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nons la résolution d'être toujours les avocats de la vérité, les avocats de Dieu, nous souvenant de cette parole de Jésus-Christ : Celui qui me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père,
Plan de méditation ou dy instruction.
I. Correspondance aux grâces de conversion : 1° grâces intérieures : inspirations, réflexions, élans spontanés ; 2° grâces extérieures : lectures, sermons, cérémonies religieuses, revers, exemples domestiques.
II. Fidélité de ces trois saints à cette correspondance. — Les entretiens de sainte Cécile convertissent Valérien ; ceux de Valérien convertissent Tiburce ; leur joie du martyre convertit Maxime.
SAINT BÉNEZET, Berger 15 avril.
Saint Benoît appelé plus communément Bénezet, qui signifie petit Benoît, à cause de son jeune âge et de sa petite taille, était un berger des environs d'Avignon, que Dieu avait prévenu de ses plus douces bénédictions presque dès le berceau. Il vint au monde l'an 1165, dans le diocèse de Viviers, à trois journées d'Avignon. Sa mère pauvre et veuve, qui l'éleva dans la crainte de Dieu, remployait, dès l'âge de oeuf mb, a garder un troupeau de brebis. Le 13 septembre 1177, étant à la campagne à la tùte
on troupeau, il entendit une voix qui lui dit : « Benoît, mon fils, écoute-moi. » Étonné d'entendre cette voix, et de ne voir personne : « Qui est-ce qui me parle? dit-il. » Trois fois la môme voix se fit entendre, et trois fois il fit la môme question. Alors le Seigneur lui dit : « Je suis Jésus, ton Dieu. — Seigneur, s'écria l'enfant, que voulez-vous de moi? — Je veux que tu laisses là ton troupeau et que tu ailles bâtir un pont sur le Rhône. — Je ne sais ce que c'est que le Rhône, et je ne puis quitter les brebis de ma mère. — Va, ton troupeau sera soigné, et quelqu'un te conduira vers le fleuve. — Mais je n'ai que trois deniers, et je ne puis faire un pont avec cela. — Je pourvoirai à tout. » L'enfant laisse ses brebis et part. Un jeune homme s'offre à lui aussitôt pour le guider, le mène au Rhône, et lui indique l'emplacement du pont à élever. Quoiqu'il y eût trois journées de chemin, il y arriva en moins de trois heures. Benoît voyant la largeur des eaux, la rapidité du fleuve, en fut effrayé : « Il n'est pas possible, dit-il à son guide, de faire jamais là un pont. — Ayez confiance, reprit l'ange, Dieu ne commande rien d'impossible. » L'enfant ayant demandé qu'on le passât sur la barque, par charité, fut mal reçu du batelier qui était juif. Il le passa néanmoins pour ses trois deniers et le débarqua à la porte de la ville. Benoît va droit à l'église où le prélat faisait une instruction à son peuple. Il l'interrompit, et lui dit tout haut qu'il venait de la part de Dieu pour bâtir un pont sur le Rhône. Tout le monde se mit à rire; l'évoque le prit pour un insensé, et lui dit d'aller trouver le prévôt de la ville. Bénezet reçut cette pa-
rôle comme un ordre," et alla trouver le prévôt, et avec sa simplicité naturelle : « Monsieur, lui dit-il, je suis envoyé de Dieu pour bâtir un pont sur le Rhône, il faut que vous m'aidiez. » Le prévôt le regardant fièrement : <c Je veux bien, » lui dit-il en souriant, et lui montrant une pierre d'une grosseur et d'un poids énorme qui était dans la cour et que trente hommes auraient eu de la peine à remuer; je te la donne cette pierre de rocher, emporte-la pour en être la première pierre. Bénezet s'avance, et ayant fait le signe de la croix, prend cette lourde pierre, et la met sur la tête avec autant de facilité que si c'eût été un petit caillou.
Le prodige était trop frappant pour n'être pas admiré. L'évêque, averti, y court avec tout le peuple ; Bénezet, chargé de cette lourde masse, traversa toute la ville; suivi du prévôt, de l'évêque, d'une foule sans cesse grossissante, et arrivé sur le bord du fleuve, il y dépose la première pierre du mystérieux édifice. Tout le monde criait au miracle ; et dans moins de deux heures, le Saint reçut plus de cinq mille pièces de monnaie. Il trouva des ouvriers qu'il enrôla dans une conférie dite : des Frères du Pont. Le saint jeune homme fut l'architecte habile et inspiré de la grande œuvre, et le supérieur de la pieuse communauté, qu'il édifia par toutes sortes de prodiges, et surtout par une vie d'une éminentc sainteté. En sept ans le pont fut achevé ; le miraculeux architecte avait alurs dix-neuf ans, et Dieu lui fit connaître qu'il allait le retirer de ce monde, son œuvre y étant accomplie. Une maladie, légère en apparence, l'avertit de sa lin prochaine; il mourut le 14 avril 1184, enpronon-
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çant les doux noms de Jésus et de Marie. La nouvelle de sa mort mit en deuil toute la province. 11 lut inhumé dans une chapelle qu'il avait bâtie sur une des piles du pont, et son corps y lut retrouvé sain et entier, sans ombres de corruption 486 ans après sa mort.
Réflexions pratiques.
Le Seigneur a des serviteurs fidèles et dévoués dans toutes les conditions de la vie, parce que dans tous les états honnêtes on peut le servir et se sauver. A ses yeux il n'y a ni grands, ni petits, comme entend le monde. Celui-là seul est grand devant la Sagesse éternelle ] qui possède la grâce sanctifiante, celui-là seul est petit qui est en état de péché mortel et de révolte contre le ciel. Saint Bénezet n'est qu'un pauvre berger sans science, sans fortune, sans talents. Il possède néanmoins la vraie grandeur parce que avec un cœur innocent et pur il pratique toutes les vertus chrétiennes qui ne sont le partage que des grandes âmes. Sous les dehors de la pauvreté se cachent les immenses richesses de la vertu; sous les dehors de la faiblesse se trouve une grande force de volonté, de caractère et de sainteté ; sous les dehors grossiers d'un modeste berger, Dieu voit la beauté surnaturelle de son âme angélique ; enfin sous les dehors de l'ignorance brille en lui l'esprit de Dieu, l'esprit de foi, l'amour et la connaissance des choses du Ciel. Voilà ce qui a fait de ce modeste berger un grand serviteur de Dieu, un vrai saint que l'Église honore aujourd'hui. Le souvenir de ses vertus touche
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encore le cœur de ceux de sa condition, et les grands, les riches et les princes viennent réfléchir et prier de vant ses autels. Nous ne pouvons guère prétendre aux grandeurs de la terre, n'aspirerions-nous pas à celles que procure toujours la vertu? Elles sont en notre pouvoir. Rentrons en nous-mêmes et voyons ce que* nous sommes aux yeux de Dieu. Jugeons-nous comme nous serons jugés un jour, selon nos mérites et nos œuvres. Sommes-nous en état de grâce ou de péché? Avons-nous plus de vertus que de vices? Travaillons-nous pour le ciel ou pour l'enfer? — Mon Dieu ! apprenez-nous à nous connaître.
Plan de méditation.