I. Alarmes de Marie
II. Raison du mariage de la sainte Vierge : 1° obéissance à l'ancienne loi ; 2° protection d'un époux; 3° défense de son honneur et de sa vie.
SAINT TIMOTHÉE, Évêque et Martyr 24 janvier.
Saint Timothée, disciple de saint Paul, naquit à Lystres, en Lycaonie, province de l'Asie Mineure. Son père était Gentil et sa mère Juive. Celle-ci fut convertie à la foi chrétienne, dont elle enseigna les premiers principes à son cher fils. Timolhée fit de si grands progrès dans la piété que saint Paul le jugea digne d'être le compagnon de son aposlolat. Ce grand Apôtre l'appelle, en plusieurs endroits de ses épîtres, son disciple bien-aimé, son cher fils, son frère, le plus cher de ses disciples. Notre Saint avait en effet accompagné saint Paul dans un grand nombre de ses voyages; il le suivit en Grèce, en Achaïe, en Macédoine, enfin partout où l'Apôtre des Gentils porta la lumière de l'Évangile.
Saint Paul, étant à Rome, envoya son disciple visiter diverses Églises particulières. Celui-ci opéra dans ses courses un bien infini. A Pbilippes, il fut fait prisonnier pour la foi. La joie qu'il eut de souffrir pour la vérité, lui fit regarder les mauvais traitements qu'on lui infligea comme des faveurs du Ciel. Rendu à la liberté, il revint à Rome trouver son maître, avec lequel il partit pour l'Orient et il séjourna quelque temps à Éphèse. Là, saint Paul le consacra évêque et lui confia le soin de cette illustre Église. Éphèse avait besoin d'un pasteur éclairé, à cause de la mauvaise doctrine que les hérétiques y répandaient. Plus tard, Timothée fut chargé de
veiller sur toutes les Églises d'Asie. Saint Paul lui écrivit deux lettres pleines de solides instructions sur ce qui regarde le ministère apostolique et les devoirs de l'évêque.
Saint Timothée n'occupa pas longtemps le siège d'Éphèse, car il obtint la palme sanglante et sacrée du martyre, le 22 janvier de l'an 97 de Jésus-Christ. Ce jour-là les païens célébraient une de leurs fêtes, appelée Catagogie, dans laquelle ils portaient leurs idoles et se livraient à de scandaleuses dissolutions. Timothée ayant voulu s'opposer à leurs abominables superstitions, ils l'assommèrent à coups de pierres et de massues. Ses reliques, transportées solennellement à Constantinople, opérèrent un grand nombre de miracles.
Réflexions pratiques.
En tout temps, en tout lieu, en toute circonstance, Dieu a droit à notre amour et il l'exige. Dans les conditions ordinaires de la vie, il ne demande, comme preuves de cet amour, que la pratique des modestes vertus du foyer domestique. Mais il est des temps et des situations où le Seigneur exige de ses serviteurs les plus grands sacrifices. C'est lorsqu'il réclame l'abandon de tout ce qu'on a de plus cher au monde, d'un pays, d'une maison, d'un père et d'une mère pour nous associer à sa pauvreté, à ses souffrances, et à la sanctification des âmes. Ce sont des sacrifices extraordinaires que le Seigneur exige de saint Timothée. Il ne veut pas seulement faire de lui un serviteur fidèle, un chrétien généreux, mais un apôtre ardent et infatigable qui travaille sans
relâche à envoyer des âmes au ciel. Son zèle fut si grand que saint Paul en fit souvent l'éloge.
Tandis que saint Timothée a vécu et est mort pour le salut des âmes, ai-je fait quelque chose pour elles ? Hélas ! Loin de travailler à la sanctification des autres, n'ai-je pas négligé mon propre salut? Que dis-je ! au lieu de songer a sauver mon âme, que de fois ne l'ai-je pas asservie au vice et à toutes sortes de passions !
Plan de méditation.
I. Saint Timothée, disciple de saint Paul : 1° disciple dévoué; 2° disciple zélé; 3° il règle la discipline de cette Église digne de l'estime de son maître.
II. Saint Timothée, évêque d'Éphèse : 1° il fut docile aux leçons de saint Jean ; 2° il régla la discipline de cette Église; 3° il fut le gardien vigilant du dépôt de la foi.
III. Saint Timothée martyr : 1° causes et circonstances de sa mort; 2° sacrifice volontaire de sa vie.
CONVERSION DE SAINT PAUL, Apôtre 25 janvier.
Saint Paul, connu sous le nom de Grand Apôtre, était Juif, de la tribu de Benjamin. Il naquit à Tarse, capitale de la Cilicie, dont les habitants étaient considérés comme citoyens romains. A peine âgé de huit jours, il fut circoncis, selon le précepte de la
loi, et reçut dans cette cérémonie le nom de Saul, qu'il porta dans les premières années de sa vie. Son père, qui était pharisien, l'envoya de bonne heure à Jérusalem, où Gamaliel, fameux docteur, l'instruisit dans la loi de Moïse. Ses progrès furent rapides ; il s'attacha à la secte des Pharisiens, la plus austère et la plus zélée de celles qui partageaient la synagogue. Son attachement outré aux traditions de ses pères en fit un des plus ardents persécuteurs du christianisme naissant; et lorsqu'on lapida saint Etienne, non seulement il fut présent pour encourager les bourreaux, mais il garda môme les habits de ceux qui lançaient les pierres, heureux de se rendre ainsi complice de leur crime. — Le sang de ce premier martyr ne fut pas capable d'assouvir sa haine contre les disciples de Jésus-Christ. Il voulait les anéantir tous, et pour réaliser ses desseins il ne gardait aucune retenue et déployait un acharnement inexprimable. En vertu d'un pouvoir qu'il avait reçu du grand prêtre, il entrait dans les maisons ; il en arrachait tous ceux qui étaient chrétiens, les chargeait de chaînes et les traînait en prison. Il les faisait battre de verges et employait toutes sortes de tourments pour les contraindre à blasphémer le nom de Jésus-Christ. Les violences auxquelles il se portait allèrent si loin que son nom seul répandait la terreur parmi les fidèles. La fureur de Saul n'était point encore satisfaite. Il ne respirait, est-il dit dans les Actes des Apôtres, que menaces et carnage. Il obtint même des lettres qui lui donnaient le pouvoir d'arrêter tous les chrétiens qu'il trouverait à Damas et de les mettre à mort. Il était en chemin pour
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cette ville, quand, au milieu de la route, en plein midi, une lumière éclatante l'environne, lui et ses compagnons, et une force invisible le terrasse. Aussitôt une voix céleste se l'ait entendre qui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes- tu? — Qui étesvous, Seigneur? répond-il. — Je suis Jésus que tu persécute*. » Ce doux reproche du Sauveur, accompagné de l'onction intérieure de sa grâce, amollit la dureté du cœur de Saul, éteignit sa fureur, guérit son orgueil et le transforma complètement. Il s'écrie tout tremblant : « Seigneur, que voulez-cous que je fasse? — Lève-toi, va dans la dans la ville, et là il te sera dit ce que tu dois faire. »
Saul se lève, et quoiqu'il ait les yeux ouverts, il ne voit point. On le conduit par la main jusqu'à Damas. Il y reste trois jours aveugle, sans boire et sans manger. Or, il y avait alors à Damas un disciple de Jésus-Christ, vénéré de tout le monde et nommé Ananie. Dans une vision mystérieuse le Sauveur lui dit : « Ananie! — Me voici, Seigneur. — Lève-toi, va dans la rue qu'on appelle Droite, cherche dans la maison de Jude un nommé Saul de Tarse, qui est en prières. — Ah 1 Seigneur, j'ai appris de plusieurs combien de maux cet homme a fait à vos saints dans Jérusalem. Il a même reçu du prince des prêtres le pouvoir de mettre dans les fers tous ceux qui invoquent votre; nom. — Va, lui dit le Seigneur, cet homme est un vase d'élection qui me fera connaître aux Gentils, aux rois, aux enfants d'Israël. Je lui montrerai combien il faut qu'il souffre pour mon nom. » Ananie sortit donc de chez lui, et, entrant dans la maison qui lui avait été indi-
quée, imposa les mains à Saul et lui dit : « Saul, mon frère, le Seigneur Jésus qui vous a apparu dans le chemin m'a envoyé vers vous, afin que vous recouvriez la vue et que vous soyez rempli du Saint- Esprit. » Alors, il tomba des yeux de Saul comme des écailles et il recouvra la vue, et se levant il reçut le baptême. Lorsqu'il eut pris de la nourriture, il sentit ses forces renaître, et il demeura quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas. Aussitôt il prêcha Jésus dans les synagogues, le proclamant fils de Dieu. Tous ceux qui l'écoutaient étaient dans la stupeur et disaient : N'est-ce pas celui qui persécutait, dans Jérusalem, les disciples de Jésus et qui est venu ici pour les emmener chargés de fers aux princes des prêtres ? Mais Paul se fortifiait de plus en plus et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, affirmant que Jésus est le Christ. Ce fut ainsi que le plus ardent persécuteur de l'Église naissante en devint l'Apôtre le plus éloquent, et qu'il fut un des principaux instruments employés à la conversion du monde.
Réflexions pratiques.
Seigneur, que voulez-vous que je fasse? c'est le langage que tient à Dieu le plus orgueilleux des hommes, le plus cruel ennemi du nom chrétien, le plus fougueux zélateur du judaïsme. Renversé miraculeusement par une force invisible, ce coupable est entièrement transformé, ce persécuteur devient un apôtre et un vase d'élection. Dieu l'arrête dans ses desseins barbares et lui parle pour lui demander compte de sa coupable conduite : Saul, Saul, pour-
quoi me persécutes-tu? Cette parole est un trait de lumière qui l'éclairé, l'instruit, le touche et le convertit. Dès lors, de son cœur attendri s'échappent ces paroles : Seigneur, que demandez-vous de moi? Que voulez-vous que je fasse? Quels sacrifices désirez-vous que je m'impose?... Dieu à l'instant lui donne ses ordres et aussitôt il les exécute. Chez lui il n'y a pas d'hésitation, pas de lendemain, pas de plus tard. Le Ciel a parlé; dès lors le pénitent n'a plus de désir que celui de plaire au Seigneur, de volonté que la volonté divine. Voijà le commencement, la suite et la consommation de la perfection.
N'ai-je jamais, comme le grand Apôtre, persécuté le Sauveur par mes infidélités, par mes résistances à la grâce, par mes passions assouvies, par mes scandales? Le bon Pasteur a eu pitié de moi; il m'a appelé, il m'a poursuivi dans mes égarements, il m'a tendu les bras ; il m'a touché, éclairé, converti et enfin ramené au divin bercail. Ai-je répondu à son amour avec un acquiescement entier, et comme Paul, lui ai-je dit du fond du cœur : Seigneur, que voulez-vous que je fasse? Quels sacrifices désirezvous que je m'impose? Je suis déterminé à vous sacrifier mes amitiés les plus fortes, mes habitudes les plus enracinées, mes amusements les plus agréables, mes inclinations les plus dominantes. Hélas! lorsque je n'ai pas résisté à la grâce je me suis contenté de faire à Dieu des promesses vagues, languissantes et indéterminées. J'ai pris quelques résolutions générales sans descendre au détail et à la pratique. J'ai maintes fois dit : Je ferai, je prierai, i. 9
je me corrigerai, et je n'ai jamais mis la main à l'œuvre.
Seigneur, dès aujourd'hui, je veux en tout conformer ma volonté à la vôtre; aidez-moi de votre sainte grâce.