‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 34 sur 67 · III · texte numérisé non relu

III

Saint Bernard essuya une longue maladie qui fut traitée par un médecin peu habile, auquel il obéissait aveuglément, et qui lui fit souffrir des douleurs inexprimables. II conserva toujours un calme et une patience admirables.

La vie sainte que Ton menait à Clairvaux, inspira à un grand nombre de personnes le désir de s'y retirer ; et le saint abbé disait à ceux qui se présentaient pour y être admis, qu'il fallait laisser dehors les corps qu'ils apportaient du monde, et qu'il n'y avait place, dans son couvent, que pour les âmes. Cependant l'Ordre de Cîteaux se multipliait tous les jours, et saint Bernard fut contraint d'envoyer des religieux en divers endroits, et de présider à un grand nombre de monastères. Bientôt la sainteté de Bernard attira sur lui l'attention de l'Église entière. II se vit consulté par les papes, les rois, les souverains, les cardinaux et les évêques, il devint l'âme des conciles, le fléau des hérésies de son temps, l'apôtre de la France, la lumière du monde.

Le pape Innocent II se rendit à Clairvaux avec toute sa Cour; les cardinaux, les prélats, les évêques et le Pape lui-même furent touchés Jusqu'aux larmes, en voyant les religieux du couvent venir au-devant d'eux. Ils étaient précédés d'un moine qui portait une croix de bois grossière et mal polie; tous marchaient gravement, les yeux baissés, en chantant des cantiques avec une dévotion sensible et édifiante ; on voyait, sur leur visage pâle et décharné, l'image de la pénitence et de la vertu : ils étaient vêtus grossièrement, et l'abbé n'avait rien dans ses habillement qui le distinguât des autres.

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Dieu, pour montrer combien la sainteté de son serviteur lui était agréable, lui donna le pouvoir d'opérer de nombreux miracles : Durant une famine Bernard multipliait le blé qu'il distribuait. Un de ses parents dont la vie avait été fort peu chrétienne, était sans connaissance depuis trois jours et menacé de mourir sans sacrements. Saint Bernard arrive, dit la messe pour le malade, et aussitôt la connaissance lui revient, il se confesse de tous ses péchés et meurt dans de vifs sentiments de piété.

Mais parmi toutes ses vertus, celle qui faisait son caractère distinctif, c'était sa dévotion pour la Sainte Vierge. Il en avait reçu des faveurs extraordinaires; aussi son cœur débordait toujours de reconnaissance pour elle. Personne n'a parlé de la divine Vierge avec plus d'onction, de charme et d'éloquence; tous ses nombreux écrits, qui lui ont mérité le titre de docteur de TÉglise, sont pleins de Marie. C'est le dévot saint Bernard qui a composé cette admirable prière, une des plus consolantes que puisse réciter un chrétien : Souvenez-vous^ ô très pieuse Vierge Marie... Ce grand Saint rendit sa belle âme à Dieu, le 20 août 1 153, dans la soixante-troisième année de son âge.

Réflexions pratiques.

Saint Bernard comprit, dès sa première jeunesse, que son âme était faite pour quelque chose de plus haut que le monde ; et, en conséquence, fermant son cœur à toute attache terrestre, l'ouvrant tout entier à l'amour de Jésus et de Marie, il s'éleva, par ce double amour comme par un double échelon, audessus de tout ce qui passe, et dit adieu au monde,

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emmenant avec lui comme en triomphe, dans la solitude de Cîleaux, et son père et son oncle et ses frères, et trente jeunes hommes de ses amis auxquels il avait communiqué le feu sacré qui le consumait. Là, vivant d'une vie céleste, il tenait son âme continuellement unie à Dieu par la prière, et dégagée des sens par les jeûnes et le travail. Dieu se servait de ce jeune religieux faible et déhcat pour opérer les œuvres les plus étonnantes. Il devint le restaurateur de Tétat religieux, un des plus éclairés maîtres de la vie spirituelle, le conseil des souverains pontifes et des rois, l'oracle des conciles, le fléau des hérétiques, l'apôtre de toute l'Europe, l'arbitre de tous les différends, un des plus grands docteurs de rÉglise.

Qu'on fait des merveilles quand on est un instrument humble et docile entre les mains du Tout-Puissant et qu'on ne recherche que sa gloire I La dévotion envers la Reine du ciel fait en partie le caractère de ce grand saint; on doit s'attendre à toutes les faveurs du Ciel, quand on est véritable serviteur de la Sainte Vierge. Que ne doit-on pas attendre du Seigneur, quand on a cette tendre et véritable dévotion ! peu de saints qui aient fait de si grands miracles et en si grands nombre. Imitons ce grand docteur dans son humilité, dans sa fuite du monde. Aimons comme lui Jésus et Marie et nous serons les fidèles disciples de Dieu.

Plan de méditation.

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