III
les plus sublimes, mais elle s'est surtout appliquée à les faire germer et fructifier dans le cœur de son enfant qu'elle consacra à Dieu dès le jeune âge. Mères chrétiennes qui avez un si grand rôle à jouer dans l'éducation de vos enfants, venez à l'école de sainte Anne ; cette mère incomparable vous apprendra à remplir dignement les saintes obligations de la maternité. Elle vous dira ce que vous avez à faire pour élever vos enfants dans l'amour et la crainte de Dieu, et comment vous devez veiller jour et nuit sur ce dépôt sacré que Dieu vous redemandera un jour. Puisse l'esprit de sainte Anne vous animer et vous convaincre de l'importance de ce grave et salutaire enseignement.
Plan de méditation,
I. Ancienneté et popularité de la dévotion envers sainte Anne.
IL Trois motifs de cette dévotion : 1° sa dignité ; 2° sa sainteté ; 3^ sa puissance.
SAINT PANTALÉON, Médecin et Martyr
27 juillet.
Saint Pantaléon, l'un des plus illustres martyrs de la foi de Jésus-Christ, était de Nicomédie. Son père^ nommé Eustorge, était païen, et sa mère, appelée Eubule, était une excellente chrétienne. Elle sut très bien profiter des dispositions avantageuses de l'esprit de son fils pour y faire germer les pensées
de la religion. Mais elle mourut avant que Pantaléon fût en âge de mettre à profit ses instructions. Aussi bientôt les passions et les mauvais exemples étouffèrent le fruit de ses leçons. Le jeune Pantaléon fut laissé complètement à la direction d'un père païen qui lui inspira uniquement le goût du monde et le désir d'y briller. On le destina à la carrière des belleslettres. Le jeune homme naturellement disposé à ce genre de travail y fit des progrès rapides. Il s'attacha avec une prédilection particulière à l'étude de la médecine, et avec le temps il devint si célèbre que Maximien-Galère le prit pour son médecin et voulut l'avoir près de lui. Au sein d'une cour idolâtre où les fausses maximes du monde étaient continuellement applaudies, Pantaléon reprit lui-même les idées du siècle, en fit la règle de sa conduite et finit par oublier complètement les principes de la religion qu'il avait reçus sur les genoux de sa vertueuse mère . Mais Dieu ne permit pas qu'il restât longtemps dan? un état si funeste. Un saint prêtre, nommé Hermolaûs, ayant eu occasion de le voir, fut charmé de son esprit, de sa douceur, de ses bonnes manières. Il jugea par ses discours et sa physionomie que ce jeune homme avait dû avoir une autre école que celle du paganisme. «Je ne sais si je me trompe, lui dit-il, mais il me semble que votre esprit et votre cœur n'ontpas toujours étépaïens. )> Pantaléon lui raconta alors comment il avait reçu les premières principes du christianisme de sa mère ; comment il les avait oubliés dans l'étude des lettres et à la cour de l'empereur. « Maintenant je n'étudie qu'une chose, ajouta-t-il, c'est la médecine. — J'avoue que vous
vousyôles rendu habile, reprend le saint prôtre ; mais que vous serviront toutes ces connaissances, si vous ignorez la science du salut? Jésus-Christ est bien un autre maître que Gallien et Esculape. Ceux-ci ne donnent que des préceptes fort bornés, et encore plus équivoques pour conserver une santé qu'on doit nécessairement perdre; au lieu que la doctrine de notre divin Maître donne la vie ; et cette vie dans le ciel ne se perd plus. » Hermolaiis, voyant que ses paroles faisaient impression sur Pantaléon, lui expliqua les principales vérités de notre religion avec tant de netteté et d'énergie que le médecin en parut presque convaincu et promit au saint prêtre qu'il penserait sérieusement à ce qu'il avait à faire. Ces heureuses dispositions s'affermirent par un miracle qu'il opéra en invoquant le nom de Jésus- Christ. Un jour qu'il se promenait dans la campagne, il rencontra un enfant mort et tout près de lui une vipère. Il ne douta pas un instant que c'était la morsure du reptile qui avait tué le pauvre enfant. Tout à coup il se sentit animé d'une si grande confiance en Jésus-Christ, dont Hermolaiis lui avait dit tant de merveilles, qu'il ne craignit pas de dire : « Enfant, lève4oi au nom de Jésus-Christ! » Puis, se tournant vers la vipère, il ajouta : « Ettoi, méchante bête, reçois le mal que tu as fait ! » Au même instant, l'enfant reprit la vie et la vipère mourut. Pantaléon n'hésita plus à se faire baptiser. — Le salut de son père fut la première pensée du néophyte : la chose était difficile ; mais rien d'impossible à qui travaille avec Dieu. La prière, la douceur, l'insinuation furent les armes employées par lui ; un miracle acheva le
triomphe. Un aveugle, étant venu trouver Pantaléon, lui dit : « J'ai dépensé une partie de mes biens pour recouvrer la vue, mais mes remèdes m'ont été plus nuisibles qu'utiles ; je vois moins à présent qu'autrefois. Ne pourriez-vous pas vous-même me secourir? — Je vous guérirai, dit le médecin, si vous vous engagez à devenir chrétien. » L'aveugle ayant promis sans hésiter, Pantaléon invoqua le nom de Jésus- Christ sur le malade et le guérit. Le père, témoin de ce miracle, en fut ébranlé et voulut recevoir le baptême avec le miraculé.
De ce jour Pantaléon devint un apôtre. Ayant perdu son père peu de temps après, il vendit tous ses biens et il en distribua le prix en bonnes œuvres, ne se réservant, pour vivre, que le revenu de sa profession. Cette profession fut un puissant moyen de gagner de nombreuses âmes à Jésus-Christ ; on le demandait pour soigner les corps, et il s'occupait surtout de guérir les âmes; par son zèle industrieux, il accrut le nombre des fidèles de Nicomédie.
Des médecins, jaloux de sa haute réputation, le dénoncèrent à l'empereur comme chrétien et comme apôtre du christianisme. Ils apportèrent en preuve de leur témoignage la guérison et la conversion de l'aveugle. Ce prince extrêmement surpris d'apprendre qu'il entretenait un ennemi de ses dieux à la cour, voulut s'en informer lui-même. Il fit venir l'aveugle que le Saint avait guéri, et dont chacun s'entretenait et l'interrogea. Ce nouveau chrétien raconta tout simplement à l'empereur ce qui s'était passé, et que c'était au seul nom de Jésus-Christ que le médecin Pantaléon lui avait rendu la vue. Maxi-
mien ayant voulu lui persuader que c'était aux dieux de l'empire qu'il devait sa guérison : « Hélas ! mon prince, s'écrie le chrétien, comment voulez-vous que les dieux qui n'y voient point, puissent rendre la vue ?)) Une réponse si hardie irrita si fort l'empereur, que sur-le-champ il lui fit couper la tête.
L'empereur, ne doutant plus que Pantaléon ne fût chrétien, le fit appeler. «Je n'eusse jamais cru, lui dit-il, d'un air fâché que l'homme de ma cour que j'ai le plus comblé d'honneurs et de biens, fût le plus grand ennemi qu'aient les dieux de l'empire. » Le Saint répondit avec fermeté : «Prince, j'avoue que je suis chrétien. Je ne vous dirai pas les motifs qui m'ont amené à embrasser cette religion. Je ne chercherai pas même à la défendre par de longs arguments. Voulez-vous qu'un fait décide entre vous et moi ? Faites venir un malade abandonné des médecins, que vos prêtres invoquent leurs dieux, j'invoquerai le mien. Et nous verrons qui le guérira. » Tous les assistants applaudirent, et l'empereur n'osa pas reculer. On fit donc venir un homme perclus de tout ses membres et abandonné depuis longtemps des médecins. Les prêtres païens épuisèrent toutes leurs invocations, toutes leurs formules de prières, tous leurs sacrifices, et le malade resta toujours paralysé. Pantaléon, après avoir adressé à Dieu sa prière, fait le signe de la croix sur le malade : « Au nom de Jésus-Christ, dit-il, je t'ordonne de te lever, » et le malade se leva guéri. Ce miracle fit une profonde impression sur l'esprit des spectateurs, et beaucoup se convertirent. Mais les prêtres des idoles crièrent à la magie. C'était làleur ressource ordinaire.
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L'empereur eut honte d'être vaincu ; il fit conduire Pantaléon sur la place et là, aux yeux de tout le peuple, le fit déchirer avec des ongles de fer, puis jeter dans une chaudière pleine de plomb fondu. Comme il n'en fut nullement incommodé, il ordonna qu'on le précipitât dans la mer, après lui avoir attaché au cou une pierre d'une énorme grosseur, mais le martyr se promena sur les flots affermis. L'empereur, épouvanté par tant de prodiges, lui fit trancher la tête, le 27 juillet 305.
Saint Pantaléon est, après saint Luc, le premier patron des médecins.
Réflexions pratiques,
La langue, dit saint Jacques, n'est qu'une petite partie de notre corps, et cependant de quoi n'estelle pas capable? Pour se faire une idée de la grande influence de la langue sur la vertu, comme sur le vice, il suffit de jeter un regard sur la vie de saint Pantaléon que nous honorons en ce jour. C'est la voix d'un père païen, ce sont les maximes d'une cour corrompue qui le retiennent dans les ténèbres de l'idolâtrie. Tant qu'il reste sous l'influence des langues méchantes et trompeuses ; tant qu'on fait retentir à ses oreilles des discours flatteurs et mensongers, il reste loin de Dieu, lâche la bride à ses passions. Quelle n'est pas, en effet, la puissance de la langue pour le mal ! C'est par la langue qu'on outrage le grand Maître de la terre et des cieux, en murmurant contre sa Providence, en manquant de respect \ son saint nom, à sa loi divine, aux personnes et aux choses saintes, par des blasphèmes
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audacieux, par des discours de raillerie ou d'impiété par des mensonges, des médisances et des calomnies coupables...
Mais aussi quelle puissance dans la langue pour opérer le bien. C'est la voix, ce sont les exhortations d'un saint prêtre qui opèrent une admirable transformation dans les pensées, les désirs, les jugements et toute la conduite de saint Pantaléon, et en font un intrépide chrétien et un glorieux martyr. C'est aussi par la langue que nous pouvons, nous-même, travailler d'une manière très efficace, et à la gloire de Dieu, et au bien de nos frères, et à la sanctification de notre âme. N'est-ce pas par la langue que chaque jour nous bénissons le Seigneur, exaltons le saint nom de Jésus et de Marie, que nous honorons les saints, soulageons les âmes du purgatoire, consolons la veuve et Forphelin... 0 langue humaine, que de mal, mais que de bien tu fais chaque jour ! Veillons donc sur notre langue et faisons-en un saint usage.
Imposez, Seigneur, et placez à notre bouche une garde de sagesse et de circonspection: Pone, Domine^ custodiam ori meo.
Plan de méditation.
Le médecin saint Pantaléon portait remède à trois sortes de maux : 1« à la pauvreté, par ses largesses : 2° à la maladie, par ses soins et par la vertu de Jésus- Christ : 3o aux besoins de l'âme, en convertissant les idolâtres et en soutenant par ses exemples les chrétiens persécutés.
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