‹ Un mod`ele pour chaque jour de l'annéeChapitre 33 sur 65 · SAINT GALMIER · texte numérisé non relu

SAINT GALMIER

3 mars.

Saint Galmier naquit dans le Forez. Jeune encore, il quitta son pays natal et ses parents pour aller à Lyon, où il apprit et exerça le métier de serrurier. Il vivait de la manière la plus obscure, la plus laborieuse et la plus sainte. Se levant tous les jours de grand matin, il consacrait les premières heures de sa journée à la prière et à la méditation. Il assistait ensuite au saint sacrifice de la messe, et apportait à ces pieux exercices une si grande ferveur et une dévotion si tendre, que rien n'était capable de le distraire. Il retournait ensuite à son travail, et faisait

retentir l'enclume avec tant de courage et de persévérance, que tous ceux qui le voyaient ne pouvaient s'empêcher d'admirer son ardeur pour exercer son état.

Tous ses moments de loisir étaient employés à de pieuses lectures et à d'autres bonnes œuvres. Galmier, comme tous les saints, aimait singulièrement les pauvres, et leur distribuait le produit de son travail. Il avait pour eux une telle tendresse, qu'il leur donnait souvent tout ce qu'il possédait. Un jour qu'il venait de distribuer tout l'argent qui lui restait, un pauvre nécessiteux vint lui exposer sa misère ; le Saint, qui n'avait plus rien à donner et qui ne pouvait refuser l'aumône, donna au malheureux ses propres outils.

Souvent, il accompagnait l'aumône de quelques paroles d'édification ou de quelque exhortation pressante qui faisait toujours impression. Il engageait les pauvres à souffrir avec patience, en pensant à la passion douloureuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il les excitait à souffrir avec joie, en songeant aux éternelles récompenses que Dieu promet à ceux qui pleurent pour sa gloire et son amour. — Rendons grâces à Dieu au nom de Notre- Seigneur Jésus-Christ, répétait-il souvent. C'était là son mot favori.

Galmier avançait en âge, et avant de l'appeler à lui, Dieu voulut le faire jouir d'une faveur particulière. Vivence, abbé de Saint-Just, puis évêque de Lyon, ayant vu notre pieux artisan dans l'église, fut ' extrêmement frappé de la ferveur avec laquelle il priait Dieu ; mais il le fut encore plus, lorsque après

avoir conversé avec lui, il vit qu'il possédait dans la perfection la connaissance de la vie spirituelle et la science qui fait les saints. L'abbé Vivence lui offrit alors une place dans son monastère, où Galmier passa le reste de ses jours, n'ayant plus d'autre occupation que la méditation des choses divines, et la pratique de tout ce que la pénitence a de plus laborieux. Il fut ensuite élevé à la dignité de sousdiacre, mais on ne put jamais le décider à monter plus haut dans la hiérarchie sacrée. Notre Saint ne tarda pas d'aller recevoir dans le ciel la récompense due à sa ferveur et à sa persévérance dans le bien. Il mourut vers l'an 650. Ses reliques devinrent bientôt célèbres par un grand nombre de miracles, et par un concours prodigieux de pèlerins que la dévotion attirait à son tombeau. Plusieurs personnes furent guéries de très graves maladies et obtinrent des grâces signalées par son intercession.

Réflexions pratiques.

Dieu veut le salut de tous les hommes et il donne à tous ceux qui le veulent sincèrement toutes les grâces nécessaires pour l'opérer. Les nombreux artisans qui sont au Ciel en sont une preuve frappante. Artisans et ouvriers, qui vous plaignez de n'avoir pas un moment de repos, ne pourriez-vous pas facilement, comme saint Galmier, sanctifier le dimanche, faire à Dieu, chaque matin, une prière courte et fervente pour lui offrir votre journée, vos travaux et vos peines? Ne pourriez-vous pas souvent assister à la messe sans que vos occupations dussent

en souffrir ? Ne pouriez-vous pas, de temps en temps, dans la journée élever votre cœur vers Dieu et lui dire avec foi et amour : Seigneur, je vous offre toutes mes actions ! Jésus, mon Sauveur, bénissez mon travail!... Voilà des moyens infaillibles pour arriver à la perfection. Oh ! qu'il est facile de servir Dieu et d'opérer son salut, quand on le veut ! Et cependant, combien qui le négligent ! ! Ne suis-je pas de ce nombre? Mon Dieu ! aidez-moi à ne travailler que pour votre gloire et ma sanctification.

Plan de méditation.

I. Saint Galmier modèle de l'ouvrier en ce que : 1° il a uni la prière au travail; 2° il a consacré à Dieu les jours de fêtes et de dimanche; 3° il a travaillé à soulager les pauvres.

II. Nous devons invoquer saint Galmier pour les besoins de l'âme et du corps.

SAINT CASIMIR, prince de Pologne

4 mars.

Saint Casimir, troisième fils de Casimir III, roi de Pologne, naquit à Cracovie, le 5 décembre 1458. Dès son berceau il fut formé à la prière par les soins particuliers de la reine sa mère, une des princesses les plus vertueuses de son siècle. Il eut pour précep-

teur un célèbre chanoine de Cracovie, homme aussi savant que pieux et modeste. Comme le jeune Casimir avait un esprit vif et pénétrant, il fit de grands progrès dans la piété et dans les sciences. Il étudiait moins les livres que le cœur de son saint précepteur. Prévenu de grâces spéciales que Dieu réserve aux âmes privilégiées, il en mérita tous les jours de nouvelles et de plus abondantes par une correspondance parfaite. On le vit, à la fleur de son âge, se livrer avec ardeur aux pratiques de la mortification et porter un cilice sous ses habits, qui étaient toujours fort simples : souvent il couchait sur la terre nue, et passait une grande partie de la nuit à prier et à méditer. Mais ce qu'il y a de plus admirable, c'est qu'il sut toute sa vie garder son innocence, au milieu même des plaisirs si dangereux de la Cour. Il dut cette grâce insigne à son esprit de prière et à son horreur pour le luxe et la mollesse. La passion et les souffrances de Jésus-Christ étaient le sujet le plus ordinaire de ses méditations. Chaque nuit il se levait pour aller prier à la porte des églises, dont il attendait l'ouverture pour réciter matines en chœur. Il assistait au saint sacrifice de la messe avec tant de ferveur et de recueillement qu'il paraissait ravi en extase. Mais parmi toutes ses vertus, il faut surtout compter cette dévotion si vive, si affectueuse, si constante, qu'il eut pour la Sainte Vierge. Il ne pouvait en parler sans que l'émotion de son âme se trahît sur son visage. 11 composa, en son honneur, une hymne fort touchante qui porte son nom et qu'il récitait chaque jour. Il voulut qu'à sa mort on en mit une copie dans son tombeau. Sa charité pour les

pauvres était sans bornes. Non content de leur distribuer ses biens, il employait encore pour les soulager, tout ce qu'il avait de crédit auprès de son père et de son frère, roi de Bohême.

Saint Casimir parlait peu, et ses entretiens ne roulaient que sur des sujets sérieux, et le plus souvent sur des matières de piété. On ne l'entendait jamais médire du prochain, ni même proférer une parole inutile. Il reprenait avec une extrême douceur ceux dont la conduite n'était pas réglée. S'ils se corrigeaient, il leur témoignait toutes sortes de bontés; mais quand il ne pouvait rien gagner sur eux, ni par la douceur, ni par les réprimandes les plus vives, il les chassait de chez lui, et les faisait éloigner de la cour. — Le jeune prince avait treize ans lorsque les Hongrois, mécontents de leur roi, lui offrirent la couronne ; mais Dieu n'ayant pas permis qu'il montât sur le trône, il se consola aisément de se voir débarrassé d'un fardeau qu'il redoutait et qu'il n'eût accepté que par complaisance pour son père.

Casimir employa les douze dernières années de sa vie à consommer l'ouvrage de sa sanctification.il vécut dans la plus exacte continence. Il mourut de phtisie à Wilna, capitale de la Lithuanie, le 4 mars 1483, à l'âge de vingt-quatre ans. En vain, les médecins lui avaient assuré qu'il pouvait conserver sa santé et sa vie en faisant des remèdes qui portaient «atteinte à sa chasteté; mais ce généreux prince déclara hautement qu'il aimait mieux perdre une vie^ qui lui était commune avec les animaux, que la virginité qui le rendait semblable aux Anges. Il avait

prédit sa mort avant qu'elle arrivât, et s'y était préparé par un redoublement de ferveur, et par la réception des sacrements de l'Église. On l'enterra dans la basilique de Saint-Stanislas. Il s'opéra un grand nombre de miracles par son intercession. Le pape Léon X le canonisa en 1522. — Cent vingt ans après sa mort, on trouva son corps sans corruption. Les ricbes étoffes dont on l'avait enveloppé furent aussi trouvées intactes, malgré l'excessive humidité du caveau où il avait été enterré. On a fait construire une magnifique chapelle de marbre pour y déposer ses reliques. Saint Casimir est patron de la Pologne, et on le propose communément auxjeunes gens comme un parfait modèle de pureté.

Réflexions pratiques.

Casimir, né sur les marches d'un trône, pouvait facilement se perdre dans les dangers qui accompagnent les grandeurs de ce monde : entouré d'honneurs, de plaisirs, de richesses, il pouvait tôt ou tard succombera tant de tentations, faire le mal et le faire impunément, mais il sut échapper à ces fatales atteintes par sa fidélité à la grâce. Il n'oublia jamais les sages leçons que lui avait données un prêtre aussi vertueux que savant. Toujours il eut recours à la prière, à la vigilance, à l'esprit de mortification et à la fuite des occasions dangereuses. Voilà pourquoi il ne cessa jamais de mener une vie tout évangéliqueau milieu des séductions de la Cour.

Dans quelque condition que nous vivions, nous

trouvons sur notre chemin les mêmes pièges, les mêmes dangers. Aujourd'hui c'est l'orgueil, demain la volupté, un autre jour la paresse ou toute autre passion. Employons pour en sortir sains et saufs les moyens qui sauvèrent ce grand saint. Soyons comme lui humbles, modestes, pieux, vigilants et mortifiés. Ne perdons jamais le souvenir de notre éducation chrétienne et nous arriverons au même terme.

Plan de méditation.

I. Saint Casimir modèle de l'enfant chrétien : 1° par sa modestie; 2° son obéissance ; 3° sa piété.

II. Saint Casimir modèle du jeune homme chrétien : 1° par son amour pour la chasteté; 2° par son éloignement des divertissements profanes ; 3° par ses tendres dévotions envers la passion de Notre-Seigneur et envers la Sainte Vierge.

SAINT JEAN CALYBITE

5 mars.

Saint Jean, surnommé Calybite, à cause de la cabane où il vécut inconnu dans sa propre maison, les trois dernières années de sa vie, et où il mourut, était issu d'une des premières familles de Constantinople.

Il avait deux frères plus âgés que lui, qui obtinrent les places les plus éminentes de l'empire. Jean reçut une éducation digne de sa naissance et y répondit parfaitement. L'enfant n'avait d'inclination que pour le bien ; et il fît connaître dès ses premières années, la grâce dont Dieu l'avait prévenu, par le mépris qu'on remarquait en lui pour tout ce que le monde estime et recherche avec tant d'empressement. Jean était bien fait, d'un naturel doux et heureux, d'un esprit vif et même brillant ; il avait le cœur tendre et affectueux et des manières caressantes. Son air gracieux, sa modestie et toutes ses bonnes qualités le rendaient aimable. Aussi faisait-il les délices de ses parents. A l'âge de douze ans, un religieux du monastère des Acémètes, en allant à Jérusalem visiter les saints Lieux, passa par Constantinople et reçut l'hospitalité chez son père. Le jeune enfant lui fit une foule de questions sur son Ordre, sur la règle qu'il suivait et la manière d'y être admis. Le religieux répondit à toutes ces questions avec une grande affabilité.

Jean, ravi, lui fît promettre qu'à son retour il repasserait par Constantinople et l'emmènerait avec lui. Depuis ce moment, Jean n'était plus occupé que du dessein qu'il avait formé de suivre Jésus-Christ pauvre et crucifié.

Dans cette vue, il pria ses parents de lui donner un livre des Évangiles, afin d'y étudier le divin Modèle qu'il s'était proposé d'imiter. Comme ils avaient de la piété, ils se firent un plaisir de céder à une inclination si louable. Ils lui donnèrent un livre d'Évangiles, relié magnifiquement, avec ornements d'or

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et de pierreries , afin que la beauté du livre fût pour l'enfant un nouvel attrait qui l'invitât à le lire.

Le religieux Acémète revint, comme il l'avait promis, et ayant trouvé le jeune enfant plus déterminé que jamais à le suivre dans son couvent, il ne douta point que Dieu ne fût l'auteur d'une vocation si marquée. Il proposa à Jean d'en parler à ses parents. « Non, dit Jean, je connais l'affection extraordinaire qu'a pour moi ma chère mère ; si elle vient à connaître mon dessein, elle mettra tout en œuvre pour le faire échouer. Ne dites rien et partons sans qu'on le sache. » Dans un moment donné, ils s'embarquent secrètement, et Jean n'emporte avec lui que son livre d'Évangiles.

Lorsqu'ils furent arrivés au monastère, le religieux raconta au supérieur tout ce qui s'était passé. Celui-ci considérant la grande jeunesse de Jean, l'extrême délicatesse dans laquelle il avait été élevé, et la manière, au moins très extraordinaire, avec laquelle il se présentait comme novice, faisait difficulté de l'admettre. Il céda enfin aux larmes et aux prières du pieux enfant.

Après qu'il eut passé six ans dans ce monastère, le démon lui suscita une tentation des plus violentes. Il lui rappela le souvenir de la maison de son père, et lui montra les larmes de sa mère, et le sollicita vivement à retourner dans sa famille.

Cette pensée le suivait partout et ne lui laissait aucun repos. Il la combattit longtemps ; mais l'ennui, causé par la véhémence de ce désir, exténua son corps et lui causa une grave maladie. Ses supé-

rieurs voyant cela, crurent devoir lui permettre de retourner voir ses parents.

Jean, étant sorti du monastère, rencontra, à quelque distance de là, un pauvre fort mal vêtu. Il échangea avec lui ses vêtements pour devenir encore plus méconnaissable. En cet état il alla à Constantinople. A la vue de la maison paternelle, il se jeta à genoux et pria Dieu de le soutenir dans les combats terribles qu'il prévoyait, par suite de la résolution qu'il avait prise.

Il passa la nuit sous le portique, et, le lendemain, il pria l'intendant de lui permettre de bâtir, sous l'escalier, une petite loge pour y fixer sa demeure. Celui-ci, connaissant les intentions très charitables de son maître, y consentit. Il vécut ainsi trois ans sans être reconnu de personne, exposé aux mépris et aux rebuts de tout le monde, soulfrant dans son cœur un combat continuel entre l'amour de Dieu qui le retenait dans cet état d'humiliation, et l'amour naturel qui le sollicitait à toute heure de se faire connaître à ses parents, qu'il voyait si souvent devant lui. Son père, touché de la patience avec laquelle il supportait la pauvreté, lui envoyait tous les jours des mets de sa table ; mais Jean n'en prenait que ce qui lui était absolument nécessaire pour vivre et distribuait le reste à d'autres pauvres. Sa mère qui pleurait encore tous les jours le fils qu'elle avait perdu, l'avait devant les yeux sans le connaître ; et le voyant pauvre, hideux et défiguré, elle pouvait à peine jeter ses regards, sur un objet si triste et si désagréable. Elle avait, du reste, toujours éprouvé une naturelle et secrète aversion pour lui.

Après trois ans d'une pareille existence ses forces étaient épuisées. Connaissant que sa dernière heure approchait, il pria l'intendant de la maison de dire, à sa maîtresse, que le pauvre Galybite le suppliait de le venir voir, ajoutant qu'il avait quelque chose d'important à lui dire. La dame parut surprise de cette demande, elle en parla à son mari qui fut d'avis qu'elle lui procurât cette satisfaction. Étant descendue, elle fit tirer le Saint de sa loge pour lui parler. Il était mourant, et pouvait à peine se faire entendre. « Madame, lui dit-il d'une voix faible et entrecoupée , je prie Dieu qu'il vous récompense de la charité que vous avez exercée envers un pauvre malheureux comme moi. Mais j'ai une dernière grâce à vous demander, c'est qu'après ma mort je sois enterré sous cette loge avec les haillons dont je suis couvert et sans aucune cérémonie. » Il lui offre alors le livre des Évangiles, il la conjure de l'accepter. Elle l'accepte. « Mais comment un homme si pauvre a-t-il un livre si [riche ? Dieu ! comme il est semblable à celui que j'ai donné à mon fils! » Et cette pensée réveillant toute sa douleur, elle éclate en soupirs et en sanglots.

Elle alla montrer ce livre à son mari. Celui-ci l'ayant reconnu : « C'est le même, dit-il ! » Aussitôt ils retournent auprès du mourant dans l'espérance d'avoir des nouvelles de leur fils. « Mon ami, lui dirent- ils, dites-nous la vérité au sujet de ce livre : depuis quand l'avez-vous? De qui le tenezvous ? » Alors le Saint se voyant près de rendre le dernier soupir leur dit d'une voix mourante : « Ce livre est celui que je reçus de vous il y a

dix ans; je suis Jean, ce fils que vous pleurez. » A ces mots, leurs yeux s'ouvrent et le reconnaissent à divers traits qu'ils n'avaient tout d'abord pas remarqués. Alors tous les sentiments les plus opposés : la douleur et la joie, le bonheur et la désolation font comme un flux et un reflux dans leur âme, et les bouleversent en tous sens. Ils se jettent sur ce cher fils, qu'ils ont si longtemps méconnu, et pendant qu'ils l'inondent de larmes et de baisers, il expire dans leurs bras.

Tout Constantinople accourt à un spectacle si nouveau; on veut voir et toucher le saint jeune homme. Son histoire vole de bouche en bouche, et elle excite partout l'admiration. On s'écrie selon les sentiments que l'on éprouve : « Quel héroïsme de patience et de vertu! Heureux parents d'avoir un tel fils ! Mais aussi trois fois malheureux de l'avoir perdu »! 11 fut enterré dans sa petite loge, comme il l'avait demandé, et depuis, ses parents firent bâtir une église au lieu même de sa sépulture.

Réflexions pratiques.

Dieu appelle à lui l'immense majorité du genre humain par une voix commune et ordinaire, c'est la voix des commandements de Dieu et de l'Église. Mais il se réserve d'attirer à lui, d'une manière tout extraordinaire, certaines âmes privilégiées ; c'est la voix des conseils évangéliques, il nous l'apprend d'une manière bien positive dans son Évangile : Voulez-vous entre?* en la vie, gardez les commandements ;

voulez-cous être parfaits, vendez ce que vous possédez, venez, suivez-moi. — L'on murmure cependant et l'on conteste. Qu'est-ce qu'un Siméon sur sa colonne, un Alexis sous les escaliers de la maison paternelle, un Jean Calybite dans sa loge?.). Pauvre raison qui ne verrait pas à quelques centimètres devant elle, si elle était abandonnée à sa faiblesse, et qui conteste à Dieu le droit de former des saints selon qu'il lui plaît, comme s'il ne pouvait disposer de l'bomme sa créature !

Chose étrange ! on admire les héros du paganisme ; chaque passion a eu ses adorateurs ; l'ambition, la haine, la vengeance, l'envie, la volupté ont eu des autels. On loue, on exalte, on encense les ignobles esclaves de tous ces vices, mais on se récrie contre les héros du christianisme. Pourquoi cela? C'est que les uns nous justifient et les autres nous condamnent. Il n'en est pas moins vrai que ce sera l'éternelle gloire du christianisme, d'avoir ses héros de la chasteté, de la mortification, de l'humilité, de l'abnégation, de la charité, de la patience... Mon Dieu! accordez-nous, à l'exemple de saint Jean Calybite, de résister aux sentiments de la nature pour faire triompher ceux de la grâce.

Plan de méditation.

I. Dépouillement et exil volontaire de saint Jean Calybite; nous devons comme lui nous détacher de tout et vivre comme des voyageurs sur la terre.

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