II. Son zèle pour la conversion des pécheurs
SAINT VINCENT DE PAUL, Prêtre
i^ juillet.
Saint Vincent de Paul, un des plus illustrés bienfaiteurs de Thumanité, Tange de l'infortune et l'intendant de la Providence, naquit le 24 août 1576 dans le midi de la France, au village de Poy, près
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d'Acqs, au pied des Pyrénées. Ses parents faisaient valoir par eux-mêmes une petite ferme qui leur appartenait, et ils tiraient du travail de leurs mains de quoi subsister avec leur famille. Ils avaient six enfants, qu'ils élevaient dans la piété et dans l'exercice des travaux de la vie champêtre. Les premières années de Vincent se passèrent à garder le troupeau de son père. On remarqua dès lors en lui le germe de cet amour pour les pauvres qui devait être un jour sa vertu dominante. Ayant une fois ramassé jusqu'à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l'envoyaient au moulin, s'il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion. Son père témoin de sa charité et de ses rares vertus, et remarquant en lui un talent extraordinaire, résolut, malgré la modestie de sa fortune, de le faire étudier, pour le diriger vers la carrière ecclésiastique. « Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre. » Il entra, à l'âge de douze ans, chez les Cordeliers de Dax, pour faire ses études, et se trouva bientôt en état de servir de précepteur aux enfants d'un riche avocat ; ce qui lui permit de continuer son éducation sans être à chargea sa famille. A l'âge de vingt ans, il se rendit à Toulouse, y fit son cours de théologie, et prit ses grades à l'université de cette ville. Il reçut le sous-diaconat le jour de l'Immaculée Conception ; et deux ans après fut ordonné prêtre. L'année suivante, Vincent fut obligé d'aller à Marseille pour recevoir un legs que lui avait laissé un de ses amis, mort dans cette ville. Pour retourner à Tou-
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louso il se décida, sur une proposition qu'on lui fit, à suivre la voie de la mer jusqu'à Narbonne, mais il fut pris par des pirates, maltraité, enchaîné, mené à Tunis et vendu d'abord à un pêcheur, puis à un médecin, après la mort duquel on le vendit à un renégat natif de Nice en Provence. Vincent fut exposé à toutes sortes d'épreuves durant cette captivité ; promesses, menaces, mauvais traitements, rien ne fut épargné pour ébranler sa foi. Le médecin qui fut son second maître, alla jusqu'à lui offrir de le faire son héritier s'il voulait abandonner sa religion. Vincent implora le secours du Ciel par l'intercession de la Sainte Vierge, et il se crut, toute sa vie, redevable à la mère de Dieu, d'avoir échappé à ces tentations. Le Seigneur récompensa cette constance. Une des femmes du renégat voulut un jour que son esclave chantât les louanges du Dieu qu'il adorait ; Vincent les larmes aux yeux chanta le psaume : Super flumina BabyloniSy et l'antienne : Salve Regina avec tant d'onction et de grâce que cette femme en fut vraiment touchée. Elle dit à son mari qu'il avait eu grand tort de quitter sa religion. Ces paroles firent une vive impression sur le renégat. Confus et le cœur plein de remords, il eut un entretien avec Vincent et lui déclara qu'il voulait redevenir chrétien et qu'il n'attendait pour cela que l'occasion de se sauver en Europe. Elle se présenta au bout de dix mois : le 28 juin 1607, Vincent s'embarqua avec son maître; après avoir franchi la Méditerranée, ils arrivèrent à Aigues-Mortes, d'oîi ils se rendirent à Avignon. Le renégat y fit son abjuration entre les mains du vicelégat. L'année suivante, il accompagna le Saint à
Rome, et entra chez les Frères de la Charité, pour y faire pénitence le reste de sa vie.
Vincent de Paul, après avoir satisfait sa dévotion dans la capitale du monde chrétien, revint en France. Vers cette époque il se lia d'amitié avec le cardinal de BéruUe, fondateur de TOratoire, qui l'engagea à accepter la petite cure de Glichy, près Paris. Avec les aumônes qu'il recueillit dans la capitale, il put rebâtir en entier et orner l'église de cette paroisse, nourrir les pauvres et faire fleurir la piété. Quelques années après, sur les conseils du cardinal, il quitta Glichy pour se charger de l'éducation des trois fils du comte de Gondy, général des galères de France. Ayant accompagné plusieurs fois ce seigneur à Marseille, il fut touché de l'état de détresse où se trouvaient alors les malheureux galériens. Son âiùe s'émut pour eux d'une immense compassion, et il résolut de travailler de tout son pouvoir à l'amélioration de l'état matériel et moral de ces pauvres condamnés. 11 se présenta au milieu d'eux comme un ange consolateur. A force de prévenances, de soins et de douceur, il gagna peu à peu leur confiance. Les conversions furent nombreuses, et bientôt on vit dans ces asiles du crime et de la corruption, la soumission et la résignation, succéder à la brutalité, aux blasphèmes et à la rage impie du désespoir. Le cardinal de Richelieu, frappé du bien produit par Vincent, obtint pour lui, du roi Louis XIII, le titre d'aumonier général des galères. Déjà, depuis plusieurs années Vincent s'était adjoint quelques prêtres, avec lesquels, il avait donné des missions dans les campagnes. On leur donna depuis
le nom de prêtres de la Mission ou Lazaristes. Ils furent érigés en congrégation par le pape Urbain VIII.
Le zèle de saint Vincent n'était pas satisfait. Il s'adressa à des dames très riches et très pieuses et avec leurs libéralités il établit les associations de charité pour le soulagement des pauvres de chaque paroisse. Celle des Dames de la Croix pour l'éducation des petites filles, celle des Dames de la Charité pour le service des malades dans les grands hôpitaux. C'est à lui que la ville de Paris doit la fondation de ces nombreuses maisons oti tant de malheureux trouvent asile et secours.
En ce temps-là une multitude d'enfants, fruit du libertinage, étaient chaque nuit exposés aux portes des églises ou sur les places publiques, et périssaient misérablement. Le cœur de Vincent, vivement touché du triste sort de ces innocentes créatures, chercha le moyen de remédier à un si grand mal. Il en recueillit d'abord un certain nombre qu'il confia aux Dames de la Charité, établies depuis quelques années pour le soulagement des pauvres malades des paroisses. Mais comme le nombre de ces enfants croissait chaque jour, Vincent fonda une congrégation de Filles de la Charité pour pouvoir en recueillir un plus grand nombre et leur prodiguer des soins plus tendres. On l'appelle aujourd'hui Congrégation de Saint-Vincent de Paul. Elle a donné naissance à une foule d'autres établissements du même genre, non seulement en France, mais encore dans toutes les parties du monde chrétien, en sorte qu'on peut dire que les malades et les malheureux de tous les pays
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doivent à saint Vincent les soins admirables que leur prodiguent les religieuses de tout ordre dans les hôpitaux.
Le grand Apôtre de la charité avait employé quatre-vingts ans à secourir tous les genres d'infortune. Une fièvre violente épuisa le peu de forces qui lui restaient. Il mourut à Saint-Lazare, le 27 septembre 1660, après avoir reçu les derniers sacrements avec tous les sentiments de la foi la plus vive et du plus ardent amour. Clément XlIIle canonisa et fixa sa fête au 19 juillet.
Réflexions pratiques.
Si, après le grand saint Paul, il y a un homme qui puisse se glorifier de son amour immense pour ses frères et ses bienfaits incomparables, c'est sans contredit l'illustre Vincent de Paul. Qui pourrait dire son zèle infatigable pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, son amour pour les pauvres, pour les malheureux de tout genre? Que d'infortunes il soulagea, que de larmes il essuya, que de maux il adoucit pendant sa vie et après sa mort! Les établissements si utiles et si nombreux qu'il a fondés existent encore et servent à secourir les corps et les âmes des pauvres, des riches, des justes et des pécheurs. C'est ainsi que saint Vincent a donné des marques non équivoques de sa charité pour le prochain. Cette charité ne peut être réelle dans un cœur sans se produire au dehors par des œuvres. Comment l'avonsnous pratiquée ? Que d'occasions d'être utile à nos frères et nous les avons perdues ! Comment au moins avons-nous accompli les œuvres indispensables ? III. 7
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Grand Apôtre de la charité^ aidez-nous à marcher sur vos traces.
Plan de méditation.
I. Dieu, voulant personnifier la charité, a choisi 1^ un Français, un prêtre ; 2^ un pauvre, c'est saint Vincent de Paul.