II. Saint Léon sauveur de la foi, contre les assauts
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1° du Manichéisme; 2° de l'Eutychianisme; 3° du Pélagianisme;4° des restes du paganisme.
III. Saint Léon, gardien : 1° delà science; 2° de la civilisation ; 3° de la saine morale.
SAINT SABAS, Martyr 12 avril.
Saint Sabas était Goth de nation. Né sur une terre barbare, élevé et nourri au milieu d'un peuple infidèle, il eut le bonheur de se convertir au christianisme dès sa jeunesse. Toutes les vertus chrétiennes brillaient en lui, surtout l'obéissance, l'humilité, la modestie et la douceur. Il était peu versé dans les lettres, mais fort instruit dans la science de Dieu. Le Ciel l'avait doué d'une éloquence si naturelle, si forte et si entraînante qu'on ne pouvait l'entendre sans désirer de devenir meilleur. Son plus grand désir était de chanter les louanges de Dieu dans l'assemblée des fidèles, de parer les autels et de contribuer à la pompe des cérémonies saintes. Il priait sans cesse, jeûnait tous les jours, pratiquait constamment la charité. Vint la persécution suscitée par Athanaric, roi des Goths.
Ce prince violent et cruel se déchaîna avec une fureur sans égale contre les chrétiens qu'il voulait, ou ramener à l'idolâtrie, ou exterminer entièrement.
Pour atteindre son but, il avait imaginé un moyen i'ort expéditif. Il faisait promener une idole sur un
chariot dans tous les lieux où Ton soupçonnait des chrétiens, et tous ceux qui ne l'adoraient pas étaient égorgés sur-le-champ.
Un grand nombre d'hommes, de femmes et même de petits enfants qu'on traînait par la main, s'étaient retirés dans une église ; les païens y mirent le feu, et ils périrent tous dans les flammes. Les magistrats, effrayés de cette horrible boucherie, qui dépeuplait le pays, trouvèrent moyen d'adoucir la persécution. Us déclarèrent que, tous les habitants qui mangeraient des viandes immolées aux idoles auraient la vie sauve. Cette action était regardée comme un renoncement, formel au christianisme. Plusieurs chrétiens, pour se mettre à l'abri de la persécution, eurent recours à un artifice peu louable. Favorisés par des parents ou des amis païens, ils se faisaient présenter des viandes qui, en réalité, n'avaient point été offertes aux idoles, quoiqu'elles eussent été regardées comme telles par les idolâtres. Saint Sabas s'opposa fortement à cette supercherie, et déclara que quiconque mangeait de ces viandes devait être regardé comme un apostat. Ainsi, il empocha un grand nombre de tomber dans les pièges du démon.
L'année suivante, la persécution étant devenue plus violente, quelques Gentils olfrirent d'affirmer avec serment qu'il n'y avait point de chrétiens parmi eux, mais Sabas, au lieu de profiter de cet officieux parjure se présenta devant l'assemblée, disant tout haut : « (Jue personne ne Ijure pour moi, je suis chrétien. » 11 en fut quitte cette fois pour quelques insultes ; mais la nuit du mardi de Pâques de l'année 372, on vint tout à coup cerner la maison
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du prêtre avec lequel il avait célébré celte foie. On l'arracha de son lit et on se mit à le traîner tout nu parmi les ronces et les épines, en lui meurtrissant le corps a coups de fouet et de bâton. On reconnut cependant le matin qu'il n'avait aucun mal. Cette merveille n'ayant fait qu'irriter les soldats, ils s'appliquèrent à le torturer d'une manière inouïe, jusque bien avant dans la nuit suivante, et toujours sans qu'il restât aucune trace de leur cruauté. Atharide, un des principaux du pays, qui présidait à ces cruautés, étant venu le lendemain, fit recommencer les violences, mais voyant que tous ses efforts échouaient contre l'impassibilité du saint martyr , ordonna qu'on le fît mourir. On le conduisit sur le bord d'une rivière où l'on avait résolu de le noyer. Lorsqu'il fut arrivé, il entendit les bourreaux se disant entre eux : « A quoi bon faire mourir cet homme innocent? Laissons-le aller, Atharide n'en saura rien. — Ne vous y fiez pas, répondit le Saint, faites ce qui vous est ordonné, autrement vous me rendriez un très mauvais service en me privant d'une couronne qui doit faire toute ma félicité. » 11 fut donc précipité dans l'eau et finit ainsi son glorieux martyre le jeudi delà semaine de Pâques, le 12 avril de l'an 372.
Réflexions pratiques.
Saint Sabas n'ignore pas que le déguisement et la duplicité sont indignes d'un chrétien ; il sait que le plus léger mensonge offense Dieu et qu'en conséquence on ne doit pas se le permettre, non seulement pour sauver sa vie, mais pour sauver l'univers
entier. Cependant qu'y a-t-il de plus ordinaire dans le commerce de la vie? On croit qu'il suffit de n'en point faire qui nuise au prochain, comme si ce n'était rien, mon Dieu, que de vous déplaire ! Ma conduite à cet égard est-elle meilleure que celle d'un grand nombre de chrétiens ? Ma conscience est-elle toujours alarmée parle péché véniel? Hélas! Seigneur, que les fautes vénielles qui souillent mon existence sont nombreuses ! Elles sont une preuve de la faiblesse de mon amour pour vous.
Plan de méditation.
Le sacrifice que Dieu exige du chrétien c'est : 1° le sacrifice de son cœur; — 2° le sacrifice de ses souffrances.
SAINT HERMÉNÉGILDE, Martyr 13 avril.
Le prince Herménégilde était fils de Lévigilde, roi des Goths, en Espagne. Il fut élevé avec Relcarède, son lrère, dans l'arianisme dont son père était l'un des plus ardents défenseurs. Mais Dieu ne l'abandonna pas, à cause de la droiture de son cœur. Il épousa la princesse Jugonde, catholique zélée.
La couronne avait toujours été élective chez les Goths d'Espagne : c'étaient les grands qui choisissaient celui qui devait la porter. Lévigilde voulant
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la rendre héréditaire dans sa famille, associa ses drux iils à la royauté. Il donna même à chacun une portion de ses États à gouverner. Séville fut la capitale du pays que l'aîné eut en partage. Herménégilde, ayant des doutes sur la religion, se fit instruire par saint Léandre, son oncle, évêque de Séville. Dès que les ténèbres furent dissipées et que la lumière eut brillé à ses yeux, il se rendit aux sollicitations de sa vertueuse épouse et embrassa la religion catholique. Son père entra dans une étrange fureur quand il apprit sa conversion et la profession ouverte qu'il faisait de la foi catholique. Il envoya des personnes de confiance pour lui parler de sa part et les chargea de lettres, où, après les plus magnifiques promesses, s'il voulait revenir !à l'arianisme, il le menaçait de tout le poids de son indignation, s'il ne se rendait à ses désirs.
Herménégilde répondit aux lettres de son père avec tout le respect qu'il lui devait, mais aussi avec tout le courage qu'on avait lieu d'attendre de la grâce qui agissait sur son cœur. « J'avoue, lui écrivit-il, que vos bontés sont infinies à mon égard, je me croirais indigne de vivre si jamais je manquais de reconnaissance. Oui, je conserverai jusqu'au dernier soupir le respect, l'attachement et la tendresse que je vous dois. .Mais est-il possible que vous ne vouliez pas me permettre de préférer mon salut aux grandeurs de la terre. Je vous le dis, la couronne que je porte, je la compte pour rien. Je suis prêt à vous rendre ou à briser le sceptre que vous m'avez donné et à descendre du trône où vous m'avez fait monter. Je suis prêt même à perdre la vie plutôt que
d'abandonner la vérité que Dieu a eu la bonté de me faire connaître. » Les sentiments exprimés dans cette lettre irritèrent Lévigilde au dernier point. Il dépouilla son fils du titre de roi, qu'il lui avait donné, et résolut de lui ôter ses biens, sa femme, sa vie même, s'il ne retournait à l'arianisme. Herménégilde, considérant qu'il était prince souverain, prit les armes contre son père pour arrêter l'effet de ses menaces. Mais après de vigoureuses résistances d'un an, trahi et à bout de ressources, le prince se retira dans une église comme dans un asile assuré contre les sauvages rigueurs de son père. Lévigilde n'osa forcer cet asile sacré ; mais il envoya Récarède avec des paroles de paix et les plus belles promesses. Récarède y alla de bonne foi. Il protesta à son frère qu'il ne s'agissait plus de religion, mais que son père voulait qu'il lui demandât pardon d'avoir pris les armes contre lui, et qu'à ce prix son amitié lui serait rendue avec la paix.
Herménégilde, confiant à la parole de son frère, va se jeter aux pieds de son père. Celui-ci le relève avec toutes les apparences de la bonté et l'embrasse avec tendresse; mais quand ils sont arrivés au camp, la scène change et le masque tombe. Il le fait dépouiller de ses habits royaux, charger de fers et jeter dans un affreux cachot. Herménégilde trouve des délices dans la prison et, comme si ce séjour eût été trop doux, il ajoute aux rigueurs de sa solitude des mortifications volontaires, le cilice, le jeûne, la prière continuelle et le désir ardent du martyre.
Cependant, le père croyant avoir dompté, à force de rigueur et de mauvais traitements, cette âme
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altière, lui envoya, la veille de Pâques, un évoque arien pour lui donner le communion. Quand l'évoque se présenta, le jeune prince, sans entrer dans aucune discussion, lui dit : « Je mourrai catholique, et comme je ne veux avoir aucun rapport avec l'hérésie, partez d'ici et ne paraissez plus en ma présence. » Lévigilde en apprenant cela fit égorger son fils dans la prison, le 14 avril 586. Des prodiges inouïs s'opérèrent à sa mort.
Réflexions pratiques.
Quelle foi admirable dans saint Herménégildc! Il sacrifie un trône, il résiste aux promesses, aux caresses, aux menaces d'un père. Il souffre les opprobres et la mort môme pour conserver sa foi ! Quel exemple, mais aussi quelle honte pour les lâches chrétiens de nos jours. Le chrétien devrait toujours attirer et convertir ceux qui ne le sont pas, c'est au contraire le chrétien qui se laisse corrompre et perdre par les paroles astucieuses et l'exemple pernicieux des méchants. Les meilleurs devraient conduire, corriger et sauver les plus vicieux et les plus infidèles, ce sont les meilleurs qui cèdent et périssent. N'avons-nous jamais été victimes de cette coupable faiblesse? N'avons-nous jamais suivi l'exemple des méchants? Le respect humain ne nous a-t-il pas arrêtés dans le chemin du devoir? 0 mon Dieu ! pardonnez à mes nombreuses défaillances !
Plans de méditation ou d'instruction.
I. La fidélité de saint Herménégilde à sa religion est une belle vertu dans un prince.