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III. Rien de plus consolant que l'obéissance. (M. Hamon

SAINT JONAS ET SAINT BARACHISE, Martyrs

29 mars.

Une cruelle persécution s'éleva contre les chrétiens de Perse dans la dix-huitième année du règne de Sapor. Ce n'était partout que ruisseaux de sang, que

ruines d'églises et de monastères. Deux frères de la ville de Beth-Asa, Jonas etBarachise, chrétiens pleins de ferveur, ayant appris que plusieurs fidèles devaient être exécutés à Hubaham, accoururent aussitôt dans le dessein de les servir et de les encourager. Neuf d'entre eux reçurent la couronne du martyre. Immédiatement après l'exécution de ces neuf chrétiens , Jonas et Barachise qui les avaient exhortés à mourir plutôt que de renoncer à leur foi, furent arrêtés et conduits devant le gouverneur. Celui-ci mit tout en œuvre pour les porter à obéir au roi de Perse, et à adorer le Soleil, la Lune, le Feu et l'Eau. « Il est plus juste, répondirent les saints, d'obéir au roi immortel du ciel et de la terre, qu'à un prince sujet à la mort. » Le juge irrité d'entendre donner au roi le titre de mortel ordonna de séparer les deux confesseurs. Barachise fut enfermé dans un prison étroite et obscure et Jonas livré à d'affreuses tortures ; puis on le jeta dans un étang glacé, après lui avoir attaché une corde aux pieds. — Barachise ayant été conduit sur le soir devant le juge, on lui dit que son frère avait sacrifié. « Il n'en est rien, répondit-il ; je le connais trop pour le croire capable de rendre les honneurs divins à de viles créatures. » Il se mit ensuite à parler de la majesté et de la puissance du Dieu vivant avec tant de force et d'éloquence que le juge et son entourage en furent étonnés. « Ne permettons plus, se disaient-ils entre eux, qu'il parle en public; il serait à craindre que ses discours ne gagnassent ceux -de notre religion. » Il fut donc résolu que Barachise ne serait plus interrogé que la nuit. Ils ordonnèrent en même temps qu'on lui appliquât sur chaque bras des lames de

fer toutes rougies au feu, et qu'on lui versât du plomb fondu dans les narines et dans les yeux. « Par la fortune du roi, lui dirent-ils, si vous faites tomber une de ces lames, vous renoncez à la foi des chrétiens. — Je ne crains pas votre feu, répliqua tranquillement le martyr ; je ne secouerai point les instruments de mon supplice. Je vous prie seulement de me faire souffrir sans délai toutes les tortures que vous me préparez. On est plein de courage quand on combat pour Dieu. » On le ramena ensuite en prison où il fat pendu par un pied. Le lendemain on tira Jonas de l'étang, et on lui demanda s'il avait beaucoup souffert pendant la nuit : « Non, répondit-il, depuis que je suis au monde, je n'ai jamais goûté de délices aussi pures que cette nuit. Le souvenir des souffrances de Jésus-Christ a été pour moi une source de consolations ineffables. — Votre compagnon a renoncé. — Oui , je sais qu'il a renoncé depuis longtemps au démon et à ses anges. »

Lorsque le martyr eut cessé de parler, on lui coupa les doigts des mains et des pieds aussi bien que la angue ; on lui arracha encore la peau de la tête, après quoi on le plongea dans un bassin rempli de poix bouillante : mais la poix s'échappa tout à coup du bassin, sans avoir brûlé le serviteur de Dieu. Le juge, furieux, ordonna d'étendre le martyr sous une presse de bois, où on le serra avec la dernière barbarie. Enfin il fut scié par morceaux , et jeté dans une citerne desséchée que l'on fit garder, de peur que les chrétiens n'enlevassent les reliques du Saint. — Le gouverneur rappela ensuite Barachise et l'exhorta à avoir pitié de son corps. « Dieu qui l'a formé, répliqua-t-il,

le ressuscitera ; et vous, vous comparaîtrez un jour au tribunal de ce Dieu. » Aussitôt on enfonça, dans toutes les parties de son corps des éclats de roseaux aigus, puis on le roula par terre avec violence. Enfin on lui versa de la poix bouillante et du soufre dans la bouche. Ce dernier supplice réunit Barachise à son frère Jonas, au séjour de l'éternelle félicité. Ces saints martyrs reçurent la couronne immortelle le 24 décembre 337. Ils sont nommés le 29 mars dans le martyrologe romain.

Réflexions pratiques.

Quelles épreuves que celles par lesquelles passèrent nos saints martyrs 1 En même temps quel courage, quelle foi, quel amour pour Jésus -Christ ! Que leurs exemples nous instruisent et nous animent; puisque nous avons la même foi et que nous sommes appelés à la même gloire, opérons les mêmes œuvres sans faiblesse et sans respect humain. Dans les afflictions, les mépris et les persécutions, ne nous laissons point déconcerter. Mais souvenons-nous que les épreuves et les souffrances de cette vie sont des moyens puissants pour nous faire arriver à la gloire. — Mon Dieu ! donnez-moi le courage de vous demeurer fidèles dans toutes les situations par lesquelles il vous plaira de me faire passer.

Plan de méditation.

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