‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 29 sur 67 · ASSOMPTION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

ASSOMPTION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE

15 août.

La fête de rAssomption, que FÉglise célèbre aujourd'hui, a pour objet d'honorer la bienheureuse mort de la très Sainte Vierge, sa résurrection et son entrée triomphante dans le Ciel en corps et en âme. Lorsque Jésus-Christ, vainqueur de la mort et de l'enfer, fut monté au Ciel, sa bienheureuse Mère resta à Jérusalem , persévérant dans la prière avec ses disciples, jusqu'à ce^ qu'elle eût, avec eux, reçu le Saint-Esprit. Saint Jean l'Évangéliste, auquel le Sauveur l'avait recommandée du haut de la croix, se chargea du soin de pourvoir à ses besoins. Marie paya le tribut de la mort comme toutes les autres filles d'Eve. Elle s'endormit paisiblement, le samedi 14 août, de l'année 46, à l'âge de soixante-six ans. Le lendemain de ce jour, dont les anges se réjouirent, les Apôtres ensevelirent eux-mêmes la Mère de leur divin Maître et déposèrent son corps dans un tombeau creusé dans le roc , à Gethsémani , près de Jérusalem. Les funérailles de Marie furent faites avec une grande pompe et avec les cérémonies alors en usage chez le peuple juif. Tous [les chrétiens qui se trouvaient dans la ville sainte et aux environs, se réunirent au cortège funèbre, et témoignèrent, par leur empressement, par leur pieuse douleur et leur profond respect, qu'ils reconnaissaient la très Sainte Vierge pour la Mère de l'Homme-Dieu. La grotte sépulcrale ou les Apôtres déposèrent Marie, retentit de plusieurs panégyriques en l'honneur de la Reine

des Yierges : Celui dllicrolliéc fit répandre des larmes abondantes et des prières pleines d'émotion sur la pierre ornée de guirlandes de fleurs qui venait de recevoir son corps mortel.

Le corps de Marie ne resta pas longtemps séparé de son âme. La bienheureuse Vierge ressuscita immédiatement après sa mort et fut transportée en triomphe jusque dans le sein de Dieu même. Trois jours après, saint Thomas qui, par une permission spéciale de Dieu, ne s'était point trouvé au décès de la bienheureuse Vierge Marie, revint à Jérusalem pour contempler une dernière fois les traits vénérés de l'auguste Mère de Dieu et lui rendre ses hommages. Sur ses vives instances, les Apôtres soulevèrent la pierre sépulcrale; mais, ô prodige admirable! ils n y trouvèrent plus que des fleurs fraîches et odorantes, et une robe virginale, simple et modeste vêtement, dit Chateaubriand, de cette reine de gloire que les anges avaient enlevée aux Cieux.

Ainsi son divin Fils l'attira à lui immédiatement après sa mort, et la plaça sur un trône à la droite de Dieu son Père. C'est cet enlèvement instantané du corps très pur de la Vierge immaculée que TEghsc traduit par ce mot Assomption, qui en latin signifie l'action à! attirer à sou On voit encore aujourd'hui au village de Gelhsémani, sur le penchant de la montagne des Oliviers, une belle église qui a été bâtie sur le tombeau de la Sainte Vierge. Cette église est souterraine : on y descend par un escalier fort large, composé de cinquante degrés. Le tombeau est dans le côté oriental de la croix que forme Téglise. Vers le milieu de l'escalier, se trouve, à gauche, le tom-

beau de saint Joseph, et, à droite, ceux de sainte Anne et de saint Joachim. Toutes les communions y ont un oratoire; les sectateurs de Mahomet, eux-mêmes, viennent yvénérer la fille d'Abraham, Ce monument est entre les mains des schismatiques, mais le tombeau appartient aux catholiques.

L'Assomption de la très Sainte Vierge est la plus grande des fêtes que l'Église célèbre en son honneur : c'est la consommation de tous les mystères de son adorable vie. C'est en ce jour que commence sa véritable gloire; c'est en ce jour que sont couronnées toutes les vertus que nous révérons simplement dans ses autres fêtes. La solennité de l'Assomption est particulièrement chère à la France, depuis le jour mémorable où Louis XIII mit son royaume et sa personne sous la protection de la mère du Christ. On y fait, après vêpres, une procession générale dans toutes les paroisses, pour perpétuer le souvenir de cette consécration.

Après nous être rappelé que Marie est notre mère, il faut nous transporter à son lit de mort. Nous la voyons expirer sans douleur, dans les langueurs de l'amour divin et par un dernier effort de cet amour. Nous voyons son âme à l'instant réunie à son corps, et cette créature incomparable transportée par les anges au plus haut des Cieux, au milieu des applaudissements de toute la cour céleste. Nous la voyons placée par son Fils sur un trône éclatant, au-dessus de tout ce qui n'est pas Dieu, couronnée Reine des Anges et des hommes, et établie notre médiatrice, III. 14

notre avocate puissante, et la dispensatrice de toutes les grâces. Recevez en ce moment, ô tendre mère, nos félicitations pour ces insignes faveurs ; recevez nos louanges et tout ce que notre cœur peut vous offrir dans Teffusion de sa joie; mais aussi attireznous à vous, et ne nous laissez pas languir sur cette terre d'exil oti nous courons sans cesse le danger de nous perdre.

Voici, Vierge Sainte, le jour de vos faveurs, où le pécheur qui vous reconnaît encore pour la mère de miséricorde, sent renaître sa confiance, et le juste augmenter son amour. Donnez-nous de connaître nos devoirs. Peut-être, hélas ! sommes-nous environnés d'épaisses ténèbres. Peut-être de déplorables illusions compromettent le salut de notre âme. Venez à notre secours. Suppliez votre divin Fils de nous faire imiter vos vertus. Enfin, assistez-nous à rheure de notre mort, pour que nous rendions notre dernier soupir dans l'amour de Dieu ; et puis, recevez notre âme, présentez-la vous-même à son juge.

Plan de méditation.

I. L'Assomption de la Sainte Vierge est la consommation de sa sainteté.

IL L'Assomption de la Sainte Vierge fut la consommation de sa gloire.

III. L'Assomption de Marie est la consommation de notre confiance.

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SAINT ROGH, Confesseur.

16 août.

Saint Roch, un des plus illustres saints du quatorzième siècle, naquit à Montpellier en 1284 d'une famille illustre par sa noblesse, sa fortune et ses emplois. Son père, grand seigneur du Languedoc, et sa mère qui portait elle aussi un grand nom, étaient d'excellents chrétiens. Parvenus à un âge fort avancé ils n'avaient pas encore d'héritier. Ils demandèrent instamment à Dieu et à la Sainte Vierge un enfant. Leurs vœux furent exaucés. Le Ciel leur donna un fils parfaitement beau, et qui apporta en naissant, une croix rouge sur sa poitrine. Il avait été conçu par miracle : Dieu fit voir par un autre prodige sa sainteté future. 11 commença dès la mamelle à pratiquer l'abstinence, ne buvant les mercredis et les vendredis qu'une fois le jour. On le vit avec étonnement, dès l'âge de cinq ans, observer le précepte de l'Apôtre, châtier son corps pour le réduire en servitude ; car dès lors il ne prenait de nourriture que le moins qu'il pouvait. Quand il eut douze ans, il renonça entièrement à tout ce qu'il y a de plus éclatant dans le siècle : son unique plaisir était de faire du bien aux malheureux et aux étrangers, et il les assistait avec la même charité qu'il aurait fait pour ses propres frères. Toutes ses actions n'avaient pour but que le service et la gloire de Dieu. Tant de douceur brillaient en ses regards, tant de politesse en ses paroles, tant de majesté dans tout son extérieur qu'on

ne se lassait point d'admirer les dons de la nature et de la grâce réunis dans une seule existence.

Le jeune Roch eut le malheur de perdre ses parents avant d'avoir atteint sa vingtième année. Se voyant maître absolu de sa fortune, il distribua secrètement aux pauvres tout ce qu'il put retirer de ses biens, et laissa l'administration du reste entre les mains de son oncle paternel ; puis il prit l'habit et le bâton de pèlerin et partit pour Rome.

Le Saint arriva dans un moment bien pénible en Italie. La peste exerçait d'affreux ravages; les places publiques regorgeaient de malades. N'écoutant que son zèle et son dévouement, saint Roch se voua nuit et jour au soulagement des malheureux atteints de l'épidémie; par sa douceur et sa bienveillance, il savait faire naître des pensées de foi et d'espérance au milieu des plus vives douleurs : il avait le talent de ramener les âmes à Dieu. De nombreux miracles s'attachaient à chacun de ses pas. Il parcourut tour à tour plusieurs villes d'Italie. Partout il se distingua par la multitude des miracles qu'il opérait. Un seul signe de croix de sa main suffisait à délivrer les victimes du mal affreux. Son dévouement fut loué avec tant d'enthousiasme à Rome, à Gésène et à Rimini qu'il voulut se dérober à la reconnaissance publique ; c'est dans ce but qu'il s'achemina vers les Alpes. Arrivé à Plaisance, notre Saint fut lui-même atteint du fléau. Alors, pour ne point être à charge à son prochain, il sortit comme il put de l'hôpital et de la ville et se traîna jusqu'à la forêt voisine oti quelques herbes lui servirent de lit. Il y serait mort sans le secours de la Providence. Une douleur cruelle qu'il

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éprouvait dans la jambe gauche, lui faisait, malgré sa patience, pousser de hauts cris. Étant ainsi abandonné, il pria le Tout-Puissant de le guérir. Aussitôt une source que Ton voit encore aujourd'hui, jaillit à ses pieds ; il en but, il s'en lava et ses douleurs se calmèrent ; et le chien d'un grand seigneur apportait tous les jours au serviteur de Dieu un pain, qu'il dérobait à son maître. Comme le larcin se renouvelait tous les jours, on ne tarda pas à s'en apercevoir. On suivit l'animal, et on vit qu'il portait le pain dérobé dans la hutte de saint Roch, et que. Tayaut déposé à ses pieds, il s'en retournait. Le seigneur appelé Gothard, frappé de ce prodige, alla visiter le pestiféré et voulut le soigner lui-même. Une fois guéri, notre Saint retourna à Plaisance avec Gothard, et faisant le signe de la croix dans les rues, à l'hôpital, il guérit à l'instant même ceux qui étaient atteints de la peste et délivra la ville de ce fléau. Un prodige si éclatant fit crier tout le monde au miracle et chacun regardait Roch comme un ange envoyé du Ciel pour secourir les malheureux.

L'esprit de Dieu qui conduisait Roch lui inspira le désir de retourner à Montpellier, lieu de sa naissance, pour y mener une vie cachée et souffrante. Il se hâta d'obéir. Il reprit le chemin de la France en habit de pèlerin, et demandant l'aumône. Une fois arrivé dans son pays, qui était alors affligé de grandes guerres, Roch se rendit à l'église pour y prier. A la mine exténuée, à son accoutrement singulier, on le prit pour un espion, et on le conduisit, comme tel, au gouverneur de Montpellier, qui était son propre oncle. Comme il ne voulut jamais dire qui il était, on

ne douta plus que ce ne fût un espion. Il fut mis dans un cachot comme un ennemi secret. On ne saurait dire tout ce qu'il souffrit pendant cinq ans dans cette affreuse prison. Depuis, ses entretiens n'étaient plus qu'avec Dieu, et il passait la nuit et le jour en prières, ajoutant à ses tourments les austérités les plus extraordinaires. Dieu voulant récompenser son serviteur, lui révéla le jour et l'heure de sa précieuse mort. Roch pria le geôlier de lui amener un prêtre. Celui-ci ne tarda pas à reconnaître l'éminente sainteté de l'humble prisonnier et l'obligea à déclarer sa naissance. Le Saint mourut, le 13 août, en 1327, âgé de trente-quatre ans. On trouva sur son corps un écriteau oti étaient gravés ces mots : «Ceux qui, étant frappés de la peste, auront recours à l'in- 'tercession de Roch, seront délivrés de cette cruelle maladie. » Le Bienheureux fut reconnu par ses concitoyens, par ses parents et enseveli avec la plus grande pompe. Depuis, son oncle fit bâtir, en son honneur, un temple oîi ses précieuses reliques furent transportées.

Réflexions pratiques.

Se dépouiller de tout pour se livrer tout entier et mourir au service des pestiférés, voilà ce qui constitue l'héroïsme de la charité, et voilà ce qu'a fait saint Roch dont nous célébrons la fête en ce jour. Ce martyr du dévouement pour les malheureux était, à vingt ans, possesseur d'un grand nom et d'une immense fortune. Un brillant avenir lui était réservé dans le monde; mais le digne enfant de Libérie, mar-

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que en naissant du sceau de Jésus-Christ crucifié, ne veut d'autre gloire que celle de la croix, d'autre alliance que celle qu'il va contracter avec les membres souffrants du divin Crucifié. Pour être plus libre dans son apostolat de charité, il vend tout ce dont il peut disposer en faveur des pauvres, et il part pour Rome où la grâce l'appelle. Sur son chemin, Dieu lui montre d'innombrables malheureux atteints de la peste, le plus redoutable des fléaux. Déjà le nombre des victimes est incalculable. Partout on n'entend que sanglots, on n'aperçoit que morts et mourants; sur toutes les habitations on voit flotter le crêpe noir de la désolation. Notre intrépide pèlerin qui sait que Jésus-Christ, nous ayant aimé jusqu'à sacrifier ses biens, son repos, sa gloire et sa vie, nous recommande d'aimer d'un amour pareil nos frères éprouvés, vole avec une ardeur infatigable au secours des malheureux. Qui pourrait dire tout ce quMl a fait pour les soulager et avec quel héroïsme il a exposé sa vie pour sauver celle de ses frères ! Cet ange consolateur va de cité en cité et porte l'espérance dans tous les cœurs en chassant devant lui le fléau dévastateur. Quel exemple de dévouement 1

Avons-nous quelque peu de cette charité agissante qui faisait le caractère distinctif de saint Roch? Que faisons-nous pour les malheureux, et à quoi pouvonsnous reconnaître que nous les aimons? Quels sont les pauvres que nous soulageons ? Quelles sont les faiblesses auxquelles nous compatissons? Comment pratiquons-nous la charité? Avons-nous des prévenances, de l'indulgence, delà bonté pour les affligés, les ignorants ? En avons-nous pour tous ? 0 mon

Dieu I Que d'imperfections dans ma charité 1 Allumez dans mon ftme ce feu divin.

Plan de méditation.

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