III. Leur supplice
SAINT ACACE OU ACHATE , Évêque d'Antioche 30 mars.
Acace ou Achate était évêque d'Antioche, en Asie. Les soins paternels qu'il avait pour son troupeau et le zèle qu'il déploya sans cesse pour le maintenir dans un attachement inviolable à la foi catholique, lui firent donner le surnom d'Agathange, qui signifie ange protecteur. Durant la persécution de Dèce, il fut conduit devant Martien, gouverneur de la province, et confessa généreusement Jésus-Christ. Voici sa glorieuse confession telle que nous la trouvons dans les registres publics. — « Comme vous avez le bonheur, lui dit le juge, de vivre sous les lois romaines, vous devez aimer et honorer les princes qui sont nos protecteurs. — De tous les sujets de l'empire, répondit Acace, il n'en est point qui honorent plus l'empereur que les chrétiens. Nous demandons sans cesse à Dieu, dans nos prières, qu'il lui accorde une vie longue, pleine de toutes sortes de prospérités ; qu'il lui donne l'esprit de justice et de sagesse pour gouverner ses peuples, et que la paix et l'abondance régnent dans toutes les provinces de l'empire. — Cette conduite est fort louable; mais pour convaincre l'empereur de votre soumission et de votre fidélité, venez lui offrir un sacrifice avec nous. — Je viens de vous dire que je prie le grand et le vrai Dieu pour le salut de l'empereur; mais il ne peut exiger le sacrifice que vous demandez ; ce culte n'est dû ni à lui, ni à aucun homme. — Dites-nous donc, reprit le gouverneur, quel Dieu
vous adorez, afin que nous puissions aussi lui offrir notre hommage et notre encens? — Je souhaite de tout mon cœur que vous le connaissiez. — Quel est son nom? — Il se nomme lui-même le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. — Sont-ce aussi des dieux? — Non, ce sont des hommes auxquels Dieu a parlé ! Il n'y a qu'un Dieu, et lui seul, doit être adoré, craint et aimé. — Quel est enfin ce Dieu, continua le magistrat? — C'est Adonaï, le Très-Haut, qui est assis sur les Séraphins et les Chérubins. — Qu'est-ce qu'un Séraphin? — Un des ministres du Très-Haut, un des princes de la cour céleste. — Quelles chimères débitez-vous là, repritle gouverneur? Laissezla vos êtres invisibles pour adorer des dieux que vous puissiez voir. — Dites-moi donc à votre tour, conti nua l'évêque, quels sont ces dieux à qui vous voulez que je sacrifie. — C'est Apollon, le sauveur des mortels, qui nous préserve de la peste et de la famine, qui éclaire et gouverne l'univers. » Au nom d'Apollon, Acace se mit à retracer, avec une juste dérision, les ridicules aventures de ce dieu. Il parla ensuite des infamies de Jupiter, des impudicités de Vénus : « Quand il s'agirait de ma vie, ajouta-t-il, je ne consentirai jamais à me prosterner devant ceux dont je rougirais d'imiter les exemples. Et vous comment pouvez-vous adorer des dieux dont vous puniriez les imitateurs ? — Le juge l'envoya en prison et rendit compte à l'empereur de ce qui venait de se passer. Dèce ayant lu la relation du procès fut si frappé de la sagesse et de la fermeté d'Acace, qu'il ordonna qu'on lui rendît la liberté, et qu'on lui permît de professer sa religion. Il ne laissa pas de récompen-
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ser le gouverneur, en lui confiant l'administration de la Pamphylie. La glorieuse confession de saint Acace est datée du 29 mars 350.
La conduite de saint Acace est bien propre à faire rougir une infinité de chrétiens qui, tous les jours, trahissent indignement Jésus-Christ en se laissant dominer par une coupable indifférence à remplir leurs devoirs et par un lâche respect humain à confesser la vraie foi. N'avons-nous jamais subi l'influence des mauvais serviteurs de Dieu?
Soutenez-nous, Seigneur, de votre grâce, dans les occasions où notre foi pourrait être exposée, afin que nous n'ayons jamais la lâcheté criminelle de rougir de vous et de votre Évangile.
Plan de méditation.