‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 38 sur 67 · III. Que ferons-nous à l'avenir · texte numérisé non relu

III. Que ferons-nous à l'avenir

SAINT BARTHÉLÉMY, Apôtre 24 août.

Saint Barthélémy était de Galilée, pêcheur de profession et fils de Tolomée. Il fut choisi par Jésus- Christ pour faire partie du collège apostolique. Plusieurs savants interprètes pensent que Barthélémy n*est autre que Nathanaël, né à Cana en Galilée et docteur de la loi ; s'il en est ainsi, il reçut de la bouche même de la Vérité le plus bel éloge qu'un homme puisse recevoir après celui de saint Jean. C'est de lui que la Sauveur a dit : «Voilà un véritable Israélite chez lequel on ne trouve aucun artifice. »

Saint Barthélémy fut un ^es plus ordinaires compagnons du Sauveur, et un des témoins les plus assidus de ses miracles. Il était présent quand Jésus guérit, à Capharnaiim, le serviteur du centenier; quand il ressuscita le fils de la veuve de Naïm ; quand il guérit le malheureux que le démon privait de l'usage de la vue et de la parole. Il était avec le Maître aux noces de Cana, au repas de Simon le pharisien, le jour de la conversion de la Madeleine la pécheresse. Après l'Ascension du Sauveur et la descente du Saint-Esprit, il ne pensa plus qu'à porter la nouvelle du salut jusqu'aux extrémités de la terre. Use dirigea vers l'Orient et pénétra jusque dans les Indes, où saint Pantène trouva, cent ans plus tard, les restes de la semence J^évangélique qu'il y avait jetée.

Barthélémy passa ensuite dans la Grande Arménie. Dès qu'il fut entré dans le temple de la capitale oti

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demeurait le roi Polimius avec toute sa cour, le démon qui y rendait des oracles par la bouche d'une idole, refusa de parler. Un autre oracle dit que ce silence venait de la présence de l'Apôtre. Les prêtres païens cherchèrent donc le moyen de s'en défaire. La délivrance des possédés, la guérison des malades, et d'autres prodiges qui remplirent les infidèles d'admiration, ôtèrent à ces prêtres le pouvoir de le maltraiter comme ils le prétendaient. Le roi lui-même, qui avait une fille possédée du démon et cruellement tourmentée par ce mauvais esprit, le fit venir en son palais et le supplia de guérir cette infortunée. Barthélémy le fit sur-le-champ avec une autorité souveraine ; le prince en fut ravi et pour reconnaître un si grand bienfait, il fui offrit de le combler de présents. Mais l'Apôtre remercia disant que le motif de son voyage n'était point l'appât de l'or et des richesses, mais le salut des âmes, qu'il le suppliait de se rendre lui-même digne des trésors éternels en quittant l'abominable superstition de l'idolâtrie et en reconnaissant le vrai Dieu. 11 ajouta que, pour le convaincre de la vérité de sa doctrine, il lui offrait de faire confesser au démon, qu'il l'avait trompé jusqu'alors par ses méchancetés et ses impostures. En eff'et, Polimius l'ayant mené au temple, ce démon qui parlait dans l'idole, avoua qu'il n'était pas dieu, mais un misérable esprit condamné aux flammes éternelles. Polimius frappé de cet aveu et touché par la grâce embrassa le christianisme. Son exemple fut suivi de toute la cour et par douze des principales villes du royaume. Les prêtres des idoles furieux animèrent, contre Barthélémy, Astiag, frère

du roi, prince très superstitieux qui se saisit du saint Apôtre, et le fit écorcher vif. Le lendemain, voyant qu'il respirait encore, il lui fit trancher la tête. Les miracles se multiplièrent sur son tombeau.

Réflexions pratiques.

Le zèle pour la gloire de Dieu fut la vertu dlstinctive des Apôtres, et c'est aussi la première propriété de Tamour divin. Un soldat est toujours prêt à défendre rhonneur de son prince, et un fils celui de son père. Comment un chrétien, soldat et enfant de Dieu, pourrait-il se flatter d'aimer son Maître souverain, s'il est indifi'érent |à sa gloire i? Notre ardent désir doit être de voir Dieu universellement connu, parfaitement aimé et fidèlement servi par tous ]es hommes. Que faisons-nous pour l'honneur de Dieu et pour le salut des âmes? En quoi brille notre zèle? Où sont nos sacrifices? Ah ! qu'il y a loin de notre vie à celle des Apôtres !

Plan de méditation.

L Saint Barthélémy offrit à Jésus-Christ son divin Maître, son corps crucifié.

II. A Jésus-Christ crucifié, ses membres sanglants et défigurés.

SAINT LOUIS, Roi de France

25 août.

Saint Louis, l'un des plus grands rois de France, et l'un des plus grands saints de l'Église, naquit le

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25 avril 1215. Il eut pour père Louis VIII, et pour mère Blanche de Castille. Il fut baptisé à Poissy et par reconnaissance de la grâce du saint baptême qu'il avait reçu dans ce village, il signait habituellement Louis de Poissy. Jamais prince ne vint au monde avec un fond de plus belles qualités, et jamais enfant n'eut le bonheur d'une mère plus capable d'en faire un héros et un saint. Blanche de Castille, princesse d'un grand courage, d'un grand esprit, digne de régner, et capable de bien conduire un État, voulut elle-même nourrir son fils, l'élever et lui apprendre à aimer Dieu pour lui enseigner à commander aux hommes.

Louis VIII, son père, étant mort, après trois ans de règne, lui laissa la couronne. Comme le jeune prince n'avait que douze ans, la reine mère fut régente. Cette habile princesse, voulant prévenir les troubles d'une longue minorité, le conduisit à Reims et l'y fit sacrer, le 1^^ décembre 1226. Ce qu'elle avait prévu arriva. Plusieurs des seigneurs du royaume, opposés à la régence de la reine, n'assistèrent point à cette solennité et formèrent une ligue dans le but de dépouiller le jeune enfant de la couronne. Blanche dans cette circonstance fit preuve d'une grande fermeté d'âme, et s'attacha, de son côté, à ruiner dans ses bases, une féodalité turbulente. Pendant ce temps d'épreuve, son plus grand soin fut de remplir de piété Fâme de ce fils bienaimé. « Cher fils, lui disait-elle, aimez votre mère, votre peuple, et surtout aimez Dieu. Pour moi, malgré ma tendresse pour vous, j'aimerais mieux vous voir mort que coupable d'un seul péché mortel. »

Ce prince répondit parfaitement aux soins de sa pieuse môre, et il devint un modèle de toutes les vertus chrétiennes. Il se distingua par une délicatesse de conscience, une pureté de mœurs et une piété qu'on eût admirées dans le cloître même.

Arrivé à sa vingtième année, Louis épousa, sur l'avis de sa mère, une princesse distinguée par sa piété, son esprit et sa beauté, Marguerite de Provence. La devise de celle-ci était: « Reine de la terre, servante du Ciel. »

L'année suivante, devenu majeur, il reçut de sa mère les rênes de l'État. Ceux qui ne comprenaient pas combien on goûte de bonheur à vivre chrétiennement, s'imaginaient que le roi, n'étant plus sous le joug de la reine Blanche, sa mère, s'abandonnerait plus volontiers aux plaisirs et au luxe. Mais le saint roi trompa leur attente. Il se montra plus pieux que jamais. Il récitait chaque jour l'office divin, assistait à la messe, visitait les hôpitaux. Outre les jeûnes commandés par l'Église, il jeûnait exactement pendant le temps de FAvent, tous les vendredis de l'année et toutes les veilles des fêtes de la Sainte Vierge. Dieu bénit ce prince, et son royaume fut très florissant. Quelques personnes murmuraient contre ces exercices de piété qui, disaient-elles, devaient nuire aux affaires de l'État. a Les hommes sont étranges, répondit-il, ils me font un crime de mon assiduité à la prière, et ils ne diraient rien si je passais mon temps à chasser et à jouer. )) — Ce saint monarque se montra très sévère envers les blasphémateurs. D'après la loi, on devait leur percer la langue.

Le comte de la Marche, prince inquiet et turbulent, à qui Louis avait pardonné ses premières révoltes, se ligua avec le roi d'Angleterre pour faira la guerre au roi de France. Les deux armées sont en présence. La lutte est cruelle. Néanmoins, après des prodiges de valeur, notre Saint porte Teffroi dans les rangs ennemis, le vassal rebelle est battu et les Anglais vaincus à Taillebourg.

La haute réputation de Louis porta les rois les plus éloignés à rechercher son alliance. L'empereur de Constantinople, Baudoin II, vint implorer son secours. Le roi l'aida de ses troupes et de son argent. L'empereur, par reconnaissance, lui offrit la couronne d'épines de Notre-Seigneur qui était engagée chez les Vénitiens pour une somme considérable. La somme fut remboursée et la couronne rapportée en France. Le roi alla la recevoir à cinq lieues de Sens, suivi de toute la Cour et du clergé. Il voulut la porter lui-même nu-pieds et nu-tête jusqu'à TÉglise de Notre-Dame. Ayant reçu plus tard une portion de la vraie croix, il fit bâtir la Sainte Chapelle à Paris, oîi il déposa les saintes reliques et oti on les conserve encore précieusement.

La France jouissait alors d'un calme profond et d'une paix florissante sous le sceptre de son roi vénéré, lorsqu'une fièvre maligne réduisit Louis à la dernière extrémité. Tout Paris et bientôt tout le royaume fut dans la consternation. De toutes parts, on adressait à Dieu des vœux et des prières pour la conservation de ce bon roi. Le Ciel touché de tant de supplications lui rendit la santé, et le pieux monarque fit vœu d'aller en Terre Sainte pour délivrer

le Saint Sépulcre de la profanation des Musulmans. Dans ces expéditions d'outre-mer, il donna des preuves de sa bravoure aussi bien que de sa piété. Au milieu des revers et des maladies, sa vertu ne se démentit jamais. Il mourut de la peste, près de Tunis, le 25 août 1270, à Tâge de cinquante-cinq ans, en récitant cette prière : « feutrerai dans votre maison; je vous adorerai dans votre temple, et je rendrai gloire à votre nom. » Son corps fut transporté à Paris, pour être conservé et honoré dans la célèbre église de Saint-Denis.

L'immortel saint Louis a été doublement roi puisqu'il a régné avec gloire sur le trône de la France et sur ses passions qu'il n'a cessé de maîtriser. La Providence ne veut pas que nous prétendions, comme ce pieux monarque, illustrer un trône dans le monde par le dévouement, la sagesse et d'éclatantes vertus ; mais elle veut que, comme lui, nous soyons rois dans le ciel, que nous régnions ici-bas sur nos passions en assujettissant le corps à la raison et la raison à Dieu. Pour atteindre ce but, nous devons éviter le péché dont ne s'est jamais souillé le prince que nous fêtons en ce jour ; nous devons comme lui mépriser, fuir et haïr le monde, pratiquer la charité, aimer nos ennemis, être détachés au sein des richesses, pratiquer l'humilité au milieu des honneurs. N'avons-nous pas, en qualité de chrétiens, les mêmes obligations que lui, les mêmes moyens pour les remplir? N'a-t-il pas, en qualité de roi, de plus grands obstacles que nous ? Quelles excuses pour-

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rons-nous donc alléguer si nous ne travaillons pas à nous rendre parfaits, à devenir des saints. Si l'exemple de saint Louis ne nous anime pas, il nous condamnera.

Plan de méditation.

Saint Louis a été l'honneur : I. de la famille par l'accomplissement de tous ses devoirs domestiques, 1^ modèle des enfants ; 2^ modèle des époux ; 3"* modèle des pères ; 4^ modèle des maîtres et des chefs delà maison*

IL L'honneur du trône par son dévouement : 1<^ à la patrie ; 2° à l'Église.

SAINT ZÉPHIRIN, Pape et Martyr 26 août.

Saint Zéphirin, Romain de naissance, vint au monde vers le milieu du deuxième siècle. Ses parents étaient chrétiens et d'une probité remarquable. On ne connaît rien de bien certain sur ses premières années, sinon qu'il avait acquis une haute vertu et des mérites extraordinaires. Lorsque le pape saint Victor mourut, l'empereur Sévère, prince impie, puissant et féroce, continuait d'allumer le feu de la cinquième persécution avec une fureur inouïe jusque-là. L'Église avait besoin dans ces circonstances d'un saint et courageux pape. Dieu le lui donna.

Il y avait onze jours que les fidèles et le clergé ne cessaient d'adresser au Ciel de continuelles et fer-

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ventes prières pour lui demander un pontife capable de diriger habilement la barque de Pierre, lorsque le Seigneur se déclara tout à coup, par un signe visible et d*une manière surnaturelle, en faveur de saint Zéphirin. En effet, lorsque les chrétiens réunis faisaient monter jusqu'à TÉ ternel leurs ardentes supplications, le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe vint se reposer sur la tête de saint Zéphirin et peu après disparut. Un signe si visible d'un choix si spécial fit réloge du mérite du nouveau pontife et lui valut tous les suffrages . Saint Zéphirin fut donc élu successeur du pape Victor, l'an 202, à la grand satisfaction de tous les fidèles. Son zèle et son grand amour pour Jésus-Christ lui inspirèrent d'abord le désir de se produire comme un bon pasteur, pour répandre au plus tôt son sang pour son troupeau et signaler les commencements de son pontificat par le martyre ; mais ayant fait réflexion que le troupeau ne serait pas épargné par la mort du pasteur, et que le vaisseau de l'Église, se trouvant sans pilote, n'en serait que plus battu par l'orage, il crut qu'il devait se ménager pour la consolation de ses enfants. Il n'épargna ni soins, ni travaux pour encourager les chrétiens et pour les secourir dans cette désolation publique. Il allait nuit et jour dans les maisons et pénétrait jusque dans les cavernes et les souterrains oîi la tempête avait assemblé les plus timides. Il les animait par ses paroles, les exhortait par ses discours, les fortifiait par l'administration des sacrements et les assistait de ses aumônes. Ce ne fut qu'après neuf ans de luttes que la paix fut rendue à l'Église par la mort de l'empereur. Saint Zéphirin

profita de ce calme pour combattre diverses hérésies qui attaquèrent en ce moment TÉglise avec plus de violence que jamais. Il convertit un certain nombre d'hérétiques qu'il traita avec beaucoup de charité et de bonté. Cette indulgence, si conforme à l'esprit de Jésus-Christ, déplut singulièrement à l'austère Tertullien qui était naturellement porté à la sévérité et à la rigueur. Ce grand savant que l'on regardait comme une colonne de l'Église fut renversé par l'orgueil et tomba dans Terreur. Cette chute prouve une fois de plus combien la vertu est fragile lorsqu'elle n'est pas fondée sur l'humilité.

Saint Zéphirin porta plusieurs décrets utiles pour la discipline de l'Église. 11 ordonna que tous les fidèles communieraient à Pâques et que tous les sujets choisis pour le ministère ecclésiastique seraient des hommes savants et d'une vie éprouvée. 11 défendit ensuite aux prêtres de se servir de calices de bois à la messe, comme on le faisait alors à cause de l'extrême pauvreté des fidèles. Il fut couronné par le martyre, sous le règne d' Antonin-Héliogabale, le 26 du mois d'août, en 221.

Réflexiom pratiques.

Jésus-Christ a promis d'être constamment sur la barque de Pierre, et de ne jamais la laisser submerger et périr. Il savait d'avance qu'en la lançant au milieu des passions humaines, il s'élèverait contre elle de nombreux et terribles orages. En prédisant ces tempêtes il a recommandé de ne point s'efl'rayer. Saint Zéphirin, confiant en ces promesses, a gouverné l'Église avec une sagesse et une fermeté admirables*

L'empereur Sévère, ayant juré d'anéantir le nom chrétien, travailla sans relâche à la destruction de la papauté et du christianisme; il multiplia le nombre des martyrs ; mais le nombre des fidèles ne fit que s'accroître sous le feu de ses persécutions et le tyran disparut à tout jamais comme tous les persécuteurs de la vérité, et l'immortelle barque de Pierre, dirigée par saint Zéphirin, demeura ferme au sein des orages. Quelle consolation pour les chrétiens qui sont dans cette barque d'être assurés de ne jamais faire naufrage ! Attachons-nous au pilote chargé de conduire FÉglise; écoutons ses enseignements et jamais Terreur ne nous mènera à Tabîme.

Plan de méditation.

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