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II. Fidélité avec laquelle il y répond, voilà son mérite

SAINTE ROSE DE LIMA, Vierge

30 août.

Sainte Rose naquit à Lima, capitale du Pérou, le 20 avril 1586. Son père et sa mère, d'origine espagnole, étaient de naissance honorable et de fortune médiocre. Elle reçut au baptême le nom d'Isabelle, mais elle fut surnommée Rose, à cause de sa beauté et du vif incarnat de son teint. Dès sa plus tendre enfance, cette jeune enfant semble prévenue de grâces merveilleuses. On observa, non sans surprise, qu'elle ne pleurait jamais, à la différence de tous les autres enfants. Elle était douce, paisible, d'un visage m. 19

toujours gai. Lorsqu'elle commença îi avoir un peu de discernement, elle eut quelque scrupule de porter le nom de Rose et elle obtint qu'on l'appellerait Rose de Sainte-Marie, pour satisfaire la dévotion qu'elle avait à la Sainte Vierge. Dès la plus tendre enfance, elle se proposa pour modèle sainte Catherine de Sienne, et elle s'efforça, avec un courage héroïque, de l'imiter dans l'amour du silence, de la retraite, de la mortification, comme aussi dans la pureté des mœurs et dans l'assiduité à la prière. Elle fut tellement prévenue des grâces de Dieu dès ses premières années, qu'elle était déjà remarquable par sa sainteté à un âge oîi les autres n'ont pas encore la raison. A cinq ans, elle faisait vœu de virginité; à six, elle jeûnait trois fois par semaine au pain et à l'eau.

La mère de Rose, flère de la beauté de sa fille, ne songeait qu'à la produire dans le monde avec une parure et des soins qui pussent la faire rechercher. La jeune fille, au contraire, qui ne goûtait de bonheur que dans la solitude, évitait, autant que son état pouvait le permettre, les réunions mondaines. Un jour, sa mère exigeant qu'elle mît des fleurs dans ses cheveux, Rose obéit; mais elle s'enfonça en même temps une aiguille dans la tête, afin que la douleur la tînt en garde contre la vanité.

Nul enfant n'aima davantage et ne pratiqua mieux les devoirs de la piété filiale. Des revers continus compromirent la petite fortune de son père. Rose se livra, pour soutenir sa famille, à de pénibles travaux, ne négligeant rien de ce qui pouvait calmer les inquiétudes et adoucir la misère de ses parents.

La beauté de Rose^ les riches qualités de son

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esprit et de son cœur, la firent rechercher en mariage. Un jeune homme distingué par sa naissance et ses richesses demanda la main de Rose. Sa mère était au comble du bonheur; mais quelle ne fut pas sa déception lorsque la jeune flUe exprima de vives répugnances et opposa un refus formel à cette union. Dès ce moment les reproches, les injures et les mauvais traitements ne lui furent point épargnés. Elle endura tout avec patience et pour ne pas être exposée à succomber à leurs sollicitations elle coupa sa chevelure qui était d'une rare beauté et s'efforça d'enlaidir son visage en le frottant d'une poudre qui en altérait la fraîcheur.

Enfin Rose, à force d'instances, obtint la permission, depuis longtemps sollicitée, d'entrer dans le tiers-ordre de Saint-Dominique. Elle prit l'habit à l'âge de vingt ans. Après sa profession, sa ferveur augmenta de jour en jour. Elle avait obtenu de se faire au fond du jardin une petite cellule très étroite. Elle s'y était fabriqué un petit lit de bâtons noueux et de tuiles cassées, et à tout cela venaient se joindre de sanglantes disciplines. Ses jeûnes étaient continuels; pendant tout le carême elle ne mangeait, chaque jour, que cinq grains d'orange, sans pain. Elle ne quittait jamais un rude cilice, et la nuit et le jour elle portait sur sa tête un cercle garni intérieurement de pointes aiguës ; et une triple chaîne de fer environnait ses reins.

A toutes ces pénitences volontaires, la Providence en ajouta de nouvelles. Elle fut éprouvée par toutes sortes de maladies, par des tentations horribles et par des désolations intérieures qui la faisaient dépé-

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rir. Ce martyre dura quinze années. Elle le supporta avec cet héroïsme de courage qui lui valut des faveurs extraordinaires. Après ce terme Dieu inonda son âme d'ineffables délices. L'extase fut continuelle en sa vie. Jésus se montra souvent à elle : « Rose de mon cœur, lui dit-il un jour, tu seras mon épouse. » Marie plusieurs fois réjouit ses yeux de son sourire et ses oreilles de ses paroles maternelles. Son bon Ange, à son tour, venait converser avec elle. Aussi son âme débordait-elle d'amour. « Oh ! pourquoi ne suis-je qu'une femme? s'écriait-elle un jour. Si Dieu m'eût faite homme, j'aurais versé mes forces à l'œuvre des missions et j'aurais parcouru la terre, pour allumer dans les cœurs l'amour de mon Dieu. » Elle mourut, le 24 août 1617, à l'âge de trente et un ans, après avoir reçu les sacrements de l'Église avec une piété angélique.

Réflexions pratiques.

Sainte Rose de Lima sait que la virginité l'emporte sur les autres états et que cette vertu nous assimile à l'ange. Elle n'ignore pas l'estime que Jésus-Christ, la Sainte Vierge et les saints ont eu pour la reine des vertus, c'est ce qui la détermina à s'imposer les plus grands sacrifices pour la conservation de ce trésor inappréciable. Quelle estime avons-nous de cette vertu? Que faisons-nous pour la pratiquer? Mais si la virginité n'est le partage que d'un petit nombre d'âmes privilégiées, n'oublions pas que la chasteté est obligatoire pour tout le monde. Sans cette vertu, impossible de plaire à Dieu et d'aller au Ciel. Soyons donc purs, soyons chastes en tout et partout et Dieu

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se montrera à nous par sa grâce, pour se donner un jour dans sa gloire : Beati mundo corde.

Plan de méditation.

Nous admirerons dans sainte Rose de Lima : 1® l'esprit apostolique; 2^ le cœur et la fermeté d'un martyr; 3° une grande rigueur de pénitence.

Autre plan.

Considérons la vierge du Pérou dans trois états : 1<» comme une rose fermée par Tamour de la retraite ; 2° comme une rose épanouie par l'éclat de ses vertus; 3^ comme une rose environnée des épines de la pénitence (P. Nicolas de Dijon).

SAINT RAYMOND NONNAT, Confesseur

31 août.

Saint Raymond fut surnommé Nonnat, ou nonné, parce que sa mère, étant morte avant sa naissance, l'enfant vint au monde en dehors des lois ordinaires de la nature. Il naquit dans la Catalogne, en 1204, d'une famille distinguée par sa noblesse et par ses alliances avec les illustres maisons de Foix et de Cordoue. Dieu le prévint, dès ses premières années, de ses plus précieuses faveurs ; il lui donna un naturel heureux et un penchant pour la vertu qui devança Tâge et l'éducation. A peine eut-il Tusage de la raison, que se voyant sans mère sur la terre, il choisit la Sainte Vierge pour sa mère bien^

aimée dans le Ciel. Il lui voua une tendresse filiale et fut toujours fidèle à imiter ses vertus.

Le jeune Raymond fut élevé avec grand soin ; joignant aux talents naturels une application soutenue, il fit des progrès extrêmement rapides.

Dès lors tous ses goûts se tournèrent vers l'état ecclésiastique. Le père qui fondait sur lui toutes ses espérances les plus brillantes, contrarié de ces inclinations que le vertueux enfant laissait percer, lui fit interrompre ses études et l'envoya à la campagne, oti il lui confia le soin d'une de ses métairies. Raymond obéit sans répliquer, et, par amour pour la solitude, il se chargea lui-même du soin de garder le troupeau. Il imitait, sur les montagnes et dans les forêts, la vie des anciens anachorètes. Use rendait souvent à une chapelle deSaint-Nicolas pour y visiter une sainte image de la bienheureuse Vierge, qui maintenant encore est un objet de grande vénération pour les fidèles. Là, se répandant en prières, il conjurait ardemment la Mère de Dieu de l'adopter pour son fils et de lui enseigner la voie du salut et la science des saints. La bonne et miséricordieuse Vierge exauça ses vœux et lui inspira le dessein d'entrer dans l'Ordre de la Merci pour la rédemption des captifs, que saint Pierre Nolasque venait de fonder depuis peu d'années. 11 se rendit à Barcelone, et entra dans cet Ordre avec une résolution ferme de s'y sanctifier. Le jeune novice surpassa bientôt en vertus les plus anciens profès. On ne pouvait assez admirer sa ferveur, son détachement de toutes choses, sa dévotion, son obéissance, sa profonde humilité. Enfin il fiftant de progrès dans la

perfection de son état, que trois ans après la profession il était jugé digne d'un des emplois les plus importants de TOrdre et qui suppose une vertu consommée. On renvoyait en Afrique pour racheter les chrétiens qui avaient eu le malheur de tomber dans l'esclavage; mais l'argent qu'il avait apporté ne suffisant pas pour les racheter tous, il s'offrit en otage pour ceux dont il ne pouvait fournir la rançon. Ce miracle de charité, presque inouï jusque-là, lui procura une espèce de martyre. Comme l'argent qu'on attendait d'Espagne n'arrivait pas, ceux à qui Ton confia sa garde le traitèrent d'une manière si brutale qu'il faillit perdre la vie. Le cadi ou magistrat de la ville, craignant de perdre, par sa mort, la rançon du captif dont il s'était fait garant, ordonna qu'il fût traité avec plus de ménagement : on lui donna même la liberté d'aller dans la ville. Le Saint en profita pour visiter les chrétiens captifs qu'on amenait chaque jour dans les cachots ; il les consolait dans leur disgrâce, il les fortifiait dans la foi, il les encourageait par l'espoir de leur délivrance. H ouvrit même les yeux à plusieurs musulmans, qui reçurent de lui le baptême. Le gouverneur informé de ces conversions le condamna à être empalé ; mais comme on était intéressé, ainsi que nous l'avons dit, à la conservation de sa vie, la peine fut commuée et se réduisit à une rude bastonnade. Quand on vit que ce supplice n'avait nullement ralenti son zèle et qu'il continuait à instruire et à baptiser, le gouverneur le fit fouetter partons les carrefours de la ville, puis mener à la grande place oîi le bourreau lui perça les lèvres avec un fer chaud, et lui passa un

cadenas d'acier pour lui fermer la bouche. Le juge voulut en garder lui-môme la clef, et ne la donnait qu'aux heures où il fallait lui faire prendre un peu de nourriture. En cet état il fut jeté dans un cachot, où il resta huit mois, jusqu'à ce que la rançon fût arrivée.

Les religieux de son Ordre étant arrivés en Afrique, le gouverneur eut de la peine à lui rendre la liberté ; la somme qu'on lui offrit pour sa rançon lui paraissant trop modique. Le Saint conjurait lui-même ses confrères de l'abandonner, parce qu'il ne laissait pas d'être encore à portée de rendre quelques services aux esclaves ; mais enfin il fut racheté, et revint en Espagne. Le pape Grégoire IX, ayant été informé de ses souffrances, et voulant honorer la glorieuse qualité du confesseur de Jésus-Christ qu'elles lui avaient acquise, le nomma Cardinal. Le comte de Cardonne et les autres seigneurs de Catalogne, qui étaient ses parents, s'offrirent à le loger et à lui fournir un train convenable à sa nouvelle dignité ; mais il se renferma dans son couvent de Barcelone où il continua de vivre en vrai religieux.

Le Pape l'ayant appelé à Rome, il fut obligé de partir, mais il fut arrêté à Cardonne par une fièvre dont il mourut, l'an 1240. Il était âgé seulement de trentesix ans. A peine eut-il expiré qu'il s'éleva une contestation sur le lieu de sa sépulture. Les religieux de la Merci le réclamaient comme un trésor qui leur appartenait de droit. Les habitants de Cardonne et de Barcelone soutenaient également leurs prétentions. On mit le corps du Saint dans une châsse, et on en chargea une mule aveugle. On convint que

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le lieu de la sépulture sérail celui où elle s'arrêterait. La mule marcha assez longtemps suivie d'un concours prodigieux de peuple. Après avoir traversé les champs et les bois, elle alla s'arrêter à cette chapelle oîi le Saint, dans son enfance, avait reçu tant de faveurs. Ce fut là le lieu de sa sépulture.

Réflexions pi^atiques.

Le père de saint Raymond, pour affaiblir la dévotion extraordinaire de son fils, le contraignit à interrompre ses études pet pour l'empêcher d'embrasser la vie religieuse il le fit berger. Le démon, à son tour, pour dégoûter le pieux enfant de sa retraite, mit en jeu toutes ses ruses. Heureusement le jeune Raymond, dès l'âge de raison, avait choisi la Sainte Vierge pour sa mère et s'était placé pour toujours sous sa protection spéciale. Cette tendre mère, qu'il ne cessait d'invoquer, lui apparutun jour et lui commanda d'entrer dans Tordre de la Merci pour se vouer tout entier à des œuvres de charité.

Quel puissant moyen pour nous l'aire arriver à la perfection qu'une véritable dévotion envers la très Sainte Vierge ! Heureux les chrétiens qui la possèdent. Tous ceux qui invoquent Marie et la prennent pour guide, sont assurés de parvenir au bonheur. Avec un tel soutien on ne peut pas tomber ; avec un tel guide on ne peut pas s'égarer. 0 Marie, secourez vos enfants et conduisez-les au port du salut éternel.

Plan de méditation.

Prodiges de saint Raymond Nonnat : 1^ il est né d'une mère morte ; S'* il a parlé étant muet ; S*' il règne étant captif; ¥ il est vivant après sa mort.

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