violente persécution, et saint Pothin en fut une des principales victimes. Saint Irénée, à son retour du voyage qu'il fit à Rome, trouvant l'Eglise de Lyon veuve et tout en feu, déploya un zèle extraordinaire à consoler et à assister ses frères désolés. L'arrivée du bienheureux Irénée rassura tous les chrétiens et leur inspira un nouveau courage. On avait besoin d'un pasteur. Le clergé et les fidèles de Lyon ne délibérèrent point sur le choix du successeur qu'ils devaient donner a saint Pothin. Us mirent, d'une voix unanime, Irénée à sa pli Ce nouveau pilote fut obligé de prendre la conduite

du vaisseau, dans le plus fort de la tempête. Par ses prédications, il convertit à la foi tout le pays, et répara tous les désastres de la persécution.

A la mort de l'empereur Marc-Aurèle, Commode, son fils et son successeur, peu soucieux de l'honneur de ses dieux et de la religion de l'État, oublia les chrétiens et les laissa en paix. Saint Irénée profita de cette conjoncture favorable pour faire de nouvelles conquêtes, non seulement dans la ville de Lyon, mais dans toutes les provinces voisines. Sa réputation lui attira un grand nombre de disciples de toutes parts. Dès lors il s'appliqua à former à l'école de Jésus- Christ d'excellents sujets qui pussent devenir les ministres de l'Évangile et les ministres des peuples. Il en envoya en divers lieux planter la foi et annoncer le royaume des Cieux.

Le saint évêque ne se contenta pas de soutenir les fidèles par ses exemples et de les instruire par ses discours, il les préserva encore des hérétiques par de savants écrits. Mais la paix dont jouissait l'Église ne dura pas longtemps. En 202, l'empereur Septime- Sévère, l'un des plus cruels persécuteurs de l'Église, poussé par les clameurs de l'idolâtrie, publia un édit sanglant contre les chrétiens. Par ses ordres les portes de la ville de Lyon furent fermées, et une légion de soldats, le glaive à la main, entra dans toutes les maisons, égorgeant, massacrant quiconque persistait à se déclarer chrétien. Le massacre fut immense. On compta jusqu'à dix-neuf mille martyrs. Le sang coulait en ruisseaux dans les rues, rougissant les eaux du Ithône et de la Saône. Le saint évêque Irénée savait depuis quelques jours ce qui

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devait arriver. Un ange de Dieu lui était apparu la nuit pendant qu'il priait, il lui avait dit : « Voici venir le temps de la récompense. C'est par le martyre que tu entreras dans le royaume des (lieux. Relève le courage des frères, car le meurtrier api cbe, et l'heure des grands combats va sonner. Disleur de ne pas craindre les menaces de l'antique ennemi. 11 tue le corps, mais il ne saurait tuer l'âme. » Après avoir béni le Seigneur, le grand évoque réunit les fidèles et les prépara au martyre. Ces chrétiens admirables passèrent les jours et les nuits dans la prière, dans les jeûnes et dans le recueillement, attendant l'heure sacrée annoncée par le Sauveur. Quand le massacre fut à peu près achevé, on amena saint Irénée devant l'empereur. A sa vue, celui-ci entra dans un accès de rage diabolique. Il épuisa contre lui toutes les inventions de la cruauté. L'athlète de Jésus-Christ endura tout avec une constance invincible, et, le 28 juin, consomma par le martyre le témoignage que son éloquence et sa sainte vie avaient donné à son Sauveur.

Dieu voulut que le corps du pontife martyr fut conservé par les soins d'un saint prêtre, nommé Zacharie, échappé au carnage. Il fut enterré près d'un puits, sur la colline, dans une grotte, où est bâtie l'église qui porte encore aujourd'hui son nom. Ces reliques furent dispersées en 13G2 par les huguenots. Son crâne fut retrouvé par un catholique, qui le recueillit et le déposa dans l'église.

ikxions pratiques.

Saint Irénée avait quitté, par amour pour les âm

le doux climat de l'Asie, sa famille, sa patrie. Il était venu au milieu de nos malheureux ancêtres, plongés dans les épaisses ténèbres du paganisme le plus grossier. 11 trouva partout des temples superbes érigés en l'honneur des idoles et de nombreux aveugles prosternés aux pieds d'ignobles créatures. Mais les travaux, les sueurs, les prières, les larmes, les écrits du saint évêque eurent bientôt transformé les temples en églises, les païens en chrétiens, les chrétiens en saints et en martyrs. Il avait appris aux uns à vivre, aux autres à mourir; il les a engendrés tous, non pour la terre, mais pour le ciel, non pour le temps, mais pour la bienheureuse éternité. Il a semé avec zèle la parole divine, la foi, la charité et toutes les vertus dans le cœur de nos ancêtres. Nous avons hérité des bienfaits qu'il a versés à pleines mains autour de lui. Mais sommes-nous dignes de nos pères dans la foi ? Leur ressemblons-nous par notre conduite et nos mœurs? Hélas ! quelle différence entre eux et nous ! Où est cette foi ardente, ce détachement de la terre, ce goût de la prière» cette joie dans la souffrance, cette ferme attente des biens futurs, cet amour ferme et constant pour Jésus-Christ qui distinguaient nos ancêtres ? Ah ! loin de mourir pour Dieu, nous ne voulons pas même vivre pour lui ! — Seigneur, c'est vous qui avez déposé dans le cœur de nos ancêtres, par le ministère de saint Irénée, le germe des nobles vertus qu'ils ont pratiquées. Faites qu'animés du même esprit, nous montrions le môme zèle dans votre service.

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Plan de méditation.

I. Saint Irénée, disciple fidèle de saint Polycarpe, de saint Pothin et de saint Papias.

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