SAINT JEAN DE DIEU
8 mars.
Saint Jean, surnommé de Dieu, naquit en Portugal, le 8 mars 1495, de parents extrêmement pauvres, mais charitables et pieux. Une lumière inaccoutumée qui brilla sur la maison où il venait de naître, et le son d'une cloche qui s'agita d'elle-même à ce moment, furent les signes qui indiquèrent d'une manière éclatante la sublimité de sa vocation. A l'âge de neuf ans, il s'échappa de la maison paternelle pour suivre un aventurier qui avait exalté son imagination et qui ne tarda pas à l'abandonner. Sa mère, ignorant le sort de son enfant, mourut de chagrin au bout de trois semaines. Cependant le jeune prodigue se trouva bientôt dépourvu de tout secours, et réduit à une telle misère qu'il fut obligé de servir pour avoir de quoi subsister. Il s'attacha à un maître berger d'une métairie, et fut employé à la garde des troupeaux : il avait alors près de dix ans. Il vécut dans cet état avec toute l'innocence d'un vrai chrétien, jusqu'à l'âge de vingt
ans. Quelque temps après, ennuyé de sa vie monotone et champêtre, il s'enrôla dans une compagnie d'infanterie, et marcha vers Fontarabie que l'empereur Charles-Quint voulait reprendre sur les Français. Malheureusement, la corruption qui régnait parmi ses camarades infecta sa vertu. Il perdit insensiblement la crainte de Dieu, et abandonna presque tous ses exercices de piété : mais Dieu veille sur ses élus. Il ne laissa pas longtemps Jean dans le désordre. Ayant été commandé un jour pour aller faire provision de fourrage, il fut renversé de cheval et tellement blessé qu'il demeura longtemps sans mouvement et sans parole. Étant un peu revenu à lui-même il comprit le danger qu'avait couru son corps et surtout son âme. Il se mit à genoux, se recommanda à la Sainte Vierge et résolut de changer de vie. Mais, ô faiblesse humaine ! en reprenant la santé il reprit ses vices. La Providence qui avait sur lui des desseins de miséricorde, voyant qu'une première leçon n'avait pu le ramener à la vertu, lui en ménagea une seconde, mais cette fois plus sévère. Le capitaine de sa compagnie, ayant fait quelque butin sur l'ennemi, l'avait confié à la garde de Jean. Le pauvre soldat manqua-t-il de vigilance, ou Dieu, qui voulait l'éprouver, permit-il quelque surprise ? Nous l'ignorons. Quoi qu'il en soit, le butin disparut, et pour punir sa négligence on le condamna à être pendu. La sentence, malgré les réclamations de Jean, ses prières et ses larmes, allait s'exécuter, quand un officier supérieur demanda et obtint sa grâce, à condition pourtant qu'il serait dégradé. Mécontent de la fortune et de lui-
même, ne sachant d'ailleurs quel parti prendre, Jean retourna vers son ancien maître, qui le reçut à bras ouverts comme son fils, et lui proposa de l'unir à sa famille par les liens du mariage. Il refusa et reprit ses occupations innocentes de berger. Il vécut dix ans dans de secrètes et continuelles inquiétudes. Après ce terme, ayant su que Charles-Quint préparait une expédition contre les Turcs, il s'engagea de nouveau et prit le mousquet. Mais les Turcs ayant été battus firent la paix, et les troupes espagnoles furent licenciées. Jean voulut aller revoir sa famille; il ne trouva qu'un de ses oncles qui lui apprit que sa mère était morte de douleur trois semaines après son départ et que son père avait fini ses jours dans le couvent de Saint-François. Les remords s'emparèrent du cœur du prodigue ; il avait creusé la tombe de celle qui lui avait donné le jour !... Sur-le-champ il résolut d'expier les égarements de sa jeunesse, en se consacrant au soulagement des pauvres et des malades. Il passa en Afrique dans le dessein de procurer des secours aux esclaves chrétiens et dans l'espoir du martyre : là, il servit un gentilhomme disgracié et exilé ; il lui rendit, et à sa famille, tous les bons offices qu'une charité et un dévouement sans bornes peuvent rendre à des infortunés ; puis, sur l'avis de son confesseur, il repassa en Espagne. Ayant assisté à un sermon du Père Jean Avila, le plus célèbre prédicateur de l'Espagne, il fut si touché, qu'il fondit en larmes et remplit l'église de ses sanglots. Il fit une confession générale et ne songea plus qu'à se rendre utile aux pauvres et aux malades. Après s'être mis sous la protection de la
Sainte Vierge, il commença par vendre du bois et il employait au soulagement des malheureux le gain qui lui en revenait. En 1540, il loua une maison pour y retirer les pauvres malades. Pendant le jour il était constamment au chevet de leur lit, leur prodiguant les soins les plus tendres et les plus affectueux. Vers les neuf heures du soir, il allait quêter pour eux. 11 marchait dans les rues une hotte sur le dos et deux marmites à ses bras. La pluie, le vent, le froid ne l'arrêtaient point. Lorsqu'il voulait demander l'aumône pour ses chers malades, il criait à haute voix : « Mes frères, faites-vous du bien pour l'amour de Dieu; mes frères, faites-vous du bien pour l'amour de Dieu. »
Cette manière extraordinaire de demander l'aumône, et d'ailleurs si profondément philosophique, attirait tout le monde aux fenêtres, et on lui donnait abondamment de quoi nourrir ses pauvres. Toute la ville de Grenade fut édifiée d'une pareille conduite, et bientôt quelques chrétiens charitables se réunirent au serviteur de Dieu. Telle fut l'origine des frères de la Charité de Saint-Jean de Dieu. Cet Ordre fut approuvé par le pape saint Pie V, et, par une protection visible du Ciel, fut répandu dans toute la chrétienté.
Les travaux du saint homme étaient excessifs, ses austérités l'étaient plus encore : il couchait sur une natte avec une pierre pour oreiller; il jeûnait tous les vendredis au pain et à l'eau ; il marchait toujours nu-pieds et la tête découverte. Son humilité et sa douceur tenaient du prodigue : un jour un libertin lui donna un soufflet; Jean lui présenta l'autre joue
avec tant de bonheur, que ce misérable, touché jusqu'au fond de l'âme se convertit. L'oraison de l'homme de Dieu était continuelle ; il ne perdait jamais de vue la présence du Seigneur. 11 vit un jour la Mère de miséricorde qui, tenant en main une couronne d'épines, lui dit : « Jean, c'est par les épines que tu dois mériter la couronne du ciel. — Je ne veux, répondit-il, cueillir d'aufres fleurs que les épines de la croix; ces épines sont mes roses. » Un autre jour, ayant trouvé dans la rue un pauvre à l'extrémité, il le chargea sur ses épaules, le mit dans un lit, et voulant lui laver les pieds, il les trouva percés de plaies. C'était Jésus-Christ lui-môme. « Jean, lui dit-il, je regarde comme fait à moi tout le bien que vous faites aux1 pauvres. Leurs plaies sont les miennes, et vous lavez mes pieds quand vous lavez les leurs. » Notre Saint épuisé par ses pénitences et ses travaux tomba malade au milieu de ses pauvres désolés et tous en larmes, et, le 8 mars 1550, il rendit son âme à Dieu en disant : Jésus, je remets mon âme entre vos mains. Il n'avait que cinquante cinq ans.
Réflexions pratiques.
Le caractère particulier de la vertu de saint Jean de Dieu fut l'amour du prochain, l'esprit de charité, le zèle et le dévouement pour soulager toutes les infortunes. Que n'a-t-il pas fait en faveur des malheureux? Et cet homme, désintéressé tandis qu'il bâtissait des palais pour l'indigence et pour tous les genres de maladies, voulut constamment vivre pauvre et mourir dans le plus complet dénûment de
tous les biens de ce monde. La charité qui a été la vertu dominante de saint Jean de Dieu et qui doit caractériser tous les chrétiens est-elle mon partage? Cette vertu que toutes les bouches exaltent règne-telle dans mon cœur? Ma charité est-elle universelle? Ne suis-je pas du nombre de ceux qui restreignent l'amour du prochain à un certain nombre de personnes, et qui ne témoignent que de la froideur, sinon de la haine, aux autres? Lorsque je tends la main à un malheureux, est-ce toujours en vue de plaire à Dieu? N'est-ce pas quelquefois pour satisfaire mon amour-propre, pour être vu et admiré de mes semblables? — Grand Saint, qui avez parfaitement connu le prix de la charité chrétienne, obtenezmoi de Dieu, la grâce de pratiquer comme vous, cette vertu si aimée de Dieu et des hommes.
Plan de méditation.
1° Générosité de saint Jean de Dieu dans sa pénitence.
II0 Son zèle à procurer le salut des âmes qui se perdent.
IIP Sa prudence à dispenser les aumônes qu'on lui confie.
SAINTE FRANÇOISE, Veuve romaine
9 mars.
Sainte Françoise, qu'on peut avec raison proposer comme un modèle de vertu à toutes les femmes
chrétiennes, de quelque état et dans quelque condition qu'elles soient, naquit à Rome l'an 1384. Son père et sa mère étaient tous deux d'une famille ancienne et fort illustre. Elle ne fut pas plus tôt sortie de la première enfance, que toutes ses pensées se tournèrent vers Dieu ; et il parut bien dès lors qu'elle n'avait d'affection que pour le Ciel. Sa patience, sa douceur, son amour pour la pureté dans un âge où la raison commence à peine à poindre, firent voir combien elle excellerait un jour dans ces vertus. Ennemie de tout amusement puéril,]elle n'aimait que la solitude et la prière. Elle avait appris dans les bras de sa mère le petit Office de la Sainte Vierge, et, depuis lors, elle le récita chaque jour. A onze ans elle résolut de se faire religieuse; mais ses parents n'y ayant pas consenti, elle épousa, par obéissance, Laurent Pouzani, jeune seigneur romain, dont la fortune égalait la naissance. Engagée dans le mariage à l'âge de douze ans, Françoise ne pensa plus qu'à s'y sanctifier par son application à tous ses devoirs d'épouse et de mère chrétienne. Elle s'occupa d'abord à gagner le cœur de son époux, et elle y réussit par une soumission parfaite, un grand respect, une sincère affection, et par tous ces soins, ces prévenances délicates que la religion inspire si bien à une femme chrétienne. Elle avait une attention particulière à écarter ou à prévenir tout ce qu'elle pensait pouvoir lui déplaire. Ses attentions, ses complaisances pour son mari furent payées d'un juste retour. Pendant quarante ans de mariage les deux époux ne furent jamais divisés par la moindre contestation. Peu de temps après ses noces, Françoise tomba malade.
Clouée sur son lit de douleur pendant une année entière, sa patience ne se démentit pas un seul instant. Une nuit, pendant que la Sainte offrait à Dieu ses souffrances et s'entretenait avec lui dans la prière, elle vit un jeune homme d'une beauté ravissante. « Je suis saint Alexis, lui dit-il, Dieu m'envoie vers vous, fidèle servante du Christ, pour vous rendre la santé. » Aussitôt Françoise se leva parfaitement guérie. Immédiatement elle courut chez Vannotia, sa belle-sœur, la réveilla en sursaut et lui raconta le miracle. A l'heure même elles se rendirent en toute hâte à l'église du saint pour épancher leurs âmes dans une fervente action de grâces.
A dater de ce moment, Françoise mena une vie plus sainte encore, et Vannotia devint la compagne assidue de toutes ses œuvres de piété et de miséricorde. Les deux jeunes femmes se construisirent une retraite au fond du jardin. Là elles passaient tous les instants de liberté que leur laissaient leurs devoirs d'état. Un jour leur belle-mère avait organisé une joyeuse partie de campagne pour passer le temps. Or, Françoise et Vannotia, trouvant déjà le temps de la prière trop court, se cachèrent si bien au moment du départ qu'il fut impossible de les trouver. Seules avec Dieu, elles donnèrent quelques heures à l'oraison, puis se récréèrent par de pieux colloques. Vannotia disait à Françoise : a Si Dieu nous accorde un jour la grâce d'être ermites, que ferons-nous, ma - sœur? Où prendrons-nous de quoi nous nourrir?» — Françoise répondit : « Lorsque nous serons au' désert, nous irons chercher des fruits et des racines, et Dieu nous fera la grâce d'en trouver assez pour
suffire à nos besoins. » A cet instant deux grosses pommes tombèrent d'un arbre voisin : on était cependant au mois d'avril. Elles les ramassèrent fort surprises.
Quoique jeune et riche, Françoise s'interdit à tout jamais les festins, les spectacles et les divertissements profanes, et son exemple fut une leçon' utile pour les dames romaines. Notre Sainte, qui savait trouver Dieu partout, ne balançait point à quitter ses exercices de piété lorsque son mari l'appelait, ou que sa présence devenait nécessaire quelque part. Elle avait coutume de dire en cette occasion, qu'une femme mariée doit quitter toutes les pratiques de dévotion pour se retrouver au milieu de son ménage. Toute sa maison était une école de vertu. Tout y était parfaitement réglé, pour les exercices de piété à l'intérieur, pour ceux de la charité au dehors. Ses principaux soins étaient pour l'éducation de ses trois enfants qui furent pieux comme des anges. Elle veillait continuellement à la garde de leur innocence, et traitait ses domestiques comme ses frères et sœurs, et comme ses cohéritiers futurs dans le royaume céleste ; elle ne négligeait rien pour les porter à travailler à leur salut.
Les serviteurs de Françoise avaient reçu l'ordre de ne jamais congédier soit un pauvre, soit un religieux sans lui être venu en aide; mais une année où la disette était extrême, Laurent craignit que la charité de sa femme ne le réduisît lui-même à la mendicité. Il lui enleva donc la clef du cellier, préleva la provision nécessaire à sa famille et vendit le reste. Mais quelques jours après il trouva dans ce même
grenier quarante mesures d'un froment magnifique. Il laissa dès lors toute liberté à Françoise de continuer ses largesses.
Françoise s'interdit, avec l'autorisation de son mari, l'usage du vin, du poisson, et tout ce qui pouvait flatter le goût, se vêtit d'une étoffe simple, et ne se permit l'usage de la viande que dans les maladies. Elle cachait sous ses habits un cilice et une ceinture de crin.
Une vie aussi austère fit beaucoup d'impression dans la ville de Rome. Cet exemple si édifiant porta ses fruits et retira plusieurs dames romaines des pompes du siècle, de la vanité des ornements, de l'oisiveté, de la vie molle et sensuelle. Il y en eut plusieurs qui s'assujettirent, comme elle, à des exercices réglés de dévotion, sous la conduite des Bénédictins de la congrégation du Monte-Oliveto, espèce de confrérie où l'on se dévouait spécialement au service de Dieu, sans quitter le monde, sans faire des vœux et sans porter d'habit particulier. Cette société naissante , formée par sainte Françoise, devint le berceau du célèbre institut connu sous le nom doublâtes.
Dieu, pour purifier la vertu de sa servante, l'éprouva par diverses afflictions durant les troubles qui suivirent l'invasion de Rome par Ladislas, roi de Naples, et pendant le grand schisme qui déchira l'Église sous le pontificat de Jean XXIII. Le mari de la Sainte fut banni de Rome en 1413, après avoir été dépouillé de tous ses biens, et son fils aîné fut gardé en otage. Au milieu de toutes ces calamités domestiques, Françoise disait avec le saint homme Job :
Dieu tria ôté ce qu'il m'avait donné. Son mari ayant été rétabli dans son premier état après l'extinction du schisme et la fin des troubles, elle continua son ancien genre de vie avec une nouvelle ferveur. Trente années de son existence furent employées à servir les pauvres, elle pansait leurs plaies et lavait leurs ulcères. Sur ces entrefaites une affreuse disette sévit. C'est alors que Françoise s'adjoignit Vannotia et alla de porte en porte quêter pour les pauvres. Pendant qu'elle se livrait à ces œuvres de charité, elle entendit les cris déchirants d'une mère dont l'enfant était mort sans baptême. Françoise entrant dans le logis de la mère infortunée ressuscita l'enfant et se sauva pour échapper aux actions de grâces.
Devenue veuve elle mit ordre à ses affaires et alla se présenter à la porte du couvent, nu-pieds et la corde au cou, demandant comme une grâce d'être admise au nombre des sœurs. « Je suis une misérable pécheresse, dit-elle, qui, après avoir donné au monde les plus belles années de sa vie, vient en offrir à Dieu les tristes restes. » Elle prit l'habit et fit son oblation le jour de saint Benoît de l'an 1437. Loin de se prévaloir de sa qualité de fondatrice, elle se regardait comme la dernière de ses sœurs, et ce fut malgré ses larmes et ses prières qu'on la nomma Supérieure de la communauté.
Dieu, pour récompenser ses vertus, et en particulier son humilité, la combla de mille faveurs. Un jour la sœur chargée du réfectoire ne trouva du pain que pour trois personnes. Françoise se rendit à la salle à manger, divisa le pain en autant de morceaux
pour ciiaque jour de l'année 343
qu'il y avait de religieuses. Toutes en mangèrent à satiété et il en resta pour le lendemain.
Elle eut le bonheur de voir son Ange avec elle. Ayant été obligée de sortir de son monastère pour aller voir l'un de ses fils qui était dangereusement malade, elle fut elle-même atteinte de la même maladie, et elle en mourut après avoir reçu les sacrements. Elle expira, le 9 mars 1440, dans la cinquantesixième année de son âge. Dieu attesta sa sainteté par de nombreux miracles.
Réflexions pratiques.
Bon nombre de saints ne sont donnés au monde que pour servir de modèles aux chrétiens dans un état, dans une profession particulière. Sainte Françoise a été appelée par le Ciel à vivre dans tous les états et toutes les situations où la femme chrétienne peut être placée. Vierge, épouse, veuve, religieuse, on la voit toujours docile à la grâce, pratiquant dans toute leur perfection les vertus propres à ces diverses vocations, et devenant ainsi un modèle frappant de la sainteté à laquelle Dieu invite les âmes dans toutes les situations où elles peuvent se trouver placées par sa volonté adorable. Ce qui fut le principe de tant de vertus et de perfection, fut l'éducation chrétienne qu'elle reçut de ses vertueux parents. A peine sortie du berceau, elle comprit que Dieu est le souverain bien, et son unique ambition fut d'être à lui sans partage ; aussi, âgée à peine de douze ans, conçutelle le projet de se consacrer à Dieu pour toujours. Si elle s'engagea dans les liens du mariage, ce ne fut que pour obtempérer aux désirs de ses parents.
Toutefois, dans cet état, elle fut constamment d'une piété remarquable.
Durant son veuvage, elle s'appliqua chaque jour à pratiquer toutes les vertus qui font l'ornement des personnes de sa condition. Elle comprit qu'elle était dans un état de deuil, de privation et de retraite, et que pour en soutenir l'honneur, elle ne pouvait mieux faire d'embrasser la vie religieuse. Là encore elle donna l'exemple du plus parfait dévouement. C'est ainsi que sainte Françoise mérita d'être proposée pour modèle des jeunes vierges, des épouses chrétiennes, des veuves et des religieuses. Quel contraste entre cette vie et celles de nos jeunes filles mondaines, qui deviennent des femmes dissipées et vaines, des veuves sans retenue et sans piété, aussi impuissantes à édifier qu'habiles à semer partout le scandale ! Oh ! éducation chrétienne, que tes fruits de sanctification sont abondants, mais qu'ils sont peu goûtés !
Plan de méditation.
I. Sainte Françoise modèle des jeunes vierges : 1° par sa modestie; 2° sa piété; 3° sa soumission à ses parents.
II. Sainte Françoise modèle des épouses vertueuses : 1° par sa soumission à son époux ; 2° par le soin qu'elle prend de ses enfants.
III. Sainte Françoise modèle des saintes veuves : 1° par sa résignation; 2° par ses œuvres de charité; 3° par les moyens qu'elle emploie pour achever sa sanctification.