‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 5 sur 59 · I. Docilité admirable de saint Aphraate à la grâce · texte numérisé non relu

I. Docilité admirable de saint Aphraate à la grâce

II. Sa fermeté inébranlable et son courage à défendre l'Église contre l'hérésie.

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SAINT GUILLAUME, Abbé 8 avril

Saint Guillaume naquit à Paris d'une famille illustre, vers 1105, Ses premières années s'écoulèrent calmes et heureuses, à l'ombre du sanctuaire, dans le monastère de Saint-Germain des Prés, sous la conduite de Hugues, son oncle, qui en était abbé. Là, on ne trouve dans sa vie que le délicieux parfum de l'innocence, de la piété et de toutes les vertus monastiques. Tous ses moments sont scrupuleusement consacrés à la piété et à l'étude. Aussi fait-il la joie et le bonheur de la communauté.

L'abbé, charmé des heureuses dispositions de son neveu, lui conseilla d'embrasser l'état ecclésiastique. Il le fit et s'y distingua par la régularité de ses mœurs. Élevé au sous-diaconat, il fut pourvu d'un canonicat dans l'église collégiale de Sainte-Genevièvedu-Mont, où la réforme n'avait pas encore été introduite. La vie exemplaire du nouveau chanoine, sa régularité, sa ferveur et sa piété, condamnant trop hautement la tiédeur de plusieurs de ses confrères, leur déplurent et lui attirèrent la persécution. La cure d'Épinay, dépendante du chapitre de Sainte- Geneviève, à cinq lieues de Paris, étant venue à vaquer, les chanoines pour l'éloigner n'hésitèrent pas à en pourvoir notre Saint. Le serviteur de Dieu obéit et porta ailleurs la même édification. La réforme ayant été mise dans la collégiale par le pape Eugène III, venu à Paris, l'an 1147, Guillaume devint sous-prieur, et l'on vit bientôt ce que peut dans

une communauté la vertu et le bon exemple d'un supérieur. Sa modestie, sa douceur et sa régularité rendaient aimable sa manière de commander. Sa réputation s'étendit non seulement en France, mais jusque dans la Danemark. Absalon, évoque de Roschild, ayant dessein de rétablir la pureté de l'ancienne discipline dans un monastère de chanoines réguliers de son diocèse, dans l'île d'Eschild, ne crut pouvoir y mieux réussir, qu'en lui donnant pour abbé le sous-prieur des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève. Ce pieux prélat envoya donc à Paris le prévôt de son église pour prier Guillaume de venir seconder ses efforts. Le Saint, voyant qu'il ne s'agissait que de procurer la plus grande gloire de Dieu, consentit sans peine à quitter sa patrie et sa chère solitude pour aller dans un pays étranger, et pauvre, dans un climat rigoureux et froid.

Absalon, un vrai homme de Dieu, remit à Guillaume la conduite des chanoines réguliers du monastère d'Eschild. Le Saint y vécut comme partout ailleurs dans la prière et les mortifications les plus austères. Il gouverna avec une admirable sagesse le monastère pendant trente années, donnant au monde et à ses frères l'exemple des plus hautes vertus. Il eut beaucoup à souffrir de la part de plusieurs religieux qui ne pouvaient s'accommoder de la réforme. Le seul exemple du saint abbé les désespérait. Ce ne fut pas cependant là ce que Guillaume eut de plus fâcheux à souffrir. L'enfer, irrité d'une réforme qui devait rallumer la ferveur dans tout le Danemark, se souleva contre le saint abbé. Il se vit assailli des plus violentes et des plus

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opiniâtres tentations; mais avec la patience et un redoublement de ferveur dans ses prières et dans ses mortifications, il triompha de toutes ces épreuves. Après avoir recouvré le calme de l'âme, il eut la consolation de ramener à la ferveur tous ses religieux et de convertir tous les païens qui restaient encore sur les côtes de la mer Baltique.

11 disait la messe avec une piété angélique. Souvent ses larmes arrosaient l'autel et portaient la componction dans l'âme de tous ceux qui le voyaient. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans et Dieu manifesta la gloire de son serviteur par la puissance des miracles.

Réflexions pratiques.

Saint Guillaume, ce généreux contempteur des vanités de la terre, a passé ses premières années à l'ombre du sanctuaire dans la pratique de toutes les vertus. Là, il a constamment édifié tous ceux qui ont pu le voir de près. Il n'a jamais cherché qu'à plaire à Dieu et à opérer le salut de son âme. Si parfois il a demandé quelque chose au monde, ce n'a été que le silence et l'oubli. Appelé pour rétablir la discipline monastique de divers couvents de chanoines réguliers, Guillaume eut beaucoup à souffrir de leur résistance. Il ne se plaignit jamais. Il supporta leurs persécutions avec une patience et une résignation admirables. Sa maxime était celle-ci : « Tout passe sur la terre, il ne reste qu'une seule chose au dernier jour de la vie : les œuvres faites pour Dieu. » C'est en vue de les multiplier qu'il passait de h. 3

longues heures au pied des autels dans le saint exercice de la prière et de la méditation. Puissions-nous, à l'exemple de saint Guillaume, détacher notre cœur d'un monde trompeur et perfide, pour le fixer à Dieu et le former à toutes les choses du Ciel. Nous nous préparerions ainsi, par les sacrifices d'une vie vertueuse et pleine de mérites, les joies d'une heureuse mort.

I. Vertus privées de saint Guillaume : 1° son application à l'étude ; 2° régularité de ses mœurs dès son bas âge ; 3° sa modestie ; 4° son humilité ; 5° sa piété.

II. Vertus publiques : 1° son courage de réformateur ; 2° sa persévérance dans les épreuves; 3° son triomphe.

VIE DU BIENHEUREUX HERMAN, dit JOSEPH

9 avril.

Le bienheureux Herman naquit à Cologne, en Prusse, sur la fin du douzième siècle. Ses parents, fort honnêtes et très aisés, se virent tout à coup réduits à l'indigence par des revers de fortune. Cette triste situation fut cause qullerman ne reçut pas une éducation brillante. Mais le Ciel y suppléa en le prévenant de ses bénédictions. Simple, doux et modeste, il n'avait d'attrait que pour la vertu; et le premier

usage qu'il fit de sa raison fut de se consacrer à Dieu. Sa dévotion envers la Sainte Vierge était née avec lui. Il n'avait encore que sept ans que, se dérobant aux amusements de ceux de son âge, il se retirait secrètement dans une église dédiée à cette reine du ciel; là il passait en prières tout le temps que ses compagnons employaient à se divertir. Prosterné devant une image de Marie, on l'entendait s'adresser familièrement tantôt à la Mère, tantôt au Fils, avec un sainte simplicité que Dieu seul peut inspirer à une âme innocente. Cette pieuse ingénuité le portait à présenter à la Sainte Vierge et à son divin Enfant des fleurs ou des fruits qu'on lui donnait, les pressant avec une aflectueuse importunité d'accepter le petit présent qu'il venait leur offrir. Cette innocente simplicité leur plut, et maintes fois ils acceptèrent avec un gracieux sourire les dons de ce généreux enfant. La Sainte Vierge, en agréant les libéralités du jeune Herman, voulutluien accorder de plus grandes. Elle lui apparut très souvent pour l'instruire, et le conseiller et très souvent elle devint sa ressource dans les besoins. Herman n'avait encore que douze ans quand il fut reçu dans le monastère de Steinfeld, de l'Ordre des Prémontrés. En attendant qu'il eût l'âge de prendre l'habit, on l'envoya en Frise faire ses études dans une maison de l'ordre. Il y fit des progrès étonnants et dans les sciences et dans la vertu. Sa piété grandissait avec l'âge. A son retour à Steinfeld, il fut chargé du soin du réfectoire. Comme cet emploi lui laissait peu de loisir pour vaquer à ses dévolions ordinaires, il en sentit quelque chagrin dont la Sainte Vierge le reprit. « Souvenez-vous,

mon fils, lui dit cette bonne Mère, que le premier de vos devoirs, c'est d'obéir. Toutes les dévotions de choix sont souvent des fruits de l'amour-propre. Vous ne serez jamais plus agréable à mon Fils et à moi, que quand vous ne suivrez que les impressions de l'obéissance. Quel honneur et quel avantage pour vous de servir vos frères ! la charité renferme toutes les vertus. » Jamais leçon ne produisit de meilleurs fruits. Herman ne trouva plus de goût que dans l'obéissance, et quoiqu'il fût, dans les exercices de piété, comblé de douceurs célestes, il fut toujours surbordonné à ses devoirs.

Sa reconnaissance pour sa Souveraine bienfaitrice fut si grande qu'il ne passa plus un seul jour sans l'honorer avec le plus grand respect, et sans l'aimer avec la plus vive tendresse. La vue seule de son image le faisait entrer en extase et lui procurait un bonheur ineffable.

Sa vie innocente, son amour pour la Sainte Vierge et sa pureté angélique engagèrent ses confrères à ne l'appeler plus que Joseph. Il ne voulait pas tout d'abord qu'on lui donna ce nom, parce que, disait-il, Jenai aucune des vertus du saint qui le porte; mais la Sainte Vierge lui ayant fait connaître dans une vision que ce nom lui convenait, il le garda jusqu'à sa mort.

Notre Saint, déjà si pieux, avançait chaque jour à grands pas vers la perfection, aussi ne tarda-t-il pas de devenir un modèle accompli de toutes les vertus. Les moyens qu'il employa pour les acquérir furent la prière, la mortification et une dévotion extraordinaire pour la divine Eucharistie.

S.i vie fut un prodige do pénitence. 11 ne vécut jamais que de pain et d'eau; ses veilles étaient continuelles, et lorsqu'il était obligé de prendre du repos, il ne le faisait que sur des planches, avec une pierre pour oreiller. Il disait que le temps de cette vie ne doit être qu'un temps d'épreuves ; et il aurait été inconsolable, s'il était resté un moment sans souffrir.

Malgré ses excessives austérités et ses pénitences continuelles, il était inondé d'ineffables consolations. Dieu, sans doute, pour les tempérer et surtout pour épuiser sa vertu et faire croître son mérite, permit qu'il fût humilié par de longues et violentes tentations, et accablé de diverses infirmités corporelles, q ui réduisirent son corps à un état digne de compassion. Ses peines intérieures et ses douleurs augmentaient d'ordinaire les veilles des grandes fêtes. Une veille de Noël, il fut réduit dans un état si pitoyable qu'on crut qu'il allait expirer. Ses douleurs et ses peines étaient étonnantes, lorsque tout à coup, vers minuit, se trouvant miraculeusement guéri, il alla assister à l'office et à la messe.

Dès qu'il se vit élevé à la haute dignité du sacerdoce, la majesté de son sacrifice l'occupa uniquement : la ferveur qui paraissait sur son visage, pendant qu'il disait la messe, trahissait le feu dont son cœur était embrasé. On ne le voyait jamais à l'autel sans qu'on fût profondément édifié, et les larmes abondantes qu'il y répandait faisaient connaître les douceurs intérieures dont sont âme était inondée.

Appelé pour exercer les fonctions de son minis-

tère sacré chez les religieuses de l'ordre de Citeaux le saint homme, en entrant dans le monastère, traça avec son bâton une fosse pour sa sépulture. En effet, quelques jours après cette âme innocente rendit le dernier soupir et s'en alla recevoir la récompense due à sa fidélité et à ses vertus, en 1233.

Réflexions pratiques.

Une dévotion précoce envers la Sainte Vierge dans un enfant est toujours un présage certain d'une sainteté éminente; cette grâce de prédilection est comme un gage des plus grandes faveurs de la Mère de Dieu envers ses favoris. Elle est comme la racine de toutes les vertus! Voilà pourquoi un vrai dévot de la Sainte Vierge mène ordinairement une vie innocente et pure; il dompte ses ennemis et ses passions et s'élève à la pratique des vertus chrétiennes qui mènent sûrement au ciel. L'exemple du bienheureux Herman n'en est-il pas une preuve frappante? Heureuse les âmes qui ont été de bonne heure initiées à cette tendre dévotion ! Sommes-nous dévoués à Marie? Mettons-nous en elle notre confiance? Avonsnous souvent recours à cette bonne mère dans nos besoins? Solennisons-nous ses fôtes? Appartenonsnous à quelqu'une de ses confréries ? Nous efforçonsnous de pratiquer les vertus dont elle nous donne de si précieux exemples?

Plan de méditation ou d'instruction.

I. Lebienhearem Herman honore Marie: 1° comme une tendre mère; 2° comme une puissante médiatrice.

II. Il l'invoque : 1° sans présomption ; 2° avec amour; 3° il l'imite dans toutes ses vertus.

Autre plan.

I. Le bienheureux Herman pratique les vertus du premier âge : 1° la docilité; 2° la simplicité; 3° l'obéissance.

II. Il pratique les vertus de son ordre : 1° l'humilité; 2° la mortification; 3° la chasteté.

III. Il se signale par une dévotion particulière à la Sainte Vierge.

SAINT MACAIRE, Archevêque d'Antioche

10 avril.

Saint Macaire, Arménien de naissance et issu d'une des plus nobles familles de l'Orient, vint au monde vers la fin du dixième siècle. Son père et sa mère, chrétiens fervents, demandèrent et obtinrent que l'Archevêque d'Antioche, leur proche parent, fût parrain de leur enfant. Ce prélat lui donna son nom. Après l'avoir laissé, les premières années, sous la conduite de ses parents, il voulut l'élever lui-même dans les belles-lettres et surtout dans la piété. L'élève avait un esprit excellent, un naturel heureux. Il fit des progrès si rapides dans les études et dans la science du salut, que le vieux patriarche ne douta point que Dieu ne l'eût choisi pour en faire un prêtre.

11 l'éleva donc aux ordres sacrés. Le jeune Macaire confirmait chaque jour, par sa conduite, l'idée avantageuse que l'archevêque avait de sa vertu. Sa modestie, son application à l'étude et la régularité de ses mœurs attirèrent sur lui l'admiration universelle et en firent le modèle des prêtres.

Le patriarche accablé d'années et d'infirmités, se voyant au terme de sa carrière, assembla le clergé et le peuple, et leur dit : « Mes enfants, la mort est près de moi, je dois bientôt rendre compte à Dieu de mon administration. Avant de vous quitter, je veux vous donner mes derniers avis et me recommander à vos prières. Vous avez besoin d'un pasteur qui me remplace et surtout qui répare les fautes que j'ai faites. Si je ne me fais point d'illusion, je crois que le Ciel vous a destiné pour pasteur le jeune Macaire, mon parent : sa vertu, son mérite semblent demander vos suffrages, et je mourrai content si vous les lui donnez. » Le saint vieillard n'avait pas achevé ces paroles que toute l'assemblée, l'interrompant, s'écria: « Macaire sera votre successeur, nous ne voulons point d'autre pasteur que lui. »

Le clergé et le peuple n'eurent qu'à se féliciter de ce choix. Le nouveau patriarche, quoique jeune, déploya un zèle aussi sage qu'ardent. 11 prêchait tous les jours à son peuple, visitait lui-même les malades et distribuait l'aumône aux pauvres. Peu de pécheurs istaient à sa douceur et à ses pressantes sollicitations. Quand il priait Dieu en particulier, il était constamment obligé d'essuyer les larmes qui coulaient de ses yeux. Un lépreux, ayant un jour touché le mouchoir dont il se servait pour cela, fut à Tins-

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tant môme guéri. Ce miracle suivi d'un grand nombre d'autres, donna un si grand éclat à'sa réputation, qu'on ne parlait plus que de ses vertus et de ses prodiges. Ce concert de louanges joint aux honneurs qu'on lui rendait alarmèrent son humilité. Craignant que la vaine gloire ne lui fît perdre ce que l'humilité lui avait acquis, il résolut de se démettre de ses fonctions épiscopales et de chercher son salut dans l'obscurité de la vie privée. Quand sa résolution fut bien arrêtée, il distribua aux pauvres et aux églises indigentes le peu de bien qui lui restait, sortit secrètement de la ville et prit le chemin de la Palestine pour aller visiter les Saints-Lieux. 11 fît ce voyage en vrai pénitent, et, arrivé à Jérusalem, il arrosa de ses larmes cette terre baignée du sang de Jésus-Christ. Pendant son séjour dans la Terre-Sainte il ne laissait passer aucune occasion de conférer avec les Juifs et les Sarrasins, qu'il s'efforçait de convertir. Son zèle ne fut pas infructueux; plusieurs abjurèrent leurs erreurs et demandèrent le baptême. Ces heureuses conquêtes déchaînèrent contre lui la fureur des infidèles. Les barbares se saisirent de lui et le traînèrent en prison, après lui avoir fait toutes sortes d'outrages. En dérision de la croix qu'il leur prêchait ils retendirent sur la terre en forme de croix, lui attachèrent les pieds et les mains avec des cordes et des clous, lui chargèrent l'estomac d'une grosse pierre qu'ils avaient fait rougir au feu, pensant, par ce moyen, lui faire perdre la vie... Mais Dieu prit soin de son serviteur qui ne fut nullement incommodé de tous ces mauvais traitements. Peu après il sortit miraculeusement de sa prison . se présenta derechef

aux Sarrasins sur la place publique et leur adressa la parole. Ce prodige convertit un grand nombre de barbares.

Cependant ses parents et tout son peuple, désolés qu'il eût quitté son siège épiscopal, cherchèrent à le contraindre de revenir parmi eux. Mais leurs efforts furent inutiles. Il partit pour la Bavière. Partout sur son passage il laissa des marques visibles de sa sainteté, et des traces éclatantes de ses miracles. A Cologne, il guérit son hôte de l'épilepsie; à Malines , il éteignit un incendie avec un signe de croix. A Tournay, il calma une sédition que le comte de Flandre fut impuissant à comprimer. A Cambrai, le portier l'ayant scandaleusement rejeté hors de l'église de Notre-Dame où il était entré pour faire ses prières, Dieu permit que les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes, au grand étonnement de tout le peuple. Enfin, l'an 1011, il se rendit à Gand où une peste affreuse enlevait plus de six cents personnes par jour. Notre Saint se dévoua au service des malades avec un zèle extraordinaire et mourut glorieusement dans ce saint emploi, victime de la charité. Il avait toujours un mouchoir en main pour essuyer les larmes qu'il versait pour les péchés de son peuple.

Réflexions pratiques.

L'homme commence sa carrière par les pleurs, il continue de verser des lai aies pendant sa vie; et son dernier souille est un soupir. Il est donc vrai que ce monde est une vallée de larmes où il y a toutes

sortes de misères. .Mais quelle doit être la principale cause de notre douleur? La perte d'un parent, d'un ami, d'un procès? Nous devons pleurer comme pleura le Christ, comme saint Macaire et tous les saints. Nous devons regretter nos péchés et verser des larmes sur les désordres qui souillent la terre. Voilà la cause la plus juste et la plus légitime de nos soupirs. Le péché est la source de tous nos maux. Le péché nous a ravi notre innocence, nos mérites, notre ciel!

Mon Dieu! que ma folie est grande lorsque je me laisse attendrir par des maux imaginaires et que je suis insensible à des maux réels. Changez en moi ces dispositions malheureuses et donnez à mes yeux une fontaine de larmes pour pleurer mes péchés. .

Plan de méditation.

Saint Macaire a été : 1° l'homme de Dieu par son zèle; 2° l'homme du peuple par sa charité.

SAINT LÉON LE GRAND, Pape 11 avril.

Saint Léon, surnommé le Grand, naquit à Rome, d'une des premières familles de Toscane, vers la fin du quatrième siècle. Jeune encore il se distingua par ses progrès dans toutes les branches de la littérature et surtout dans l'éloquence; mais il ne regardait les sciences profanes que comme une introduction à l'étude de la théologie et des Livres saints.

Étant entré dans l'état ecclésiastique, il devint archidiacre sous le pape Célestin Ier. 11 fut donc mêlé aux difficultés inséparables d'une aussi haute position. Sous Sixte III, il contribua puissamment à démasquer les intrigues de Julien d'Éclane, le plus fourbe et le plus célèbre des disciples de Pelage. Quelque temps après, il fut envoyé dans les Gaules vers les généraux Albin et Actius, dernière ligue que FEmpire opposait aux ravages des barbares en Gaule et en Italie. Ces deux guerriers, au lieu de s'entendre et d'agir de concert, s'étaient brouillés et divisés. On comprit tout l'avantage que les barbares pourraient retirer de cette mésintelligence. Léon, avec cette éloquence qui part du cœur, leur avait peint si vivement les maux qui devaient résulter de leur funeste désunion qu'il les réconcilia parfaitement. Tous deux jurèrent de n'employer leurs armes que pour le bien de l'Église et de l'Empire.

A la mort de Sixte III, Léon quoique absent fut élu pape au milieu des applaudissements universels. La cérémonie de son exaltation se fit le 24 septembre de l'an 440. Tout le peuple y répondit par des acclamations et des transports de joie, lui seul était triste. Dès qu'il eut pris en mains le gouvernement de l'Église, il déclara une guerre irréconciliable au vice et a l'erreur, et s'appliqua à instruire le peuple romain par la prédication de la parole de Dieu. Puis étendant sa vigilance sur l'Église entière, il combattit victorieusement toutes les hérésies de son temps et mérita d'être appelé le fléau des hérétiques. Ce lut a l'occasion de l'hérésie de Nestorius et cTEutychêa qu'il écrivit a Flavien une fameuse

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lettre où se trouvait'unc explication nette et précise de la doctrine chrétienne sur le mystère de l'Incarnai ion. Lecture en ayant été faite aux Pères de Chalcédoine, ils s'écrièrent unanimement qu'elle avait été dictée par le Saint-Esprit.

Mais bientôt saint Léon fut obligé d'abandonner l'Orient pour venir au secours de l'Occident terriblement menacé. Attila, roi des Huns, était entré en Italie à la tète d'une armée toujours victorieuse. Ce prince qu'on appelait le fléau de Dieu, après avoir conquis et ravagé des contrées entières, marchait sur Rome pour y porter la ruine et la désolation. Tout semblait annoncer que cette illustre cité allait cesser d'être la ville éternelle lorsque les habitants, éperdus, allèrent trouver saint Léon pour le prier d'essayer d'arrêter ou au moins d'adoucir la férocité d'Attila. « Saint Père, lui dirent-ils, il faut nous sauver. » L'humble et courageux pontife marche audevant du conquérant et le rencontre sur les bords du Mincio. La divine éloquence du Souverain Pontife, sa démarche majestueuse, ses habits pontificaux captivent et désarment le vainqueur. Rome est sauvée.

Saint Léon fut aussi heureux auprès de Genséric, roi des Vandales. Celui-ci, peu de temps après, s'étant emparé de Rome, se disposait à mettre tout à feu et à sang. Une fois encore, le saint pape se dévoua et obtint la conservation de la ville et de ses habitants. Il mourut le 11 avril 461, après un pontificat de vingt-un ans. Il mérita le surnom de Grand, plus encore par son éminente sainteté, et par ses

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rares vertus que par la science et les grandes œuvres de son règne.

Réflexions pratiques.

Jamais l'Église n'eut à combattre à la fois de si nombreux ennemis que sous le pontificat de saint Léon. Une nuée d'hérétiques travaillait à altérer la doctrine de l'Église ; une multitude de barbares se déchaînait contre la vérité, une licence effrénée de mœurs chez les fidèles menaçait de tout corrompre, lorsque ce grand pontife, bravant la haine des ennemis de Dieu et de sa religion, opposa à ce torrent dévastateur une digue irrésistible, et déploya contre eux un courage plein de hardiesse. C'est pour cela que jamais l'Église ne remporta de si nombreux et de si glorieux triomphes. — C'est aussi lorsque la religion est vivement attaquée, lorsque les choses saintes sont ridiculisées, lorsque la charité est gravement blessée, qu'un chrétien doit manifester sa foi et protester contre les sarcasmes de l'impiété. Si on insultait un parent, un ami, on le défendrait; on insulte Jésus-Christ, on attaque sa religion et on resterait muet!... Quelle pusillanimité! N'avons-nous jamais été coupables d'une telle faiblesse? Interrogeons notre conduite!

Plan de méditation.

I. Saint Léon, sauveur de son peuple : 1° en présence d'Attila; LJ" de Genséric.

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