DES QUARANTE HEURES
Dès les premiers siècles de l'Eglise, les évêques ont recommandé aux fidèles de sanctifier les jours qui précèdent le Carême, par une plus grande assiduité à la prière, à la fréquentation des sacrements, et à d'autres exercices de piété. Malgré ces pressantes invitations, un grand nombre de chrétiens, oublient en ce temps, les saintes règles de l'Évangile pour se livrer aux excès les plus contraires à l'esprit de componction que l'Église s'efforce de leur inspirer. On dirait qu'ils veulent se dédommager, par avance, des saintes austérités de la pénitence qu'elle impose à ses enfants pendant la sainte quarantaine. Les désordres dont nous parlons sont d'autant plus déplorables, aux yeux d'un vrai chrétien qu'ils ont une origine plus honteuse. Ils nous arrivent des païens qui, deux fois par ans, c'est-à-dire à la fin de février et à la fin de l'été célébraient les bacchanales en l'honneur de Racchus. En ces jours, on voyait des hommes et des femmes ridiculement travestis, vêtus de peaux de tigres, de panthères et d'autres animaux, parcourir les villes et les campagnes, au son des tambours et des instruments de musique, en poussant des clameurs horribles, et se livrer, au milieu de leurs courses, à toutes sortes d'extravagances et de désordres. Ces réjouissances impies devinrent si criminelles et si infâmes que les païens, tout vicieux qu'ils étaient, ne purent s'emr pêcher de les condamner. Qui eût jamais pu croire que des chrétiens qui ont solennellement renoncé,
sur les fonts du baptême, aux folies du monde, eussent jamais songé de continuer ou de renouveler, au sein du christianisme, ces horribles dissolutions ! Et cela à la veille de la sainte quarantaine.
Dès le cinquième siècle, l'Église témoin de ces excès et de ces abominations, a établi des prières solennelles et des jeûnes pour réparer, par un hommage public, les désordres qui se renouvellent au temps du carnaval, et faire amende honorable à Notre-Seigneur Jésus-Christ de tant d'excès.
Plusieurs souverains Pontifes ont accordé une indulgence plénière aux fidèles qui, s'étant confessés et ayant communié, visitent une église où le Saint- Sacrement est exposé pendant les trois jours des quarante heures.
Réflexions pratiques.
Durant le Triduum des Quarante Heures, prions, faisons pénitence afin obtenir de Dieu les immenses miséricordes dont nous avons un besoin si urgent pour nous et pour les nombreuses âmes qui se souillent en ces jours de folles joies. Assistons aux offices avec de vifs sentiments de foi et de componction. Approchons-nous des sacrements, et supplions le Seigneur d'oublier les injures dont son cœur est abreuvé par des excès de toute espèce. Prions-le d'éclairer et de convertir ceux qui déshonorent si indignement la religion qu'ils professent. Prenons la résolution de passer fructueusement le saint temps du Carême et de préparer nos cœurs aux grandes solennités pascales.
Plan de méditation.