IV. Pour quelle fin souffre-t-il
Aut7'e plan.
Triple martyre de saint Symphonien : 1° il souffre de se séparer de sa mère; 2^ il souflre sous les yeux de sa mère; 3° il meurt à l'ordre de sa mère.
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SAINTS THIMOTHÉE, HIPPOLYTE ET SYMPHORIEN, Martyrs.
22 août.
Les trois martyrs dont l'Église fait mémoire le 22 août, sont célèbres parleur constance à confesser la foi de Jésus-Christ au milieu de leurs tourments. — Saint Thimothée fort distingué par sa naissance et par sa science de l'Écriture sainte, était d'Antioche et il vint à Rome sous le pontificat de Melchiade. Durant son séjour dans la ville éternelle, il se distingua par sa ferveur et par son zèle à confirmer les fidèles dans la foi de TÉvangile. Après avoir prêché pendant un an la doctrine du Sauveur et éclairé des lumières de l'Evangile un grand nombre de gentils, il fut arrêté par Tarquin, préfet de Rome et jeté dans les fers. Après avoir longtemps enduré les souffrances de la prison, il fut conduit aux idoles pour offrir des sacrifices ; mais ayant repoussé avec indignation une pareille impiété, il fut accablé des traitements les plus cruels. Trois fois il eut à subir les tourments de la flagellation et son corps brisé et déchiré par les bourreaux, fut plongé dans la chaux vive. Il endura tous ces supplices et d'autres encore avec une admirable constance, puis il fut décapité. Son corps fut enseveli sur la voie d'Ostie, près du tombeau du bienheureux apôtre saint Paul. Son culte était déjà célèbre à Rome dès le milieu du quatrième siècle.
Saint Hippolyte, évêque et martyr, surnommé le Grand, pour le distinguer des autres martyrs qui
portent le môme nom, vivait en 222 sous l'empire d'Alexandre Sévère. On ignore quelle était sa famille et quel est le pays qui Ta vu naître. Toutefois, il y a lieu de croire que ses parents étaient illustres, puisque saint Jérôme lui donne le titre de sénateur romain. Il eut pour maîtres saint Irénée et Clément d'Alexandrie. 11 fut élevé à Tépiscopat dans l'Église d'Orient, mais on ne sait pas dans quelle ville. Si les détails nous manquent sur la vie de ce célèbre docteur, rhistoire nous en fournit d'importants sur ses remarquables travaux pour la religion. Les auteurs ecclésiastiques qui ont parlé de lui, nous le représentent comme un écrivain illustre consommé dans la science de l'Écriture et dans la doctrine de la foi. Plusieurs Pères de l'Église affirment qu'il reçut la couronne du martyre durant la persécution de Dèce, en 251, et qu'il confessa la foi de Jésus-Christ avec un courage héroïque.
Saint Symphorien, un des plus illustres martyrs que la France ait donné à l'Église, était d'Autun, ville célèbre des Gaules. Son père, noble et chrétien, logeait chez lui saint Bénigne et saint Andoche, apôtres du pays. Il voulut que son fils fût baptisé par un des deux saints, et après sa régénération, il réleva avec beaucoup de soin dans la religion chrétienne et dans les principes de la vraie piété. Le jeune Symphorien, doté d'un naturel très heureux et d'un esprit excellent, profita merveilleusement des leçons et des exemples de son vertueux père. Il fut fidèle à la grâce de son baptême et vécut constamment dans une grande pureté de mœurs. Un jour qu'on célébrait dans la ville d'Autun une fête
magnifique en Thonneur de Cybèle, Symphorien apercevant une foule immense de peuple qui accompagnait la statue de la Déesse que Ton portait sur un char magnifiquement décoré , ne put s'empêcher de témoigner delà douleur et de parler de cette idole avec mépris. La populace s'en plaignit d'abord, l'arrêta ensuite et le conduisit devant Héraclius, gouverneur de la province et grand ennemi des chrétiens. Le juge s'étant assis sur son tribunal demanda à Symphorien pourquoi il refusait d'adorer Fimage des dieux. Le Saint répondit : « Parce que je suis chrétien et qu'en cette qualité j'adore le vrai Dieu qui règne dans le ciel. » Le juge qui connaissait sa famille lui dit : « Vous comptez sans doute sur votre naissance, et peut-être ignorez-vous les ordres de l'empereur. )) 11 les lui fit connaître. Héralius dit ensuite à Symphorien : « Qu'avez.-vous à répondre à cela? pouvons-nous violer les lois de nos princes? Il y a deux chefs d'accusation contre vous : celui du sacrilège envers les dieux, et celui de la rébellion aux ordres de l'empereur. )> Symphorien lui déclara qu'il était résolu de demeurer fidèle à Dieu, et que rien n'était capable de lui faire adorer des idoles. Le juge le fit battre de verges par ses licteurs et l'envoya en prison.
Deux jours après, Symphorien comparut de nouveau devant le tribunal, et le juge quittant le ton de menaces, lui dit : « Vous seriez bien plus sage de servir les dieux immortels, et de recevoir une gratification du trésor public, avec une place honorable à l'armée. Je vais faire orner de fleurs l'autel, et vous offrirez aux dieux l'encens qui leur est dû. » Sym-
phorien répondit qu'il méprisait de telles offres et qu'il détestait les superstitions extravagantes et cruelles du culte de Cybèle. Enfin, Héraclius,- au désespoir de n'avoir pu le vaincre, le condamna à être décapité. Le Saint entendit prononcer sa sentence avec joie.
Lorsqu'on le conduisait hors de la ville pour l'exécuter, sa mère qui le regardait passer, lui cria : (( Mon fils, mon cher fils Symphorien, souvenez-vous du Dieu vivant et montrez-vous courageux jusqu'à la fin. Élevez votre cœur vers le Ciel, et considérez celui qui y règne. Ne craignez point la mort qui vous conduit à la vie éternelle. » Symphorien animé par le discours de sa courageuse mère, et soutenu par la grâce, souffrit la mort avec une constance invincible. Les fidèles eurent soin de recueillir son corps, et le tombeau oti il fut déposé devint célèbre par les miracles qui s'y opéraient.
Réflexions pimtiques.
Quels nobles exemples de désintéressement nous donnent nos saints martyrs ! A leurs yeux la terre n'est rien; Dieu, le ciel, l'âme voilà leur unique préoccupation. Aussi virent-ils arriver sans trembler l'heure des tortures. On les traita de la manière la plus inhumaine, mais ces courageux soldats de la foi, soutenus par la grâce de Dieu, demeurèrent inébranlables. Animés par l'espérance et la charité, ils s'estimèrent heureux et fiers de pouvoir offrir à leur Créateur leurs biens, leur santé et leur vie.
Modelons notre conduite sur celle de nos généreux martyrs. Dieu n'exige pas de nous une fin tragique et sanglante ; il nous impose de mourir au monde, à la nature et aux mauvaises passions ; ce qu'il réclame c'est le renoncement à nos attaches criminelles, aux honneurs, à l'estime des hommes, à notre propre excellence; ce qu'il demande de nous c'est le divorce avec les plaisirs, la volupté et l'intempérance qui nous mettent à deux doigts de l'enfer; ce qu'il condamne hautement en nous, c'est notre culte idolâtrique pour la créature. — Confondons -nous devant le spectacle de foi que nous donnent saint Thimothée, saint Hippolyte et saint Symphorien, et apprenons au moins à vivre et à mourir chrétiennement.
Saint Thimothée, saint Hippolyte et saint Symphorien ont triomphé :
1° des soUicitations des tyrans, 2** des supplices de leurs bourreaux.
SAINT PHILIPPE BENITI, Confesseur
23 août.
Saint Philippe Beniti, illustre propagateur de l'Ordre des Servîtes ou serviteurs de la Sainte Vierge.
eut Florence pour patrie. Il naquit vers l'an 1224. Ses parents profondément pieux eurent soin de lui donner une éducation chrétienne. Ils étaient persuadés que tout dépend des premiers principes reçus dans Tenfance, et ils savaient que l'essentiel de cet art consiste surtout à plier la jeunesse à des habitudes vertueuses et à lui inspirer Tamour du bien et Thorreur du mal. Aussi élevèrent-ils le jeune Philippe d'une manière vraiment sage et chrétienne. La grâce seconda leurs vues. L'heureux enfant donna dès le berceau une marque de sa sainteté future. Il n'avait encore que cinq mois, lorsque quelques religieux Servîtes étant venus quêter, sa langue se délia miraculeusement et il dit à sa mère : « Ce sont les serviteurs de la Sainte Vierge, faites-leur l'aumône. » Cette merveille augmenta l'amour et l'attention des parents, qui regardèrent cet enfant comme devant faire un jour l'honneur de la famille.
Lorsqu'il eut achevé son cours d'humanités, dans sa patrie, il vint à Paris, pour y étudier la médecine. On y admira la vivacité et la pénétration de son esprit, aussi bien que la pureté de ses mœurs et une sagesse peu ordinaire dans ceux de son âge. Tous ses condisciples l'aimaient et il allumait dans leurs cœurs le désir de la patrie céleste. Il revint en Italie et alla continuer la même étude dans l'université de Padoue oîi il reçut le bonnet de docteur. Étant revenu à Florence, bien loin de se laisser éblouir des brillantes espérances qui le flattaient, il résolut d'aspirer à une gloire plus solide. Délibérant sur le choix de l'état qu'il devait embrasser, il entra un
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jeudi de l'octave de Pâques dans la chapelle des Servîtes, près de Florence, pour entendre la messe. Comme on lisait l'épître du jour, qui contient l'histoire de la conversion de l'eunuque de la reine d'Ethiopie, il fut frappé de ces paroles que le Saint- Esprit dit au diacre Philippe : « Approchez et tenezvous à côté de ce char, » et par la conformité du nom de Philippe, il crut qu'elles lui étaient adressées. Occupé de ces pensées, il se retira chez lui, supplia la Sainte Vierge de lui faire connaître la volonté de Dieu, et passa en prières le reste du temps jusqu'à l'heure de minuit. Il eut une vision durant son oraison. Il lui sembla se trouver dans une campagne vaste et déserte, où il ne voyait, de tout côté, que précipices, cailloux, rochers, épines et pièges tendus. Une vision si étrange l'effraya ; il se mit à crier de toutes ses forces durant cette extase; mais il fut bientôt rassuré par l'apparition de la Sainte Vierge assise sur un chariot, et environnée d'anges, et de bienheureux, lui répétant les paroles qu'il avait entendues à la messe : « Philippe, approchez et tenez-vous à côté de ce char. » Elle lui ordanna ensuite d'entrer dans l'Ordre naissant des Servîtes dont ce chariot était la figure. Le saint jeune homme, persuadé que Dieu l'appelait dans l'Ordre des Servîtes, demanda par humilité à y être reçu en qualité de frère convers. Son supérieur, qui ne connaissait ni les talents, ni les science du postulant, l'envoya sur le mont Serène, et l'occupa aux travaux de la campagne et aux offices les plus bas. Content de son sort, Philippe n'avait qu'une pensée, celle de plaire à Dieu et de parvenir à la perfection. Chacun admi-
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rait sa grande sagesse et ses émincnles vertus. Ses mérites et son savoir furent jusque-là inconnus; mais deux religieux de l'Ordre de Saint-Dominique, ayant eu occasion de l'entretenir, s'aperçurent aisément que son esprit était cultivé par l'étude, et ils dirent à ses supérieurs qu'il méritait mieux que personne d'être élevé au sacerdoce. Alors on le tira de sa solitude, il reçut les ordres sacrés, bientôt après il devint assistant, puis général de la congrégation nouvelle qui s'étendit par ses soins, et qui commença à s'établir en plusieurs localités de PItalie. Sa réputation devint si grande qu'on venait en foule de toute partpour se mettre sous sa direction. Un miracle qu'il fit en allant à Rome ne contribua pas pour peu h cette haute réputation. Un jour, ayant trouvé sur son chemin un pauvre lépreux presque tout nu, et n'ayant ni or ni argent à lui donner, il se dépouilla de sa tunique et l'en revêtit, à l'heure même le 1er preux se trouva guéri de sa lèpre. Le bruit de ce miracle s'étant répandu de tous côtés, les cardinaux assemblés à Viterbe pour l'élection d'un pape résolurent de l'élever sur la chaire de saint Pierre. Il eut connaissance de leur dessein et se cacha si bien dans les montagnes du territoire de Sienne, que personne ne put découvrir le lieu de sa retraite. Il en sortit lorsqu'ils eurent élu un pape qui prit le nom de Grégoire X, et continua à édifier le peuple par ses prédications, et les religieux de son Ordre par ses exemples. Enfin, le 22 août 1285, il mourut à Todi de la mort la plus sainte, embrassant le crucifix, qu'il appelait son livre. A son tombeau des aveugles recouvrèrent la vue, des boiteux l'usage des jambes^
et même des morts revinrent à la vie. L'éclat de ces miracles et d'autres plus grands encore détermina le pape Clément X à le mettre au nombre des saints.
Réflexions pratiques.
La vision qu'eut saint Philippe Beniti est la véritable image du monde où Ton ne rencontre partout qu'écueils et séductions. Ce Saint en pénétra tout le sens, c'est pour cela qu'il abandonna totalement le siècle et chercha dans l'état religieux un asile assuré contre ses dangers. Là, uniquement occupé à plaire à Dieu, il ne voulut briller que par sa grande humilité. Ses nombreux mérites et ses hautes vertus demeurèrent longtemps cachés. Mais Dieu finit par les manifester au monde et par l'élever malgré lui au faîte des honneurs.
Nous ne sommes pas appelés à sortir du siècle pour embrasser la vie solitaire, mais nous sommes tous obligés de détacher notre cœur des vanités de ce monde pour l'attacher à Dieu par un amour de prédilection. C'est la première condition de la perfection chrétienne. Avons -nous compris cette obligation ? — Mon Dieu I éclairez-nous et donnez-nous le courage de vous suivre toujours et partout.
Vlan de méditation.
L Saint Philippe Beniti travailla constamment à sa perfection.