‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 15 sur 67 · SAINTE MARIE-MAGDELEINE · texte numérisé non relu

SAINTE MARIE-MAGDELEINE

22 juillet.

Marie-Magdeleine , sœur de Marthe et de Lazare, était d'une famille distinguée de Béthanie, bourg situé à deux heures de Jérusalem. Après la mort de ses parents, Marie avait reçu pour héritage le château de Magdala, en Galilée, d'où lui vint le surnom de Magdeleine. Lazare et Marthe avaient hérité des propriétés qui étaient à Béthanie et autour de Jérusalem. Marie s'étant retirée à Magdala, et se trouvant ainsi livrée à elle-même, s'abandonna bientôt à tous les penchants corrompus du cœur; elle devint le scandale de toute la Galilée, et on ne la connut que sous le nom de pécheresse publique. En punition de ses crimes, elle fut possédée du démon jusqu'au jour oîi le Sauveur, lui remettant ses péchés, l'affranchit de cette domination horrible. Le divin Maître commençait alors à remplir toute la Judée de l'éclat de ses miracles et de la bonne odeur de sa sainteté : il venait [de ressusciter le fils de la veuve de Naïm, lorsque Marie-Magdeleine eut la curiosité de le voir et de l'entendre. Ayant ouï dire à Jésus ces douces et consolantes paroles adressées à la foule : «Venez à moi vous tous qui êtes fatigués... et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Mettez-vous sous mon joug, et apprenez de moi... que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes ; car mon joug est doux et mon fardeau léger. » Attirée par tant de mansuétude et de bienfaisance, Magdeleine entra un jour à la suite de Jésus

dans la maison de Simon, le Pharisien. Elle avait à la main un vase d'albâtre plein d'huile odorante, elle se jeta aux pieds de Jésus, les arrosa de ses larmes et de parfums, les essuya de ces cheveux et les baisa respectueusement. Cependant le Pharisien disait en lui-même: «Si cet homme étaitprophète, il saurait quelle est cette femme qui le touche et que c'est une pécheresse. » Mais Jésus pénétrant la pensée de son hôte. « Simon, j'ai quelque chose à vous dire : — Maître, parlez. — Un créancier avait deux débiteurs; l'un lui devait cinq cents deniers et l'autre cinquante. 11 remit à tous deux leur dette, parce qu'ils n'avaient pas de quoi s'en acquitter. Après cela, qui des deux l'aimera le plus? — Je pense, reprit le Pharisien, que c'est celui à qui il a remis davantage. — Vous avez bien jugé, dit Jésus, » et se tournant : « Voyez-vous cette femme! ajouta-t-il. Je suis entré dans votre maison ; vous ne m'avez pas donné de l'eau pour me laver les pieds, 'et elle, au contraire, a arrosé mes pieds, de ses larmes et les a essuyés de ses cheveux. Vous ne m'avez point donné de baiser, mais elle, depuis qu'elle est entrée, n'a cessé de baiser mes pieds. Vous n'avez pas versé de parfum sur ma tête, et elle a versé sur mes pieds une huile précieuse. C'est pourquoi, je vous le dis, beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais celui-là aime moins à qui on remet moins. » Puis il dit à cette femme : « Vos péchés vous sont pardonnes... votre foi vous a sauvée, allez en paix. » Et Marie fut délivrée du démon. Pour lui témoigner sa reconnaissance à Jésus, elle s'attacha à son service et le suivit jusques au pied de la croix.

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Un jour, Marthe, Lazare et Marie faisaient un festin à Jésus. Marthe, pour traiter son hôte avec distinction, se donnait toutes sortes de mouvements et de sollicitude. Marie, au contraire, était assise aux pieds du Sauveur, écoutant ses divines paroles et tâchant de se les approprier par la méditation. Marthe, s'étant tournée vers le Sauveur, s'en plaignit : (( Dites, je vous prie, à ma sœur qui me laisse toute la peine, de m'aider. — Marthe, Marthe, vous vous troublez et vous vous inquiétez pour une foule de choses; une seule pourtant est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. )) Ainsi le divin Maître, sans blâmer la vie active de Marthe, donnait cependant la préférence à la vie contemplative de Marie.

Le Fils de Dieu pour éviter la fureur des JuifS; ayant quitté la Galilée, se retira au delà du Jourdain. C'est dans cette circonstance que Lazare tomba malade et que l'heureuse famille, que Jésus aimait, fut plongée dans la tristesse. Comme la maladie s'aggravait considérablement, les deux sœurs de Lazare envoyèrent un messager à Jésus pour lui dire : (( Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Lorsque le Sauveur fut de retour à Béthanie, Lazare était depuis quatre jours dans le tombeau. Les deux sœurs infortunées, apprenant l'arrivée du divin Maître, coururent à sa rencontre et se jetèrent à ses pieds en pleurant, elles lui dirent : Seigneur^ si vous eussiez été ici, notre frère ne serait point mort,., Jésus à la vue de tant de douleur se troubla lui-même et frémit en esprit. Ou Vavez vous posé? dit-il. On le conduisit au tombeau en disant: Venez et voyez. 'Et

le Fils de Dieu pleura. A la vue de ses larmes, quelques Juifs se disaient à voix basse : Voyez comme il aimait Lazare. Aussitôt Jésus, levant les yeux au Ciel, fit une prière, puis il dit d'une voix forte : Lazare^ sortez de votre tombeau^ et Lazare obéit.

Cependant, Theure approchait oîi le Fils de Dieu devait consommer la Rédemption du monde par le sacrifice de sa vie. Six jours avant sa mort tragique, c'est-à-dire la veille de son entrée triomphante à Jérusalem, il soupa avec Lazare et ses disciples chez Simon, qu'il avait guéri de la lèpre. Pendant le repas on vit apparaître, dans la salle du festin, Marie-Madeleine portant un vase d'albâtre rempli d'un parfum précieux qu'elle répandit sur la tête et sur les pieds du Sauveur. C'est alors que Judas s'écria avec indignation : (( A quoi bon la perte de ce parfum. On pouvait le vendre plus de trois cents deniers et les donner aux pauvres. » Jésus prend aussitôt la défense de sa fidèle amante, a Pourquoi attristez-vous cette femme ? Son action envers moi est bonne ; car vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m'aurez pas toujours. » — Mais c'est dans la passion de son Seigneur que se manifesta dans toute sa force l'amour de la pécheresse convertie. Tous les Apôtres ont fui à l'arrestation de leur Maître. Mais Madeleine le suit et l'accompagne partout; même au Calvaire où elle se tient au pied de la croix avec la Sainte Vierge. Là, elle le vit mourir.

Quand vint le moment de mettre Jésus-Christ dans le tombeau, Magdeleine était présente et resta avec les autres femmes près du sépulcre. Leur dessein était de l'embaumer de nouveau, mais ce travail

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étant défendu à cause du Sabbat, elles suivirent les prescriptions de la loi. Le lendemain, de grand malin, elles se rendirent au tombeau emportant leurs parfums. Quelle fut leur surprise et leur affliction quand elles virent le sépulcre vide! Magdeleine cou. rut avertir Pierre et Jean. Ces deux apôtres étant venus vérifier le fait, s'en retournèrent. Magdeleine resta à pleurer auprès du sépulcre. Quelques instants après elle vit deux anges vêtus de blanc, qui lui dirent : « Femme, pourquoi pleurez-vous? — C'est répondit-elle, qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils Font mis. » Lorsqu'elle eut dit cela, elle se retourna et vit Jésus debout, et elle ne savait pas que c'était le Maître. Et Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleurez-vous? » Elle, croyant que c'était le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi oti vous l'avez mis et je l'emporterai. )) (( Marie», lui dit le Sauveur. A ce mot, Magdeleine le reconnut, et s'écriant : « Mon Maître ! w elle se jeta à ses pieds pour les embrasser. « Ne me touchez pas, répond le Sauveur, mais allez annoncer aux Apôtres le fait de ma résurrection. »

L'Évangile garde le silence le plus absolu sur la suite de la vie de Magdeleine, Selon une tradition populaire, après la descente du Saint-Esprit, Marie, Marthe et Lazare furent exilés de Jérusalem. On les embarqua sur un vaisseau à demi brisé, sans voiles, sans avirons, au moment d'une aflreuse tempête. Mais celui qui commande aux flots guida le navire vers le port de Marseille, oti il entra à la vue de tout le peuple étonné. La famille exilée prêcha le Christ à ce peuple idolâtre qui se convertit en grand nombre.

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Quelques années après, Marie se retira dans le désert de la Sainte-Baume, près de la ville de Saint-Maximin. C'est là qu'elle mena une vie toute céleste durant trente ans, dans de continuelles communications avec les anges. Sa pénitence fut extrême. Elle n'eut d'autre abri que le vaste caveau de la Sainte- Baume, d'autre lit que les rochers, et d'autre nourriture que quelques racines qui croissaient autour de sa grotte. On conserve encore aujourd'hui ses précieuses reliques dans la magnifique église de Saint-Maximin, desservie par les Dominicains.

Réflexions pratiques.

Marie-Magdeleine, que nous voyons aujourd'hui aux pieds de Jésus-Christ, les arrosant de ses larmes, était naguère une femme plongée dans le désordre, esclave des passions les plus honteuses. Cette illustre pénitente, après avoir connu le divin Maître, renonça à ses plaisirs criminels, changea de vie et devint par le repentir la plus fidèle amante du Sauveur. Heureuses les larmes de Magdeleine qui ont efl*acé tous ses crimes ! 0 mon âme! quand pleurerons-nous les désordres de notre vie passée? Qu'attendons-nous? Il faut à l'exemple de sainte Magdeleine s'attacher à Dieu et le suivre jusqu'à la mort ; pour cela il est nécessaire de changer de vie. Monde, plaisirs, honneurs je vous quitte pour toujours, laissez-moi désormais pleurer mes péchés.

Magdeleine verse des larmes de compassion, lorsqu'elle voit Jésus entre les mains des bourreaux; elle l'accompagne jusqu'au Calvaire; elle demeure

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SOUS la croix et mêle ses larmes au sang adorable de Jésus-Christ.

Nous chrétiens , nous voyons tous les jours le Sauveur mourant en croix, nous assistons à sa passion renouvelée dans l'Eucharistie, et cependant nous ne versons pas une seule larme! C'est que nous n'avons pas un cœur plein d'amour et de tendresse pour Jésus comme Magdeleine. 0 mon Dieu! embrasez mon âme du feu de votre charité.

I. Amour tendre et ardent de sainte Magdeleine pour Jésus, qui adoucit tout ce qu'elle entreprend de plus amer pour lui.

II. Amour fort et généreux qui ne connaît plus rien qu'elle ne lui sacrifie.

SAINT APOLLINAIRE, Évêque et Martyr

23 juillet.

Saint Apollinaire, apôtre et premier évêque de Ravenne, avait été disciple du Sauveur. Après l'Ascension de l'Homme-Dieu, il accompagna saint Pierre à Antioche, oîi il travailla sous la conduite du saint Apôtre avec tant de zèle et de succès, que saint Pierre quittant Antioche lui demanda de l'accompagner en Italie et à Rome. A leur arrivée, le saint apôtre, instruit des desseins de la Providence sur son cher compagnon, le sacra évêque et l'envoya à Ravenne. Le désir extrême qu'avait saint

Apollinaire de répandre son sang pour Jésus-Christ, lui fit recevoir sa mission avec une joie extraordinaire. L'espérance de trouver le martyre au milieu d'un peuple furieusement attaché au culte des faux dieux et à toutes les superstitions du paganisme, le fit partir avec empressement. Il était sur le point d'entrer dans la ville, lorsqu'un jeune enfant aveugle le prenant par sa robe lui demanda Taumône. Le Saint touché du triste état de ce pauvre malheureux lui donna généreusement et, faisant sur lui le signe de la croix, il lui rendit la vue. Cette merveille assembla de nombreux curieux autour de Tétranger. Notre Saint, profitant des heureuses dispositions oti ce miracle avait mis les esprits, leur parla à peu près comme avait parlé saint Pierre aux Juifs, après avoir guéri le boiteux à la porte du temple de Jérusalem : « Mes amis, leur dit-il, le miracle dont vous venez d'être les témoins, n'a point été opéré par ma puissance, mais au nom du vrai Dieu que je viens vous annoncer, et il n'y a point de salut à espérer si on n'embrasse pas sa religion. » On ne tarda point à admirer les fruits de son apostolat. Le père du miraculé embrassa la foi de Jésus-Christ avec toute sa famille. Cette merveille se répandit par toute la ville et chacun s'empressa devenir voir et entendre le Saint, Un officier qui commandait un corps de soldats apprenant ce qui était arrivé, pria le Saint d'aller chez lui voir sa femme malade depuis plusieurs années et qui se mourait. Apollinaire étant entré chez la malade, et la voyant sur le point d'expirer, adressa à Dieu une prière, fit sur elle le signe de la croix, puis lui commanda au nom de Jésus-Christ de se lever.

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Cette femme, sentant ses forces revenir, cria la première au miracle, se leva, se jeta aux pieds du Saint avec toute sa famille; chacun confessa qu'il n'y a de vrai Dieu que le Dieu des chrétiens et tous demandèrent le baptême.

De si heureux commencements furent suivis d'une abondante moisson. L'officier converti à la foi de Jésus-Christ donna une de ses maisons de Ravenne à notre Saint. Le nombre des fidèles devint si considérable en peu de temps que le saint évêque fut obligé de se former comme un petit clergé en se choisissant des disciples qui pussent Taider dans les sacrées fonctions de son ministère. Les saints mystères s'y célébraient avec un religieux respect ; on chantait les louanges du Seigneur avec une édifiante piété ; le zélé pasteur y distribuait au troupeau le pain de la parole. Quoique ces exercices de religion se fissent la nuit et en secret, selon Tusage de ces temps de persécution, on ne put les tenir si cachés que les païens ne s'en aperçussent. Apollinaire fut pris, traîné hors de la ville et gravement maltraité par les prêtres des idoles. Les chrétiens qui le croyaient mort, l'ayant trouvé plein de vie sur le bord de la mer, le cachèrent pendant quelque temps dans une maison qui ne tarda pas à devenir une église. Six mois après, ayant rendu par ses prières la parole à Boniface, homme noble, et délivré sa fille d'un démon impur, il vit s'allumer contre lui une nouvelle sédition, il fut frappé de verges ; on l'obligea à marcher nu-pieds sur des charbons ardents. Le feu ne lui ayant fait aucun mal, Apollinaire fut chassé de la ville. S'étant caché avec quelques

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chrétiens, il partit ensuite pour l'Emilie oîi il annonça l'Evangile avec des fruits incroyables. Mais le troupeau ne put souffrir plus longtemps l'absence de son cher pasteur. Les chrétiens de Ravenne l'ayant obligé d'y revenir, il y fut reçu avec des transports de joie qui lui firent bientôt oublier ses fatigues. Rufin, ancien patrice, ayant appris le retour de l'homme de Dieu, le fit prier de venir voir sa fille dangereusement malade. Le Saint ne fut pas plus tôt arrivé au logis que la fille expira. Le père désolé crut que c'était un effet de la colère de ses dieux et s'emporta contre Apollinaire. Le Saint sans s'émouvoir : « Promettez-moi, seigneur, lui dit-il, que si Jésus-Christ vous rend votre fille, vous ne l'empêcherez pas de suivre son Sauveur. — Je vous jure, répond le père affligé, que si votre Dieu ressuscite ma fille, elle et moi et toute ma famille nous n'aurons plus d'autre Dieu que lui. » Le Saint ayant fait sa prière : « Au nom de Jésus-Christ, s'écrie-t-il, levez-vous, ma fille, et rendez grâces à votre bienfaiteur. » Au même instant la fille se lève, et dit à haute voix : « Le Dieu d'Apollinaire est le seul vrai Dieu. » Toute la maison retentit de cris de joie. Plus de trois cents personnes reçoivent le baptême. Rufin devient un des chrétiens les plus zélés, et sa fille l'exemple des vierges chrétiennes.

Le préfet informé de tant de merveilles envoya prendre Apollinaire, le fit appliquer à une cruelle torture ; il ordonna qu'on déchirât son corps à coups de fouet et qu'on répandît de l'huile bouillante sur ses plaies. Mais le Saint ne cessait de chanter les louanges de Dieu. Le tyran lui fit briser les mâchoires à coups

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de pierres. Quatre jours après, il l'envoya en exil dans la Grèce. Le navire sur lequel il était monté ayant fait naufrage, il aborda en Mysie, puis il gagna les rives du Danube et alla en Thrace. Là, le démon qu'on adorait au temple de Sérapis, déclara qu'il ne rendrait point d'oracle, tant que le disciple de l'apôtre Pierre demeurerait dans le pays. Après de longues recherches on trouva le Saint qui fut obligé de se rembarquer. La Providence le ramena pour la troisième fois à Ravenne au milieu des acclamations des fidèles. Plus tard, étant encore accusé par les prêtres des idoles, il fut remis à la garde du centurion. Celui-ci qui était chrétien, quoique en secret, le mit en liberté pendantla nuit. Mais aussitôt que la fuite du confesseur fut connue^ on envoya des satellites à sa poursuite. Ceux-ci l'atteignirent, l'accablèrent de coups et le laissèrent pour mort sur le chemin. Les chrétiens le recueillirent et sept jours après il quitta ce monde, honoré de la gloire du martyre au moment où il exhortait ses disciples à professer constamment la foi. Son corps fut enseveli près des murs delà ville, le 23 juillet 81.

Réflexions pratiques.

Procurer la gloire de Dieu, la chercher en tout e partout, tel a été le principal caractère des saints, telle a été la grande devise de saint Apollinaire en particulier. Cet illustre disciple de Jésus-Christ a travaillé avec ardeur à la propagation du royaume et de la gloire du Sauveur. 11 a glorifié son divin Maître par sa sainteté héroïque, qu'il avait puisée dans le cœur même deTHomme-Dieu et dans ses relations

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fréquentes avec les Apôlres, etles premiers martyrs de la religion chrétienne. Il a glorifié Jésus-Christ en remplissant dignement le ministère évangéliqueavec tout le zèle d'un véritable apôtre, avec toutes les vertus d'un saint évoque. Il a glorifié le divin Maître en propageant son royaume et sa doctrine céleste, en opérant une foule de conversions, en combattant généreusement contre le règne de Satan et le culte des idoles. Il a glorifié le Sauveur par son courage à confesser sa foi en face des persécuteurs les plus cruels et par sa constance au milieu des plus affreux tourments. Il a enfin glorifié l'Homme-Dieu par Teffusion de son sang, par la grande voie du martyre, qui est la plus éclatante glorification du divin Maître, le plus beau témoignage offert à sa divinité. Pouvons-nous nous flatter d'avoir toujours glorifié Jésus dans les combats de la vie chrétienne? Comment avons-nous soutenu l'honneur du Christ et de son Église, les droits sacrés de la justice et de la vérité? Une déplorable lâcheté, un coupable respect humain ne nous ont-ils pas bien souvent arrêté dans le chemin du devoir et de la vertu? Rougissons de notre faiblesse et de notre pusillanimité. Et prenons la résolution de chercher en tout et partout la gloire de Dieu suivant la recommandation de saint Paul : Omnia in gloriam Dei facile; et le Seigneur de son côté saura nous glorifier en ce monde et en l'autre.

Plan de méditation.

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