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II. Qualités de la prière

SAINT VINCENT, Éyêque de Digne 21 février.

Saint Vincent, évêque de Digne, naquit en Afrique vers la fin du troisième siècle. Le désir de faire connaître, aimer et servir Jésus-Christ, et d'étendre son royaume, le détermina à se rendre dans les Gaules avec Marcellin et Domnin. Après avoir été encouragé, dans cette œuvre de sanctification, par le pape Eusèbe, il se rendit avec ses deux compagnons à Verceil, puis à Embrun où, en déployant un zèle extraordinaire, les trois apôtres ramenèrent à la vraie foi tous les habitants de cette métropole des Alpes, courbée jusque-là sous le joug humiliant de l'idolâtrie.

D'Embrun, Vincent et Domnin se dirigèrent sur Digne, d'après les conseils de saint Marcellin. Mais hélas! quel triste aspect offre aux yeux de nos missionnaires ce pays ravagé par le paganisme. Le temple des faux dieux, dans cette ville, est constamment rempli d'idolâtres. En peu de temps, par leurs instructions, leurs bons exemples et de nombreux miracles, ils opérèrent d'innombrables conversions. Domnin devient le premier évêque de cette nouvelle Église ; et après sa mort, Vincent, son compagnon, qui d'abord avait refusé cet évêché, lui succède. Ce nouveau pontife dont le zèle et la sainteté sont connus, possède le don des miracles. Le seul contact de ses vêtements, opère les guérisons les plus désespérées ; par ses prières, et plus d'une fois par sa seule présence, il met en fuite les démons

et ressuscite même des morts. On ne vit jamais un évêque plus profondément recueilli, et en même temps, plus vigilant pour le salut de son peuple et la sanctification de ses prêtres; plus zélé pour le maintien de la discipline ecclésiastique, pour la propagation de la foi, pour l'établissement des maisons religieuses ; plus libéral envers les malades, les pauvres, les orphelins et les veuves. Il est un modèle parfait d'humilité, de désintéressement, de ferveur, de prudence et de fermeté, et ses vertus répandent le plus vif éclat dans son diocèse et dans toute la province.

C'est dans la lecture assidue des Livres saints que Vincent puisait cette facilité, cette élégance, cette richesse d'élocution, qui excitaient l'admiration de tous, et ce pathétique auquel les pécheurs et les païens ne pouvaient résister, et qui faisait fondre en larmes ses auditeurs. — Par la méditation assidue des oracles divins, il s'était formé à la contemplation ; et, ce don qu'il possédait au suprême degré lui faisait aimer le lieu désert où il s'était retiré sur une montagne, près de Digne, et le ramenait à sa chère solitude toutes les fois que le besoin des âmes ne l'appelait pas ailleurs. Là, puisant à des sources divines, inconnues aux âmes vulgaires, sa foi enflammait son cœur, et retrouvait l'abondance de cette merveilleuse charité qui le rendit les délices de tout son peuple.

Sur ces entrefaites, saint Marcellin archevêque d'Embrun, mourut. Vincent fut chargé d'administrer le deux diocèses. Durant ses courses devenues pénibles, à cause de son grand âge, les Ariens cher-

chèrent à le faire mourir. Un jour, à force de mauvais traitements, ils le laissèrent pour mort. Enfin, après une vie pleine de travaux et de bonnes œuvres, le saint évêque s'endormit paisiblement dans le Seigneur le 29 janvier.

Réflexions pratiques.

Dieu dit à tous les chrétiens : « Celui qui aime son père ou sa mère, ou ses frères plus que moi, n'est pas digne de moi. Saint Vincent a entendu et compris cette parole, voilà pourquoi il a sacrifié à l'amour de Dieu, les inclinations les plus douces comme les sentiments les plus légitimes, en quittant sa famille, sa patrie, ses biens pour aller travailler à la conquête des âmes. Le Seigneur lui ayant montré, dans les Gaules, des brebis errantes et perdues, il se hâte de traverser les mers et de courir à leur recherche pour les ramener dans le divin bercail. Suivons ce généreux apôtre vers les lieux inaccessibles où s'est réfugiée l'idolâtrie. Il donne l'assaut à la place d'armes de l'enfer avec une bravoure héroïque et les démons frémissent à son approche. Armé de la croix du Sauveur, il entre chez des peuples ennemis de la croyance et du nom catholique ; et après quelques années de luttes, il renverse les idoles et établit à leur place [le règne du vrai Dieu.

Si la générosité des sacrifices est la mesure de l'amour qu'on a pour Dieu, qui de nous peut se flatter d'aimer le Seigneur lorsque nous sommes si tièdes et si lâches dans son service? Où sont les douces chaînes que nous avons brisées pour lui

plaire? Quelles victoires avons-nous remportées sur nos passions? Qu'avons-nous fait pour le salut de nos frères? Que faisons-nous chaque jour pour notre propre sanctification ? Apprenons de saint Vincent à tout sacrifier à Dieu pour mériter de le posséder dans le ciel.

Plan de méditation.-

I. Sublimité du courage de saint Vincent. IL Merveilles de ses œuvres.

CHAIRE DE SAINT PIERRE, a Antioche 22 février.

Saint Pierre, que Jésus-Christ lui-même choisit pour chef visible de son Église, devait être l'évêque de la capitale du monde, mais Rome, encore païenne, ne pouvait avoir d'évêque ; il fallait qu'elle eût un troupeau pour avoir un pasteur. En attendant cet heureux jour, le prince des Apôtres voulut jeter les fondements de son épiscopat à Antioche, capitale de l'Orient, où les fidèles, se multipliant de jour en jour, prirent, pour la première fois, le nom de chrétiens.

Saint Pierre gouverna, pendant sept ans, l'Eglise d'Antioche. Les lumières de la foi ayant pénétré en Occident, il vint fixer son siège dans la capitale de l'univers, et plaça, selon les desseins éternels de la Providence, le centre de l'unité dans cette Rome qui avait été jusque-là la maîtresse du monde païen.

Voici ce qui donna lieu à la fête que nous célébrons

aujourd'hui, sous le titre de Chaire de saint Pierre : Dans la primitive Église, les chrétiens, surtout ceux d'Orient, célébraient l'anniversaire de leur baptême Ils renouvelaient ce jour les vœux qu'ils avaient fait à Dieu, et le remerciaient de ce que, par un effet de sa miséricorde, il les avait reçus au nombre de ses enfants : c'est ce qu'ils appelaient le jour de leur naissance spirituelle. Les évêques, conformément à cette sainte pratique, célébraient aussi l'anniversaire de leur sacre. Le peuple continua souvent, après la mort des évêques, de fêter le jour de leur ordination. Telle fut l'origine des fêtes de la Chaire de saint Pierre à Antioche et à Rome. Nous devons les célébrer avec joie, pour honorer l'élévation du prince des Apôtres à la dignité de premier pasteur de l'Église militante, et pour lui promettre de lui rester unis par le triple lien de la foi, de l'espérance et de la charité.

Réflexions pratiques.

Le jour le plus précieux de notre vie est incontestablement celui de notre baptême, puisque c'est le jour que nous sommes devenus chrétiens, enfants de Dieu, frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers, temples du Saint-Esprit et membres de l'Église. Ne devrions-nous pas, chaque année, célébrer ce grand jour par la réception des sacrements et renouveler notre consécration à Dieu, en prenant de nouveau l'engagement de ne servir que lui, de vivre et de mourir sous son empire? C'est ce que faisaient nos pères dans la foi; c'est ce que font encore aujourd'hui de nombreux et fervents chrétiens dans le

monde. Pourquoi n'imiterions-nous pas désormais un si touchant exemple? Humilions-nous d'avoir laissé éteindre, par notre négligence et l'affaiblissement de notre foi cette pieuse pratique.

Plan de méditation.

I. Il n'y a qu'une Église qui est l'épouse de Jésus- Christ, parce qu'il n'y a qu'tfn Dieu; j'ai le bonheur d'être dans cette Église. Ai-je remercié Dieu de cette grâce?... A l'imitation des premiers chrétiens n'ai-je, avec mon prochain, qu'un cœur et qu'une âme ?

II. L'Église est sainte parce que Jésus-Christ son chef est saint, ses premiers fondateurs sont saints, sa doctrine est sainte; beaucoup de ses enfants sont saints... Suis-je un digne enfant de cette Église?... Ma vie est-elle semblable à celle des premiers chrétiens?...

SAINT PIERRE DAMIEN, Evêque et Docteur de l'Église

23 février.

Saint Pierre, surnommé Damien, naquit à Ravenne vers l'an 988, de parents honorables, mais peu favorisés des biens de la fortune. Il eut beaucoup à souffrir dans son enfance. Il fut abandonné par sa mère, qu'irritait la vue du grand nombre de ses enfants. Mais une servante de la maison le recueillit à demi mort, le ranima et le rendit à celle qui lui avait donné la vie, quand elle fut revenue à des sen-

timents plus humains. Devenu orphelin de père et de mère, le jeune enfant vécut dans une dure servitude, sous la tutelle rigoureuse d'un frère qui le traitait comme un vil esclave. Il ne voulut lui donner aucune éducation, et lorsqu'il le vit un peu avancé en âge, l'envoya garder les pourceaux. Cependant le jeune Pierre n'avait que d'heureuses inclinations; l'usage qu'il fit d'une pièce de monnaie qu'il avait trouvée montra que son âme était bien élevée audessus de la bassesse de son état. Il alla porter cet argent à un prêtre, afin qu'il offrît l'auguste sacrifice de la messe pour le repos de l'âme de son père. Un de ses frères, alors archiprêtre de Ravenne, le tira de l'esclavage en le retirant chez lui et en le traitant avec toute la tendresse d'un père. Il le fit étudier et l'envoya à Faenza, puis à Parme où des progrès très rapides le firent admirer de ses condisciples et même de ses maîtres. En peu de temps il devint célèbre par son instruction dans les lettres profanes qu'il enseigna lui-même avec succès.

Pour soumettre constamment son corps à la raison et la raison à la foi, il se couvrit d'un cilice et s'exerça au jeûne, aux veilles et à la prière. Lorsque les passions, fortifiées par l'ardeur de la jeunesse commençaient à bouillonner dans son âme, il en éteignait les feux importuns en allant se plonger, la nuit, dans les flots d'une rivière à peu près glacée. Ses aumônes étaient nombreuses; il admettait les pauvres à sa table, s'estimant heureux de les servir de ses propres mains, parce que la foi lui découvrait Jésus-Christ sous leurs haillons.

Le désir de mener une vie plus parfaite le fit entrer

dans l'Ordre des Camaldules, où il édifia par ses prédications saintes, par son enseignement distingué et par sa manière austère de vivre. Devenu abbé du monastère d'Avellane, il créa cinq nouvelles maisons qu'il dota de bonnes institutions et qu'il gouverna avec autant de sagesse que de sainteté. Le pape Etienne IX, frappé de la réputation de saint Damien, le créa cardinal de la sainte Église romaine et évêque d'Oslie. Dans ces hautes fonctions, Pierre donna l'exemple des vertus les plus admirables, s'acquitta de tous les devoirs qui incombent à l'épiscopat. Dans les temps les plus difficiles, par sa science profonde, par ses légations et par 'toutes sortes de travaux, il servit admirablement l'Église et les souverains Pontifes. Il combattit jusqu'à sa mort l'hérésie des Manichéens et la simonie. Il réconcilia l'Église de Milan avec celle de Rome , ensuite il réussit à empêcher le divorce d'Henri IV, roi de Germanie, avec Berthe, fille d'Othon. C'est lui qui établit l'usage de jeûner le vendredi en l'honneur de la passion de Notre-Seigneur, de réciter l'office de la Bienheureuse Mère de Dieu et de consacrer le samedi au culte de celte auguste Vierge. Illustré par une vie toute éclatante de sainteté, de doctrines, de miracles et de grandes actions, il mourut à Faenza, le 23 février 1070, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. L'Église a reconnu tant de science, de zèle et de noblesse dans les écrits du saint cardinal, que, par un jugement solennel, elle l'a placé au rang de ses docteurs.

Réflexions pratiques.

Dieu a des ressources secrètes pour ceux de ses enfants qui doivent fidèlement remplir leur mission sur cette terre. La vie de saint Pierre Damien en est une preuve manifeste, Si la mère du bienheureux que nous fêtons en ce jour lui refuse la nourriture dont il a besoin et voudrait le voir mourir au moment où il reçoit l'existence, la Providence suscite une femme étrangère pour lui servir de mère. Si un frère barbare ne lui donne à manger que les restes des bêtes immondes qu'il garde dans les champs, Dieu l'appelle près d'un parent qui lui prodigue toutes sortes de soins. Si on veut lui faire passer sa jeunesse et sa vie entière dans l'ignorance, le Saint- Esprit en fait un des plus savants prélats de l'Église. Que la sagesse attentive du Tout-Puissant est admirable ! Ne s'est-elle jamais manifestée à notre égard? Saint Pierre Damien a merveilleusement correspondu à tant de bienveillance. Avons-nous été nous-mêmes reconnaissants pour tous les bienfaits dont la Providence divine nous a comblés? Y avons-nous correspondu par une vie sainte? Quel usage avons-nous fait des talents qui nous avaient été confiés ? Notre esprit, notre cœur, notre corps et tous nos sens ontls constamment glorifié Dieu ?

Plan de méditation,

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