‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 28 sur 67 · I. Sainte Claire revêtue de force · texte numérisé non relu

I. Sainte Claire revêtue de force

IL Sainte Claire revêtue de gloire.

SAINT HIPPOLYTE ET SAINT GASSIEN, Martyrs

13 août.

Saint Hippolyte était chevalier romain et avai reçu de l'empereur Valérien l'ordre de garder saint

Laurent et d'obliger le saint diacre à découvrir les trésors de l'Église que Ton croyait lui avoir été confiés par le pape saint Sixte. Hippolyte emmena le martyr avec lui et le jeta en prison avec plusieurs autres tant chrétiens qu'idolâtres; mais il devint bientôt lui-même son captif. Voyant les grands miracles que Laurent faisait au nom du vrai Dieu, admirant surtout que, par la seule imposition des ses mains, il rendait la vue aux aveugles, il crut en Jésus-Christ, et, se soumettant au joug salutaire de la foi, il voulut être baptisé. Il reçut en effet le baptême des mains du saint diacre qu'il devait conduire au martyre. Son exemple fut suivi de tous les membres de sa famille au nombre de vingt. De tous ées généreux confesseurs de la foi nous ne connaissons que sainte Concorde, nourrice et gouvernante d'Hippolyte. Pendant son baptême, celui-ci eut une vision. Les âmes innocentes des chrétiens qui avaient été martyrisés pour la religion, lui apparurent dans la gloire et il les aperçut jouissant d'un bonheur incomparable. Ce prodige le confirma dans l'espérance de la vie éternelle due à sa conversion.

Peu de temps après, Valérien, qui brûlait du désir de s'emparer des trésors de l'Église, commanda à Hippolyte de lui amener le saint diacre. Le gardien du martyr, émerveillé des réponses fermes et courageuses du généreux confesseur, et profondément touché des tourments inouïs qu'il endurait sans exhaler la moindre plainte, aurait voulu déclarer ouvertement qu'il était lui-même chrétien, afin de participer aux peines et aux triomphes de son bienfaiteur, mais l'héroïque martyr l'en empêcha. Il n'était

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pas encore temps pour lui de manifester publiquement sa foi, quoiqu'il ne dût pas tarder de le suivre dans la gloire. Il se contenta donc de pleurer amèrement; et lorsque saint Laurent fut mort, Hippolyte enleva son corps et l'ensevelit avec honneur. L'empereur l'ayant appris, connut par là que le chevalier était devenu chrétien. On conçoit aisément quelle dut être sa fureur. Il le fit arrêter et voulut luimême l'examiner. Hippolyte comparaît. — « Es-tu donc devenu magicien, aussi bien que ce misérable que nous avons fait brûler ? lui dit le tyran en courroux. Est-ce parce que tu participes à ces erreurs que tu lui as donné la sépulture? — Je ne suis point magicien, répondit Hippolyte, pas plus que lui-même, mais je suis devenu chrétien, » A cette réponse, Valérien lui fit écraser la bouche à coups de pierres; ensuite il le dépouilla de ses habits qui étaient ceux dont il avait été revêtu au baptême ; on le broya à coups de bâton, on le frictionna avec des charbons ardents. Ce supplice ne put ébranler sa constance, ni lui arracher la moindre plainte. Accablé de douleurs, meurtri et sanglant, il déclara hardiment au tyran que les tourments les plus affreux et la mort la plus cruelle ne sauraient changer ses sentiments. En face de tant de constance, Valérien changea de tactique et essaya de le séduire par l'appât des présents ou l'éclat des honneurs. L'ayant fait revêtir des habits de chevalier romain, il lui dit : (( Sois maintenant notre ami; continue Toffice que tu remplissais dans l'armée, et jouis en paix des biens que la fortune t'avait donnés ; pour cela, renonce à tes superstitions. » Hippolyte répondit

qu'il no reconnaissait pas d'autre Maître que Jésus- Christ, et qu'avant tout il voulait être le soldat du souverain du Ciel et de la terre. L'empereur, irrité de ne pouvoir le vaincre, livra cet intrépide chrétien au préfet de Rome pour être mis à mort. Ce magistrat, étant allé dans la maison d'Hippolyte pour s'emparer de tous ses biens, connut que toutes les personnes de sa famille étaient chrétiennes. Il déchargea sur elles toute sa fureur. Concordia, nourrice d*Hippolyte expira sous les coups de verges plombées, les dix-neuf autres furent décapitées. Quant à Hippolyte il fut traîné par des chevaux indomptés dans des lieux tout couverts de chardons et d'épines. Ainsi mourut ce généreux soldat de Jésus-Christ. Ce fut le 13 août qu'il quitta ce lieu d'épreuves pour aller goûter dans le Ciel les douceurs de l'immortalité.

Le même jour l'Église fait mémoire de saint Cassien. Cet illustre martyr exerçait à Imola les fonctions d'instituteur et enseignait à lire et à écrire aux enfants quand il fut arrêté comme chrétien.

Interrogé parle gouverneur de la province, il confessa généreusement Jésus-Christ et refusa de sacrifier aux idoles. Le juge ordonna à ses élèves de le piquer à coups de stylets jusqu'à ce qu'il fût mort. On l'exposa nu au milieu d'une troupe de deux cents enfants. Les uns le frappaient au visage et sur la tête avec leurs tablettes, les autres le perçaient de leurs stylets. Son supplice fut d'autant plus long et plus douloureux que ceux qu'on lui avait donnés pour bourreaux lui portaient des coups plus faibles. Après sa mort, les chrétiens l'ensevelirent à Imola et ren-

fermèrent depuis ses reliques dans un riche et gracieux mausolée.

Quels nobles martyrs que saint Hippolyte et saint Cassien! Cités devant le proconsul, on leur ordonne de renier Jésus-Christ pour offrir des sacrifices aux dieux de l'Etat : Nous sommes chrétiens et soldats du Christ, nous n'aurons jamais d'autre maître que le Créateur du ciel et de la terre, répondentils. On les frappe, on les torture de la manière la plus inhumaine et ils n'ont sur les lèvres que la même profession de foi. Quel héroïsme!

Ce n'est pas assez d'admirer leur courage, il faut encore nous souvenir que par le baptême nous avons été enrôlés sous le même étendard et que nous avons le même maître à servir.

Pour nous aussi la vie est un combat. Et si nous n'avons pas à subir le martyre du sang, il y a celui de la vertu. Se sacrifier pour sa foi est une des obligations du chrétien. S'immoler pour ne point trahir ses engagements premiers est le plus sacré des devoirs. Le ciel ne couronnera que des martyrs, comme il ne glorifiera que des vainqueurs. — Pour vaincre il faut lutter et la lutte suppose le courage et l'abnégation. Le renoncement est écrit à la première page de la loi évangélique. — Qui ne sut mortifier ses passions ne suivit jamais la voie oti a passé le Christ et qui est la voie tracée à tous les chrétiens.

Plan de méditation.

Le chemin des souffrances fut : 1° celui du Sauveur;

2^ celui de l'humanité tout entière; 3° ce fut surtout celui de saint Hippolyte et de saint Gassien.

SAINTE PlilLOMÈNE, Vierge et Martybe

14 août.

Sainte Philomène, célèbre par ses miracles, était fille du souverain d'un petit État dans la Grèce. Sa mère était aussi de sang royal. Ils étaient païens Tun et l'autre et sans enfants. Dans l'espoir d'en obtenir ils offraient à leurs dieux de fréquents sacrifices et leurs prières restaient inefficaces. Dans leur palais vivait un médecin de Rome nommé, Publius, fervent chrétien. Touché de leur aveuglement et de leur affliction, il leur parla de la religion de Jésus-Ghrist et la leur fit connaître ; il alla jusqu'à leur promettre de la postérité s'ils consentaient à recevoir le baptême. Touchés de la grâce, le prince et la princesse se firent chrétiens et eurent peu de temps après le bonheur que Publius avait promis comme gage de leur conversion. Le 10 janvier, Dieu leur donna une fille qu'il nommèrent Philomène, c'est-à-dire fille de la lumière.

Dès sa plus tendre enfance, Philomène montra de grandes dispositions à la piété et un amour ardent pour la vertu, surtotit pour la pureté. A Tâge de onze ans, elle choisit Jésus-Ghrist pour son époux et fit vœu de perpétuelle virginité. Dioclétien occupait alors le trône des Gésars ; il menaça de la guerre le prince grec qui vint à Rome pour renouer la paix

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avec Tambitieux et injuste empereur. Le père de Philomène emmena avec lui sa femme et sa chère fille qu'il ne pouvait perdre de vue un seul instant. A leur arrivée dans la capitale, ils se rendirent tous les trois au palais de l'empereur, qui les admit à son audience. Philomène, alors âgée de treize ans, captiva les regards de Dioclétien. « Allez, dit celui-ci aux parents de la jeune vierge, n'ayez plus d'inquiétude ; bannissez toute crainte, et ne songez plus qu'à vivre heureux. Loin de vous susciter des embarras, je mets à votre disposition toutes les forces de l'empire ; je ne vous demande qu'une chose : la main de votre fille. » Les parents de Philomène éblouis par un honneur auquel ils étaient loin de s'attendre, accédèrent sur-le-champ à la proposition de l'empereur. Ils étaient tout heureux de se voir à la veille de contracter une alliance si flatteuse. Mais l'angélique enfant refusa la main royale. « L'empereur est venu trop tard, dit-elle, j'ai donné mon cœur, mon âme et ma volonté à l'Époux divin des vierges chrétiennes. Allez dire à Dioclétien que j'appartiens à Jésus-Christ et que je refuse ses honneurs et sa couronne. )> En vain son père et sa mère se jettent-ils à ses pieds, la conjurant d'avoir pitié d'eux et de leur patrie ; elle fut inébranlable. « Non, non répondit-elle, Dieu et la virginité, voilà mes richesses ; le ciel, voilà ma patrie. » Une telle fermeté plongea son père et sa mère dans le désespoir. Ils conduisirent Philomène devant l'empereur. Dioclétien employa tour à tour les promesses les plus brillantes et les menaces les plus terribles ; mais la courageuse vierge demeura fidèle à Jésus-Christ. Le tyran, furieux, la fit jeter.

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chargée de chaînes dans un cachot de son palais, avec l'espoir que la douleur et la honte changeraient ses dispositions. Il venait cependant la voir chaque jour, lui offrant, avec la liberté, le premier trône du monde.

Il y avait trente-sept jours qu'elle était en prison lorsque, au miheu d'une lumière céleste, elle vit apparaître la Reine des Anges tenant son divin Fils entre ses bras. « Ma fille, lui dit Marie, encore trois jours de captivité, et après ces quarante jours, tu sortiras de cet état pénible. Tu seras exposée à des combats terribles et à des tourments affreux pour l'amour de mon Fils. Courage, ma fille, courage, je t'aiderai. Au moment du combat, la grâce sera ton soutien ; et ton Ange qui fut aussi le mien sur la terre, Gabriel, dont le nom signifie force^ viendra à ton aide. Je te recommande à sa protection spéciale, comme la plus chère de mes enfants. » Ces paroles tombées de la bouche de Marie établirent dans l'âme de Philomène un invincible courage.

Ce que la Reine du ciel venait d'annoncer à l'héroïque vierge ne tarda pas à se réaliser. Dioclétien, désespérant de la fléchir, résolut d'employer les tourments. Il la fit dépouiller de ses vêtements, lier à une colonne de son palais et déchirer avec tant de violence que son corps tout sanglant ne fut bientôt plus qu'une plaie. Philomène fut emportée mourante dans sa prison; mais la nuit suivante, deux anges, perçant les ténèbres de son cachot, vinrent resplendir à ses côtés, et versèrent sur les plaies un baume qui les guérit et renouvela toutes ses forces. — Instruit de ce prodige, Dioclétien la fit venir le lende-

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main en sa présence, et voulut lui persuader que Jupiter était l'auteur de sa guérison et la voulait pour maîtresse du monde. Il employa ensuite les promesses et tout ce que put lui suggérer l'enfer pour la séduire et la faire succomber, mais inutilement. L'empereur ordonna alors qu'on attachât une ancre au cou de Philomène et qu'on la précipitât dans le Tibre. L'ordre s'exécuta ; mais deux anges coupèrent la corde ; l'ancre tomba au fond du fleuve, et la jeune chrétienne fut transportée saine et sauve sur la rive, à la vue d'une immense multitude de spectateurs qui se convertirent à la foi.

Dioclétien, attribuant ce prodige à la magie, fit traîner la jeune fille dans les rues de Rome et décocher contre elle une grêle de traits. Elle en était hérissée, son sang ruisselait sur tout son corps; elle fut encore guérie miraculeusement. Instruit de ce nouveau prodige : « Eh bien, s'écrie le tyran, qu'on fasse rougir des dards dans une fournaise et qu'on la perce une seconde fois ; je veux qu'elle meure en ma présence de ce supplice. » Mais par la volonté divine, les flèches, après avoir parcouru une partie de l'espace, retournaient contre ceux qui les avaient lancées. Six des archers furent tués, plusieurs autres se convertirent à la foi. Enfin, l'empereur ordonna qu'on lui tranchât la tête, ce qui fut exécuté le vendredi, 10 août.

Réflexions pratiques.

La beauté, les grâces angéliques de Philomène, embellies par la sérénité et la modestie de tout son maintien, ont captivé les yeux et le cœur du cruel

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Dioclétien. L'empereur lui propose la plus belle et la plus flatteuse des alliances. Quelle tentation pour le cœur d'une jeune fille de treize ans ! Elle n'a qu'à dire un mot et elle partagera l'empire du monde entier, un seul mot et le diadème impérial resplendira sur sa tête. Quel triomphe pour son père et sa mère, pour tous les membres de sa famille ! Mais Philomène ne partage point leurs vues. Le monde est venu trop tard. Elle appartient au Christ. C'est sa résolution inébranlable. Rien ne pourra faire fléchir sa volonté. Cherche à séduire, tyran barbare, environne tes avances de toutes les séductions qu'inspire la passion! C'est trop tard! Essaye des menaces, invente les supplices les plus atroces ; use de tout ce que la cruauté peut trouver de plus barbare ! C'est trop tard! Jamais tu ne pourras vaincre une fiancée du Christ. Jeunes chrétiens si faibles dans la tentation, qu'avez-vous fait pour imiter sainte Philomène et pour faire briller en vous la plus belle des vertus ? Venez aujourd'hui à l'école de l'invincible héroïne, venez apprendre à aimer la sainte chasteté, à combattre et à mourir pour elle.

Plan de méditation.

L Invincible constance de sainte Philomène devant les redoutables épreuves : 1° de la séduction ; 2° des tourments du martyre.

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