‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 7 sur 59 · SAINTS TIBURGE, VALÉRIEN ET MAXIME · texte numérisé non relu

SAINTS TIBURGE, VALÉRIEN ET MAXIME

Martyrs

14 avril.

Tiburce et Valérien étaient frères et d'illustre naissance. L'un et l'autre avaient été élevés à Rome dans le paganisme. Valérien, épris de la beauté et du mérite de sainte Cécile, la rechercha en mariage avec beaucoup d'empressement et mit tout en œuvre pour l'avoir pour épouse. Les parents de Cécile fiancèrent leur fille, contre son gré, avec ce gentilhomme. Le mariage se célébra avec beaucoup de solennité ;

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mais le jour de ses noces sainte Cécile, se trouvant seule avec Valérien, lui ouvrit son cœur, lui avoua qu'elle était chrétienne et qu'elle avait consacré à Dieu sa virginité. « J'ai à côté de moi, ajouta-t-elle, un Ange protecteur qui vous punirait si vous vouliez me faire la moindre insulte ; mais si vous respectez ma virginité, vous sentirez l'effet de sa protection. — Si vous pouvez me faire voir cet Ange, dit Valérien, je vous promets de respecter votre vœu. — Vous le verrez, répliqua Cécile, mais il faut abjurer le culte superstitieux des idoles, embrasser la religion chrétienne et recevoir le baptême. » Enflammé par le désir de voir l'Ange, ou plutôt sollicité par la grâce de Dieu, Valérien se fit instruire de la vraie religion et reçut le baptême des mains du pape Urbain, qui le renvoya à son épouse. En rentrant, il trouva Cécile en prières, et auprès d'elle un Ange vêtu de blanc et plus brillant que les astres. Ce messager céleste tenait à la main deux couronnes tressées de roses et de lis, il les déposa sur la tête des deux époux et disparut. Dès lors Valérien consentit à vivre avec son épouse dans la plus parfaite continence.

Tiburce entrant en ce moment dans la chambre de Valérien et de Cécile sentit l'odeur des couronnes que l'Ange leur avait apportées du ciel. « D'où peut venir, dit-il, une odeur de roses et de lis que je sens dans une saison qui n'est pas celle des fleurs ! » Ils lui découvrirent ce qui venait de se passer, a Je suis chrétien, mon cher frère, dit Valérien à Tiburce, en l'embrassant affectueusement, et j'espère que vous ne tarderez pas de l'être. » Cécile alors lui expliqua en abrégé notre croyance. Et Tiburce, sur lequel la

grâce agissait puissamment, ouvre les yeux à la vérité et s'écrie : « Que faut-il que je fasse pour être aussi heureux que vous ? — Il faut, lui dit la Sainte, aller trouver le pape Urbain qui vous instruira et vous conférera la grâce du baptême. » Tiburce obéit. La conversion de ces deux illustres personnages fit grand bruit. Almaque, préfet de Rome, en fut informé. Il apprit en même temps que ces deux nouveaux chrétiens distribuaient leurs biens aux pauvres et ensevelissaient les corps des martyrs. Il les manda près de lui et les accabla de reproches. Mais les trouvant inébranlables dans leur foi, il les fit battre de verges, puis il les condamna à avoir la tête tranchée. C'était un nommé Maxime, officier du préfet, qui les menait au supplice. Surpris de la joie extraordinaire que témoignaient ces généreux confesseurs de Jésus-Christ, il leur en demanda la cause. « N'avons-nous pas sujet de nous en réjouir, dit Tiburce, nous allons quitter une vie, terrestre et passagère, pour en commencer une qui sera éternellement heureuse. — Est-ce qu'il y a une autre vie? lui dit Maxime. » Tiburce prit occasion de cette question pour lui expliquer les mystères de l'éternité et les grands principes de la religion chrétienne. Maxime différa leur supplice d'un jour, pour leur donner le temps de l'instruire et de le baptiser, et, au moment où ils furent exécutés, il s'écria qu'il était chrétien et qu'il enviait le sort des martyrs. Almaque, irrité de cette conversion qui fut imitée par un grand nombre de païens, fit mourir Maxime sous les coups de bâton.

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Réflexions pratiques.

Les saints, dont nous célébrons en ce jour la fête, ont donné l'exemple du courage chrétien au milieu des persécutions du monde. Ils on souffert avec joie la faim, la flagellation, la prison, la mort, pour soutenir et défendre la même foi que nous professons, les mêmes préceptes que nous devons observer, la même Église dont nous sommes les enfants. Quel puissant encouragement pour le chrétien fidèle qui se fait honneur de professer sa foi partout et toujours ! Mais hélas ! combien de chrétiens qui oublient en ce point les engagements solennels de leur baptême ! Lâches et timides déserteurs de leurs promesses, ils négligent leurs devoirs: prières, messes, fréquentations des sacrements. Parce qu'ils n'ont pas de grands vices, ils se rassurent et n'ont pas le courage de pratiquer quelques rares vertus. D'autres voient ridiculiser la religion, ses sacrements, ses ministres et ils font comme eux ; ils entendent attaquer la doctrine de l'Église et ils gardent un coupable silence. Ailleurs ils sont témoins de ridicules plaisanteries sur les personnes les plus vertueuses et ils plaisantent comme les autres ou ils gardent un lâche silence lorsque la charité et la justice leur imposent le devoir de défendre les absents. — Voilà comment beaucoup de chrétiens se rendent parfois coupables. Ce péché ne serait-il pas le nôtre ? Examinons-nous sur ce point et demandons-nous si nous avons toujours professé hautement et courageusement notre foi dans nos familles, en public et en particulier. Pre-

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