‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 51 sur 59 · SAINT JOUR DE PAQUES · texte numérisé non relu

SAINT JOUR DE PAQUES

La fôte destinée à honorer le mystère de la résurrection porte le nom de Pâques. Ce mot est hébreu et signifie, selon la lettre, passage. Dieu lui-môme avait ainsi appelé la principale fête des Juifs établie en mémoire de la délivrance des Israélites de la servitude de l'Egypte, sous la conduite de Moïse. On la désignait sous le nom de fête du passage, pour rappeler le passage de l'ange exterminateur qui, dans la dernière nuit, avant la sortie d'Egypte, avait frappé de mort tous les premiers nés des Égyptiens, mais était passé, sans entrer, devant les maisons des Israélites marquées du sang d'un agneau mangé la veille dans chaque famille. Cet agneau était la figure de Jésus-Christ, vrai agneau de Dieu, immolé pour délivrer le genre humain de l'esclavage de Satan. Et comme il nous a fait passer de l'état de mort où nous étions par le péché, à l'état de vie immortelle, par Le sang précieux qu'il a répandu pour nous, et par la victoire qu'il a remportée sur les ennemis de

notre salut, c'est avec raison que l'Église a conservé ce nom de Pâques, au jour que notre divin Rédempteur avait choisi pour nous délivrer de la captivité du démon.

A peine Jésus-Christ eut-il passé de la mort à la vie, que les Apôtres s'empressèrent d'établir une fête solennelle pour en perpétuer le souvenir et en consacrer la mémoire. C'est la Pâque. Cette fête est le grand jour des chrétiens, le jour des jours, la fête des fêtes, le jour de liberté, de salut et de gloire; jour où le péché est détruit, l'enfer vaincu, le règne de la grâce établi, le ciel ouvert; jour où a commencé cet aimable empire de Jésus-Christ, si longtemps attendu, et qui ne doit plus finir. Le pape saint Léon disait, qu'entre tous les jours qu'on honorait de quelque culte, dans la religion chrétienne, il n'y en avait pas de plus auguste et de plus excellent que celui de Pâques, parce que ce mystère est le fondement de toute notre espérance, et que c'est de cette solennité que les autres reçoivent leur dignité et leur consécration. Aussi pour le célébrer dignement, l'Église déploie ses plus beaux ornements et ses pompes les plus majestueuses ; et les chrétiens se précipitent en foule dans l'enceinte sacrée pour adorer Jésus-Christ vainqueur de la mort et de l'enfer ; et, avec un saint transport, font retentir les voûtes du temple des plus beaux chants d'allégresse.

Voici l'exposé succinct du mystère de ce jour. Après sa mort ignominieuse qui arriva le vendredi soir, sur les trois heures, le divin Sauveur fut déposa dans un sépulcre tout neuf, taillé dans le roc. Comme il avait annoncé qu'il ressusciterait le troi-

TOUR CHAQUE JOUIt DE L'ARM!

sième jour aprôs sa mort, les Juifs qui ne croyaient point à cette prédiction firent garder son tombeau

par des soldats, pour empocher ses disciples de l'enlever et d'affirmer ensuite qu'il était ressuscité. Le matin du troisième jour, L'Homme- Dieu opéra, comme il l'avait prédit le grand miracle de sa résurrection. A l'heure marquée dans les décrets éternels, cet adorable Sauveur, victorieux de la mort et de l'enfer, sortit radieux de son tombeau, sans briser le roc dans lequel il était taillé, sans remuer la pierre qui en fermait l'entrée, sans endommager les sceaux qu'on y avait apposés. En ce moment, eut lieu un grand tremblement de terre... Un ange, descendant du ciel, renversa la pierre qui scellait l'entrée du sépulcre et s'assit dessus. Son visage était brillant comme un éclair, ses habits plus blancs que la neige. A cette vue les gardes furent saisis de la plus morne stupeur et restèrent comme morts. Revenus à euxmêmes, ils prirent aussitôt la fuite et se retirèrent. Cependant les saintes femmes, qui venaient au sépulcre pour embaumer le corps de leur divin Maître, se disaient entre elles : « Qui nous ôtera la la pierre de l'entrée du sépulcre? » Car elles se souvenaient que cette pierre était énorme. Mais quelle ne fut pas leur surprise, lorsque, arrivés au sépulcre, elles virent que cette pierre avait été renversée et que le tombeau était ouvert. Deux anges les rassurèrent en leur disant : « Ne craignez point; Jésus que vous chercher n'est point ici, il est ressuscité. Allez vite en porter la nouvelle à ses disciples. » Le Vainqueur de la mort, après s'être montré aux saintes femmes, à saint Pierre, se manifesta aux

autres Apôtres, un grand nombre de fois, pour rendre le fait de sa résurrection certain et irrécusable. Tel est le récit abrégé de la Pâque des chrétiens que nous fêtons en ce jour.

Réflexions pratiques.

Puisque Jésus-Christ, mort pour tous, est ressuscité pour ne plus mourir et pour vivre d'une vie divine, ressuscitons comme lui, à la grâce, pour ne plus rentrer dans le tombeau du péché. Passons de la mort à la vie, de l'iniquité à la justice, de la servitude du péché à la liberté des enfants de Dieu, de la tiédeur à la ferveur, et vivons désormais de cette vie chrétienne qui consiste à penser comme Jésus-Christ, à aimer comme Jésus-Christ et à agir en union avec Jésus-Christ. Nous aurons alors la douce confiance de passer un jour des misères de cette vie à la gloire du Ciel, où nous chanterons avec les anges et les saints l'Alleluia éternel.

Plan de méditation.

Pâques. I. Objet de cette fête.

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