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II. Confiance que le chrétien doit avoir en elle

POUR CHAQUE JOUR DE i/ANNÉE 273

SAINT MATHIAS, Apôtre 24 février.

Saint Mathias fut un des premiers disciples du Sauveur. Il s'attacha au divin Maître depuis le commencement de sa prédication et le suivit jusqu'au moment où il quitta la terre pour monter au Ciel. Après l'Ascension, les Apôtres et les fidèles étant assemblées au cénacle, suivant l'ordre du Sauveur, pour attendre la descente du Saint-Esprit, saint Pierre leur dit que, pour accomplir l'Écriture, il fallait choisir un douzième apôtre à la place de Judas. Deux de l'assemblée furent jugés plus dignes de cette éminente dignité : L'un était Mathias et l'autre Joseph, appelé Barsabas, surnommé le Juste, à cause de sa piété. On se mit aussitôt en prières, afin de connaître la volonté du Ciel; après quoi on procéda à l'élection par la voie du sort. Mathias ayant été désigné, on ne douta plus que Dieu ne l'eût choisi pour remplir la place vacante par la mort du traître Judas. Le nouvel apôtre, après avoir reçu le Saint- Esprit, alla prêcher l'Évangile et consacra le reste de sa vie aux travaux de l'apostolat. Clément d'Alexandrie rapporte que dans ses instructions il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair, en réprimant les désirs de la sensualité ; leçon importante qu'il tenait de Jésus-Christ et qu'il mettait lui-même en pratique.

Au rapport de plusieurs historiens, il alla de la Judée jusqu'au fond de l'Ethiopie prêchant partout et opérant des conversions innombrables. Après

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trente-trois ans de persécutions, de travaux et de triomphes, il fut lapidé, puis décapité. 11 termina sa course glorieuse Tan 63 de notre ère, sous l'empire de Néron. Son corps fut apporté à Rome par sainte Hélène, mère du grand Constantin. Une partie des saints ossements se voit encore à Sainte-Marie- Majeure, où il s'est opéré beaucoup de miracles.

Pour mériter la couronne immortelle, il ne suffit pas de recevoir de nombreuses faveurs du Ciel et d'être comblé de ses grâces: il faut de plus y correspondre. Nous en avons une preuve dans la réprobation de Judas et dans la sanctification de saint Mathias. L'apôtre perfide, par une prédilection particulière du Sauveur, avait été appelé à l'apostolat: il avait été témoin des miracles de son maître; il avait reçu ses enseignements et, pour avoir abusé de tant de grâces, il s'est perdu pour l'éternité. Saint Mathias, élu à la place de cet apôtre apostat , correspond avec docilité à toutes les faveurs qu'il reçoit et mérite le paradis. Combien de chrétiens prévenus des bénédictions de Dieu s'en rendent indignes et laissent à d'autres leur place dans le séjour de la gloire et la couronne que le Tout-Puissant leur destinait ! Combien de maîtres superbes verront sur la tête de leurs modestes serviteurs la couronne qui leur était réservée ! Combien de créanciers impitoyables seront plus malheureux durant l'éternité que leurs pauvres débiteurs! N'ai-je pas à redouter moi-même de semblables malheurs ?

Plan de. méditation.

La vocation de saint Mathias et sa fidélité n apprennent comment il faut vivre dans le chri; nisme et v travaii

BAUTI TARAI5E, Eve;

-e naquit à Constantinople vers le milieu da haitième siècle, de parents au?si distingués par leur position qu'estimés par leur attachement inviolable à la religion. Sa pieuse mère voulut former ellemême son fils à la pratique des vertus chrétienne elle y réussit merveilleusement. Entre qu'elle lui donnait, elle insistait particulièrement sur la faite des mauvaises compagnies. Le jeune . avec un esprit droit, pénétrant et d :

ndait parfaitement a- m admirable

mère. A peine sorti de l'enfance, il passait déjà pour

un des jeunes hommes les plus accomplis de son

-> ■- -on mérite extraordinaire l'éleva bien

vite à la dignité de consul, puis à celle de premier

ïiller d'État, sous l'empereur ntm. Ni

l'air contagieux de la cour, ni la splendeur A ni l'éclat des honneurs ne pm rtu.

-Tout cela, à ses ; : x, n'était que vanité et néant. On avait de lui une si haute opinion, qu'on crut qu'un homme de sa piété et de son c digne d'être élevé à la dignité de patriarche de Cons-

tantinople, emploi très difficile à remplir dans un temps où l'hérésie des Iconoclastes exerçait des ravages affreux dans l'Église d'Orient.

Paul, patriarche de Constantinople , ayant trouvé cette place au-dessus de ses forces, l'avait quittée pour se retirer dans un monastère ; une maladie dangereuse, qui le mit aux portes de la mort, l'avait déterminé à prendre ce parti. L'impératrice Irène, extrêmement surprise de sa retraite, vint le trouver avec son fils Constantin pour le prier de reprendre le gouvernement de son peuple. « Ah! répondit le patriarche avec des larmes et des sanglots, plût à Dieu que je n'eusse jamais été évêque! J'ai, par ma faiblesse, favorisé l'hérésie et j'ai été cause, par mon manque de fermeté, de l'égarement d'une partie de mon troupeau. Ce n'est pas trop d'employer à la pénitence ce qui me reste de vie pour réparer ce scandale. Vous, à qui Dieu a donné la souveraine puissance, cherchez un remède aux maux de l'Église, et travaillez à lui rendre sa première beauté. Ne souffrez plus que l'hérésie désole le champ du Seigneur, personne n'est plus propre à le cultiver avec succès que Taraise à qui vous avez déjà donné toute votre confiance; ce sera un pasteur éclairé, vigilant, infatigable et vraiment digne de conduire le troupeau de Jésus-Christ. »

L'impératrice suivit ce conseil; mais il ne fut pas aisé de faire consentir Taraise à accepter la charge que Paul avait laissée vacante. Enfin , pressé de toutes parts, il finit par consentir, mais à la seule condition qu'on assemblerait un concile pour condamner l'hérésie des Iconoclastes et rétablir l'Église

de Constantinople dans la communion de l'Église romaine, mère des Églises. Cette condition ayant été acceptée de suite et sans difficulté par le peuple, Taraise donna son adhésion et fut sacré le jour de Noël 784.

A peine installé, son premier soin fut de rendre compte de sa foi au Souverain Pontife, qui approuva sa doctrine sur les images. 11 commença à mener une vie vraiment épiscopale. Nulle vertu qu'il ne pratiquât à un degré éminent. Son humilité et sa charité néanmoins brillèrent d'un éclat tout particulier. Il servait les pauvres de ses propres mains et avait coutume de dire qu'il voulait imiter Jésus- Christ venu sur la terre pour servir et non pas pour être servi. Après beaucoup de soins et de peines il était parvenu à réunir, à Constantinople, un concile dont on fit l'ouverture le premier août 786. Mais on ne put rien statuer à cause des violences atroces que les Iconoclastes exercèrent. 11 fallut donc se retirer et attendre un temps plus favorable. L'année suivante les évoques s'assemblèrent à Nicée , en Bithynie. Le concile, composé de trois cent cinquante prélats, indépendamment d'un grand nombre d'abbés, de prêtres et de confesseurs, rétablit le culte des saintes images qui avait été aboli au mépris des traditions apostoliques. — Quelque temps après, l'empereur voulut répudier l'impératrice Marie, pour épouser Théodote, sa dame d'honneur. Taraise refusa énergiquement d'y consentir, et déclara formellement au prince qu'il lui interdirait l'entrée de l'église s'il n'abandonnait le dessein de répudier l'impératrice. Constantin, emporté par sa passion i. 16

n'eut aucun égard à de si justes menaces, il chassa l'impératrice et épousa Théodote. Quant à Taraise, il fut cruellement tyrannisé et après avoir, pendant vingt-deux ans, donné l'exemple de toutes les vertus, il mourut le 25 février 806.

Réflexions pratiques.

Une bonne éducation, est le bien le plus précieux que les parents puissent léguer à leurs enfants. Les leçons reçues dans l'enfance se gravent profondément et deviennent pour ainsi dire ineffaçables. Quand le Saint-Esprit ne vous aurait pas dit que le jeune homme sera dans sa vieillesse ce qu'il a été dans l'enfance, l'expériencene nous prouve-t-elle pas cette vérité. Pourquoi saint Louis, roi de France, ne fût-il jamais souillé du péché mortel? parce que sa vertueuse mère lui avait enseigné que le péché est le plus grand et l'unique mal. Pourquoi saint Taraise, dont les vertus excitaient l'admiration du public, lorsqu'il était encore jeune enfant, allèrent-elles toujours en brillant d'un nouvel éclat au milieu des splendeurs d'une cour voluptueuse ! Parce que celle qui lui avait donné le jour n'avait cessé de lui répéter de fuir les mauvaises compagnies. — Quelle éducation avonsnous reçue? — Quel usage en avons-nous fait? Si elle est défectueuse, tâchons d'y suppléer par une docilité à écouter la parole de Dieu et les conseils d'un ami fidèle. Donnons constamment le bon exemple à nos semblables et surtout à nos subordonnés. — C'est ce que je veux faire, ô mon Dieu ! avec le secours de votre divine grâce.

Plan de méditation.

I. Saint Taraise fut animé d'un esprit de force et de fermeté.

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